Interview de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, avec Cnews le 20 décembre 2018, sur la présence militaire française en Syrie, le Grand débat national et sur les questions européennes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, avec Cnews le 20 décembre 2018, sur la présence militaire française en Syrie, le Grand débat national et sur les questions européennes.

Personnalité, fonction : LOISEAU Nathalie, LECLERC Gérard.

FRANCE. Ministre des affaires européennes;

ti :
ROMAIN DESARBRES
L'accord trouvé avec les policiers hier soir, les mesures consacrées au pouvoir d'achat, les Européennes qui arrivent, ce sera en mai prochain, Nathalie LOISEAU, la ministre des Affaires européennes est l'invitée de Gérard LECLERC. C'est tout de suite.

GERARD LECLERC
Bonjour Nathalie LOISEAU.

NATHALIE LOISEAU
Bonjour Gérard LECLERC.

GERARD LECLERC
Donald TRUMP décide seul, et contre l'avis semble-t-il des Généraux américains et même des Républicains, de retirer les soldats américains de Syrie, il y a 2 000 hommes. « Nous avons gagné », a-t-il dit. Vous en pensez quoi ?

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, j'en pense qu'on a eu une attaque terroriste à Strasbourg il y a quelques jours, que moi je pense encore aux victimes, je pense à leurs proches. La lutte contre le terrorisme n'est pas terminée, elle a fait les grands progrès, c'est vrai qu'on a beaucoup avancé en Syrie dans la coalition, mais ce combat il continue, nous continuerons à le mener, mais je crois que ça nous fait réfléchir encore davantage à la nécessité d'avoir une autonomie de décision, une autonomie stratégique en Europe. Quand nous sommes directement menacés, nous devons décider, nous devons agir en autonomie.

GERARD LECLERC
Donc c'est une décision prématurée et ça montre que l'on ne peut pas trop compter sur les Américains ?

NATHALIE LOISEAU
Ça montre que l'on peut avoir des priorités différentes et qu'en tout cas il faut toujours compter sur soi-même d'abord.

GERARD LECLERC
Mais pour l'instant, les derniers soldats français qui sont en Syrie restent en Syrie ?

NATHALIE LOISEAU
Pour le moment bien sûr, nous ne restons en Syrie, parce que la question de la lutte contre l'Etat islamique reste une question essentielle.

GERARD LECLERC
Et donc il ne fallait peut-être pas partir aussi vite que veut le faire Donald TRUMP.

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, chacun ses priorités, l'essentiel c'est d'avoir les siennes et d'avoir les moyens de les réaliser.

GERARD LECLERC
Le Grand débat national, on connaît maintenant les modalités, il sera lancé mi-janvier, donc avec en principe la participation des Gilets jaunes. Qu'en attendre, vous savez on se souvient du mot de CLEMENCEAU « Quand on ne sait pas quoi faire, on crée une commission », ce n'est pas un peu la même chose ?

NATHALIE LOISEAU
On n'a pas créé une commission, on a donné la parole. Pendant un moment on a dit que ce gouvernement n'écoutait pas, en réalité aujourd'hui le grand débat a déjà commencé de manière informelle, beaucoup de maires ont organisé des rencontres, des discussions, ils en font des comptes-rendus. Moi je viens de faire le tour de France pendant 6 mois, pour faire des consultations sur l'Europe. Il y en a eu 1 100 sur le territoire, c'est énorme, il n'y en avait jamais eu autant, et l'expérience accumulée d'ailleurs on l'a transmise à Matignon pour le Grand débat national. J'ai une partie de mon équipe qui commence à travailler sur le Grand débat national avec Chantal JOUANNO. Je pense que c'est essentiel, les Français ont envie d'être écoutez. Il y a une première phase, j'allais dire, un peu cathartique qui est nécessaire, ensuite à partir de mi-janvier, il y aura quatre thèmes, le tout sera cadré pour que l'on puisse en tirer des conclusions et prendre les bonnes décisions.

GERARD LECLERC
Est-ce qu'il n'y a pas quand même le risque que tout cela se transforme un peu en meeting politique, que sa parte dans tous les sens et qu'à l'arrivée il n'en ressorte rien de concret ?

NATHALIE LOISEAU
Donc c'est la raison pour laquelle à partir de mi-janvier, on cadre avec quatre thèmes et on fait en sorte qu'il y ait toute la méthodologie, la Commission nationale du débat public qui permette d'en faire des comptes-rendus, transpartisans, objectifs, et puis après c'est une aide à la décision. Alors, une aide à la décision, ça ne veut pas dire que l'on va revenir sur les décisions qu'avait prises ce gouvernement, cette majorité, issue d'une élection qui date d'il y a 18 mois, On ne refait pas le match, et la récupération politique d'une contestation sociale, c'est quelque chose dont je me méfie. Quand je vois par exemple des députés et des sénateurs socialistes nous dire qu'ils veulent faire un référendum pour rétablir l'ISF, eh bien ce sont des mauvais perdants. Ce n'est pas eux à qui les Français ont donné…

GERARD LECLERC
Donc on ne reviendra pas par exemple sur l'ISF, ou sur d'autres, les autres décisions qui ont été prises par le gouvernement, mais…

NATHALIE LOISEAU
Emmanuel MACRON a été élu sur un programme, les Français savaient ce qu'ils faisaient en l'élisant, et il n'y a pas de raison qu'un référendum vienne contredire ce que dit le Premier représentant du peuple, c'est-à-dire le Parlement.

GERARD LECLERC
Les policiers, c'est formidable, quelques heures de… une journée d'action, quelques heures de négociations, et ils obtiennent beaucoup de choses.

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, les policiers ils sont soumis à rude épreuve depuis longtemps. On parlait de lutte contre le terrorisme et on a vu à quel point ils avaient été efficaces à Strasbourg, mais on n'imagine pas toujours ce que ça signifie comme mobilisation. La contestation des Gilets jaunes continue à les mettre sous tension, parce qu'il y a encore des ronds-points, il y a encore des barrages, il y a encore des péages incendiés…

GERARD LECLERC
Donc il fallait satisfaire leurs revendications.

NATHALIE LOISEAU
Je trouve que l'on a une drôle de manière de regarder les policiers. On est reconnaissant quand il y a, quand ils arrêtent ou quand ils abattent un terroriste, et puis le lendemain, parce qu'ils font du maintien de l'ordre et qu'ils protègent les Français, on se permet de dire n'importe quoi sur eux. Il fallait évidemment reconnaître leur engagement qui est exceptionnel.

GERARD LECLERC
Alors, la première conséquence, en tout cas l'une des conséquences des Gilets jaunes, eh bien c'est que la France ne tiendra pas ses engagements européen, puisque le déficit va passer au-delà des 3 %, la France qui devient donc le mauvais élève de l'Europe.

NATHALIE LOISEAU
Alors d'abord je vais vous rappeler une chose, c'est que pendant 10 ans la France n'a pas tenu ses engagements…

GERARD LECLERC
Oui mais là, elle s'était engagée.

NATHALIE LOISEAU
…alors qu'il n'y avait rien exceptionnel. Et l'année dernière, cette année, nous avons tenu, nous avons été en dessous de 3 %. Est-ce que les engagements européens ça veut dire que quand il y a un mouvement social on ne l'écoute pas ? Si l'Europe c'était ça, je ne serais pas pro-européenne, je ne serai pas ministre des Affaires européennes. Il y a une urgence sociale, il faut la traiter, on sait aussi qu'on passe au-dessus de 3 % de manière exceptionnelle, parce que…

GERARD LECLERC
On sera les seuls, la France sera le seul pays.

NATHALIE LOISEAU
Oui, mais on a le basculement du CICE, on a l'allègement de charges, c'est 2019, c'est une fois, sur une année, et derrière nous allons revenir en dessous de 3 %. Pourquoi ? Pas parce que c'est un mantra bruxellois. D'abord, ces 3 %, c'est nous qui les avons décidés, ensemble, avec nos partenaires européens, et c'est pour ne pas aggraver la dette, pour ne pas reporter sur nos enfants, des choix que nous n'aurions pas réussi à faire nous-mêmes.

GERARD LECLERC
Eh bien oui, mais c'est pour ça que repasser au-dessus, c'est ennuyeux, les pays européens le comprennent, l'acceptent.

NATHALIE LOISEAU
Les pays européens le comprennent parfaitement, Emmanuel MACRON était à Bruxelles la semaine dernière, j'étais avec lui, tout le monde sait que l'Europe ça n'est pas quelque chose qui tourne le dos aux urgences sociales, sans quoi l'adhésion à l'Europe, il y aurait un divorce entre l'Europe et les peuples. Il y a une urgence, il faut la traiter, elle est traitée, et on reviendra en- dessous de la barre des 3 % en 2020.

GERARD LECLERC
Alors l'Europe et l'ensemble du monde d'ailleurs, a vu ces images de guérilla, de voitures brûlées, de magasins pillés, est-ce que l'image de la France n'est pas durablement abîmée ?

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, ça n'est pas bon. Ça n'est pas bon. On voit les chiffres de l'hôtellerie et du tourisme qui descendent largement au mois de décembre, on voit les commerces qui ont souffert, ce sont des emplois français qui sont menacés quand il y a ce type de violences, et il faut l'avoir à l'esprit, et il faut agir en responsabilité, c'est la raison pour laquelle il faut que ce mouvement cesse. Pour autant, en termes de mécontentement social, il y en a ailleurs. La crise de la représentation et les attentes sociales, ça n'est pas réservé à la France.

GERARD LECLERC
La France n'est pas la risée du monde, là, la risée de l'Europe ?

NATHALIE LOISEAU
Il y a une grande incompréhension sur les violences et sur la manière dont certains, parmi les Gilets jaunes, et je ne généralise pas, mais dont certains ont cherché à l'évidence un agenda de chaos plutôt que de porter des revendications sociales. C'est pour ça qu'il faut de la fermeté contre les casseurs, contre ceux qui ont une idée derrière la tête, et qui n'est pas acceptable.

GERARD LECLERC
Alors, Emmanuel MACRON il se posait en leader de l'Europe, il avait fait des grands discours, on se souvient à la Sorbonne, à Athènes, est-ce qu'il n'a pas perdu aujourd'hui toute crédibilité en Europe ?

NATHALIE LOISEAU
Alors d'abord, vous parlez de la Sorbonne, c'était il y a un an, il avait proposé une quarantaine de mesures, dont la mise en oeuvre devait arriver quelque part vers 2024, on donnait le temps, une commission complète et un Parlement européen complet. Aujourd'hui un an après il y en a 22 qui sont en train d'être mis en oeuvre, c'est énorme, ça veut dire qu'il y avait une attente et que la manière dont il exprime un leadership et des propositions en Europe c'est écouté. Simplement…

GERARD LECLERC
Oui, mais aujourd'hui il est à la tête d'un pays qui se révolte, où il est brocardé. Ça pose un problème quand même j'imagine au sein de l'Europe.

NATHALIE LOISEAU
Il a une majorité forte, il a pris des mesures fortes qui font qu'aujourd'hui tout le monde reconnaît que ces mesures sont à la hauteur du défi à relever. Ailleurs en Europe vous avez des gouvernements, des coalitions faibles, vous avez des gouvernements minoritaires, et puis surtout Emmanuel MACRON il a des convictions, et il sait les faire partager. On ne fait pas l'Europe tout seul, l'Europe ce n'est pas la France en plus grand.

GERARD LECLERC
Mais il a perdu de sa superbe vis-à-vis de des autres chefs d'Etat et de gouvernement.

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, la semaine dernière, à Bruxelles, on a acté un budget de la zone euro, on sait que c'était un engagement d'Emmanuel MACRON, il a entraîné les autres Européens, vendredi dernier, à sa suite. On a acté une lutte plus efficace contre le terrorisme, en retirant les contenus qui appellent au terrorisme sur Internet, de manière immédiate et automatique. Tout ça ce sont des victoires françaises, pas seulement, il a fallu convaincre les autres, on vient de changer le régime social des transporteurs routiers, pour faire en sorte que notre secteur du transport ne se heurte pas à une concurrence déloyale, tout ça, ça s'est passé la semaine dernière. Vous dire que c'est facile d'expliquer à nos homologues qu'il y a des gens qui brûlent, qu'il y a des gens qui cassent, évidemment non, et bien sûr que ces gens-là portent atteinte, pas seulement l'image de la France, pas forcément à celle d'Emmanuel MACRON, mais en tout cas ils portent atteinte à des emplois en France et c'est surtout ça qui me préoccupe.

GERARD LECLERC
Alors, à 100 jours du Brexit, Theresa MAY n'a toujours pas d'accord dans sa majorité pour un divorce, si je puis dire, négocié, conclu avec l'Europe, elle demande des garanties supplémentaires, on parle de référendum, qu'est-ce qu'il faut faire pour trouver une solution ?

NATHALIE LOISEAU
Alors d'abord il y a un accord qui a été négocié, qui a été accepté par le gouvernement britannique, et du côté européen il a été négocié par Michel BARNIER, qui a fait un formidable travail.

GERARD LECLERC
Oui mais ça ne suffit pas, à première vue, ça ne marche pas.

NATHALIE LOISEAU
Alors après…

GERARD LECLERC
… lui donne de nouvelles garanties, comme elle le réclame ?

NATHALIE LOISEAU
La balle est dans le camp de Theresa MAY, c'est elle le Premier ministre britannique.

GERARD LECLERC
C'est-à-dire que l'Europe ne bougera plus maintenant ?

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, on a fait énormément, on a fait des concessions pour que cet accord soit conclu, il a été d'ailleurs conclu en partie sur la base de ses propositions à elle. Maintenant c'est à elle de savoir comment elle fait passer dans sa majorité un accord qu'elle a conclu, sur ses propositions. Nous, nous respectons la décision britannique de sortir de l'Union européenne, nous la regrettons bien sûr, mais notre travail, mon travail, c'est de protéger les intérêts des Européens, des Français, des citoyens français, des entreprises françaises…

GERARD LECLERC
Et donc on n'ira pas plus loin.

NATHALIE LOISEAU
C'est ce que je suis en train de faire. Si jamais il devait y avoir un Brexit sans accord, ce que je ne souhaite pas.

GERARD LECLERC
Ça serait le chaos, on dit.

NATHALIE LOISEAU
Non, ça ne sera pas chaos, parce qu'on na passé au Parlement, une loi qui nous permet de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter le chaos en France, pour faire que la circulation se passe par le tunnel sous la Manche dans des bonnes conditions, pour rétablir les contrôles sur les marchandises, sur les personnes, dans des bonnes conditions, pour que les Français qui reviennent du Royaume-Uni voient leurs droits protégés, pour que les Britanniques qui voient chez nous, qui vivent chez nous, qui voient aussi leurs droits protégés, nous, nous sommes prêts. Pour le reste c'est une question de politique intérieure britannique. Je ne peux pas faire la politique à la place de la Première ministre.

GERARD LECLERC
Oui mais ça pourrait être un deuxième référendum, vous pensez, en Angleterre, c'est ça qui…

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez, c'est à eux de décider. Si les Britanniques faisaient un deuxième référendum, et qu'ils voulaient rester dans l'Union européenne, la porte reste ouverte, mais c'est à eux de choisir, pas à nous.

GERARD LECLERC
L'Ecosse, si l'Ecosse voulait adhérer à l'Europe, ce serait possible ? Parce qu'elle, elle est contre, elle a voté contre le Brexit.

NATHALIE LOISEAU
Alors il y a plusieurs régions au Royaume-Uni, Londres a voté contre le Brexit, alors vous me…

GERARD LECLERC
Oui mais Londres c'est compliqué, mais l'Ecosse c'est un peu différent.

NATHALIE LOISEAU
L'Ecosse fait partie du Royaume-Uni, c'est aux Ecossais, c'est au Royaume-Uni d'en décider, certainement pas à nous, nous respectons les décisions souveraines du Royaume-Uni, nous faisons en sorte qu'elle se passe de la moins mauvaise manière possible, même si le Brexit, quelle que soit la manière dont il va se passer, c'est une mauvaise nouvelle.

GERARD LECLERC
Allez, assez rapidement, l'Italie en conflit avec l'Europe, l'Italie qui maintient son déficit budgétaire, contrairement aux demandes de l'Europe, l'Italie qui dit : « Nous, nous avons le peuple, c'est le peuple contre l'Europe ».

NATHALIE LOISEAU
Ce n'est pas ce qui s'est passé. Les derniers éléments c'est qu'il y a eu un dialogue entre la Commission et le gouvernement italiens, et qu'ils sont en train de se mettre d'accord sur un budget réaliste. Chaque pays européen doit pouvoir faire ses choix budgétaires, mais si on est en Europe et si on est dans la zone euro, on a accepté des règles du jeu qui vous bénéficient, donc il faut les respecter.

GERARD LECLERC
Taxer les GAFA comme veut le faire maintenant le gouvernement français, seul, sans l'Europe, est-ce que ce n'est pas la preuve encore une fois que l'Europe ça ne fonctionne pas ?

NATHALIE LOISEAU
Non, ce n'est pas seul sans l'Europe. L'Europe va, d'ici mars, décider…

GERARD LECLERC
Pour l'instant, la France le décide seule.

NATHALIE LOISEAU
On ira plus loin que la décision européenne, parce qu'on pense que c'est nécessaire. L'Europe est prête à taxer les GAFA sur les recettes publicitaires, simplement on l'a bien vu avec les Gilets jaunes et on le voit partout, comment voulez-vous accepter de payer des impôts si vous savez qu'une grande entreprise internationale n'en paie pas et profite des profits qu'elle fait sur votre sol ? En France nous voulons aller plus loin, parce que nous ne voulons pas attendre un accord mondial qui n'est pas encore à portée de main. Donc nous allons taxer non seulement les recettes publicitaires mais aussi l'utilisation par les GAFA, de nos données personnelles, qui sont devenues en quelque sorte l'or noir du XXIème siècle.

GERARD LECLERC
La crise des réfugiés a ébranlé l'Europe. Où en est-on ? On disait qu'il fallait revoir l'Accord de Dublin qui donne la responsabilité à chaque Etat où arrivent les immigrés, de les gérer, si je puis dire, on en est où ?

NATHALIE LOISEAU
Alors aujourd'hui il y a une réalité, c'est que les arrivées de migrants illégaux ou de demandeurs d'asile, sur le territoire européen, ont drastiquement diminué en un an, en Italie par exemple elles ont diminué de 90 %. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas un défi migratoire devant nous, et il faut en effet faire en sorte qu'on aide davantage les pays qui géographiquement sont ceux par lesquels les migrants arrivent, mais il faut aussi que ces pays assument leurs responsabilités, parce que, on le sait, les migrants ils ne restent pas dans ces pays, et nous, nous sommes un pays de destination, donc nous négocions ensemble pour qu'il conserve de sa responsabilité mais qu'il y ait davantage de solidarité, qu'on sache mieux accueillir ceux qui fuient les persécutions, la guerre, et que ceux qui détournent la procédure d'asile pour venir chercher un avenir meilleur, mais qui n'ont pas le droit d'entrer illégalement, puissent être raccompagnés dans leur pays d'origine. Il faut aussi qu'ils aient des opportunités, un avenir, des formations, des emplois, c'est ce à quoi nous nous employons. On augmente massivement notre aide à l'Afrique, c'était un engagement d'Emmanuel Macron on le tient et ça commence à donner des résultats.

GERARD LECLERC
Les élections européennes, si l'on en croit les sondages, le Front national… le Rassemblement national maintenant, serait le grand gagnant, 24 % des voix, la République En Marche seulement 18 %, et les autres derrière. C'est inquiétant, non ?

NATHALIE LOISEAU
Alors, si ça vous inquiète, inquiétez-vous de la situation actuelle, parce qu'aujourd'hui au Parlement européen, le premier parti politique français représenté au Parlement européen, depuis 2014…

GERARD LECLERC
C'est déjà…

NATHALIE LOISEAU
… c'est le Front national. Avec quel bilan ? Avec des poursuites pour détournements de fonds et pour emplois fictifs, et c'est un parti qui est le sortant, qui doit être là pour présenter son bilan….

GERARD LECLERC
Oui, mais qui été peut-être reconduit, semble-t-il.

NATHALIE LOISEAU
Et qui a raté toutes les occasions de voter sur des sujets importants au Parlement européen. Quand le Parlement européen s'est intéressé à la lutte contre le terrorisme, le Front national a voté contre. Quand le Parlement européen a monté l'ambition sociale pour mieux protéger les travailleurs, le Rassemblement national a voté contre. Quand on travaille sur la protection des créateurs, des éditeurs en Europe, le Rassemblement national est absent. Nous on mettra en avant son bilan, avec nos propositions, il n'y a pas de fatalité, mais c'est un vrai combat à mener, je ne veux pas que mon pays reconduise un premier parti politique au Parlement européen qui serait le Front national, je me battrai tous les jours contre ça.

GERARD LECLERC
Une liste Gilets jaunes aux Européennes, c'est logique, c'est une bonne idée ?

NATHALIE LOISEAU
C'est à eux de le dire.

GERARD LECLERC
Ségolène ROYAL à la tête d'une liste de gauche et d'écologistes ?

NATHALIE LOISEAU
C'est aux écologistes et à la gauche de décider.

GERARD LECLERC
Ça ne vous inquiète pas ? Ça ne va pas vous prendre des électeurs à la République En Marche ?

NATHALIE LOISEAU
Ecoutez la République En Marche à un projet, a une ambition européenne, a une crédibilité, nous ne sommes pas des euro-béats, nous ne sommes pas satisfaits de la manière dont l'Union européenne se conduit aujourd'hui sur certains sujets, mais nous avons une crédibilité, parce qu'Emmanuel MACRON a été élu par des Français, sur un programme résolument ambitieux et exigeant sur l'Europe, donc nous avons beaucoup d'énergie, beaucoup de choses à dire, et je vous rappelle que la campagne n'est pas commencée.

GERARD LECLERC
Oui, mais Emmanuel MACRON disait que les élections européennes ce serait d'un côté les Européens progressistes et pro-Europe, c'est-à-dire lui, face aux nationalistes, populistes, eurosceptiques. Vous pensez que c'est toujours la bonne grille de lecture ?

NATHALIE LOISEAU
Eh bien ce qui vient de se passer en France le montre, il y a une tentative de récupération du mouvement social par des partis extrêmes, c'est plus valide que jamais cette division entre…

GERARD LECLERC
Et le problème c'est qu'à première vue, c'est les populistes qui vont gagner, c'est les nationaliste.

NATHALIE LOISEAU
C'est vous qui le dites, moi je n'y crois pas, je pense que c'est nous qui allons gagner.

GERARD LECLERC
C'est ce que disent les sondages, non ?

NATHALIE LOISEAU
Mais quand la campagne n'a pas commencé, ça ne veut rien dire, tout le monde le sait.

GERARD LECLERC
Merci beaucoup Nathalie LOISEAU, bonne journée.

NATHALIE LOISEAU
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 décembre 2018

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