Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec BFMTV le 7 décembre 2018, sur le gouvernement face à la contestation des "Gilets jaunes". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec BFMTV le 7 décembre 2018, sur le gouvernement face à la contestation des "Gilets jaunes".

Personnalité, fonction : GUILLAUME Didier, DELAY Christophe.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation;

ti :
CHRISTOPHE DELAY
Bonjour Didier GUILLAUME, ministre de l'Agriculture. Le président de la République s'exprimera au début de la semaine, c'est Richard FERRAND, le président de l'Assemblée qui l'annonce ce matin, pas avant les manifestations pour ne pas jeter de l'huile sur le feu. Le président est-il serein ?

DIDIER GUILLAUME
Oui, il est serein. Il était inquiet de la situation mais il a une vision qui est assez claire, il veut s'exprimer après les manifestations de samedi pour parler à la France, pour parler aux Français.

CHRISTOPHE DELAY
Pourquoi est-ce que c'est Richard FERRAND qui l'a annoncé ?

DIDIER GUILLAUME
C'est l'AFP d'après ce que j'ai compris …

CHRISTOPHE DELAY
Le Premier ministre ne le savait pas hier ?

DIDIER GUILLAUME
Je ne sais pas, la question ne lui ayant pas été posée non plus par Gilles BOULEAU, la question n'est pas là. La question, c'est de savoir : est-ce que le président de la République a un message à faire passer ? Et hier, le Premier ministre, son message, c'était « on apaise, nous avons entendu le message des Gilets jaunes sur les ronds-points de France, nous arrêtons les taxes. » Stop. Demain, nous demandons que ce soit apaisé, que les manifestations de samedi ne soient pas des manifestations violentes. D'ailleurs, moi, je ne compare pas du tout, je ne confonds pas ceux qui sont sur les ronds-points dans les départements et ceux qui viennent à Paris pour casser du flic, pour mettre le chaos, c'est la grande différence.

CHRISTOPHE DELAY
Et Richard FERRAND dit que le président est lucide sur le contexte et la situation, Didier GUILLAUME, au point de lâcher davantage après les manifestations oui ou non ?

DIDIER GUILLAUME
Oui. Je crois que demain après les manifestations, il faudra dire autre chose, il faudra remettre du sens et de la cohérence dans le dispositif gouvernemental …

CHRISTOPHE DELAY
C'est du concret.

DIDIER GUILLAUME
…et dans le discours. Du concret, ils en ont eu, il y a eu d'abord les mesures gouvernementales, la baisse de la taxe d'habitation, la baisse des charges. Là, il a été annoncé la suppression de la taxation, il a été annoncé la suppression de la hausse du gaz, de l'électricité etc.

CHRISTOPHE DELAY
Mais vous voyez bien que ça ne suffit pas !

DIDIER GUILLAUME
Non, ça ne suffit mais c'est évident que ça ne suffisait pas. C'était le début, mais la semaine prochaine quand le président s'exprimera, il fera un discours au peuple, un discours à la Nation, il devra annoncer un certain nombre d'autres choses. Nous avons entendu …

CHRISTOPHE DELAY
C'est une information que vous nous donnez !

DIDIER GUILLAUME
C'est ma position, ce n'est pas une information. Je ne sais pas ce que dira le président de la République mais je pense qu'il devra aller dans cette direction, nous avons entendu ce que disent les Françaises et les Français, il y a un gros problème de pouvoir d'achat et il y a surtout, il y a surtout un gros problème de sentiment d'abandon en zone rurale.

CHRISTOPHE DELAY
Alors justement sur les pistes peut-être, je vous propose de réécouter ce que disait hier le Premier ministre au sujet de cette fameuse prime évoquée ici ou là.

Reprise des propos d'Edouard PHILIPPE, document TF1

CHRISTOPHE DELAY
Est-ce possible, ça, Didier GUILLAUME ?

DIDIER GUILLAUME
Il faut augmenter le pouvoir d'achat, donner plus de force au peuple de France qui, aujourd'hui, en manque un peu, qui a l'impression d'être laissé de côté. Je ne sais pas si cette piste ou pas, moi, je ne suis pas dans le concours Lépine de ce qu'il faudra faire mais il faudra donner des choses, il faudra prendre de nouvelles mesures.

CHRISTOPHE DELAY
Mais vous, l'élu local que vous avez été pendant des années, élu de la Drôme, vous avez formé forcément des idées ? Qu'est-ce que vous pourriez suggérer à l'exécutif ?

DIDIER GUILLAUME
Nous en discuterons et si je suis consulté …

CHRISTOPHE DELAY
Allez-y !

DIDIER GUILLAUME
…j'aurai des choses à dire. Ce que je pense moi, c'est qu'il faut des mesures fortes de pouvoir d'achat et il faut des mesures …

CHRISTOPHE DELAY
Ça, c'est abstrait …

DIDIER GUILLAUME
Non, non, c'est abstrait. Ce n'est pas à moi d'annoncer des mesures qui ne sont pas arbitrées et c'est le président de la République, c'est le président de la République qui le dira. Moi, ma position, c'est de se dire : il faut des baisses d'impôts fortes. Aujourd'hui, les classes moyennes de notre pays ont été pendant 10 ans, 15 ans les vaches à lait de la République française, ce sont sur elles qu'on s'est toujours appuyé, plus d'impôts, plus de taxes, plus de ceci, plus de cela, on les montre du doigt. Dans les départements ruraux, vous avez une voiture diesel, ce n'est pas bien sauf qu'en département rural tout le monde a des voitures diesel pour faire 80 kilomètres par jour.

CHRISTOPHE DELAY
J'ai du mal à voir quand même, enfin l'idée supplémentaires supplémentaire qui peut émerger par rapport à ce que l'exécutif a déjà annoncé.

DIDIER GUILLAUME
Eh bien, aujourd'hui, l'exécutif a à stopper les taxes, a mis en place une politique depuis 18 mois de baisse des impôts, la taxe d'habitation, je vous l'ai dit. Demain, il faut aller plus loin, il faut des baisses d'impôts fortes, il faut que les entreprises continuent à pouvoir se développer, que l'emploi industriel revienne ; c'est le chômage la plus grande inégalité. S'il y a plus d'emplois, il y aura moins d'inégalités.

ADELINE FRANCOIS
Ça veut dire que d'un mot, on oublie les 3%.

DIDIER GUILLAUME
Moi, j'ai une position qui est assez simple, les 3%, c'est un dogme qui date de 1992. Nous sommes 20 ans après, 20 ans après il y a 10 ou 12 millions de plus d'habitants dans notre pays. Les 3%, je vois à peu près ce que c'est mais ce n'est pas un dogme de technocrates qui doit régler le problème social de notre pays.

ADELINE FRANCOIS
Monsieur le ministre, il y a aussi des images qui choquent ce matin, les images de ces élèves regroupés hier par des policiers à Mantes-la-Jolie, regardez à genoux, certains, front contre le mur, les mains dans le dos ou sur la tête. Procédure de maintien de l'ordre, nous disent les policiers. La procédure a été respectée.

CHRISTOPHE DELAY
C'est ce que disent les policiers.

ADELINE FRANCOIS
Oui. C'est ce que je viens de dire ! Est-ce que vous comprenez que ces images choquent ce matin ?

DIDIER GUILLAUME
Moi, je comprends que les Françaises et les Français qui regardent BFM puisse être choqués par cela, je ne sais pas ce qui s'est passé avant, je ne sais pas et je me garderai bien de commenter cela. Vous savez, il y a eu des actions très violentes. Qu'ont fait ces jeunes ? Je ne sais pas. En tout cas, il y a une chose …

CHRISTOPHE DELAY
Ce sont des enfants …

DIDIER GUILLAUME
Il y a une chose qui est sûre, c'est que les gosses, les mômes dans les collèges, dans les lycées, il faut qu'ils restent dans le calme dans ce qui s'est passé, il ne faut pas qu'ils se mêlent aux casseurs parce que ce serait un drame qu'il y ait un drame et moi, je veux éviter cela et le gouvernement veut éviter cela.

CHRISTOPHE DELAY
Justement, une dernière chose à propos ça. Est-ce qu'il est possible d'arrêter les casseurs avant qu'ils n'arrivent à Paris ?

DIDIER GUILLAUME
Je n'ai pas les informations du ministère de l'Intérieur. Ce que je sais, ce que j'en ai entendu, c'est que le ministère de l'Intérieur et la France sont prêts à cela, il y a des moyens sans précédent qui seront pris, il faut absolument faire en sorte qu'il y ait le moins de casseurs possible qui entrent dans les rues de Paris.
Et s'ils sont dans les rues de Paris, il faut que les forces de l'ordre fassent leur office, il n'est pas possible, il n'est pas pensable de voir les mêmes images que la semaine dernière.

CHRISTOPHE DELAY
Merci Didier GUILLAUME d'être venu nous voir ce matin sur BFM TV dans « Première édition. »

DIDIER GUILLAUME
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 décembre 2018

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