Interview de M. Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, à Public Sénat le 5 décembre 2018, sur l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant, les manifestations lycéennes et le calendrier des réformes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, à Public Sénat le 5 décembre 2018, sur l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant, les manifestations lycéennes et le calendrier des réformes.

Personnalité, fonction : FESNEAU Marc, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre chargé des relations avec le Parlement;

ti : CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de notre émission avec l'invité politique ce matin, de la Presse quotidienne régionale, des télés locales, des Indés Radios et de TV5 Monde. Bonjour Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes ministre des Relations avec le Parlement. Pour vous interroger, à mes côtés ce matin, Oriane MANCINI de Public Sénat, bonjour Oriane.

ORIANE MANCINI
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Stéphane VERNAY qui dirige le bureau parisien de Ouest-France.

STEPHANE VERNAY
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Le plus grand quotidien francophone français. Merci d'être avec nous. Marc FESNEAU, vous allez rencontrer dans quelques minutes les parlementaires de la République En Marche, c'est votre métier, vous êtes ministre des Relations avec le Parlement. Etes-vous ce matin, sûr, convaincu, qu'ils sont derrière le gouvernement à fond ?

MARC FESNEAU
Ecoutez, moi j'ai assisté à la réunion de groupe hier avec le Premier ministre et un certain nombre d'autres ministres. Je pense qu'il était, ils étaient à la fois satisfaits qu'on ait eu un dialogue et un débat avec eux, et deux, satisfaits pour avoir discuté avec eux après, des propositions mises sur la table par le Premier ministre. Moi j'ai senti une majorité solide sur la nécessité de réformer le pays, et aussi solide sur la volonté de dialoguer avec les Français qui s'expriment depuis 3 ou 4 semaines. Donc je n'ai pas d'inquiétude de cette nature là.

CYRIL VIGUIER
Vous n'avez pas entendu de voix discordantes ?

MARC FESNEAU
Non mais il y a des gens qui ont exprimé des voix et des propositions, et c'est normal dans une majorité, on ne peut pas à la fois faire le grief de dire « ils sont godillots » et quand ils parlent, de dire qu'ils seraient par nature frondeurs. Il faut apprendre en démocratie à débattre et à débattre tranquillement, c'est peut-être d'ailleurs une des leçons à tirer de ce que nous vivons actuellement. Il faut apprendre à débattre tranquillement dans la majorité avec l'opposition aussi pour peu qu'elle soit un peu responsable. Il y a, j'en suis certain, des gens qui sont responsables dans l'opposition. Donc je n'ai pas d'inquiétude de cette nature-là.

ORIANE MANCINI
Aujourd'hui l'opposition est responsable dans la crise actuelle ?

MARC FESNEAU
En tout cas j'y vois un certain nombre de responsables entre guillemets politiques, entre guillemets responsables, ils ont dit pompier pyromanes, ce n''est même pas pompiers pyromanes, c'est pyromanes tout court, c'est-à-dire un certain nombre de gens qui…

ORIANE MANCINI
Vous pensez à qui ?

MARC FESNEAU
Non mais j'ai entendu monsieur DUPONT-AIGNAN en particulier…

ORIANE MANCINI
Claquer la porte d'Edouard PHILIPPE…

MARC FESNEAU
Oui enfin ce n'est même pas claquer la porte, c'est se mettre en scène lui-même comme si c'était sa personne qui comptait et son destin politique qui comptait, moi je pense que c'est le destin de la France qui compte, dans les épisodes que nous vivons, la capacité que nous avons parce que c'est aussi ça qu'on paie, à réformer le pays, à ce que ça soit compris par les Français au sens qu'ils le comprennent comme quelque chose qui soit juste et qui amène un progrès à terme. Et donc dans ces moments-là on a besoin de gens dans la majorité évidemment, parce que nous sommes en situation de gouverner, mais aussi dans l'opposition, de gens qui disent : ok on pose les choses sur la table, on se met à travailler, on essaye de trouver des solutions, et pas simplement qui disent : allez-y. J'ai même vu un ancien président de la République quasiment enfiler un Gilet jaune en disant « c'est formidable continuez » Quand on a été 5 ans président de la République et qu'on n'a pas été capable, parce que c'est ça la vérité, de réformer le pays et de le conduire à un point plus positif qu'à son point d'arrivée, au point d'ailleurs de ne pas pouvoir se représenter, c'est plus que de la modestie qu'il faudrait avoir c'est de la décence et je n'ai pas trouvé de la décence dans ce genre d'attitudes. Parce qu'on n'a pas, on n'a jamais intérêt à attiser les colères et à attiser les peurs. On a intérêt à poser des problèmes, à débattre, à se mettre d'accord sur ce sur quoi on n'est pas d'accord, si je peux dire les choses ainsi, mais en même temps quand on est responsable politique, responsable c'est faire en sorte qu'on fasse évoluer les choses, et ce n'est pas faire en sorte que les choses se dégradent. Personne n'a intérêt, en dehors des révolutionnaires que nous voyons fleurir ici ou là, faire en sorte que le pays entre dans le chaos.

STEPHANE VERNAY
Vous venez de dire que les parlementaires de la majorité étaient satisfaits des propositions mises sur la table, est-ce qu'elles n'arrivent pas un peu tard et est-ce qu'elles sont à la hauteur des enjeux aujourd'hui ? Est-ce que le gouvernement, est-ce que l'exécutif n'a pas encore un train de retard par rapport à ce qui se passe ?

MARC FESNEAU
Alors c'est toujours dans le débat public, c'est toujours trop tard trop tôt.

STEPHANE VERNAY
Et pour vous ?

MARC FESNEAU
Non, moi je ne crois pas, en tout cas moi je ne suis pas dans…je ne suis pas dans le moment où je regarde en arrière, où je fais un chemin historique et je n'ai pas envie d'écrire une page historique.

STEPHANE VERNAY
Mais vous n'avez pas le sentiment que le gouvernement a été trop lent dans ce dossier, sur le pouvoir d'achat par exemple ?

MARC FESNEAU
Moi je pense qu'on a essayé de prendre la mesure, je rappelle que le Premier ministre et le président de la République avaient mis sur la table un certain nombre de moyens complémentaires et d'ailleurs il faut reconnaître aussi aux parlementaires de la majorité d'avoir alerté, et pour un certain nombre d'entre eux d'avoir porté des amendements dès les premiers moments du budget, pour faire en sorte que les dispositifs soient renforcés, et je pense à un certain nombre de dispositifs autour de la transition écologique. Après, le mouvement a pris de l'ampleur, il faut en tirer conséquence. Moi la seule chose qui importe pour moi c'est qu'on puisse se mettre autour de la table, parce que moi j'entends aussi beaucoup de gens qui ont envie de se mettre autour de la table, à la fois des gens qui sont dans la rue, et puis des gens qui sont en situation de responsabilités locales ou des gens qui sont, comme on dit dans les corps intermédiaires et qui ont envie de poser l'ensemble des questions qui ont pu être posées par le Premier ministre hier.

ORIANE MANCINI
Pour parler concrètement de ce qui va se passer au Parlement, le Sénat a voté le gel de cette hausse, donc à l'heure où on se parle elle n'existe plus. Le Premier ministre hier a annoncé un moratoire et non une suppression, est-ce que la semaine prochaine lors du retour du budget à l'Assemblée le gouvernement va rétablir la hausse dans le budget.

MARC FESNEAU
… législatives, ça ne vous aura pas échappé, il y a le PLF, le Premier ministre a annoncé hier que les évolutions de PLF, enfin de dans le PLF, se feraient sans augmentation d'impôts, donc c'est clair. Après on a un projet de loi de finances rectificative, au mois de mars avril, puisqu'on est un projet de loi sur les finances des collectivités locales, mais c'est un projet de loi de finances rectificative, et donc les ajustements de projets de loi se feront à ce moment-là.

ORIANE MANCINI
Donc, clairement, pas de rétablissement de la hausse la semaine prochaine.

MARC FESNEAU
Non, mais le Premier ministre vient d'annoncer qu'il suspendait la hausse. On ne va pas, enfin je veux dire notre parole elle est crédible, et si on veut être crédible devant les Français, ce n'est pas pour rétablir la hausse. Après il y a des questions budgétaires qui vont être posées au printemps, parce qu'évidemment cette mesure elle a des conséquences budgétaires et dans l'intervalle il faut aussi en tirer les conséquences. Mais là aussi on aura besoin de responsables qui diront qu'est-ce qu'on peut faire en plus, et puis aussi qu'est-ce qu'on peut faire en moins, parce que j'ai entendu à l'Assemblée nationale en particulier hier, un certain nombre de gens qui font fleurir un certain nombre de propositions, je vois beaucoup de dépenses, je ne vois pas beaucoup de recettes et il n'est pas question pour nous d'augmenter les impôts, et je ne vois pas beaucoup d'économies. Donc le débat il va servir à ça.

ORIANE MANCINI
Alors, le Sénat, il va proposer une compensation. Vous allez la suivre ? Notamment sur les mutuelles.

MARC FESNEAU
Oui, mais c'était une hausse de taxes pour les Français les mutuelles, excusez-moi de vous le dire, c'était un mécanisme de vases communicants qui était proposé, donc ce n'est pas ça.

STEPHANE VERNAY
Alors, c'est quoi du coup, comment en on fait ? Parce que là on estime qu'il va manquer, cette hausse, on parle de 2 milliards d'euros qui manquent, donc vous avez effectivement une opposition qui propose de faire des dépenses plutôt que des recettes. Quelle est votre proposition ? Quel est le plan, quelle est la stratégie ?

MARC FESNEAU
Le Premier ministre a dit : je mets sur la table une mesure d'apaisement qui permettra de remettre sur la table l'ouvrage sur le métier, comme on dit, pour regarder ces questions de fiscalité, de transition écologique et de mesures d'accompagnement. C'est ce temps-là qu'il faut mettre à profit. Je répète que nous avons un véhicule législatif au printemps prochain, budgétaire.

STEPHANE VERNAY
Ce sera à ce moment-là.

MARC FESNEAU
Mais c'est à ce moment-là que les choses se caleront.

STEPHANE VERNAY
Donc la feuille est blanche pour le moment, tout reste à construire.

MARC FESNEAU
Mais évidemment, évidemment. On ne peut pas dire à la fois « on se met en situation d'écoute » et c'est ce qu'a dit le Premier ministre et ce qu'a dit le président de la République, pour poser les choses en termes de justice fiscale, en terme de justice puisque sociale, en termes de mesures de compensation pour ceux qui sont en situation difficile, et dire que la feuille ne serait pas blanche de ce point de vue-là. Elle n'est pas complètement blanche parce qu'il y a quand même des éléments qui sont posés sur la table. Je rappelle que c'est non seulement sur la hausse de la taxe carbone et la convergence diesel et essence, mais aussi c'est des mesures qui n'étaient pas forcément demandées au démarrage, mais de gel des hausses d'EDF qui sont des mesures mécaniques, puisque c'est une trajectoire qui est connue depuis des années, et puis sur le gasoil non routier, donc il y a un certain nombre de mesures qui sont mises sur la table, je ne parle pas de la mesure sur le contrôle technique, je pense qu'il y avait aussi une incompréhension, là aussi c'est des mesures de transposition qui avaient été prises, on en prend la responsabilité, on est en situation d'essayer de résoudre les choses. Donc c'est tout ça qui est sur la table, la feuille n'est pas blanche du point de vue que sur la table sont posées des mesures d'apaisement. Et à partir de là il faut travailler.

CYRIL VIGUIER
Vous parlez d'apaisement, l'image qui a frappé hier c'est le président de la République, hué, sifflé, alors qu'il se rendait au Puy-en-Velay, là où la préfecture avait brûlé, d'ailleurs. Est-ce que c'est la personnalité d'Emmanuel MACRON qui est visée ? Qu'est-ce qu'il peut faire ? Est-ce qu'il peut changer ? Est-ce qu'il doit changer selon vous ?

MARC FESNEAU
Moi je ne mettrais jamais en scène, ça peut arriver qu'un président de la République soit sifflé, c'est ni le premier, ni le dernier. Ce que ça montre, et qui a été, qui a fait aussi qu'Emmanuel MACRON a été élu en 2017, c'est une forme de rupture entre ceux qui gouvernent et ceux qui, les citoyens, et donc c'est ce travail-là que nous avons à faire, ce n'est pas que le travail d'Emmanuel MACRON, parce qu'Emmanuel MACRON il avait posé le diagnostic en 2017. Ce que nous avons à faire comme travail, c'est un travail de réconciliation des Français avec les gouvernants, et ça c'est un travail parlementaire…

CYRIL VIGUIER
Mais le peut-il, avec ce niveau de popularité très bas, avec, vous avez vu ces images hier, s'il se rend donc en régions, il est sifflé…

MARC FESNEAU
Moi je connais la capacité, pour connaître un peu le président de la République, je connais sa capacité d'écoute, sa capacité à se saisir de ce qu'il sent de la situation française, il l'avait parfaitement perçue en 2017, parce que finalement, c'est comme en effet miroir à ce qui se passe aujourd'hui, la même exigence qui est portée aujourd'hui que celle qui était portée en 2017. C'est une demande de réforme, de prise en compte de la réalité.

CYRIL VIGUIER
Justement, il est déçu, comment…

MARC FESNEAU
Ça fait 18 mois et notre travail à nous, c'est de poser sur la table un certain nombre de sujets et de faire en sorte qu'on trouve des solutions. Parce que de quoi souffre le pays au fond ? C'est l'affaire des réformes. Cette affaire de taxe carbone et de transition, plutôt que de la taxe elle-même, de transition écologique, je regardais il y a quelques jours les prix du gasoil. Il y 7 ou 8 ans ils étaient au même niveau. Qu'est-ce qu'on a fait depuis 7 ou 8 ans pour sortir les gens de cette dépendance ? Nous, notre responsabilité ce n'est pas que dans 7 ou 8 ans on se retrouve avec une même crise qui serait liée à l'augmentation des cours du Baril, et qui va que des gens se trouvent en impasse budgétaire. Parce qu'une grande partie de l'impasse budgétaire dans laquelle les gens se trouvent, c'est une impasse liée à la dépendance au pétrole. Et donc il faut qu'on trouve des moyens d'accompagnement, et de compréhension mutuelle, pour faire en sorte que les gens puissent s'en sortir.

STEPHANE VERNAY
Christophe CASTANER a été auditionné hier au Sénat et il a appelé les Gilets jaunes raisonnables à ne pas manifester samedi. Est-ce que vous estimez qu'il y a des risques ? A quoi est-ce qu'on doit s'attendre samedi prochain dans… est-ce qu'il y a une escalade possible ?

MARC FESNEAU
Eh bien il y a évidemment une escalade possible, parce qu'on voit bien que…

ORIANE MANCINI
Mais une escalade jusqu'où ? Est-ce que clairement vous redoutez des morts samedi prochain ?

MARC FESNEAU
Mais forcément, quand on est dans une escalade comme celle à laquelle on a assisté samedi, où il y a quand même des gens qui n'avaient qu'une volonté, le ministre de l'Intérieur l'a rappelé avec justesse, des gens qui voulaient la mort de policiers ou de gendarmes. Enfin, je veux dire il y a des gens qui par leurs attitudes, mettaient les policiers dans des situations de guet-apens, excusez-moi de vous dire, il y a eu la semaine d'avant, on ne l'a pas assez dit, parce que je pense qu'à un moment il faut dénoncer aussi des violences avec fermeté, parce que j'entends monsieur MELENCHON dire : « Je ne les excuse pas, mais je les comprends ». Non, moi je ne comprends pas la violence. Je suis désolé, je ne comprends pas la violence, et je ne comprends pas qu'on puisse dire et cautionner, parce que quand on dit « je comprends », c'est qu'on dit « après tout c'est légitime ». Il n'y a pas de violence légitime dans ce domaine-là. Quand vous êtes à poursuivre des policiers pour leur tendre des guets-apens t vouloir leur mort, et quand vous êtes, encore plus symboliquement, dans l'incendie d'une préfecture et le refus de vous faites aux pompiers d'intervenir pour éteindre un incendie dans une préfecture, c'est une tentative de mise à mort. Excusez-moi c'est, juridiquement ça porte des mots et donc il y avait un préfet, il y avait des fonctionnaires, et c'est l'occasion aussi de leur rendre hommage, puisque tous ces gens-là, quand vous êtes dans un bâtiment qui prend feu et que personne n'est là pour dire, et c'est quand même regrettable, laissez passer les pompiers, ça veut dire qu'on est dans une situation de risque et donc il y a forcément une crainte, et donc moi je ne fais pas, je ne dis pas que tous les Gilets jaunes sont comme ça, je ne l'ai jamais dit depuis le début de ce mouvement, mais en tout cas il y a un certain nombre de gens qui ont envie de la radicalisation, et cette radicalisation, il faut lutter contre cette radicalisation par les moyens que donne l'Etat et par ailleurs les responsables politiques, ils doivent aussi avoir des paroles, ce que j'essaie d'avoir devant vous ce matin, des paroles apaisantes et puis des paroles aussi de qu'est-ce que c'est que l'Etat de droit.

STEPHANE VERNAY
Il y a aussi des lycées bloqués, des agriculteurs qui manifestent la semaine prochaine, la CGT et FO qui appellent à une grève e dans le transport routier dès dimanche. Est-ce que vous redoutez une coagulation, une convergence des luttes ? Un tournant dans…

MARC FESNEAU
Oui, enfin moi je pense que quand on est dans un moment éruptif comme ça, il y a il y a toujours des gens individuellement ou plus collectivement qui veulent se saisir des choses. Moi je pense que dans le transport routier il y a un certain nombre de choses qui ont été posées sur la table depuis un certain temps, et ce n'était pas lié au mouvement des Gilets jaunes, et qui vont dans le bon sens, d'ailleurs beaucoup de transporteurs le reconnaissent. Dans le monde agricole c'est une demande autour d'accélération du processus de transposition si je peux dire de la loi et les Etats généraux de l'alimentation. Il faut travailler avec les uns et les autres, mais je pense que les uns et les autres sont en…

ORIANE MANCINI
Didier GUILLAUME annonce à l'instant que les ordonnances sont reportées, qu'elles seront appliquées en janvier/février, est-ce que là aussi c'est un recul ? Est-ce que le gouvernement est encore en capacité de mener des réformes ?

MARC FESNEAU
Mais évidemment que le gouvernement est en capacité de mener des réformes, parce qu'il est en situation, d'abord de gouverner, deux, qu'on a reçu un mandat des Français, le mandat des Français c'était de transformer le pays pour que ça aille mieux, et c'est ça qui nous rappelle aussi, d'une certaine façon, dans la rue, c'est l'exigence est une exigence de transformation profonde et en même temps une exigence de meilleure vie pour eux, et c'est à ça qu'il faut être au rendez-vous. Après, que le gouvernement…

ORIANE MANCINI
Mais le concrètement, rien ne changera ? Vous êtes ministre des Relations avec le Parlement, le calendrier parlementaire de la rentrée ne change pas, la réforme des retraites, vous serez en capacité de la mener.

MARC FESNEAU
On va regarder le calendrier, je l'avais déjà explosé devant vous il y a très peu de temps, autant que je me souvienne. La réforme des retraites était plutôt prévue sur le deuxième semestre, puisqu'il y a une grande phase de concertation. Il faut une réforme des retraites, excusez-moi, parce que c'est une faute de ne pas avoir fait…

ORIANE MANCINI
Oui, mais est-ce que vous pourrez la faire ?

MARC FESNEAU
Jean-Paul DELEVOYE, que vous connaissez, mène des travaux de concertation qui sont très importants, et il faut le faire devant les citoyens, parce que je pense qu'on a besoin d'un débat public et il le fait très bien, à la demande du président de la République, et s'il faut, il faut une réforme, la question c'est la capacité de dialogue qui permette de rendre acceptables les réformes et qui donne le sentiment que la réforme ça n'est pas un recul, la réforme c'est pour faire avancer le pays et pour améliorer la situation des gens, c'est ça l'enjeu.

STEPHANE VERNAY
Oui mais ce n'est pas ça la question, la question c'est que vous voyez bien que pour que les réformes, la transformation du pays puisse avoir lieu, l'idée c'était que le gouvernement ou l'exécutif ne cède rien. Là, tout le monde a l'impression qu'il y a un recul et que la tension est telle que vous ne pourrez plus mener à bien les grosses réformes que vous lancez.

MARC FESNEAU
Moi je vais vous dire quelque chose. Quand vous avez des gens qui sont socialement acculés, au pied du mur, et d'une certaine façon ils le vivent à juste titre souvent pour un certain nombre de ceux qui s'expriment, comme le risque s'ils reculent d'un pas, de tomber dans l'oubli ou dans une espèce de falaise de perte sociale. Quand vous avez des gens qui sont dans cette situation-là, la question n'est pas de savoir si on recule ou pas, la question c'est de savoir, c'est d'écouter les Français, et donc moi je n'ai aucun état d'âme avec l'idée qu'on puisse ajuster les choses, quand les choses sont mal comprises, c'est la responsabilité des politiques de ne pas être aveugle, et donc on n'est pas aveugle, on écoute, on pose les choses pendant 6 mois et on travaillera avec les Français pour ça.

ORIANE MANCINI
Rapidement, sur la réforme constitutionnelle, est-ce que dans le contexte actuel vous nous dites aujourd'hui que ce sera toujours le premier texte examiné à l'Assemblée nationale en janvier ?

MARC FESNEAU
Mais c'est le calendrier, tel qu'il est posé. D'ailleurs c'est peut-être aussi une occasion d'un débat, je l'avais dit en autres occasions devant la Presse parlementaire la semaine dernière je crois, l'occasion d'un débat sur l'outil constitutionnel, l'outil de la révision institutionnelle, en quoi il peut servir mieux l'exigence démocratique et l'approfondissement de l'exigence démocratique et de faire en sorte que les citoyens se sentent, un, mieux représentés, et deux, mieux écoutés. Il y a un certain nombre de dispositions autour de la réforme du CESE qui a était proposée, un certain nombre de dispositions autour de la réforme des pratiques parlementaires, moi je pense que ça va dans le bon sens et c'est ça qu'il faudra travailler. Et je pense que le débat parlementaire il se nourrira aussi de ça, c'est-à-dire qu'il faut qu'on tire exigence, que je pense que c'est un moment de vérité aussi démocratique. C'est comment on mène les débats d'un point de vue démocratique et comment les responsables publics se saisissent mieux des questions et sont mieux en interaction avec les citoyens.

CYRIL VIGUIER
Marc FESNEAU, vous êtes un proche de François BAYROU, on a entendu ses tacles, ses critiques à répétition, notamment sur la méthode ces derniers temps, est-ce qu'il est en réserve de la République, François BAYROU ?

MARC FESNEAU
Je ne sais pas s'il est en réserve de la République, en tout cas il n'est pas en réserve de dire et d'exprimer ce qu'il a toujours fait, et de façon libre, dans la majorité, ce qui lui paraissait être des besoins d'inflexion. Après c'est bien que ce soit versé au débat, moi je pense que c'est toujours utile quand il y a des voix qui peuvent s'exprimer, dans un cadre, j'entends François BAYROU et je parle avec lui très régulièrement, comme vous pouvez l'imaginer, nous ce qu'on veut c'est que le quinquennat réussisse. Ça n'est singulièrement pas ce que disent les oppositions. Les oppositions ont envie que le quinquennat soit inutile, eh bien nous on a envie que le quinquennat soit utile, et François BAYROU le premier et donc on va faire en sorte que le quinquennat soit utile.

CYRIL VIGUIER
Merci Marc FESNEAU, ministre chargé des Relations avec le Parlement.

MARC FESNEAU
Merci.

CYRIL VIGUIER
Vous nous quittez, vous allez a notamment la réunion des députés de la République En Marche. Merci d'avoir été avec nous ce matin.

MARC FESNEAU
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 décembre 2018

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