Conseil des ministres du 21 février 2018. L'aide au développement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conseil des ministres du 21 février 2018. L'aide au développement.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

ti : Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères a présenté une communication relative à l'aide au développement.

Conformément aux orientations données par le Président de la République dans ses discours de New York en septembre 2017 et Ouagadougou en novembre 2017, le comité interministériel de la coopération internationale et du développement du 8 février dernier, sous la présidence du Premier ministre, a arrêté les principes de transformation de notre aide publique au développement. La politique française de développement, qui doit se tourner vers la jeunesse et les sociétés civiles, y compris les diasporas, dispose d'objectifs clairs, de moyens en forte augmentation et d'un pilotage renforcé et plus partenarial.

Pour ce qui est des objectifs, ils s'entendent à la fois sur le plan géographique et par secteurs. Concernant la géographie de l'aide française, la volonté d'une forte concentration sur l'Afrique a été affirmée par le Président de la République.

En outre, cinq priorités sectorielles ont été dégagées pour la période qui s'étend de 2018 à 2022 autour de cinq biens communs mondiaux, les « 5 P » : la protection de la Planète, le bien-être des Populations, la Paix et la stabilité, la Prospérité partagée, le renforcement des Partenariats et du lien social au niveau mondial :

- la stabilisation des zones de crise ou vulnérables, en se donnant les moyens d'un continuum sécurité-développement, et en travaillant sur les causes profondes des migrations irrégulières. La France portera notamment à 500 millions d'euros par an son engagement financier au bénéfice de l'action humanitaire ;

- le climat, car l'adaptation et l'atténuation du réchauffement climatique sont les conditions pour réduire la pauvreté et les risques majeurs de catastrophes naturelles et pour bâtir ensemble des modèles économiques durables et une prospérité nouvelle ;

- l'éducation, condition première du développement et de la création d'opportunités économiques pour la jeunesse, particulièrement pour la jeunesse africaine, et instrument essentiel pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes ou pour faire reculer les extrémismes ;

- l'égalité entre les femmes et les hommes, grande cause du quinquennat, principal facteur de développement social et économique ;

- le renforcement des systèmes de santé, notamment dans le secteur de la santé maternelle, néonatale et infantile, et l'éradication des pandémies qui, malgré les progrès réalisés, continuent de constituer une menace grave, en particulier sur le continent africain.

Concernant les moyens, et pour accompagner ces priorités, il est décidé une hausse sans précédent des moyens consacrés à la politique partenariale de développement et de solidarité internationale. Le Gouvernement engagera ainsi dès 2019 une trajectoire budgétaire ambitieuse, en vue d'atteindre 0,55% du revenu national brut (RNB) consacré à l'aide publique au développement en 2022, avec un objectif de consacrer les deux tiers de cette hausse à la composante bilatérale de l'aide publique au développement. La composante des dons sera privilégiée car c'est elle qui peut être mobilisée en Afrique, et notamment dans les pays les moins avancés.

Enfin, le pilotage de l'aide publique au développement sera réformé et renforcé afin d'assurer le respect de cette stratégie. Il sera fait annuellement rapport par le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères au Président de la République et au Premier ministre.

Cette politique nouvelle mobilisera au-delà des acteurs traditionnels du développement. La France entend bâtir une nouvelle politique partenariale avec des acteurs publics comme privés : Etat, collectivités territoriales, agences chargées du développement et de l'expertise internationale, organisations de la société civile, volontaires internationaux, établissements d'enseignement supérieur et de recherche, entreprises, doivent concourir à une stratégie d'action collective au pilotage renforcé et à la redevabilité rénovée.

Afin de mettre en oeuvre les décisions du comité interministériel de la coopération internationale et du développement, le Président de la République a décidé de confier à M. Hervé BERVILLE, député, une mission sur la modernisation de la politique partenariale de développement et de solidarité internationale de la France, afin de renforcer l'appropriation par nos concitoyens des enjeux de l'aide publique au développement et la mobilisation des acteurs privés au profit du développement.

Les cinq priorités et l'amélioration du pilotage et de la redevabilité de la politique partenariale de développement et de solidarité internationale de la France se traduiront aux bénéfices de tous sur le terrain : notre aide sera plus efficace et plus utile à ceux à qui elle est destinée.

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