Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à France 2 le 20 décembre 2018, sur les mesures de revalorisation salariale de la police et du SMIC. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à France 2 le 20 décembre 2018, sur les mesures de revalorisation salariale de la police et du SMIC.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, ROUX Caroline.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : CAROLINE ROUX
Oui, Benjamin GRIVEAUX, le porte-parole du gouvernement alors que le projet de loi gilets jaunes sera débattu aujourd'hui à l'Assemblée nationale sur fond de cafouillages. Bonjour Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour Caroline ROUX.

CAROLINE ROUX
On va parler du projet de loi gilets jaunes, mais d'abord un mot des policiers qui ont obtenu une revalorisation salariale de 120 à 150 euros net par mois, une prime de 300 euros, c'est le moment de pousser des revendications, est-ce que vous ne craignez pas de donner des idées à ceux qui ont aussi des revendications légitimes à défendre ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord c'était des revendications anciennes, il y avait deux sujets, reconnaître l'effort qui a été fait par les forces de l'ordre et vous savez, il y a une prime qui va être versée à ceux qui ont participé au maintien de l'ordre ces dernières semaines, ils ont été mis à rude épreuve. Et puis il y avait la question de la revalorisation salariale de nos forces de sécurité qui est un sujet ancien qui comme beaucoup avaient été mis sous le tapis et qu'on allait gentiment redonner à la majorité suivante et la question des heures supplémentaires. Moi, j'ai rencontré des personnels de sécurité qui ont jusqu'à 7000, 8000, 9000 heures supplémentaires qui n'ont jamais été payées, ça veut dire que ça remonte à parfois 5 ans, parfois 10 ans et donc ce travail-là, il sera fait, il sera engagée à partir du mois de janvier.

CAROLINE ROUX
Ca veut dire que c'est une bonne nouvelle par exemple pour les personnels hospitaliers qui ont aussi des arriérés d'heures supplémentaires ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ca veut dire que nous sommes prêts à régler les sujets qui n'ont pas été réglés depuis bien longtemps et qu'il faut savoir reconnaître le travail, la difficulté du travail parfois de nos personnels, que ce soit dans la fonction publique d'Etat, dans la fonction publique hospitalière. Dans la fonction publique de l'Etat, vous savez l'Etat est employeur et donc c'est aussi à nous, non pas de dire oui à toutes les revendications, mais de savoir reconnaître quand il y a des revendications qui sont légitimes. Elles étaient légitimes dans le cadre des forces de l'ordre et de sécurité, qui à nouveau ont été mises à rude épreuve depuis cette année, mais aussi depuis 2015, n'oublions pas l'état d'urgence qui les soumet à de fortes pressions et à des horaires difficiles.

CAROLINE ROUX
Le coût global de ces mesures, Benjamin GRIVEAUX ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Le coût global de ces mesures, c'est… je ne saurais pas vous le dire ce matin, mais ce que je sais, c'est que nous avons abondé le budget du ministère de l'Intérieur de 335 millions d'euros dans le cadre du budget qui a été voté, qui est débattu, il sera voté là, qui a été voté même hier. Et donc ça, ces 335 millions supplémentaires, ça finance à la fois des équipements, ça finance les nouveaux postes, ça finance du matériel roulant parce que certes il y a la question de la revalorisation de salaire, mais il y a aussi la question des conditions de travail et c'est une des revendications anciennes aussi des forces de sécurité.

CAROLINE ROUX
On parle du projet de loi gilets jaunes qui sera débattu à l'Assemblée nationale, il a fallu le boucler assez vite…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas un projet de loi gilets jaunes, c'est un projet de loi pour tous les Français.

CAROLINE ROUX
Ça ne vous ennuie pas qu'on l'appelle comme ça, si ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est des mesures pour l'état d'urgence économique et social, ça concerne plein de Français, il y a des Français sûrement qui va en bonifier, qui avaient un gilet jaune, mais c'est pour tous les Français.

CAROLINE ROUX
On peut se mettre d'accord sur le fait que ce sont eux qui ont poussé pour l'obtenir ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On peut se mettre d'accord sur le fait que leurs revendications ont été entendues.

CAROLINE ROUX
Est-ce que vous ne craignez pas une déception de ceux qui ont cru, qui étaient au niveau du SMIC, qui ont cru qu'ils allaient toucher 100 euros à la fin du mois, des retraités qui vont devoir payer la CSG avant d'être remboursés.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais Caroline, ce sera, d'abord un ce sera le cas, j'en ai assez d'entendre depuis quelques jours la musique comme quoi, ça ne serait pas le cas. Et je vais même vous dire une bonne nouvelle, ce n'est pas que les gens au SMIC qui vont toucher 100 euros net de plus, c'est jusqu'à 1,3 SMIC, c'est-à-dire vous pouvez gagner jusqu'à 30 % de plus que le SMIC, pour être clair pour un célibataire si vous gagnez 1560 euros, vous aurez 100 euros de plus, pour une maman célibataire, parce qu'on en a vu beaucoup sur les ronds-points, si vous avez jusqu'à 2000 euros de revenus, vous aurez 100 euros net de plus. Donc ne disons pas que ce n'est pas vraiment ça…

CAROLINE ROUX
On n'a pas très bien compris pour être honnête.

BENJAMIN GRIVEAUX
Eh bien c'est très simple, c'est sera…

CAROLINE ROUX
Alors 90 euros de prime d'activité, plus 10 euros…

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est 100 euros net, arrêtons d'embrouiller l'esprit des gens. 100 euros net jusqu'à 1,3 SMIC. Quand vous êtes célibataire, jusqu'à 2000 euros quand vous êtes une maman célibataire et même jusqu'à 3000 euros quand vous êtes un couple avec 2 enfants, voilà ça c'est clair.

CAROLINE ROUX
Pour ne pas qu'on s'embrouille 90 euros d'augmentation de la prime d'activité et 10 euros de revalorisation du SMIC.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ca fait 100… donc ça fait 100 euros net.

CAROLINE ROUX
C'est ça, C'est dit. Annulation de l'annulation, alors vous nous avez expliqué hier que moins plus moins, ça fait plus moins plus, moins plus moins, ça fait moins, Benjamin GRIVEAUX et ça donne le sentiment, c'est la même la une de Libé ce matin qui vous appelle les apprentis.

BENJAMIN GRIVEAUX
Libération, moi j'adore leur Une, mais ils ne sont pas très imaginatifs, c'est la fin de l'année, ils sont fatigués parce qu'ils avaient fait la même Une, il y a quelques années.

CAROLINE ROUX
Oui justement parce qu'on pensait qu'on allait changer de monde, vous aviez expliqué qu'il y avait une forme de professionnalisme aux responsabilités…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, moi je veux bien revenir sur cet épisode à la fin des fins, qu'est ce qu'on retient ? C'est que le chèque énergie, les bonnes nouvelles qui avaient été annoncées au mois de novembre par le Premier ministre, elles sont maintenues. Est-ce que ça aurait été une bonne décision de les annuler ? La réponse est non. Et donc on a décidé de prendre la bonne décision en ne les annulant pas.

CAROLINE ROUX
Benjamin GRIVEAUX, il n'y a pas de dysfonctionnement ce moment au sommet de l'Etat ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, il n'y a pas de dysfonctionnement, que lorsqu'on est dans une période où on a de l'argent public rare, qu'on fasse attention à la manière dont on le dépense, qu'on soit précautionneux et qu'on prenne le temps, ça me paraît être la moindre des choses, parce que ce n'est pas l'argent magique, c'est l'argent des Français et il est normal que quand on utilise l'argent des Français, on le fasse avec précaution et qu'on vérifier plutôt deux fois qu'une avant de faire des annonces. Voilà vous mettez ça, du cafouillage, moi j'appelle ça de la précaution.

CAROLINE ROUX
Sur la méthode, est-ce que…il paraît qu'on a changé d'époque, est-ce que vous auriez pu faire mieux, est-ce que vous auriez pu faire plus lisible, plus clair ? Même dans la façon de présenter les choses, on a l'impression aujourd'hui qu'il y a une sorte de flottement peut-être…

BENJAMIN GRIVEAUX
Sur les mesures qui ont été, qui vont être débattues à l'Assemblée nationale et au Sénat aujourd'hui et demain, défiscalisation des heures sup, c'est super clair, pardon, 100 euros net par mois, c'est très clair, jusqu'à 1,3 SMIC, ça c'est clair, d'accord, ces choses-là, elles ont été clairement mises sur la table, elles ont été clairement établies. Et pardonnez-moi le président de la République a fait des annonces lundi, il y a 10 jours, 10 jours plus tard, ça passe en conseil des ministres et à l'Assemblée nationale, il y a peu de gouvernements qui en l'espace de 12 jours ont des annonces traduites dans la loi et qui sera votée aujourd'hui et demain.

CAROLINE ROUX
Est-ce que l'appareil d'Etat fait de la résistance ? On nous explique depuis quelques jours que c'est la faute des technos. Des technos qui parlent trop techno, qui n'arrivent pas à s'adresser clairement avec…

BENJAMIN GRIVEAUX
Le patron de l'administration, c'est les politiques, il ne faut pas mettre la responsabilité…, il faut la mettre d'abord au bonne endroit. Nous, on a une responsabilité politique, on a été élu, les gens nous ont donné mandat pour faire. Ensuite il faut mettre en musique et c'est le rôle de l'administration. Et ça c'est notre rôle aussi comme un ministre, c'est le patron de son administration et donc c'est au ministre de bouger son administration parce que parfois…

CAROLINE ROUX
C'est un message que vous adressez au ministre, à vos ministres ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est un message qu'on peut adresser à tout le monde, j'ai connu une administration importante qui était Bercy, c'est vrai que parfois, ils n'ont pas envie de faire tout de suite parce qu'on bouscule les habitudes, mais il y a aussi des gens formidables dans l'administration et vous avez des directeurs d'administration qui sont formidables. Et moi ce que je dis à nos directeurs d'administration aussi, c'est de sortir de leur bureau parisien parfois et de profiter du grand débat qui va se tenir. Les ministres vont participer, vont aller écouter ce que les Français vont nous dire, que nos directeurs d'administration aussi se rendent dans ces réunions, c'est important.

CAROLINE ROUX
Ils sont hors sol, Benjamin GRIVEAUX, ils sont parfois hors sol ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous dire non, ce n'est pas ce que je dis, mais ce que je veux absolument, c'est que chacun puisse entendre et puisse mettre les bons mots sur les souffrances des Français et sur les attentes des Français. C'est ça, il n'y a pas de bouc-émissaire à chercher, les responsables, c'est les politiques.

CAROLINE ROUX
Certaines voix commencent à se demander comment vous faites pour tenir l'agenda des réformes et un député de La République En Marche qui a dit par exemple sur la réforme des retraites, ce serait peut-être opportun de la différer, c'est des réformes qu'on ne peut pas mener contre le pays. Est-ce que vous expliquez ce matin par exemple que vous avez entendu une forme de colère qui s'est exprimée dans votre majorité et parfois dans le pays et que le calendrier des réformes pourrait être remanié ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord je ne sais pas pourquoi on s'inquiète d'une réforme dont on ne connaît pas aujourd'hui l'objectif, donc on ne peut parler des retraites mais enfin quand on a le projet sur la table et quand on commence les discussions. Le président de la République l'a dit, le premier trimestre va permettre de faire ce grand débat et parallèlement de poursuivre le travail qui a été engagé sur la réforme de la fonction publique…

CAROLINE ROUX
Sur le même rythme ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On en a besoin, ce pays a trop attendu depuis trop longtemps, si on ne réforme pas la fonction publique, si on ne travaille pas sur l'assurance chômage, on reporte les problèmes qu'on a aujourd'hui.

CAROLINE ROUX
Les 872 salariés de l'usine de Blanquefort ont été sonné d'apprendre que FORD avait rejeté l'offre de reprise de Punch Powerglide, les élus et le ministre de l'Economie a parlé de trahison, à part s'indigner que peut faire l'Etat ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord saluer le travail des salariés, faire en sorte que on trouve une solution, qu'elle soit temporaire ou pas où on puisse permettre le maintien de l'activité sur le site à Blanquefort.

CAROLINE ROUX
Pardon je ne veux pas être désagréable, mais ça ne les rassure pas là, ce que vous êtes en train d'expliquer. Trouver une solution, ça fait des années qu'on, cherche une solution.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ca fait des années qu'on cherche une solution et l'Etat y a pris sa part, croyez-moi, les collectivités, et on a une entreprise qui ne joue pas le jeu, eh bien quand on a une entreprise, comme FORD, qui ne joue pas le jeu, je crois savoir que FORD sous-missionne des marchés publics puisqu'il y a des voitures de la police nationale qui sont de marque FORD, eh bien si des entreprises ne jouent pas le jeu, plantent des sites, ne respectent pas les salariés et ne respectent pas le travail qui a été fait en partenariat avec l'Etat, on a aussi les moyens de faire en sorte que ces entreprises, eh bien voilà ne puissent ne pas être retenues, évidemment en respectant le code des marchés publics. Enfin il y a aussi un peu de patriotisme à avoir même quand on est une entreprise étrangère, qu'on a des activités en France, la moindre des choses c'est de respecter ses engagements vis-à-vis de l'Etat.

CAROLINE ROUX
Merci Benjamin GRIVEAUX, vous allez en vacances, vous avez droit aux vacances quand même ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous avons droit aux vacances en famille comme tous les Français et je crois que ça fera beaucoup de bien.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 décembre 2018

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