Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, en hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie, à Paris le 5 décembre 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, en hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie, à Paris le 5 décembre 2018.

Personnalité, fonction : DARRIEUSSECQ Geneviève.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées

Circonstances : Journée nationale d'hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie, le 5 décembre 2018

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Nous voici rassemblés devant ce Mémorial national pour renouveler l'hommage de la Nation aux « morts pour la France » et à toutes les victimes civiles pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.


Il y a 60 ans, la guerre d'Algérie entrait dans sa quatrième année. Après les espaces frontaliers et les paysages accidentés des Aurès et de la Kabylie, elle avait gagné Alger et plusieurs autres centres urbains. Un pas supplémentaire dans la violence avait été franchi.

En 1958, cette guerre fut à l'origine de la chute d'une République et de l'avènement d'une nouvelle. Ainsi, il y a 60 ans, c'est dans le drame algérien que nos institutions de la Vème République ont vu le jour.


Il y a 60 ans, des soldats de métier, des centaines de milliers de jeunes hommes appelés ou rappelés sous les drapeaux et des membres des forces supplétives combattaient pour la France. Des maris, des fils, des frères ont traversé la mer Méditerranée.

C'est toute une génération d'appelés qui a eu « 20 ans dans les Aurès ». Elle y a découvert ce qu'était la guerre d'Algérie. Une guerre âpre et éprouvante! Violente ! Brutale !

Pour tous, elle a eu de multiples visages. Celui des patrouilles dans les villes et dans les campagnes, de l'encadrement et de la protection de la population, parfois celui de semaines d'isolement, celui d'une alternance entre l'attente et de soudains combats, celui d'affrontements contre un ennemi imprévisible et souvent insaisissable.

Cette expérience a longtemps été tue par ses acteurs et par ses témoins.


Tant de soldats combattants, tant de familles concernées et inquiètes, tant de conséquences sur notre histoire : ainsi, c'est la société tout entière qui a été impliquée dans ce conflit de décolonisation.

De 1952 à 1962, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, près de deux millions d'hommes ont servi nos armes. 70 000 ont été blessés, 25 000 sont tombés pour la France. Ces hommes ont combattu avec courage et dévouement pour nos couleurs.

A Notre-Dame-de-Lorette, au coeur de ce lieu emblématique de notre mémoire combattante, un soldat inconnu d'Afrique du Nord repose avec toutes les générations du feu. Il figure glorieusement aux côtés des poilus de la Grande Guerre, et des soldats inconnus de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d'Indochine. Ainsi, les « morts pour la France » en Algérie, au Maroc et en Tunisie s'inscrivent aux côtés de leurs frères d'armes dans la mémoire nationale.

Les soldats d'Algérie revenus des combats sont, aujourd'hui, les forces vives du monde combattant, beaucoup exercent de hautes responsabilités dans les associations. Ils fédèrent les soutiens, ils rassemblent les mémoires, et ils organisent des actions de solidarité. Je veux ici les remercier.


Nous n'oublions pas les souffrances des civils, victimes de la guerre ou fauchés par un attentat. Nous pensons à toutes ces femmes et à tous ces hommes dont les destins ont été bouleversés par ces combats.

Nous pensons aux enfants, femmes et hommes qui ont abandonné une terre qu'ils aimaient tant et qui ont souffert de ce déracinement. Ce départ, les Français rapatriés l'ont vécu comme un exil douloureux.

Nous pensons également aux harkis qui ont été contraints de quitter leur terre natale et qui ont été accueillis dans des conditions indignes en métropole. Notre Nation a reconnu, à plusieurs reprises, les sacrifices consentis et les souffrances endurées.

Nous pensons aux disparus. A ces hommes et à ces femmes, civils et militaires, dont la trace a été perdue. Pour eux, le travail historique et d'ouverture des archives doit se poursuivre.


Les armes se sont tues depuis 56 ans. Progressivement, l'histoire s'empare de cette période. Afin que les jeunes générations aient une juste compréhension de ce conflit, il est nécessaire d'assurer, par l'éducation, la transmission de la connaissance et de ces mémoires. C'est une des missions majeures de l'Etat.

Devant nous, des milliers de noms défilent. Ils illustrent l'ampleur des sacrifices consentis. Par notre présence, nous exprimons notre respect et notre attachement à toutes ces femmes et à tous ces hommes. En rendant hommage à tous ses enfants, la République française est fidèle à ses principes et à ses valeurs.

En regardant vers l'avenir, la France se souvient de son passé et exprime sa gratitude pour ceux qui ont combattu pour elle.


Vive la République !
Vive la France !


Source https://www.defense.gouv.fr, le 10 décembre 2018

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