Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique à BFM Business le 9 janvier 2019, sur l'économie numérique et les marchés des nouvelles technologies. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique à BFM Business le 9 janvier 2019, sur l'économie numérique et les marchés des nouvelles technologies.

Personnalité, fonction : MAHJOUBI Mounir, SOUMIER Stéphane.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au numérique;

ti :


STEPHANE SOUMIER
Mounir MAHJOUBI, donc qui est avec nous, notre envoyé spécial à Las Vegas. Merci beaucoup d'être là encore, Mounir MAHJOUBI.

MOUNIR MAHJOUBI
Bonjour.

STEPHANE SOUMIER
Et vous serez là encore demain donc à 07h40. Oui, alors je le dis juste d'un mot mesdames messieurs, quand on a monté ce truc ensemble avec Mounir MAHJOUBI, on ne pensait pas qu'on serait dans ce climat, je ne crois pas, on pensait qu'on serait dans ce climat cette semaine, mais s'il y a des semaines où il faut proclamer que la France a tout pour réussir, ce qui est notre slogan, eh bien cette semaine est particulièrement bien adaptée. Donc oui on va marteler et on va continuer à dire que la France a tout pour réussir, et ça s'exprime donc en ce moment à Las Vegas. Oui vous vouliez…

MOUNIR MAHJOUBI
Oui, oui, c'est très important, pour moi il n'y a pas deux France, c'est la même France…

STEPHANE SOUMIER
Oui, c'est ça votre grand truc, pour vous.

MOUNIR MAHJOUBI
On a des responsabilités que la performance elle est là pour transformer ça c'est bien.

STEPHANE SOUMIER
On en parlera demain, parce qu'on clôturera justement sur ce sujet, parce que moi j'ai des gros doutes là-dessus, mais justement…

MOUNIR MAHJOUBI
Ah, on va en parler.

STEPHANE SOUMIER
Non non, mais là parce que donc vous y êtes pas mais vous y êtes, donc avec un robot qui s'appelle Awabot, en fait vous avez circulé hier dans les allées du CES de Las Vegas, du pavillon France, dans le pôle Euréka, c'est ça dans le Eureka Park.

MOUNIR MAHJOUBI
Exactement, Eureka Park où il y a pas loin de 400 start-up. Alors vous savez il y en a entre 350 et 400 qui sont dans l'Eureka Park, et puis les autres qui sont réparties un peu partout. Cette année on a un grand pôle be to be où beaucoup des boites be to be ont décidé d'aller, c'est une innovation de cette année du Salon, et puis après il y a le grand pôle transport, où toutes celles du transport peuvent être vues à côté des grands acteurs, et c'est très bien pour elles. Et puis il y a les autres espaces où ceux qui sont déjà un niveau de très grande maturité sont allés prendre des grands stands, des très grands stands pour certaines pour aller chercher leurs nouveaux clients.

STEPHANE SOUMIER
Qu'est-ce qui vous a frappé ? Alors vous me parlez de Chronolife, DCbrain, Actility, par exemple. On est dans ce que vous appelez la super tech, avec des niveaux de développement qui sont différents, qu'est-ce qui vous intéressent là-dedans et Mounir MAHJOUBI ?

MOUNIR MAHJOUBI
Ce qui est intéressant là-dedans c'est que c'est des botes qui utilisent de la tech profonde, de la deep tech, en gros de la tech issue de la recherche, souvent publique ou publique/privée, qui manipulent des objets très complexes. Si on prend l'exemple de DCbrain, DCbrain c'est toujours très compliqué à expliquer ce qu'ils font, c'est l'utilisation de l'intelligence artificielle pour la gestion des flux. Alors quand on dit ça comme ça, on se dit : c'est pas très intéressant, sauf que les flux sont partout, ils sont dans la ville, ils sont dans l'hôpital, ils sont dans les armées, ils sont partout. On gère tout le temps des flux très dangereux, c'est-à-dire que si on n'a pas la bonne pression, au bon endroit, au bon… ça coûte très cher et ça peut détruire énormément. Eh bien eux, leur solution aujourd'hui, elle est en train d'être déployée chez de plus en plus d'acteurs à travers la France, à travers l'Europe, et maintenant leur volonté c'est de conquérir les Etats-Unis, parce qu'elle est unique cette solution, et ce qui est incroyable c'est de voir que c'est 10 personnes à Paris qui ont démarré, que maintenant c'est en train de grossir, et là ils en sont à ce moment de la multiplication, c'est-à-dire que c'est le tipping point, comme disent les Anglais, c'est le moment où s'ils trouvent quelques gros clients qui vont les transformer, c'est bon, ils sont partis pour décoller et pour aller jusqu'au bout du monde, et c'est ça qu'on souhaite.

STEPHANE SOUMIER
Je regardais ça hier, alors c'est absolument passionnant DCbrain, prenons un tout petit peu de temps, parce qu'en fait il faut comprendre un truc notamment sur les réseaux électriques, c'est que vous n'avez pas le droit à l'erreur sur un réseau électrique.

MOUNIR MAHJOUBI
Zéro !

STEPHANE SOUMIER
Zéro erreur, un électron qui rentre, il faut qu'il y ait un électron qui sorte. Or, la production électrique elle va devenir de plus en plus éclatée entre des micros producteurs, et c'est là DCbrain est en train de tout réconcilier, Mounir MAHJOUBI, et vous me dites qu'ils sont uniques au monde. Je ne savais pas qu'ils étaient uniques au monde.

MOUNIR MAHJOUBI
Ils font des grilles complexes, qu'ils rendent beaucoup plus simples. En fait, là où ils sont uniques au monde c'est qu'ils ont fait une solution agile, qui peut s'adapter à tous les systèmes existants.

STEPHANE SOUMIER
C'est ça.

MOUNIR MAHJOUBI
Parce qu'avant on faisait déjà cette activité, sauf que les grands gestionnaires de réseaux, pour faire ça, eh biens ils développaient des grandes infrastructures technologiques, des gros systèmes E.T, des gros systèmes d'information, là, hop, ils se pluggent à DCbrain et d'un coup c'est de l'intelligence artificielle dans votre quotidien.

STEPHANE SOUMIER
Bon, Actility, vous les connaissez, c'est la plus grosse levée de fonds de 2017, je crois, on est dans le réseau pour les objets connectés. Non, ce qui m'intéresse c'est Chronolife, parce que j'ai regardé et j'ai vu « t-shirt connecté », j'ai dit « bon dieu, non, ce n'est pas un t-shirt connecté, il ne va pas venir me vendre un t-shirt connecté Mounir MAHJOUBI ».

MOUNIR MAHJOUBI
Vous êtes allé plus loin, c'est là où c'est passionnant, Chronolife c'est une boite de la Health Tech, qui s'occupe de la santé, et en fait de Chronolife, ; ce qu'ils cherchent à faire, avec ce t-shirt connecté, mais t-shirt connecté n'est qu'un des objets qu'ils font, c'est comment on permet aux personnes qui sont malades, de vivre une vie plus simple et une vie avec moins de médecins, une vie avec moins d'équipements, une vie avec moins de médicaments, eh bien en personnalisant. Et donc ce t-shirt connecté, en fait il permet aux patients d'avoir une information absolument parfaite de sa pathologie, de son suivi et donc pour permettre à son médecin d'adapter le traitement chaque semaine, d'adapter es activités physiques qu'il pourrait être amené à faire, et ç c'est génial. Parce qu'aujourd'hui il faut se le dire, la médecine c'est de l'art, c'est-à-dire qu'on fonctionne à vue, on pose beaucoup de questions au patient, on essaie de comprendre son mode de vie, mais si on n'a pas de 100 % de l'info, on n'y arrive pas. Comment on faisait jusqu'à aujourd'hui ? On faisait, je ne sais pas si vous avez eu la malchance d'avoir quelqu'un de malade autour de vous, on met une espèce de très grosse ceinture, avec des capteurs, mais ça, on fait ça juste pendant la période de tests, on garde ça, 2, 3 jours, et puis après le médecin il reprend les gros bloc, il le met sur ordinateur, et puis il regarde l'activité des 3 jours. Là c'est live, hop c'envoyé dans un cloud très sécurisé, ça c'est très important, et à partir de ces infos là on est capable de personnaliser. Ça c'est génial, c'est l'avenir de la médecine ciblée, de la médecine personnalisée.

STEPHANE SOUMIER
Et puis c'est le slogan clef d'une série télé qui ne va pas nous rajeunir, Dr House, où tout le monde ment, disait Dr House sans arrêt. Bon ben voilà, avec la technologie c'est fini. Il nous reste 2 minutes pour l'autre élément qui vous intéresse en ce moment, c'est Tech for Good. Racontons, ils sont venus nous voir, ils étaient au coeur de « Hello start-up » il y a quelques jours, une jeune femme fantastique qui veut aider les femmes battues.

MOUNIR MAHJOUBI
La Tech for Good c'est deux choses. C'est ceux qui viennent du réseau associatif et qui font des Techs qu'ils transforment, et puis il y a ceux qui sont des Techs et qui regardent leur impact. Elles, elles viennent d'une association qui s'appelle « Resonantes », qui est à Nantes, et qui s'est posée la question de comment on peut apporter plus de sécurité aux femmes qui se sentent en insécurité quand elles rentrent le soir, quand elles font un parcours dans la ville, en dehors de la ville et qu'elles sont seules. Et donc en fait c'est une appli et un bracelet pour vous simplifier la vie, c'est-à-dire vous activez le bracelet qui vous connecte à 3 personnes que vous avez contactées d'abord, par exemple vos parents, un ami, une amie, qui savent que vous êtes en train de faire ce chemin, et qui savent qu'à tout moment vous pourriez appuyer sur le bouton d'urgence. Et donc en fait le but de l'appel c'est que vous n'appuyiez jamais sur le bouton d'urgence, mais sur ce trajet que vous sachiez, vous, que si jamais il vous arrive quelque chose, vous appuyez sur le bouton, ces 3 personnes de confiance sont alertées, d'un coup ça enregistre tout ce qui se passe autour de vous, et vous, vous vous sentez sécurisée.

STEPHANE SOUMIER
C'est marrant Mounir MAHJOUBI, parce que moi elle me l'a vendu et ce que vous décrivez est passionnant, mais moi elle me l'a vendu contre les violences domestiques. Et ce qu'elle me disait était, mais puissant, c'est-à-dire enfin, elle me dit : le problème d'une femme battue dans les violences domestiques c'est qu'elle n'appelle jamais la police, c'est complètement dingue. En revanches, ses contacts qui justement, qui à un moment, parce qu'elle va appuyer sur, elles, elles vont appeler la police, elles, elles vont appeler au secours.

MOUNIR MAHJOUBI
Et là où vous avez raison, et elle me l'a re-raconté hier soir, qui sont les femmes qui se font le plus agressées dans la rue ? Malheureusement ce ne sont pas les attaques aléatoires, ce sont les femmes battues qui se font poursuivre par celui qui les a déjà battues depuis longtemps. Et donc c'est pour ça qu'on fait toujours des mesures d'éloignement, qu'on interdit d'être dans la même ville, etc., malheureusement quand on le voit, on a ce sentiment de peur. Alors, aujourd'hui, la technologie c'est quoi ? La police peut attribuer à une famille, à une femme battue, ce que l'on appelle les téléphones d'urgence, et donc c'est un gros téléphone d''urgence qu'on garde dans la main et sur lequel on appuie, qui provoque un appel de sécurité. Elle, c'est la version suivante, c'est une version plus diffuse, avec plus de monde qui peut s'y intégrer, et cette idée de confiance, avec 3 personnes que l'on connaît, sauront être là pour vous. Donc c'est une vraie problématique, une vraie solution technologique, après il faut voir quel modèle d'affaires, et ça on en parle beaucoup ensemble, hier soir on a parlé de ça, au CES elle a rencontré des étrangers très intéressés par le projet et qui justement voulaient un peu challenger le modèle. Qui paie pour ça, est-ce que c'est que les Etats qui paient, est-ce que les assureurs pourraient payer, est-ce que les personnes paient elles-mêmes ? C'est tout le sujet aujourd'hui pour elle. Elle, ce qu'elle veut, c'est faire de l'impact, et je crois que déjà c'est très noble.

STEPHANE SOUMIER
A demain, Mounir MAHJOUBI.

STEPHANE SOUMIER
A demain !

STEPHANE SOUMIER
07h40, toujours sur ce CES de Las Vegas.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 janvier 2019

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