Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique à BFM Business le 8 janvier 2019, sur l'économie numérique et l'essor des nouvelles technologies françaises au salon de Las Vegas. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique à BFM Business le 8 janvier 2019, sur l'économie numérique et l'essor des nouvelles technologies françaises au salon de Las Vegas.

Personnalité, fonction : MAHJOUBI Mounir, SOUMIER Stéphane.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au numérique;

ti :


STEPHANE SOUMIER
Il va falloir lâcher le téléphone, Monsieur MAHJOUBI, c'est le truc le plus difficile pour le secrétaire d'Etat au Numérique…

MOUNIR MAHJOUBI
Evidemment que c'est plus difficile.

STEPHANE SOUMIER
De lâcher le téléphone. Bon, c'est un engagement que vous prenez là, vis-à-vis de nous, vis-à-vis des auditeurs, téléspectateurs de BFM Business, vous serez là pendant 3 jours.

MOUNIR MAHJOUBI
Je serai là pendant les 3 jours.

STEPHANE SOUMIER
Donc, demain matin vous êtes là à la même heure, et puis jeudi matin 7h40, si ça vous bien…

MOUNIR MAHJOUBI
C'est parfait.

STEPHANE SOUMIER
Comme ça on va apporter un tout petit peu de variété. Vous n'êtes pas à Las Vegas et vous voulez nous raconter Las Vegas. Pourquoi vous n'êtes pas à Las Vegas, Mounir MAHJOUBI ?

MOUNIR MAHJOUBI
Je ne suis pas à Las Vegas cette année parce que cette année c'est une année particulière, il y a deux choses, il y a le stade de maturité de la French Tech et puis il y a ce qui se passe en France, on ne va pas faire comme si il ne se passait rien.

STEPHANE SOUMIER
On est d'accord.

MOUNIR MAHJOUBI
La maturité c'est que j'y suis allé l'année dernière, et j'ai vu des centaines d'entrepreneurs français qui étaient vraiment prêts à aller conquérir le monde, qui étaient venus présenter leur boîte, et puis beaucoup d'entre eux, qui n'étaient pas encore complètement prêts, mais qui étaient venus pour voir. Et depuis l'année dernière on s'est vu une dizaine de fois en ma présence, une centaine de fois sans ma présence, les équipes des différentes régions, les équipes de la French Tech, de BPI, de Business France, pour que cette année la France vienne groupée. Et donc, je n'y suis pas cette année, mais je peux vous dire que j'ai beaucoup participé à ce que ça réussisse, et là ce que je peux vous dire c'est que, ça y est, c'est une réalité. Là, aujourd'hui, au CES, à Las Vegas, vous avez les boîtes françaises qui sont, enfin, toutes ensemble, qui offrent une expérience aux visiteurs, qui permet de valoriser nos différentes expertises, de faire qu'un acheteur international qui passe par le village France il peut tomber sur nos start-up médicales, il peut tomber sur nos start-up de santé, il peut tomber sur nos start-up d'environnement, nos start-up d'énergie, et enfin on a fait un parcours tous ensemble…

STEPHANE SOUMIER
Parce qu'avant ça partait dans tous les sens, c'est ça, globalement ?

MOUNIR MAHJOUBI
Je vous dis, l'année dernière on avait énormément de Français, complètement éclatés absolument partout, chacun avec un logo différent, chacun expliquant différemment pourquoi il était présent, là, enfin, on y va en équipe, on y va groupé, et on donne envie aux gens de découvrir. Parce que n'oubliez pas, pourquoi est-ce qu'ils y vont, les « startuppeurs » au CES Las Vegas ? Pour vendre.

STEPHANE SOUMIER
On n'en n'est pas tout à fait sûr, en fait, Mounir MAHJOUBI, c'est ça le sujet, en tout cas c'est pour ça qu'il faut y aller, ça fait partie de vos messages en fait.

MOUNIR MAHJOUBI
Le numéro 1 c'est vendre, le numéro 2 c'est apprendre. Donc, l'année dernière il y en a beaucoup qui étaient venus apprendre et qui reviennent cette année pour vendre, mais il y en a qui étaient là l'année dernière pour vendre et qui ont tout vendu, tellement bien, qu'ils reviennent cette année. Je pense à Klaxoon, boîte rennaise, ils y étaient l'année dernière, ils avaient pris un stand moyen, ils ont tout vendu, ils ont eu des nouveaux clients, ils ont commencé leur développement international, depuis ils ont ouvert une filiale aux Etats-Unis, et maintenant ils retournent sur place, et eux ils sont en train de réinventer le travail au quotidien.

STEPHANE SOUMIER
C'est ça, parce que vous allez nous raconter les boîtes qui vous plaisent, globalement. Est-ce que, on peut le dire ou pas, vous allez faire une sorte de… vous allez en mettre un certain nombre à l'honneur, vous voulez les identifier de manière un peu plus marketing, on peut parler de ça Mounir MAHJOUBI ou c'est trop tôt ?

MOUNIR MAHJOUBI
Alors, on peut parler de ça, c'est trop tôt, mais c'est la première fois que j'annonce qu'on va le dire. Ça y est, j'en avais parlé il y a quelques mois, maintenant ça devient une réalité, on va lancer le Next 40. Le Next 40 ce sera un indice, qui sera déterminé par un jury indépendant, des 40 start-up françaises dont on considère qu'elles ont le plus fort potentiel, et de développement économique, et d'impact sur la planète et sur les humains. C'est vraiment ça la French Tech à l'européenne, la French Tech française c'est, des boîtes, qui ont de l'impact, et qui sont viables. Et c'est ça qu'on veut célébrer. Parce que, aujourd'hui, on a des boîtes, contrairement à il y a 1 an, contrairement à il y a 5 ans, aujourd'hui on a des boîtes qui décollent, on a des start-up qui deviennent des ETI, on a des start-up qui créent des filiales à travers le monde, et surtout on a des start-up qui changent la vie des gens. Là il y a des start-up médicale qui vont changer la vie des personnes.

STEPHANE SOUMIER
Alors attendez, attendez, parce qu'on n'a pas raconté Klaxoon, on a parlé de Klaxoon, vous avez donné envie à tout le monde. Alors, ils sont venus nous voir au moins deux fois, Klaxoon, le truc qui est compliqué avec Klaxoon c'était ultra visuel, c'est-à-dire que c'est de l'organisation de réunions, c'est ça, Mounir MAHJOUBI…

MOUNIR MAHJOUBI
Ça révolutionne l'organisation de réunions, ça permet surtout de ne pas organiser de réunions. Klaxoon, les organisations qui mettent en place Klaxoon, elles changent leur façon de travailler, moi je l'ai mis en place chez moi. Klaxoon, vous savez, toutes les réunions, les brainstormings qu'on peut lancer, parfois on se met à 15 dans une pièce, très souvent il n'en sort rien, avec un Klaxoon, c'est-à-dire c'est un écran connecté, avec un logiciel qu'ils ont développé, ça divise par deux le temps de cette réunion-là et à la fin il y a vraiment des choses qui sortent, et on peut faire des réunions participatives avec 50 personnes s'il faut. Moi c'est une boîte que j'aime beaucoup, que j'ai rencontré petite, il y a 2 ans, qui est devenue moyenne, et qui maintenant est en train de devenir un géant qui accélère.

STEPHANE SOUMIER
Et le sujet c'est que, alors je crois que là, pour le coup, dans beaucoup d'entreprises maintenant, c'est installer par exemple Slack, qui est la messagerie la plus moderne et qui est en train de, alors on verra, mais, peut-être ringardiser Windows et Outlook. Klaxoon a un potentiel, en fait, comparable, par exemple, à celui de Slack, c'est-à-dire potentiel mondial dans tous les open space ?

MOUNIR MAHJOUBI
Ce qui est intéressant c'est qu'il y a beaucoup de boîtes qui utilisent… les boîtes les plus innovantes, dans le design thinking, etc., elles utilisent souvent, et Slack, et Klaxoon, Klaxoon pour la créativité d'équipe, Slack pour l'organisation. Vraiment, moi je leur promets un grand développement, et je suis certain… d'ailleurs, là, aujourd'hui, leur développement américain démarre plutôt très bien, ce qui est intéressant c'est qu'il y a plein de valeurs dans cette boîte. Dans cette boîte il y a l'idée qu'on doit rendre plus simple le travail des collaborateurs, qu'on doit rendre plus enrichissant le fait de collaborer, de créer ensemble, ça c'est rare et ça c'est très important.

STEPHANE SOUMIER
Alors, le sujet, quand même, c'est que quand le chèque de MICROSOFT va arriver par exemple, ou de SAP, ou d'ORACLE, ou de… enfin voilà…

MOUNIR MAHJOUBI
C'est le grand sujet…

STEPHANE SOUMIER
Il faut l'accepter ou, au contraire, le refuser, ça, Mounir MAHJOUBI ?

MOUNIR MAHJOUBI
Aujourd'hui, et c'est tout le travail que je fais depuis 1,5 an, c'est comment on accompagne nos scale-up, les scale-up c'est les start-up, donc les petites boîtes, qui se mettent à grandir très vite. Quand on grandit très vite on a deux possibilités, soit on est capable de s'autofinancer, ou de relever des fonds de façon indépendante, pour assurer sa croissance à travers le monde, soit, il y a un moment où on grandit tellement vite, qu'on a besoin de rejoindre un grand groupe pour pouvoir continuer à se développer dans le monde. Qu'est-ce qui est le plus souhaitable pour notre économie ? Si on parle de souveraineté, on préférerait que la personne relève des fonds, qu'elle reste indépendante. Mais après, quelle nationalité pour les fonds, est-ce qu'on doit dire « ah non, on ne veut pas des fonds américains, il faut que ce soit une nouvelle levée de fonds française » ? Nous on passe notre temps, avec le président de la République, à tout faire pour attirer des fonds étrangers, parce qu'il ne faut pas oublier, quand les Américains investissent, en France, c'est tout bénéfice pour l'économie française, c'est des emplois en France, c'est de la plus-value en France, c'est des impôts en France, c'est pour ça qu'il faut qu'on attire les investissements étrangers, c'est bénéfique de recevoir des investissements. Donc, aujourd'hui, moi je dirais toujours…

STEPHANE SOUMIER
Vous ne voulez pas rentrer dans ce débat finalement, c'est ça qui est intéressant…

MOUNIR MAHJOUBI
…C'est du cas par cas, mais par contre j'ai très envie que certaines de nos boîtes aillent très loin. Aujourd'hui on a quelques boîtes, on a des start-up, là, qui sont dans le Pass French Tech, c'est-à-dire c'est des boîtes à qui on a remis un Pass qui leur permet d'accélérer leur croissance, qui sont en train de révolutionner l'assurance, je pense à Alan par exemple. Alan, on a envie qu'ils décollent, qu'ils grossissent, qu'ils aillent très loin, et qu'ils restent le plus loin possible comme ils sont. On a envie que des boîtes, aujourd'hui qui sont en train de révolutionner la santé, qui sont à Las Vegas aujourd'hui, notamment sur le diagnostic des diabétiques… ça, vous vous rendez compte, c'est un demi-milliard de malades dans le monde, c'est sont des révolutions, je pense à Diabeloop, ceux-là…

STEPHANE SOUMIER
DietSensor aussi peut-être, je ne sais pas…

MOUNIR MAHJOUBI
DietSensor aussi, qui est génial.

STEPHANE SOUMIER
On dit un mot… on va faire ça pendant 3 jours, Mesdames, Messieurs, parce que Mounir MAHJOUBI, comme moi, on est passionné par l'ensemble de ces boîtes et j'espère que vous l'êtes aussi. Alan, le gars il est venu me voir, il m'a expliqué… non, mais c'est un truc de dingue parce que, ils font, alors ça aussi très important, UX, c'est-à-dire l'expérience utilisateur, il m'a dit comme ça, rapidement, lui il est appuyé sur les réassureurs, on ne va pas être technique, mais c'est eux qui gèrent des capitaux, il dit « j'ai des gars qui gèrent des capitaux, moi j'ai l'expérience utilisateur, franchement je me demande à quoi sert AXA aujourd'hui. » C'est-à-dire qu'ils ont une puissance de destruction qui est colossale quand même aussi !

MOUNIR MAHJOUBI
… Ils apportent des services nouveaux aux utilisateurs, et surtout, dans Alan il y a des valeurs de boîte sur l'humain et sur la planète, qui sont essentielles. C'est-à-dire que, une des valeurs d'Alan c'est de respecter ses collaborateurs, c'est de respecter ses clients, et c'est cette façon d'incarner cette French Tech, cette façon d'être à la française, de vouloir la performance très fort, et en même temps l'impact sur les humains et la planète.

STEPHANE SOUMIER
Alors, c'est ça le premier message, et puis on va s'arrêter là, et puis on se retrouve demain, c'est : la France veut porter une voix singulière en matière de numérique, Mounir MAHJOUBI.

MOUNIR MAHJOUBI
On a une voix singulière, on est reconnu dans le monde entier comme un pays performant sur les technologies, mais un pays respectueux des valeurs humaines. Par exemple, vous savez, cette année, à Las Vegas, RGPD, vous savez, je suis venu ici pour en parler, le règlement général de la protection des données, eh bien c'est devenu un tampon marketing. Maintenant, les boîtes françaises et européennes, au CES de Las Vegas, elles sont fières de dire « moi je suis RGPD compatible », ça veut dire moi je respecte vos données. Eh bien aujourd'hui, les clients du monde entier, les Américains, les Chinois, tout le monde a envie de mieux se faire respecter ses données. Pareil sur l'impact sur les humains, les start-up françaises qui arrivent et qui disent « chez nous, on respecte nos collaborateurs, chez nous on respecte nos contributeurs, et chez nous on respecte nos clients, et voilà comment on fait », eh bien ça, ça donne envie d'acheter, et ça je crois que c'est un facteur de compétitivité majeur pour nos start-up.

STEPHANE SOUMIER
Eh bien écoutez, quand on entend ça, cet enthousiasme que vous avez…

MOUNIR MAHJOUBI
Je suis…

STEPHANE SOUMIER
Non, mais, vous l'avez dit d'un mot, on ne va pas non plus rester à l'écart de ce qui se passe dans notre pays, mais, bon Dieu, si on arrive à diffuser ça, Mounir MAHJOUBI, voilà…

MOUNIR MAHJOUBI
Vous savez, partout où je vais dans le monde, j'essaye de rapprocher ce qui se passe aujourd'hui avec les gilets jaunes et avec nos start-up, en fait il y a les mêmes valeurs, il y a cette idée que, en France, on doit vouloir de la performance économique pour pouvoir créer plus de justice sociale, pour créer plus d'impact sur les humains, et c'est ça que je veux réconcilier, et j'y crois très fort.

STEPHANE SOUMIER
A demain.

MOUNIR MAHJOUBI
A demain.

STEPHANE SOUMIER
Mounir MAHJOUBI qui sera avec nous demain sur BFM Business.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 janvier 2019

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