Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse à LCI le 11 décembre 2018, sur les suites du conflit social des gilets jaunes et l'augmentation du SMIC. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse à LCI le 11 décembre 2018, sur les suites du conflit social des gilets jaunes et l'augmentation du SMIC.

Personnalité, fonction : ATTAL Gabriel.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse

ti :


PASCALE DE LA TOUR DU PIN
Dispositif exceptionnel de l'interview politique, aujourd'hui, Christophe JAKUBYSZYN a deux invités, il reçoit d'abord Gabriel ATTAL, pour le gouvernement, et ensuite Eric CIOTTI.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Bonjour à tous. Pour décrypter les annonces du président de la République hier soir, je reçois un proche du président, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale. Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on va évidemment parler de ses annonces, mais aussi de la situation dans les lycées, puisque vous vous occupez de ce dossier auprès de votre ministre, Jean-Michel BLANQUER. Alors des annonces importantes, on l'a vu tout au long de la matinale de Pascal LA TOUR DU PIN, la hausse du Smic, la suppression de la CSG pour une partie des retraités, les heures supplémentaires. Est-ce que vous pensez, Gabriel ATTAL, que tout cela va suffire pour calmer la colère des Français ?

GABRIEL ATTAL
Je pense qu'il y avait une attente très forte sur la question du pouvoir d'achat pour les Français qui travaillent et qui ont le sentiment qu'ils ne peuvent pas boucler leurs fins de mois. Il y avait une attente très forte, et le président de la République s'est placé à la hauteur de cette attente hier, et les annonces qu'il a faites sont des annonces extrêmement fortes, et je pense, oui, qu'elles répondent à la préoccupation qui a été exprimée ces dernières semaines.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On a presque l'impression qu'il a répondu à des populations, à des catégories de Français qu'on voit sur les ronds-points et dans la rue, les retraités, les salariés au Smic, les salariés modestes qui peuvent espérer bénéficier des heures supplémentaires, ce n'est pas un peu clientéliste, ces annonces d'hier ?

GABRIEL ATTAL
Je ne crois pas, vous savez, le président de la République, quand il s'est engagé pendant la campagne présidentielle, il a fait le constat que le travail ne payait pas suffisamment et qu'il y avait cette question du pouvoir d'achat pour ceux qui travaillent notamment qui était très forte. On a pris des mesures depuis qu'on est arrivé, à l'évidence, on n'est pas allé suffisamment vite, et ce qu'a annoncé le président hier, c'est une volonté d'accélération sur ces mesures pour que le travail paie mieux, on reste dans la droite ligne de la valorisation du travail, qui était le coeur du projet d'Emmanuel MACRON avec effectivement une mesure de justice pour les retraités, avec le relèvement du seuil à 2.000 euros pour l'augmentation de la CSG, c'était attendu, parce que, effectivement, ce seuil de 1.200 euros était sans doute trop bas, et c'est aussi, je trouve, la force du président de la République que de reconnaître qu'on peut faire évoluer des mesures quand on considère qu'elles n'étaient pas justes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on a vu ce matin encore sur les ronds-points des gens qui expliquent que ça ne suffit pas, est-ce que vous pensez que ces gilets jaunes sont des irréductibles et qu'ils ne représentent pas la majorité des Français ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je pense qu'il faut faire la part des choses, notamment entre les gilets jaunes, qu'on voit régulièrement sur les plateaux télé, peut-être aussi certains sur certains ronds-points, qui sont à la fois dans une forme de galvanisation, et on peut le comprendre, avec leur mouvement, et aussi parfois dans des revendications qui visent à faire tomber le président de la République, l'Assemblée nationale, le gouvernement, le Sénat, il faut faire la part des choses. Moi, ce que je pense, c'est qu'il y a une préoccupation très forte qui a été exprimée par les Français dans leur ensemble sur cette question de la valorisation du travail et du fait qu'il faut que le travail paie. Et le président de la République y a répondu hier de manière très forte, et donc je pense que l'essentiel des Français qui étaient mobilisés sur cette question-là mesurent aujourd'hui qu'on prend des mesures très fortes qui vont permettre de répondre à cette attente.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, cette attente, cette colère, c'est le mot qu'a utilisé hier le président de la République, on l'écoute.

EMMANUEL MACRON, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE – HIER SOIR
Au début de tout cela, je n'oublie pas qu'il y a une colère, une indignation, et cette indignation, beaucoup d'entre nous, beaucoup de Français peuvent la partager. Mais cette colère est plus profonde, je la ressens comme juste à bien des égards, elle peut être notre chance.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Une colère, une colère juste, on pourrait presque entendre Ségolène ROYAL dans cette expression.

GABRIEL ATTAL
On entend un président de la République qui est lucide sur l'état du pays et sur les préoccupations du pays, on voit que le président de la République est parfaitement connecté aux attentes…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Il a fallu un mois pour qu'il soit connecté quand même…

GABRIEL ATTAL
Non, je ne crois pas, je pense que c'est quelque chose qu'on a senti aussi venir, parce que, encore une fois…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais vous répondez tard…

GABRIEL ATTAL
Oui, mais encore une fois, je veux dire, des mesures pour valoriser financièrement le travail, pour faire en sorte que le travail paie davantage, on en avait prises, et d'autres étaient prévues sur la durée du quinquennat, c'est bien que le constat était fait sur le fait qu'il fallait que le travail paie mieux. Ce qui est certain, c'est que la crise qu'on a vécue au cours du mois passé a montré qu'il fallait aller plus vite, et ça, le président de la République l'a parfaitement compris et l'a annoncé hier.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que c'est un changement de cap économique, parce que quand même, on chiffre ces mesures à 10, peut-être même 15 milliards d'euros, vous allez laisser, j'imagine, laisser filer les déficits, est-ce que vous changez de politique économique ?

GABRIEL ATTAL
Non, on ne change pas de politique économique, parce que, encore une fois, on s'inscrit dans des objectifs très clairs qui avaient été fixés, le 13ème mois pour un salarié au Smic, c'était prévu pour 2022, ce sera dès 2019. Donc on voit bien que…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors justement, on va quand même regarder les mesures une par une, justement, ces mesures-là, vous parlez de la mesure Smic, peut-être que vous allez pouvoir nous apporter des précisions, le président a donc parlé de 100 euros supplémentaires pour les salariés au Smic, ça veut dire quoi, ça veut dire qu'on augmente le Smic de 100 euros ou qu'on va compenser par une prime de l'Etat, ce qu'on appelle la prime d'activité ?

GABRIEL ATTAL
Le président de la République a été très clair, il a dit : le revenu, le salaire de ceux qui sont au Smic doit augmenter de 100 euros sans que ça coûte aux employeurs, parce qu'on sait que, augmenter le Smic employeur, comme on dit, ça peut entraîner des effets notamment sur l'emploi, donc le salaire doit augmenter de 100 euros sans que ça coûte à l'employeur, à partir de là…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça veut dire quoi, on baisse les cotisations sociales pour permettre à l'employeur d'augmenter le Smic net ou bien, on fait une prime d'Etat ?

GABRIEL ATTAL
Le président de la République fixe l'objectif, à partir de là, c'est au gouvernement, au Premier ministre de faire des propositions pour atteindre cet objectif, et c'est au Parlement de contrôler ces mesures, c'est comme ça que ça fonctionne. Donc cet après-midi, le Premier ministre va donner des premières informations, va donner les pistes qui sont poursuivies par le gouvernement pour arriver à cet objectif, ça peut être la prime d'activité qui avait une augmentation prévue pendant plusieurs années jusqu'à la fin du quinquennat, ça peut être des baisses de cotisations, des baisses de charges. Tout ça, c'est quelque chose qui va être regardé techniquement, mais l'objectif politique, l'objectif pour les Français, c'est qu'ils aient, pour ceux qui sont au Smic, une augmentation de 100 euros du salaire net, il sera tenu au gouvernement de trouver les moyens de le tenir, il y a plusieurs pistes qui sont possibles.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc ce n'est pas forcément la prime d'activité, ça pourrait être l'augmentation du Smic, parce qu'on a vu ce matin, notamment avec Claire FOURNIER, que, au fond, il y a une partie des salariés qui risquent de ne pas en profiter, ceux qui sont par exemple au Smic partiel, qui n'ont pas de travail à temps plein ou bien ceux qui sont dans un foyer où les revenus dépassent certains seuils.

GABRIEL ATTAL
Justement, le président de la République, là-dessus, a dit que c'était les salariés au Smic, tous les salariés au Smic qui pourraient en bénéficier, donc encore une fois, ça peut être la prime d'activité, c'est vrai que tous les salariés n'en bénéficient pas, ça peut être aussi des baisses de charges ou de cotisations supplémentaires, c'est des sujets techniques qui sont en train d'être regardés…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On le saura cet après-midi avec le Premier ministre ?

GABRIEL ATTAL
Je pense que le Premier ministre commencera à expliquer ça cet après-midi.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc l'autre mesure importante qui touche une autre catégorie de Français qui étaient en révolte depuis un mois, ce sont les retraités, donc les retraités qui ont des pensions de moins de 2.000 euros n'auront plus, à partir de 2019, cette hausse de la CSG, à partir de quand d'ailleurs, en 2019 ?

GABRIEL ATTAL
Ça sera dans les premiers mois de 2019, parce qu'il faut prendre un texte de loi…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça ne sera pas en début d'année, ça ne sera pas en janvier ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien, ça sera en début d'année, mais sans doute pas en janvier, parce qu'il faut prendre un texte de loi pour annuler la hausse de taxes qui était prévue, vous savez, une hausse de taxes qui est prévue, une CSG qui est prévue pour des retraités, ça ne s'annule pas d'un claquement de doigts, il faut prendre un texte…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce que c'est dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale…

GABRIEL ATTAL
Qui a déjà été adopté. Donc il faut prendre un nouveau texte…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc plutôt au printemps ?

GABRIEL ATTAL
Entre janvier et le printemps, oui, oui, mais l'essentiel, c'est qu'en 2019, la hausse de CSG qui était prévue pour les retraités, jusqu'à 2.000 euros, sera annulée, il faut prendre un texte pour le mettre…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais à partir de mars ou avril ?

GABRIEL ATTAL
Oui, peut-être, enfin, il faut qu'il y ait un calendrier législatif, encore une fois, ça sera dès le début 2019, mais il faut prendre un texte de loi pour permettre d'annuler cette hausse de CSG, ça sera pris dans les plus brefs délais.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc, petit décalage, vous nous annoncez ce matin quand même pour les retraités…

GABRIEL ATTAL
Moi, je n'annonce pas de décalage, ça sera fait début 2019, que ce soit janvier ou mars, je comprends que ce n'est pas la même chose pour des personnes qui sont concernées, mais je pense que l'essentiel, c'est que la hausse de taxes soit annulée, et c'est ce qui sera fait très rapidement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et c'est pour les années futures aussi, on ne reviendra pas sur les 1,7 % en 2020 et 2021 ?

GABRIEL ATTAL
Ah oui, oui, bien sûr, oui, oui, bien sûr, c'est une annonce qui est faite qui est pérenne. Le président de la République a été très clair, il a dit qu'il y avait un effort qui avait été demandé et que sans doute, pour les retraités qui gagnent moins de 2.000 euros par mois, c'était un effort qui était trop dur et qui était peut-être injuste, c'est les mots qu'il a employés, et je trouve que c'est assez puissant de la part du président de la République de reconnaître ça, on a assez peu connu de présidents de la République qui étaient en capacité de reconnaître qu'ils avaient engagé certaines pistes, et qu'ils considéraient qu'elles avaient été peut-être trop difficiles, et qu'on pouvait revenir dessus, je trouve ça assez important.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
J'ai une question à vous poser, Gabriel ATTAL, quand on a plus de 2.000 euros de pension, on est privilégié, on est riche quand on est retraité ?

GABRIEL ATTAL
Non, et le président n'a jamais dit ça, il n'a jamais dit que quand on avait plus de 2.000 euros, on était riche, d'ailleurs, plus de 1.200 euros non plus, à l'époque, on avait augmenté la taxe, le sujet, c'est de dire qu'on peut demander à certains retraités un effort pour financer les baisses de cotisations qui permettent d'augmenter la rémunération du travail, c'est ce qui avait été annoncé pendant la campagne. Vous savez, moi, j'en ai beaucoup parlé quand j'étais candidat aux législatives sur les marchés, avec des personnes de ma de ma circonscription, c'était assez clair, avec la suppression de la taxe d'habitation aussi qui venait compenser pour beaucoup de retraités cette mesure.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on regarde les autres annonces évidemment, le retour des heures supplémentaires sans impôts et sans charges, c'est le retour de Nicolas SARKOZY, c'est le retour du travailler plus pour gagner plus ?

GABRIEL ATTAL
C'est le retour de cette mesure qui avait été portée par Nicolas SARKOZY et sur laquelle François HOLLANDE était revenu, et là aussi, c'était une attente très forte, moi, quand je fais le tour des commerçants, notamment sur ma circonscription, et que je rencontre des salariés, des personnes qui travaillent qui font des heures supplémentaires, il y avait une demande très forte d'avoir ces heures supplémentaires sans impôts ni charges, c'était ce qu'avait permis Nicolas SARKOZY, François HOLLANDE était revenu dessus, ça avait été un impact très fort en matière de pouvoir d'achat pour les Français qui bossent, c'était une demande très forte. Et là, le président aussi l'a entendue. Et dès 2019, on va pouvoir revenir sur cette mesure des heures supplémentaires sans impôts ni charges, pour ceux qui travaillent, c'est du pouvoir d'achat en plus.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Idem pour la prime de fin d'année qui peut être versée sans impôts et sans charges, qui va payer 10, 12, 15 milliards d'euros, alors, est-ce que ce sont les riches, on a entendu des phrases sur les riches dans le discours du président, est-ce que ce sont les entreprises ou est-ce que c'est le déficit ?

GABRIEL ATTAL
Alors, là encore, c'est le Premier ministre qui va donner les pistes pour le gouvernement, moi, je suis secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse, donc, ce n'est pas moi qui fixe la trajectoire budgétaire, ce qui est certain, c'est qu'il y a un effort financier important…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça ne vous choquerait pas qu'on dépasse les 3 % de déficit ?

GABRIEL ATTAL
Ça ne me choquerait pas, non…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça ne vous choquerait pas ?

GABRIEL ATTAL
Sur l'année 2019, à partir du moment où on considère…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On comptait faire 2,9 %, vous nous dites : eh bien, on ne fera pas 2,9 %…

GABRIEL ATTAL
On devait faire 2,8...

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
2,8…

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, c'est le Premier ministre qui le dira, sur l'année 2019, honnêtement, après l'attente très forte qui a été exprimée par les Français.…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On va faire comme les Italiens…

GABRIEL ATTAL
Comment ?

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On va faire comme les Italiens…

GABRIEL ATTAL
Non, parce qu'on a un cap de maîtrise de la dépense publique qui est très clair, et le président de la République a réaffirmé que ce cap sera tenu, notamment avec des réformes de structure et réformes de l'Etat notamment, pour faire des économies, mais pour l'année 2019, avec cet état d'urgence économique et social et ce choc en matière de pouvoir d'achat, notamment pour les Français qui travaillent, je pense qu'on n'a pas besoin d'avoir les yeux rivés sur un tableau Excel.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Au fond, à part les Allemands, personne ne respecte les règles européennes.

GABRIEL ATTAL
Enfin, on les respecte, nous, puisqu'on est sur une trajectoire de maîtrise des dépenses publiques, que, pour la première fois depuis très longtemps, l'an dernier, on était sous les 3 % de déficit, on voit bien qu'il y a quand même une trajectoire très forte, mais il faut savoir aussi entendre les nécessités qui sont exprimées par les Français, par le pays, il faut savoir répondre à ces attentes, il faut savoir faire de la politique plutôt que d'avoir les yeux rivés sur un tableau Excel.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Jean-Luc MELENCHON a appelé pour samedi prochain à un acte 5 de la mobilisation, vous redoutez cet acte 5 ?

GABRIEL ATTAL
Jean-Luc MELENCHON s'enlise dans une opposition politicienne au président de la République, est dans un comportement assez dangereux, parce qu'au fond, quand il appelle à un acte 5, il appelle aux violences, sans le dire vraiment, puisqu'on voit bien que l'acte 4, ça a été aussi des violences, et que, aujourd'hui, la mobilisation, bien souvent, elle se mue en violences sur le terrain contre les forces de l'ordre, contre les commerçants, donc c'est totalement irresponsable de sa part, mais malheureusement, ça n'est plus surprenant, parce qu'il est rentré dans cette logique assez... enfin, extrêmement négative pour le pays, d'être en permanence dans la critique et dans le souhait que la situation sociale se tende. Moi, ce que je crois, c'est que les Français sont davantage attachés aux mesures concrètes qui ont été annoncées par le président de la République, plutôt qu'aux petites phrases de Jean-Luc MELENCHON.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Un mardi noir dans les lycées, c'est en tout cas l'appel qui est lancé par un des syndicats lycéens, vous êtes secrétaire d'Etat auprès de Jean-Michel BLANQUER, est-ce que vous redoutez ce mardi noir, comment se présente la mobilisation dans les lycées aujourd'hui ?

GABRIEL ATTAL
Alors, il y a une mobilisation qui a commencé depuis une semaine avec un nombre de lycées qui est assez restreint, on est entre 5 et 10 % des lycées en France qui sont perturbés ou qui sont bloqués, mais il y a beaucoup de violences dans ces lycées qui sont perturbés et bloqués, et moi, c'est ça qui me préoccupe, parce que les premières victimes des violences, c'est les lycéens eux-mêmes, on a vu plusieurs lycéens brûlés gravement en mettant le feu à une poubelle. On a vu des situations de grande violence, et ça, il faut vraiment faire attention, il faut protéger les lycéens. Ensuite, il y a un dialogue qu'il faut avoir avec les organisations lycéennes, et avec Jean-Michel BLANQUER, on les reçoit régulièrement, on a des contacts très réguliers avec eux, nos équipes, nos cabinets aussi, l'enjeu, c'est d'avancer avec eux sur le fond.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Sur quoi justement a lieu ce dialogue, parce que, eux, réclament l'abandon de Parcoursup, la réforme du bac, les étudiants commencent à dire qu'ils sont contre l'augmentation des droits d'inscription pour les étudiants étrangers, et puis, ils sont contre une partie sur le service civique universel que vous êtes en train de mettre en place.

GABRIEL ATTAL
Alors les revendications que vous venez d'exprimer, elles sont exprimées depuis maintenant un an et demi, politiquement par des organisations syndicales qui s'opposent à la ligne qui est portée par le gouvernement, ce qui est certain, c'est qu'on ne va pas revenir sur les mesures qu'on a prises pour la réussite des jeunes, la réussite à l'école, la réussite à l'université, on ne va évidemment pas revenir dessus, en revanche, avec les organisations lycéennes, on peut peut-être sans doute préciser un certain nombre de points, par exemple, sur la réforme du bac, on sait qu'il y a une préoccupation très forte qui est portée sur les lycées, où seront réparties les différentes spécialités qui seront proposées aux jeunes…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Qu'on puisse avoir le choix…

GABRIEL ATTAL
Oui, qu'on puisse avoir le choix, et avec parfois…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Quel que soit l'endroit en France où on est…

GABRIEL ATTAL
Oui, avec parfois une inquiétude qui est exprimée par des lycéens sur des possibles inégalités territoriales sur les spécialités, ça, c'est typiquement le type de sujet sur lequel on travaille avec les lycéens, et Jean-Michel BLANQUER a annoncé que la liste des spécialités, la répartition, serait présentée avant Noël, on va travailler avec eux pour faire en sorte que…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est là-dessus qu'on peut encore négocier ?

GABRIEL ATTAL
Oui, sur la question des bourses aussi, sur la question des bourses sur critères sociaux, est-ce qu'on peut aller plus loin, est-ce qu'on peut les revaloriser, nous, on est totalement ouverts au dialogue avec Jean-Michel BLANQUER, et la porte du ministère est grande ouverte aux organisations lycéennes pour discuter, il y a une discussion qui a d'ailleurs déjà commencé et qui va se poursuivre. Il faut dialoguer et se mettre autour de la table.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci beaucoup Gabriel ATTAL.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 décembre 2018

Rechercher