Déclaration de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, sur le Brexit, le gouvernement italien et les "Gilets jaunes", la question migratoire et sur la présidence roumaine de l'Union européenne, à Bruxelles le 8 janvier 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, sur le Brexit, le gouvernement italien et les "Gilets jaunes", la question migratoire et sur la présidence roumaine de l'Union européenne, à Bruxelles le 8 janvier 2019.

Personnalité, fonction : LOISEAU Nathalie.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

Circonstances : Conseil affaires générales, à Bruxelles (Belgique) le 8 janvier 2019

ti :


R - Aujourd'hui le Brexit n'est pas vraiment à l'ordre du jour, mais c'est quand même important ; le vote aura lieu la semaine prochaine.

Q - Il y a beaucoup de rumeurs sur ce qui pourrait ou pas se passer, donner des rallonges, donner des concessions, comment est-ce que vous analysez tout cela ?

R - Je voudrais à la fois rassurer nos amis britanniques et rassurer les Français. Rassurer nos amis britanniques, en leur disant que l'accord qui est soumis à la ratification des Communes est un bon accord, c'est le seul accord possible. Il permet un retrait ordonné, il ne préjuge pas de la relation future dans le détail. Et quand il prévoit un backstop pour l'Irlande, c'est une solution de dernier recours que personne ne privilégie, personne n'a envie d'avoir besoin d'utiliser le backstop, et si cela devait arriver, personne n'aurait envie d'y rester. Donc personne ne veut piéger le Royaume-Uni dans la solution du backstop irlandais. C'est la raison pour laquelle nous souhaitons vivement que cet accord puisse être ratifié ; c'est un accord où les Européens ont fait des concessions, là où les Britanniques en ont fait également.

Je voudrais aussi rassurer les Français et leur dire que quel que soit le scenario qui finalement se déroulera, nous serons prêts, qu'il s'agisse de la mise en oeuvre de l'accord de retrait, ou s'il devait y avoir une séparation sans accord que nous ne souhaitons pas, - nous nous y sommes préparés - et nous protégerons les intérêts des français, des entreprises françaises et des Britanniques qui vivent en France.

Q - Y-a-t-il des discussions actuellement entre l'Union européenne et les Anglais comme le disent certaines informations de presse ce matin pour décaler la date d'entrée en vigueur ?

R - Mme May s'est entretenue avec le Président de la République la semaine dernière. Elle a à nouveau parlé de la question du backstop irlandais et de ce besoin d'assurances qu'ont les Britanniques mais elle n’a parlé de rien d’autre.

Q - Est-il possible de préciser une date limite à l'utilisation potentielle du backstop ?

R - Le principe du backstop, c'est quelque chose qu'on utilise seulement si on n'a pas réussi à se mettre d'accord sur la relation future, et jusqu'à ce qu'on arrive à se mettre d'accord. C'est donc une solution de dernier recours, mais on ne peut pas considérer d'entrée de jeu que c'est une solution temporaire. C'est une solution dont on ne veut pas mais qu'on ne peut pas limiter dans le temps.

Q - What assurances are you prepared to offer the UK ?

A - I would like to reassure both our British partners and our French citizens. The withdrawal agreement which is presented to the British Parliament is the best possible agreement : it's the only one. It's been negotiated for a very long period of time, it includes concessions from the British side but also from the European side and it provides for an orderly withdrawal. It does not decide on all the details of the future relationship and there should be no mistake about it. And regarding the Irish backstop, no one wants to activate it : it's unless and until we find a better solution. We would very much prefer to invent a future relationship which doesn't need to use the backstop, and in case we would not be able to do so at the end of the transition period, we would do our best efforts to get out of this backstop. No one wants to trap the United Kingdom inside the backstop. But I also need to reassure my fellow citizens because there are many scenarios which are possible, including a no-deal, and we will be ready for all the scenarios. You know that we passed a bill at the French Parliament in order to be ready for all possible scenarios.

Q - But is there a new way you could prove to British Members of Parliament that you don't want to use the backstop ? Is there a new way of proving that ?

A - We have said it repeatedly, the President said it at the end of the previous European Council, and indeed we all want to have a fruitful, profitable relationship with the United Kingdom in the future. So, the backstop is just the last-resort solution.

Q - So there's no new assurances coming ?

A - These are political assurances but there is nothing more that we can do. The withdrawal agreement is indeed a good agreement both for the UK and for the European Union : we should stick to it.

Q - Would you be in favor of an extension of article 50 period if you're asked ?

A - I don't work on hypotheses. The current situation is complex enough, it has not been asked by the British authorities. So, no "if and when", let's stick to where we are now and we really need to have a ratification of the withdrawal agreement. This is the best solution for both parties.

Q - They might not have asked but have they raised the concept with you ?

A - They have not yet, this is why I'm not working on hypothesis.

Q - Un mot sur les gilets jaunes, le gouvernement italien les a de façon assez spectaculaire soutenus hier, qu'en pensez-vous ?

R - Chaque gouvernement a comme priorité de s'occuper du bien-être et de l'avenir de ses propres compatriotes donc je pense que la priorité du gouvernement italien c'est de s'occuper du bien-être du peuple italien. Je ne suis pas sûre que de s'intéresser aux gilets jaunes a quoique ce soit à voir avec le bien-être du peuple italien.

Q - Ils proposent même de mettre la plateforme qui avait été utilisée pour lancer le mouvement à la disposition des gilets jaunes. Cela vous choque-t-il ?

R - J'ai déjà réagi hier, j'ai beaucoup entendu le gouvernement italien demander le respect pour la manière dont il gouvernait l'Italie. Je crois que ce respect il leur est dû mais il est dû à n'importe quel pays, surtout quand on est voisins, alliés et amis.

Q - Mais voyez-vous une similitude entre le début du mouvement Cinq Etoiles et les Gilets Jaunes en France ? Y a-t-il des similitudes dans les deux mouvements ?

R - Comparaison n'est pas raison.

Q - Aurez-vous l'occasion de parler de ce sujet avec le ministre italien qui est déjà dans la salle ?

R - On se parle très souvent, beaucoup, de beaucoup de choses et donc évidemment on se parlera de cela aussi bien sûr.

Q - Une petite question sur le sort des migrants qui sont actuellement en mer, il y a des discussions entre Etats membres pour les recevoir, je crois que la France souhaite participer...

R - Oui, la France a fait des propositions bien sûr comme à chaque fois qu'il s'est agi de gestes humanitaires, pour venir au secours de gens qui sont des naufragés. Donc nous avons fait des propositions. D'autres pays en ont fait aussi. La coordination est faite par la Commission. Mon sentiment hier soir c'était qu'on y était presque. J'espère qu'on va y arriver aujourd'hui parce qu'il est plus que temps.

Q - La situation se reproduit quand même régulièrement, que souhaitez-vous ?

R - Nous souhaitons une solution pérenne bien sûr. Il doit pouvoir y avoir une répartition pérenne, permanente. Je rappelle qu'avant l'été dernier, le problème ne se posait pas, l'accueil se faisait dans des conditions satisfaisantes et la répartition aussi. Il faut absolument que l'on revienne à cette notion de résolution permanente quand il s'agit de cas humanitaires de ce genre.

Q - Êtes-vous inquiète par l'arrivée de ces nouveaux partis d'ultra droite en Espagne ? En Andalousie, l'option d'un pacte de gouvernement, d'un soutien d'un gouvernement avec Ciudadanos qui est dans les libéraux et qui devrait être les partenaires des prochaines élections électorales d'En Marche ?

R - Chaque pays a ses spécificités et chaque parti fait ses propres choix. Vous comprenez qu'étant d'un gouvernement et étant moi-même membre d'un parti qui est la République En Marche qui s'est battue contre l'extrême droite, qui a battu l'extrême droite à l'élection présidentielle de l'année dernière, pour moi, il ne peut y avoir aucun compromis avec un parti d'extrême droite qui porte des valeurs qui sont totalement contraires aux nôtres. J'ai entendu les premières déclarations des représentants de Vox qui veulent revenir sur les droits des femmes, je trouve cela très préoccupant. Je pense que tout doit être fait pour combattre ce type d'extrémisme.

Q - Une question concernant la présidence roumaine, il y a des disputes ouvertes entre le président et le Premier ministre, cela vous préoccupe-t-il ? Y a-t-il de la défiance envers la Roumanie ? Et la Roumanie est-elle prête pour assurer la présidence ?

R - Je ne souhaite pas m'ingérer dans les affaires des autres pays de l'Union européenne. Je voudrais d'ailleurs que tout le monde en tire les mêmes leçons. Je me rends demain à Bucarest pour travailler avec les Roumains sur la présidence roumaine, ses priorités, nos priorités. La France s'est tenue aux côtés de la Roumanie pour préparer cette première présidence du Conseil de l'Union européenne. Une présidence, cela veut dire de l'engagement, cela veut dire une vision européenne, cela veut dire de l'impartialité, cela veut dire de l'exemplarité. Je dirai tout cela demain à Bucarest.


Merci.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 9 janvier 2019

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