Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse à France-Inter le 7 décembre 2018, sur les violences et l'usage de la force policière dans les manifestations de lycéens. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse à France-Inter le 7 décembre 2018, sur les violences et l'usage de la force policière dans les manifestations de lycéens.

Personnalité, fonction : BLANQUER Jean-Michel, DEMORAND Nicolas.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse;

ti :

NICOLAS DEMORAND
L'invité du « Grand entretien » de France Inter ce matin est donc le ministre de l'Education nationale, vous pourrez dialoguer avec lui dans une dizaine de minutes, que ce soit au standard, 01.45.24.7000, sur les réseaux sociaux, via l'application France Inter. Jean-Michel BLANQUER, bonjour.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
On sent beaucoup d'inquiétude à la veille de la nouvelle manifestation des Gilets jaunes demain à Paris et en province, on va y venir, en parallèle les manifestations de lycéens se sont poursuivies hier, des appels à manifester ont été lancés aujourd'hui. C'est dans ce contexte, Jean-Michel BLANQUER, qu'une vidéo montrant plusieurs dizaines de lycéens agenouillés, mains sur la nuque, entourés de policiers après leur interpellation ce jeudi à Mantes-la-Jolie, a été postée sur les réseaux sociaux, cette vidéo a suscité, et elle continue à susciter, de très nombreuses réactions. L'image est terrible, vous a-t-elle choqué Monsieur le ministre ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, l'image est forcément choquante, et il y aura, il y a eu des images choquantes parce qu'on est dans un climat de violence exceptionnel, maintenant, vous savez, vous parlez, vous les journalistes, très fréquemment, de l'éducation à l'image, nous en parlons aussi à l'Education nationale, il faut faire très attention aussi aux images découpées. Il faut savoir ce qui s'est passé…

NICOLAS DEMORAND
Elles sont en longueur et elles sont de plusieurs sources, Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne dis pas qu'elles sont fausses, je dis le contexte dans lequel elles se sont passées. Que s'est-il passé hier à Mantes-la-Jolie ? A Mantes-la-Jolie il y a des éléments extérieurs au lycée, des personnes de plus de 20 ans souvent, qui au cours des jours précédents avaient accumulé des poubelles, en venant les apporter en fourgonnettes, qui ont coincé le lycée, qui ont réussi à ameuter quelques lycéens, pas forcément d'ailleurs du même endroit, il y a des gens qui sont venus d'autres départements, ils ont envahi un pavillon, ils ont volé des bombonnes de gaz, ils ont commis des exactions, ils ont évidemment attaqué les forces de l'ordre, lesquelles ont cherché à les neutraliser, et en les neutralisant les ont effectivement mis contre un mur, et avec les images que l'on voit. On aimerait mieux évidemment que ces choses-là ne se passent pas, et j'en parle depuis le début des difficultés avec Christophe CASTANER, pour qu'il y ait des consignes de proportionnalité de la part de la police.

NICOLAS DEMORAND
Mais sur cette affaire de Mantes-la-Jolie, que vous dit-il le ministre de l'Intérieur ? Les réactions sont indignées, je le redis ce matin, de la part d'un certain nombre de responsables politiques ou même du SNES -FSU qui est un syndicat important de l'éducation.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a de l'indignation… bien sûr, non mais je comprends... écoutez, quand j'ai vu ces images moi-même j'ai évidemment été choqué, comme les gens qui réagissent, je demande juste que dans ce monde où on voit beaucoup de choses de manière très partielle, on remette les choses dans leur contexte. Je ne dis pas que c'est une bonne chose, bien sûr que c'est une mauvaise chose, et bien sûr qu'on regardera les suites éventuelles, mais dans un moment où les forces de l'ordre sont totalement sollicitées, dans toute la France, avec des difficultés énormes, avec des prises de risques incroyables de la part de personnes qui s'adonnent à des violences qui peuvent être meurtrières, je pense qu'il faut mettre les choses à leur place. Il faut dire aussi qu'il y a beaucoup de non lycéens qui se mêlent à cela, qui réussissent souvent à mêler quelques lycéens, c'est malheureusement ensuite les lycéens qui se font plus prendre, puisque les autres sont des professionnels de la violence, c'est ce qui s'est passé là encore, donc moi j'appelle de nouveau au calme. Vous savez, on peut tous s'énerver, s'exciter, s'invectiver, on peut ainsi faire que la France, au cours des jours et des semaines qui viennent, passe son temps à s'énerver en quelque sorte, moi j'en appelle vraiment au calme. Au cours des jours précédents je n'ai cessé de dire n'allez pas aux manifestations, d'autant plus que le dialogue existe sur le sujet du lycée, et que donc, aujourd'hui, aller dans la rue contre la réforme du lycée par exemple, ça pose une série de questions, mais en tout cas j'ai aussi cela à dire ce matin, c'est que de toute les façons le dialogue est très ouvert, donc soit on voit dans un engrenage de la violence…

NICOLAS DEMORAND
On va y venir. Est-ce que votre dialogue avec le ministre de l'Intérieur vous laisse penser qu'il y a un usage proportionné de la force concernant les manifestations des lycéens ? Il y a eu 150 arrestations hier, devant ce lycée, 150.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais vous pensez que c'est pour rien qu'il y a eu 150 ? Il s'est passé des choses très graves. Une partie vont être relâchés bien sûr, mais il y en a qui ont fait des choses très graves et qui vont être déférés devant la justice, puisque ce n'est pas simplement parce que vous allez dans la rue en criant votre colère que vous avez la légitimité ensuite d'incendier une voiture. Ces derniers jours, dans différentes parties de la France, vous avez eu des gens enfermés dans leur voiture, menacés d'incendie, des gens ont failli mourir ces derniers temps, un personnel de l'Education nationale a été aspergé d'essence. Est-ce que vous voulez qu'on reste les bras ballants ? Il y a quelques semaines tout le monde me demandait qu'il y ait plus de fermeté, plus de réaction, lorsqu'il y avait des exactions dans les établissements, ou autour des établissements, soyons tous cohérents les uns avec les autres. Bien sûr que nous sommes dans un Etat de droit et que si quelque chose va au-delà du droit cela doit être sanctionné, mais le coeur du sujet aujourd'hui, réellement, il n'est pas là, il est aussi dans les manipulations que l'on cherche à faire, parce que, dans les interventions que j'entends, de la part de certains, il y a évidemment l'envie d'exciter les esprits, et d'arriver à ce que la France soit dans un climat insurrectionnel, je vois même certains élus s'adonner à cela.

NICOLAS DEMORAND
Mais vous pensez vraiment que quand Benoît HAMON, qui a été ministre de l'Education, dit que c'est glaçant, que c'est inadmissible, je le cite, que ce n'est pas la République, que la jeunesse française est humiliée, quand le SNES-FSU dit que c'est indigne de notre démocratie, vous y voyez des mots d'extrémistes ou de boutefeux ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, je ne dis pas cela, je dis que Benoît HAMON préfère souvent la politique à l'Education nationale, c'est d'ailleurs pour ça qu'il y est resté 6 mois, qu'il a démissionné pour des raisons politiques qui n'avaient rien à voir avec l'Education nationale, il est donc dans un jeu politique lorsqu'il fait cela. Le SNES-FSU, je pense, tout le monde ne dit pas la même chose dans la FSU, d'ailleurs hier soir j'étais aux résultats des élections professionnelles avec l'ensemble des syndicats, je leur ai tenu un discours de responsabilité, j'ai senti qu'ils y adhéraient. Je pense que la plupart des adhérents de la FSU savent bien que nous sommes aujourd'hui dans une situation qui réclame de la responsabilité de la part de tout le monde. Donc je pense que, aujourd'hui il faut en appeler à la responsabilité, au calme, que soit, nous tous, 65 millions de Français, nous nous complaisons dans une espèce de cercle vicieux de l'énervement et de la violence, soit nous revenons au calme, et le calme c'est débattre, ce n'est pas combattre, c'est débattre. Et donc la démocratie c'est débattre, or la possibilité de débattre sur l'ensemble des sujets qui concernent les lycéens est totalement ouverte au moment où je vous parle, donc il n'y a rien qui coince en réalité. Donc, l'affaire des Gilets jaunes a fait en quelque sorte un ricochet maintenant sur les lycées, j'ai un message à la fois de calme et d'écoute vis-à-vis des lycéens, je tiens à dire aussi que c'est quand même un peu plus de 200 lycées qui ont été touchés par les blocages, même en fait moins que ça pour les blocages, et un peu plus pour les incidents, il y a 4400 lycées en France. Il y a aussi beaucoup de lycéens qui sont très attachés à cette réforme du bac, il y a des élèves de seconde qui se disent que c'est enthousiasmant, il faut aussi écouter ceux qui ne crient pas dans la rue, quand on est dans cette situation-là.

NICOLAS DEMORAND
Donc c'était 200 lycées hier, sur 4000, c'est ça !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pour être plus précis, c'était 80 qui étaient bloqués, et c'était autour de 300 qui ont connu des incidents.

NICOLAS DEMORAND
Deux questions supplémentaires, tout de même, sur le maintien de l'ordre de ces mouvements lycéens. Il y a déjà 3 lycéens qui ont été, Jean-Michel BLANQUER, gravement blessés par des tirs de lanceurs de balles de défense, ce qu'on appelait les flash-balls, en pleine tête. Je vous repose la question - des vidéos circulent aussi, elles sont terribles - est-ce que vous croyez vraiment que la réponse est proportionnée ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, je suis le premier meurtri quand je vois ça et quand je sais ça, et c'est bien pour ça que ces derniers jours j'ai dit n'y allez pas, ce n'est pas le moment, il y a des groupes qui viennent se mêler à tout ça et qui créent des violences extrêmes, qui obligent les forces de l'ordre à se trouver souvent dans des situations défensives, ne l'oublions pas. La semaine dernière, ce qui s'est passé à l'Arc de Triomphe par exemple, c'est des scènes de guerre qui se sont passées à certains moments, avec des gens qui enferment les policiers dans leur voiture et cherchent à les faire brûler, c'est ça les réalités d'aujourd'hui.

NICOLAS DEMORAND
Mais c'est les mêmes qu'on voit, les mêmes images se déroulent devant les lycées qu'à l'Arc de Triomphe, c'est de même nature et de même niveau de violences ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr qu'il y a de très grandes violences, à Marseille, à Toulouse, dans certaines villes de la région parisienne, ce sont des scènes de guérilla urbaine qui ont lieu. Donc bien sûr ce que je souhaite, mon premier devoir c'est la protection des lycéens, et bien sûr je dis à Christophe CASTANER d'être très attentif à ce que l'usage de la force soit proportionné, mais c'est déjà, je vous le dis très franchement, un miracle qu'il n'y ait pas de mort vu le fait que certains cherchent à nous faire rentrer dans cette situation, et parfois mettent les policiers dans des situations défensives très dures. Alors après, qu'il y ait des dérapages, c'est possible, on est dans un Etat de droit, donc tout cela sera vérifié, regardé, approfondi, mais qu'on ne se trompe pas dans nos indignations. L'indignation qu'il faut avoir aujourd'hui c'est contre le cercle vicieux de la violence, celui de l'invective, de l'accusation facile, de la duperie par l'image, toutes ces choses-là c'est des choses pour lesquelles normalement les journalistes, comme les professionnels de l'Education, nous sommes normalement outillés pour faire la part des choses.

NICOLAS DEMORAND
Nous faisons attention à chacun de nos mots Jean-Michel BLANQUER, et les questions que je vous pose ne sont pas marquées par l'esprit de polémique.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais je n'ai pas dit ça…

NICOLAS DEMORAND
C'est que les images ont aussi des effets qui, dans des contextes inflammables, peuvent être des effets lourds.

JEAN-MICHEL BLANQUER
D'accord… mais justement, mais vous êtes le contexte, et donc c'est vous aussi qui, commentez, interprétez, invitez, je vous demande par exemple d'interroger les chefs d'établissement concernés, je vous demande de regarder les témoins de tous ces faits, pour contextualiser justement ce qui s'est passé, comprendre à quel point des citoyens français et des élèves sont aujourd'hui mis dans des situations de violence incroyables, qui aboutissent, et c'est très déplorable ensuite, à des blessés, et évidemment ma compassion va aux lycéens qui ont été blessés. Mais vous savez qu'il y en a qui se sont blessés aussi en voulant… ils se sont brûlés eux-mêmes en voulant jeter des cocktails-Molotov, on se met en danger pour rien. D'autant plus que les sujets de réforme dont il est parfois question, je dis bien parfois, parce que hier, quand vous voyez les images, vous voyez bien aussi que certains qui s'expriment vaguement, n'ont aucune idée de la réforme dont ils parlent, mais pour ceux qui, pour les pour les vrais lycéens, parce que là c'étaient des faux lycéens, pour les vrais lycéens qui ont de réelles préoccupations sur les réformes, d'abord des explications leur sont données, et par ailleurs le dialogue est ouvert. Alors, je voudrais dire quand même quelque sur la démocratie, telle qu'elle doit fonctionner, c'est qu'en ce moment nous avons les élections de ce qu'on appelle les comités de vie lycéenne, ils ont eu lieu il y a quelques semaines lycée par lycée, et maintenant nous avons les comités académiques, et nous allons avoir le comité national de la vie lycéenne, qui représente tous les lycéens. Eh bien, c'est avec ce comité que l'année dernière nous avons élaboré la réforme du lycée, et c'est avec le nouveau comité élu que je vais débattre, ces prochaines semaines, des éléments de mise en oeuvre de la réforme du lycée et de l'ensemble des éléments de conditions de vie au lycée. Vous savez, j'ai toujours plaidé, et je n'ai pas attendu les événements, pour une plus grande participation, pour un plus grand engagement des lycéens, donc il y a matière à faire un vrai exercice démocratique, et le vrai exercice démocratique ce n'est pas la loi du plus fort, le vrai exercice démocratique c'est le débat. Et donc, ce débat, il est très ouvert aujourd'hui, ayons tous, les uns, les autres, des discours de responsabilité.

NICOLAS DEMORAND
Est-ce que vous redoutez que ce mouvement lycéen, peut-être étudiant, Jean-Michel BLANQUER, grossisse, dans les jours qui viennent ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Tout est possible, dans un sens comme dans un autre, évidemment j'espère que mon appel au calme, et surtout au dialogue, va être entendu, puisque c'est cela qui est l'intérêt de tous. Vous savez, en ce moment, nous, les Français, nous sommes en train de nous tirer une balle dans le pied, toutes les régressions auxquelles nous sommes en train d'assister vont nous… nous allons tous en pâtir, donc soit nous rebondissons par le sens collectif, par l'amour de notre pays, je n'hésite pas à utiliser ce mot, par le respect d'autrui, soit nous réussissons cela, soit nous nous enfermons dans nos vieilles querelles qui malheureusement ont parfois caractérisé notre Histoire. Et donc je pense que, aujourd'hui l'appel c'est justement un appel à la raison, et un appel aussi au calme, de façon à ce que, avec les lycéens, nous puissions parler du lycée du futur, je ne demande que ça d'ailleurs, et encore une fois il y a les instances pour ça…

NICOLAS DEMORAND
Il y a des contextes, qui sont ce qui sont.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais là le contexte, c'est le contexte démocratique que je voudrais rappeler c'est, on est quand même dans des circonstances particulières, il se trouve que des lycéens ont élu démocratiquement leurs représentants, pour moi c'est eux les représentants normaux, c'est notamment avec eux que je vais débattre.

NICOLAS DEMORAND
Enfin il y a bien une crise de la représentation, on parle de ça depuis longtemps…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais là ce n'est pas le cas…

NICOLAS DEMORAND
Et de manière critique, depuis trois semaines.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, voyez, ça vous plaît de dire crise de représen… mais là il n'y en n'a pas une, là ce n'est pas le cas…

NICOLAS DEMORAND
Non, non, ça ne me plaît pas, je le dis comme c'est.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, parce que là ce n'est pas le cas, ça ne s'applique pas à ce cas, puisque je vous explique que les lycéens ont voté, ces dernières semaines, pour leurs représentants, ce n'est pas une crise de la représentation, au contraire, il y a une possibilité de représentation très forte. Donc, puisqu'on réclame du dialogue, puisqu'on réclame de l'évolution, et que justement moi je désire cela, je désire que nous façonnions le lycée du futur, par le dialogue, par l'engagement des lycéens, mais pas par le fait d'aller dans la rue, de se mettre en danger, etc., dans des circonstances qui sont exceptionnelles aujourd'hui, et qui valent, pour le mouvement lycéen, comme pour l'ensemble de ce qui se passe en France et de ce qui va se passer samedi. Nous devons devenir raisonnable, et nous devons nous respecter les uns les autres, dans un pays où nous nous aimons, nous devons aimer notre pays suffisamment pour se respecter les uns les autres. C'est vraiment l'appel que je lance, qui est aussi, évidemment, un appel au calme.

NICOLAS DEMORAND
Comment, je vais poser la question différemment Jean-Michel BLANQUER, comment voulez-vous associer 800.000 jeunes, tous les ans, dans le service universel, si la jeunesse, qui sort dans la rue, se mobilise, commence à manifester parfois, pour les uns ou les autres, pour la première fois, voit de telles images ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je trouve que la réponse est dans votre question, parce qu'on voit bien que, pour le coup, il y a eu une crise démocratique pour le coup, une crise de la République même, puisqu'il y a des risques aujourd'hui pour l'Etat de droit, il y a des risques pour la vie en commun, et donc il est très important de faire renaître le sens de l'engagement, le sens du respect d'autrui, le sens d'aller au-delà de soi-même pour servir des causes qui nous dépassent, c'est ce que nous allons développer très fortement…

NICOLAS DEMORAND
Ils s'engagent, peut-être, quand ils descendent dans la rue aussi.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais justement, je ne nie pas ça, et a je le salue…

NICOLAS DEMORAND
La manifestation c'est l'une des formes de l'engagement.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais ça, Nicolas DEMORAND, ce que vous venez de dire là, je le salue.moi, vous savez, quand je vois par exemple, que soit des lycéens ou des gilets jaunes dans des ronds-points, certains avec des drapeaux français, calmes, voulant débattre, mais je trouve que c'est de la vitalité, je n'ai aucun problème avec ça, au contraire, j'aime ça, ça s'appelle le débat, et la France est belle quand elle est dans le débat. Mais quand c'est le combat, là il commence à y avoir un problème, parce que c'est le plus violent qui gagne, c'est le rapport de force, il y a des gens qui veulent jouer avec ça. Donc, aujourd'hui j'essaye de faire d'un mal un bien, c'est-à-dire de dire, il y a de la vitalité, moi, la cause de ma vie c'est justement les élèves, essayer de faire en sorte qu'ils réussissent tous et puissent bien préparer leur avenir, et s'agissant par exemple du service, la première expérimentation qu'on va faire, c'est sur la base du volontariat, avec des jeunes qui vont vivre des choses intéressantes, qui vont vivre des choses qui relèvent de l'engagement. Quand vous apprenez le secourisme, quand vous vous adhérez à des classes Croix Rouge, par exemple, ou quand vous participez à des actions pour l'environnement, là on est dans l'engagement et dans le service d'intérêt général. Et puis il y a aussi décider de son avenir, le comité académique de vie lycéenne, dont je parlais tout à l'heure, c'est fait pour ça, pour discuter notamment des enjeux d'évolution du lycée et de mise en oeuvre des réformes.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 décembre 2018

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