Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, avec France Info le 12 décembre 2018, sur l'attentat à Strasbourg. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, avec France Info le 12 décembre 2018, sur l'attentat à Strasbourg.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien, FAUVELLE Marc .

FRANCE. Ministre chargé de la ville et du logement;

ti :


MARC FAUVELLE
On va retrouver justement Grégoire LECALOT dans un instant à Strasbourg, mais j'accueille d'abord Julien DENORMANDIE, bonjour.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Vous êtes ministre de la Ville et du Logement, votre première réaction ce matin après cette attaque ?

JULIEN DENORMANDIE
D'abord mes pensées vont aux familles des victimes, c'est un nouveau drame que le pays a vécu, la ville de Strasbourg ce matin est endeuillée, c'est l'ensemble de la nation qui est endeuillée et donc mes premières pensées, mes premières réactions vont évidemment aux familles des victimes, également aux forces de secours qui ont agi très rapidement sur place et aux forces de police de gendarmerie, un dispositif très important est mis actuellement en place pour retrouver cet assaillant. Le ministère de l'Intérieur s'est rendu dès hier soir sur place et 350 personnes constituant les forces de sécurité, le RAID, la BRI qui sont aujourd'hui à pied d'oeuvre parce que l'urgence, c'est évidemment de retrouver cet assaillant et de le mettre hors d'état de nuire.

MARC FAUVELLE
Vous étiez, Julien DENORMANDIE juste avant de rentrer dans ce studio au téléphone avec les services du ministère de l'Intérieur, est-ce qu'il faut parler d'une attaque terroriste ce matin ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est très compliqué à dire, ce qui est sûr c'est que c'est une attaque et la section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie du dossier et donc le parquet de Paris qui est compétent s'exprimera sur le sujet. Ce qui est sûr c'est que cela nous rappelle, une fois de plus, ce que le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur évoquent régulièrement, c'est-à-dire que la menace sur notre pays est très élevée. Nous avons beaucoup fait, beaucoup fait, pour améliorer les systèmes de protection mais cette menace elle perdure, elle change aussi de forme, on voit que ce sont le plus souvent des actes isolés encore plus difficiles à contrer et c'est pour ça, par exemple que nous renforçons significativement nos moyens de renseignements, nous recrutons beaucoup de personnes au sein de ce qu'on appelle la DGSI, pour justement contrer toutes ces attaques. C'est plusieurs attaques qui ont été déjouées depuis le début de l'année, c'est ce que nous continuons à faire mais malheureusement et ce drame à Strasbourg nous le rappelle, le risque zéro n'existe pas.

MARC FAUVELLE
Et tant qu'on n'a pas les motivations précises de cet homme, on va éviter y compris sur cette antenne, de parler d'acte terroriste. On va retrouver dans quelques instants, Julien DENORMANDIE, je vous demanderai notamment ce que vous pensez des propos de Marine LE PEN et de Laurent WAUQUIEZ qui ont dit leur indignation et qui ont aussi critiqué la gestion du gouvernement dans cette affaire.

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MARC FAUVELLE
Julien DENORMANDIE, ministre de la Ville et du logement, en tout cas, cette attaque, elle pose, encore une fois, la question de la surveillance des personnes qui sont fichées S en France, c'était le cas de l'homme qui a tiré hier. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'il faut aller plus loin dans leur surveillance ?

JULIEN DENORMANDIE
Je crois que, à chaque fois, et certains responsables politiques, avec aucune dignité et aucune pudeur relancent à chaque fois ces débats, toutes celles et ceux qui sont des professionnels de la lutte contre ce type d'attaque le savent très bien, les fichés S, le fichier S, c'est un outil de renseignements, toutes les personnes qui sont fichées S ne sont pas forcément des personnes dangereuses, ça peut être par exemple des personnes qui sont elles-mêmes en lien avec des personnes dangereuses, et donc, c'est un outil, c'est un outil de renseignements, le principe même de ces fichés S, c'est que les personnes qui sont suivies ne savent pas qu'elle sont suivies. Et donc c'est là à nouveau une polémique que certains responsables politiques, encore une fois, sans aucune pudeur, aucune pudeur…

MARC FAUVELLE
Alors, vous faites probablement allusion à ce qu'a dit cette nuit…

JULIEN DENORMANDIE
Vont remettre sur la table dans les prochaines heures…

MARC FAUVELLE
Pardon, ce qu'a tweeté cette nuit WAUQUIEZ, c'était un petit peu avant 23h, le chef de file des Républicains : combien d'attentats commis par des fichés S devons-nous encore subir avant d'adapter notre droit ? Qu'attendons-nous pour enfin livrer bataille, pour éradiquer l'intégrisme qui nous a déclaré la guerre, ça, ce sont les mots de Laurent WAUQUIEZ…

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais monsieur Laurent WAUQUIEZ, encore une fois, n'a aucune retenue, il montre une nouvelle fois son vrai visage, c'est-à-dire une personne qui profite de chaque événement pour relancer une polémique ici ou là.

MARC FAUVELLE
Il est trop tôt pour ouvrir ce débat ou c'est un débat qui pour vous n'a pas lieu d'être ?

JULIEN DENORMANDIE
Ce débat, il est ouvert régulièrement, mais monsieur WAUQUIEZ sait très bien comment marchent les fichés S, il le sait très bien, et aujourd'hui, il souffle sur les braises, et quelques heures juste après ce drame, juste après cette attaque, alors que, justement, cela appelle à la cohésion de la nation, au soutien aux forces de l'ordre qui sont sur place en train de mener toutes les recherches pour attraper cet assaillant, eh bien, monsieur WAUQUIEZ, une nouvelle fois, n'est pas dans la retenue, il est, comme on le connaît, dans la recherche de polémiques, je crois que c'est un manque de dignité, si je peux m'exprimer ainsi.

MARC FAUVELLE
Emmanuel MACRON a présidé cette nuit une réunion de crise au ministère de l'Intérieur avec le Premier ministre, avec le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent NUÑEZ, avec la ministre de la Santé, Agnès BUZYN, celle des Armées également, Florence PARLY, est-ce qu'à votre connaissance, il va se rendre sur place, à Strasbourg ?

JULIEN DENORMANDIE
Je n'ai pas l'information, en tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que, effectivement, le président de la République suit minute après minute ce qui se passe, il a envoyé le ministre de l'Intérieur dès hier soir sur place, et il a lui-même tenu à participer à cette cellule avec le Premier ministre et les ministres que vous avez rappelés. Il est pleinement sur le sujet et le suit minute après minute.

MARC FAUVELLE
Merci à vous, Julien DENORMANDIE, ministre de la Ville et du Logement…

JULIEN DENORMANDIE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 décembre 2018

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