Déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur la construction européenne, les Etats-Unis et la taxation de l'acier européen et sur l'intervention militaire turque en Syrie, à Bruxelles le 22 mars 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur la construction européenne, les Etats-Unis et la taxation de l'acier européen et sur l'intervention militaire turque en Syrie, à Bruxelles le 22 mars 2018.

Personnalité, fonction : MACRON Emmanuel.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Conseil européen, à Bruxelles (Belgique) le 22 mars 2018

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Le Président de la République : "Bonjour Messieurs, Mesdames. Je voulais avant tout avoir un mot ce jour, deux années après l'attentat de Bruxelles, un mot pour l'ensemble des citoyens européens et pour nos amis belges. Et je crois que ce que nous avons aujourd'hui, les uns et les autres, c'est le symbole de cette solidarité. Ce terrorisme qui a frappé à plusieurs reprises toute l'Europe et donc je voulais commencer ce Conseil avec cette pensée toute particulière ; en particulier pour nos amis belges.

Nous allons ensuite avoir un Conseil européen qui traitera de beaucoup de sujets qui sont au coeur de ce que je qualifierais être le modèle européen, ce que nous avons construit.

Nous allons parler de commerce, nous allons parler de numérique, d'approfondissement du marché unique ; nous allons également parler de questions stratégiques ce soir, et demain, de la zone euro ; sur chacun de ces sujets, c'est une Europe unie qu'il faut construire. Unie face aux menaces internationales ; c'est ce que nous évoquerons je pense ce soir sur les grandes crises en cours, une Europe unie pour faire respecter les règles du commerce international et défendre ces intérêts. Et une Europe qui aussi sait trouver les règles pour que ce modèle que j'évoque et que nous défendons, puisse perdurer dans une économie en pleine transition. C'est pourquoi je me félicite que nous ayons pu avoir dans nos conclusion des éléments, dans les conclusions qui seront rédigées, des éléments importants que nous soutenions aussi bien sur le plan justement des avancées sociales, comme de la stratégie de défense commerciale mais que nous allons aussi avoir des propos et des conclusions ambitieuses sur la construction d'un Fonds pour l'innovation radicale en Europe.

Je pense que nos discussions permettront aussi d'avancer sur une Europe du numérique et sur la base des bonnes propositions faite par la Commission européenne en matière de taxation.


Q - Sur l'acier , les Etats-Unis semblent prêts à renoncer à taxer l'acier européen, est-ce que la pression a payé ?

Le Président de la République : Ecoutez, d'abord je pense que la bonne chose c'est de réaffirmer notre unité complète sur ce sujet, ce qui est le cas. La Commission européenne a répondu avec une voix unique, de manière rapide. J'ai eu, comme plusieurs autres dirigeants européens, plusieurs discussions avec le Président Trump depuis cette annonce. Et les Etats-Unis annonceront ce soir à 22h, heure française et heure européenne, leur décision. Il faut donc attendre celle-ci. Mon souhait, c'est en tout cas que nous puissions continuer à préserver les règles du commerce international qui sont bonnes pour tous et à ce que les puissances qui ont contribué à le mettre en oeuvre s'assurent de son plein respect. Je crois que c'est indispensable.

Q - Are you worry about Turkey ?

Le Président de la République : Nous allons ce soir avoir cette discussion sur la Turquie et sur Afrin. Je me suis exprimé très clairement. J'aurai d'ailleurs à l'issue de ce Conseil européen le Président Erdogan en ligne. J'ai toujours été clair sur le sujet du canton d'Afrin où je considère que nous devons prendre en considérations les critères de sécurité de la Turquie, c'est évident, mais que nous ne serons jamais derrière une intrusion dans un pays souverain qu'est la Syrie même si celui-ci est en guerre. Et que nous ne cautionnerons pas ce qui est aujourd'hui une infraction à la résolution des Nations-Unies que nous avons contribué, je le rappelle, à acter et que les Russes avaient d'ailleurs aussi acceptée. Il est donc important dans le cadre du dialogue que nous avons avec la Turquie de construire un retour à la normale et la France mettra en oeuvre vraiment tout ce qu'elle peut ; croyez-moi. Nous aurons cette discussion ce soir.

Q - Est ce que vous suivez la situation en France ?

Le Président de la République : Oui, je suis toujours la situation dans notre pays, mais j'ai pour règle de ne jamais la commenter depuis hors les frontières".


Source https://ue.delegfrance.org, le 26 mars 2018

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