Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à Public Sénat le 29 novembre 2018, sur le mouvement des gilets jaunes, le projet de loi d'orientation sur les mobilités, le covoiturage et le marquage des vélos. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à Public Sénat le 29 novembre 2018, sur le mouvement des gilets jaunes, le projet de loi d'orientation sur les mobilités, le covoiturage et le marquage des vélos.

Personnalité, fonction : BORNE Elisabeth, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre des transports;

ti : CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de notre émission « Territoires d'infos », avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France, qui nous rediffusent, et le réseau Via télévision, les Indés Radios, 130 radios qui sont présentes sur tout le territoire français et TV5 Monde, et l'invitée politique en direct ce matin sur notre plateau c'est Elisabeth BORNE, bonjour.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes la ministre chargée des Transports, merci d'être là ce matin. Pour vous interroger,  mes côtés, Marcelo WESFREID du Figaro pour Public Sénat, bonjour, et bonjour Stéphane VERNAY, vous dirigez le bureau parisien de Ouest France, le plus grand quotidien francophone du monde. Elisabeth BORNE, votre interview sera retransmise sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale à partir de 10h00 ce matin. Elisabeth BORNE, les sondages se succèdent, soutien majoritaire des Français au mouvement des Gilets jaunes, est-ce que vous avez, au fond, ce gouvernement, perdu la bataille de l'opinion, déjà ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense que ce soutien, moi je le comprends, vous savez, ça fait des mois que je dis aussi qu'on a oublié une partie du territoire, avec notamment une politique du tout TGV qui a laissé de côté une bonne partie de nos territoires, donc je pense que ce soutien des Français il exprime aussi cette compréhension, qui est aussi la mienne, vis-à-vis de nos concitoyens qui se sentent abandonnés, insuffisamment pris en considération.

CYRIL VIGUIER
Là je parlais du gouvernement, qui aurait perdu cette bataille de l'opinion au fond, le gouvernement.

ELISABETH BORNE
Enfin, je pense qu'on n'est pas dans une bataille d'opinions, on a des gens qui expriment du désarroi, de la colère, il faut qu'on les entende. Vous avez vu qu'ils pourront être reçus demain par Edouard PHILIPPE et François de RUGY, ce qui est important c'est qu'on puisse avoir des interlocuteurs, le plus représentatifs possible, et qu'on puisse, avec eux, mais aussi beaucoup plus largement, c'est ce qu'a annoncé le président de la République, construire collectivement des solutions et les construire aussi avec les territoires, avec ces territoires justement, qui ont été trop longtemps oubliés.

MARCELO WESFREID
Elisabeth BORNE, vous parliez à l'instant du Premier ministre, qui reçoit les Gilets jaunes demain, hors micro, au sein de l'exécutif, on a de plus en plus de voix qui s'élèvent pour pointer un certain nombre de critiques contre Edouard PHILIPPE, jugé trop techno, trop absent dans cette crise. Est-ce qu'il n'est pas trop droit dans ses bottes ?

ELISABETH BORNE
Enfin je pense qu'il montre que demain il sera à l'écoute des Gilets jaunes, il y a aussi quand même une difficulté à avoir des interlocuteurs, ils ont commencé à se structurer, c'est récent, et donc ça va nous permettre d'engager une discussion avec eux, je le dis avec eux, et aussi avec des forces vives, avec des élus, avec les entreprises, avec les syndicats, les associations, dans des débats…

MARCELO WESFREID
Donc il n'y a pas de problème Edouard PHILIPPE pour vous ?

ELISABETH BORNE
On est dans une période où le mouvement évolue, avec, je vous dis, des Gilets jaunes qui vont avoir des représentants, on va espérer qui soient le plus représentatifs, qui portent bien les inquiétudes, le désarroi, de ces Français qui s'expriment aujourd'hui, et il faut que le dialogue puisse s'engager.

STEPHANE VERNAY
A propos de l'évolution du mouvement, la façon dont il se structure, qu'est-ce que vous inspire le fait que des personnalités du show-biz, comme Pierre PERRET, Brigitte BARDOT, Michel POLNAREFF ou Franck DUBOSC, portent le gilet jaune ?

ELISABETH BORNE
Oui, enfin je ne suis pas sûr que ce soit exactement ce qu'attendent les Français qui vivent dans des territoires, où je ne suis pas sûre que ces personnes aillent très souvent, voilà, je ne suis pas vraiment convaincue qu'ils soient les porte-parole des Gilets jaunes.

MARCELO WESFREID
C'est de la récupération ?

ELISABETH BORNE
En tout cas soyons attentifs à ces difficultés. La loi que j'ai présentée lundi dernier, sur les enjeux de déplacements, sur les nouveaux choix d'investissement, en arrêtant le tout TGV, en s'occupant des réseaux, en apportant des solution dans ces territoires, c'est aussi la démarche d'écoute, qui ne date pas d'aujourd'hui, ça fait, moi, des mois que je discute avec les élus, avec les territoires, et je suis convaincue que c'est bien dans les territoires qu'on trouvera les bonnes réponses.

MARCELO WESFREID
Le président de la République a annoncé un système pour éviter que là-haut soit trop brutale si le prix du baril explose. On avait déjà testé une solution à peu près similaire, c'était à l'époque de Lionel JOSPIN, c'était la TIPP flottante qui permettait de moduler les prix à la pompe, le résultat c'est que ça avait coûté très cher à l'Etat et rapporté finalement assez peu pour l'automobiliste. Comment on évite les mêmes erreurs ?

ELISABETH BORNE
Vous avez vu que ce n'est pas le même système qui est proposé, ce que ça pointe aussi c'est que les trois quarts de la hausse que les Français ont constaté quand ils font leur plein d'essence, c'est lié à des évolutions du prix du baril. Il faut quand même qu'on garde ça en tête, parce que ça veut dire que, arriver à perdre cette dépendance au pétrole, c'est un enjeu majeur, sinon tant que vous êtes dépendant des carburants, vous pouvez être victime, si je peux dire, de tensions géopolitiques, à l'autre bout de la planète, qui font que tout d'un coup c'est votre pouvoir d'achat qui se retrouve amputé. Donc, je pense que c'est aussi que chacun ait en tête quelle difficulté cette dépendance au pétrole peut créer. L'objectif du mécanisme qui a été annoncé par le président de la République c'est de ne pas à avoir une double peine, et donc une trajectoire qu'il faut garder, parce que cette trajectoire elle répond à une urgence climatique, mais sans double peine, et donc si le baril devait flamber, alors on pourrait adapter la trajectoire, revenir le cas échéant au niveau de taxe de l'année, mais précédente, si on constate, et on le vérifiera par trimestre, que le prix du baril a flambé.

STEPHANE VERNAY
A propos des dommages collatéraux concernant le mouvement des Gilets jaunes, on observe une épidémie de radars automatiques vandalisés, brûlés, bâchés, combien est-ce qu'il y a eu de radars détériorés depuis le début du mouvement, et quelles sont les conséquences ?

ELISABETH BORNE
Je ne peux pas vous donner de chiffres ce matin…

STEPHANE VERNAY
En gros, à la louche.

ELISABETH BORNE
Oui, oui, non, non, mais…

MARCELO WESFREID
Pourquoi vous ne pouvez pas d'ailleurs, les observateurs, les journalistes, disent 600, pourquoi on le gouvernement ne veut pas le confirmer ?

ELISABETH BORNE
Moi je n'ai pas les chiffres personnellement sur les radars…

STEPHANE VERNAY
Mais c'est de cet ordre-là ou pas ?

ELISABETH BORNE
Je ne suis pas sûre que ce soit cet ordre-là, en tout cas…

MARCELO WESFREID
C'est plus, c'est moins ?

ELISABETH BORNE
Je ne sais pas vous dire ce matin, je n'ai pas les chiffres ce matin…

MARCELO WESFREID
On a l'impression que le gouvernement ne souhaite pas du tout donner écho à ce fait que tous les Français peuvent constater en passant devant les radars.

ELISABETH BORNE
Oui, enfin je pense que les radars ils ont un objectif qui est le contrôle de vitesse, le contrôle de vitesse il a un objectif qui est de protéger des vies, donc je pense qu'il faut aussi que chacun revienne quand même au sens de, voilà, de ces contrôles qu'on fait sur le bord des routes, ce n'est pas pour embêter les Français, c'est pour s'assurer qu'on roule en sécurité, qu'on ne se met pas en danger et qu'on ne met pas en danger les autres.

MARCELO WESFREID
Donc c'est très grave de s'en prendre aux radars ?

ELISABETH BORNE
Je pense… enfin voilà, on peut comprendre des mouvements de colère, mais il y a quand même des formes que moi je ne peux pas partager évidemment, c'est, je vous dis, les excès de vitesse, c'est des vies chaque année, c'est des gens qui restent marqués à vie, donc il faut aussi garder…

STEPHANE VERNAY
Mais vous comprenez aussi que pour une partie des automobilistes c'est perçu comme un moyen supplémentaire de les taxer ?

ELISABETH BORNE
Je pense qu'on a été très clair sur le sujet, et notamment, puisque je pense qu'aussi c'est un des sujets que doivent pointer ceux qui peuvent détruire ces radars, sur le fait que les amendes qui pourraient être collectées, notamment avec le 80 kilomètre/h, ce n'est pas pour alimenter les caisses de l'Etat, c'est pour des actions de prévention routière, d'accompagnement, donc là aussi peut-être il faut de la pédagogie.

MARCELO WESFREID
Samedi les Gilets jaunes appellent à nouveau à manifester sur les Champs-Elysées, est-ce que vous craignez des violences comme samedi dernier ?

ELISABETH BORNE
Je pense que, quand on demande aux manifestants de déclarer les manifestations, on a pu le voir samedi dernier, là aussi ce n'est pas pour embêter les gens, pour les empêcher d'exprimer leurs revendications, c'est aussi pour les protéger.

MARCELO WESFREID
Mais les autorités n'avaient pas autorisé une manifestation sur les Champs-Elysées.

ELISABETH BORNE
Absolument, absolument, et on a vu beaucoup de violence, que je ne confonds pas avec les Gilets jaunes, beaucoup de violence, et aussi des dangers pour ceux qui sont présents, moi j'ai vu à la fois des casseurs ultraviolents, et puis des gens qui étaient venus, parfois avec leur famille, donc je pense que quand on dit qu'il faut déclarer des manifestations, qu'il faut écouter ce que dit, la préfecture en l'occurrence, la préfecture de police, c'est aussi pour qu'on puisse garantir la sécurité des manifestants et des autres.

CYRIL VIGUIER
C'est Elisabeth BORNE, la ministre chargée des transports, qui est notre invitée politique ce matin en direct sur ce plateau. Vous avez présenté la loi Mobilités au Conseil des ministres lundi dernier, alors ma question c'est que va-t-elle changer très concrètement pour quelqu'un, par exemple qui habite en zone rurale, vous connaissez ces problèmes, qu'est-ce que ça va changer concrètement ?

ELISABETH BORNE
Oui, alors peut-être dire que ce n'est pas une loi qui vient de sortir parce qu'il y avait le mouvement des Gilets jaunes, je le redis, moi ça fait des mois que j'ai fait le diagnostic, et ça fait même des années que je le porte, que la politique du tout TGV qu'on a menée pendant des années, elle a abandonné certains territoires, et moi je ne peux pas accepter une France à deux vitesses, dans laquelle on fait à la fois beaucoup de TGV et en même temps des concitoyens qui constatent que le réseau se dégrade, le réseau ferré, où on se déplace moins bien qu'avant, avec des problèmes à la fois de temps de trajet, des problèmes de régularité, des routes nationales qui se dégradent ou qui ne progressent pas.

CYRIL VIGUIER
Néanmoins, dans cette loi il y a beaucoup d'éléments pour aider les gens.

ELISABETH BORNE
Alors, cette loi c'est d'abord revoir notre politique d'investissement, pour mettre le paquet, sur ces territoires, sur les transports du quotidien, donner une priorité à l'entretien des réseaux, c'est la qualité de nos déplacements au quotidien, c'est aussi un plan de désenclavement de ces territoires. Vous savez, moi j'ai été préfète de Poitou-Charentes, j'ai entendu, les élus, les citoyens, qui disent ça fait des années qu'on nous promet la mise à niveau de la RN10, de la RN141, et c'est vrai dans toute la France…

CYRIL VIGUIER
On verra les effets quand ?

ELISABETH BORNE
Alors, sur ces programmes d'investissement, d'abord sur la régénération, on investit massivement, vous savez dans le ferroviaire, 3,6 milliards d'euros par an, pour rattraper ce retard qui s'est accumulé depuis des décennies, ces investissements, évidemment, je ne vais pas vous dire qu'ils sont du jour au lendemain, mais il y a un autre volet, dans la loi, qui est d'aider les collectivités, d'accompagner les territoires, pour que partout on puisse avoir des solutions alternatives à la voiture.

MARCELO WESFREID
Alors, dans les solutions alternatives vous encouragez le covoiturage en créant un forfait mobilité, c'est 400 euros par an, alors le public va s'y mettre dès 2020, et le privé ce sera pour les entreprises volontaires. Est-ce que ça ne va pas créer une inégalité entre le salarié d'un grand groupe, le grand groupe jouera le jeu, et puis l'employé de la PME, l'artisan, qui lui ne bénéficiera pas de cette aide ?

ELISABETH BORNE
Enfin, écoutez, moi je ne vois pas pourquoi les PME, qui sont dans des territoires où il n'y a pas de transports en commun, ne donneraient pas ce forfait, enfin je vous assure que, il faut avoir conscience qu'il y a beaucoup d'intelligence, beaucoup d'initiatives dans les territoires, moi je me suis beaucoup déplacée à la rencontre des élus, j'étais par exemple, il y a quelques jours, dans la communauté de communes du Coeur de Beauce, vous avez une petite communauté de communes, qui est grande en territoire, assez peu peuplé, qui fait un plan de mobilité rurale pour apporter des réponses aux habitants, des entreprises, qui sont implantées dans ce territoire, qui inventent des solutions, par exemple de former les salariés pour qu'ils puissent conduire un car ou un minibus pour aller chercher leurs collègues le matin. Donc, moi j'ai vraiment confiance, parce que je pense que dans les territoires il y a beaucoup d'initiatives, des élus qui sont au contact, des chefs d'entreprise qui sont au contact des gens qui peuvent rencontrer des difficultés, et qui cherchent ensemble à trouver des solutions, et l'objectif de la loi c'est de leur faciliter la vie, de leur donner des nouveaux outils, pour mieux répondre aux besoins de nos concitoyens.

STEPHANE VERNAY
C'est vrai qu'il y a beaucoup d'initiatives dans les territoires, mais vous avez aussi beaucoup d'ambition, notamment sur le plan vélo, faire en sorte que 9 % des déplacements se fassent à vélo d'ici 2024, c'est bien, mais ça suppose d'après le plan la création de sas vélos aux feux, la multiplication des contresens cyclistes, y compris dans les rues limitées à 50, c'est-à-dire tous les centres villes finalement des villes. Il va falloir faire aussi des pistes cyclables, c'est quand même beaucoup d'aménagements pour les collectivités, est-ce que 350 millions d'euros sur sept ans pour les collectivités, c'est suffisant au regard des ambitions que vous présentez, ce n'est pas un peu juste ?

ELISABETH BORNE
Alors, c'est un plan global avec une partie d'investissements pour avoir des itinéraires cyclables, avec aussi ce forfait mobilités qui pourra être proposé pour les employeurs…

STEPHANE VERNAY
Comme le covoiturage, qui est à 100 euros…

ELISABETH BORNE
Voilà, pour l'utilisation du vélo avec des mesures sur la sécurité routière, comme vous l'avez dit, il y a un fonds de 350 millions d'euros qui vise à accompagner…

STEPHANE VERNAY
C'est suffisant ?

ELISABETH BORNE
Ça n'est pas le seul, on a également par an 100 millions sur la dotation de soutien à l'investissement local qui peut être mobilisé pour accompagner les collectivités qui veulent faire des itinéraires cyclables.

STEPHANE VERNAY
Il y a un autre aspect dans un plan vélo, c'est l'immatriculation des vélos, alors, est-ce que vous pouvez nous en dire plus, est-ce que ça, c'est fait pour pouvoir repérer les vélos, éventuellement, les verbaliser ou c'est juste pour le vol…

ELISABETH BORNE
Non, écoutez, je vais être très claire…

STEPHANE VERNAY
Et une dernière chose, qui paiera l'immatriculation, parce que, du coup, c'est les propriétaires de vélos qui devront payer pour que le vélo soit immatriculé ?

ELISABETH BORNE
Non, non, il n'y a pas d'immatriculation des vélos, je peux entendre des, voilà, des bad buzz, si je peux dire, sur l'idée qu'il y aurait une carte grise…

MARCELO WESFREID
C'est l'occasion de clarifier la position du gouvernement…

ELISABETH BORNE
Donc je vais clarifier le sujet, il n'y a pas d'immatriculation des vélos, c'est une mesure qui a été proposée par les associations vélo…

STEPHANE VERNAY
C'est du marquage…

ELISABETH BORNE
Vous savez, moi, je fais confiance aux gens qui portent des... voilà, qui sont des soutiens au vélo depuis des années, qui nous ont proposé cette mesure, c'est un marquage vélo qui se fait gratuitement par les professionnels, et il s'agit de lutter contre quelque chose qui est un fléau pour les cyclistes, qui est le vol des vélos, et éviter le recel des vélos, donc ça n'est pas une carte grise, ça n'est pas effectivement une façon de faire payer les cyclistes, c'est d'éviter ce fléau qui freine la diffusion du vélo avec un marquage vélo.

MARCELO WESFREID
Vous êtes ministre des Transports, on a envie de vous entendre sur ce qui se passe chez RENAULT. Aujourd'hui, les dirigeants de l'alliance NISSAN RENAULT se réunissent pour la première fois depuis l'arrestation de Carlos GHOSN, la France dit : on veut des preuves, est-ce que vous avez reçu depuis des éléments qui montrent qu'il y a des faits délictueux, des faits assez graves contre Carlos GHOSN ?

ELISABETH BORNE
Non, vous savez que, voilà, Bruno LE MAIRE a eu l'occasion aussi de s'exprimer sur le sujet…

MARCELO WESFREID
Mais depuis, est-ce que le Japon vous a envoyé des choses ?

ELISABETH BORNE
A ce stade, nous n'avons pas d'éléments sur effectivement les faits qui lui sont reprochés, donc, voilà, moi je n'en ai pas aujourd'hui, et le gouvernement n'en a pas aujourd'hui.

CYRIL VIGUIER
Elisabeth BORNE, autre tension au sommet d'AIR FRANCE KLM sur la gouvernance, le rôle de Ben SMITH, qui est le directeur général, nouveau directeur général d'AIR FRANCE, par rapport à celui de KLM, Pieter ELBERS, vous soutenez le directeur général d'AIR FRANCE dans ce désir qu'il a de conserver le pouvoir total ?

ELISABETH BORNE
Enfin, je pense qu'on a choisi, enfin, les actionnaires – l'Etat en fait partie – ont choisi un dirigeant qui est un très grand professionnel, sans doute un des meilleurs professionnels au monde, avec Ben SMITH. Moi, je souhaite que ces tensions puissent s'apaiser, on a deux grands professionnels, on est dans une période de transition, il peut y avoir à un moment donné des sujets d'ajustement, je pense que c'est important que les deux aient en tête – et je suis convaincue que c'est le cas de Ben SMITH – l'enjeu du développement de la compagnie, qui est certainement promis à un très bel avenir si tout le monde effectivement se focalise sur le développement de la compagnie, dans l'intérêt de tout le monde.

CYRIL VIGUIER
Merci Elisabeth BORNE. Demain, on va recevoir sur ce plateau Ségolène ROYAL, vous avez un message à lui délivrer, vous avez été sa directrice de cabinet ?

ELISABETH BORNE
Non, mais, je pense que Ségolène ROYAL est engagée dans la transition écologique depuis des années, elle a soutenu la trajectoire carbone, et je pense que c'est important d'être cohérent et de porter avec constance ses convictions.

CYRIL VIGUIER
C'est un message que vous lui passez alors. Merci beaucoup Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports, d'avoir été notre invitée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 novembre 2018

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