Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, avec France Inter le 3 janvier 2019, sur la politique économique du gouvernement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, avec France Inter le 3 janvier 2019, sur la politique économique du gouvernement.

Personnalité, fonction : LE MAIRE Bruno.

FRANCE. Ministre de l'économie et des finances

ti :

ALI BADDOU
Invité du "Grand Entretien" de France Inter ce matin, le ministre de l'Economie et des finances, il publie "Paul", un récit qui paraît chez Gallimard. Bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Ali BADDOU.

ALI BADDOU
Alexandra BENSAID et moi avons lu de près ce livre, "Paul", c'est le récit d'une amitié absolue, celle avec votre ami Paul, emporté par un cancer foudroyant, lui, est cloué sur un lit d'hôpital, vous, vous êtes toujours en mouvement, en voiture, en avion. C'est un livre où se croisent l'actualité des questions politiques dont on va parler évidemment, mais aussi des questions plus intimes, les plus personnelles de ces questions, celles qu'on se pose quand on est confronté à la mort d'un proche, pourquoi le besoin d'avoir écrit ce livre-là, Bruno LE MAIRE ?

BRUNO LE MAIRE
Pour moi, c'était une nécessité absolue, je n'ai pas de réponse à votre question, pour être très franc, mais j'ai perdu cet ami au printemps dernier, et j'ai ressenti comme une nécessité absolue de témoigner sur la dignité de cet homme face à la maladie, face à ses derniers instants, donc j'ai écrit ce livre tout simplement parce qu'il était nécessaire.

ALI BADDOU
On va en parler justement parce qu'il y a énormément d'émotion dans ce livre, Alexandra, mais d'un mot quand même, parce qu'un livre de politique, ça ressemble en général à une biographie d'un grand homme auquel on s'identifie, ça ressemble parfois à un bouquin écrit par d'autres que soi, ça ressemble aussi parfois à des livres de programmes, ça n'est aucun de ces livres-là.

BRUNO LE MAIRE
Non, aucun de ces livres-là.

ALI BADDOU
Vous comprenez que ça déroute, et surtout, la tonalité intime, très personnelle à un moment où on est face à des défis collectifs.

BRUNO LE MAIRE
Oui, mais les défis collectifs, vous ne les réglerez pas autrement qu'avec de l'humanité, vous ne réglerez pas la crise sociale actuelle sans comprendre le désarroi, la détresse des Français qui se manifestent, je pense qu'on a besoin de cette humanité, on a besoin de cette sensibilité. On écrit beaucoup sur les grands hommes, je pense que c'est utile aussi d'écrire sur les hommes bien, et Paul était un homme bien.

ALEXANDRA BENSAID
Bruno LE MAIRE, vous parlez d'humanité, quand vous allez rendre visite à votre ami à l'hôpital, vous croisez aussi du personnel soignant, et ce personnel soignant dit justement qu'il a besoin d'argent, ce personnel soignant le dit à votre ami, et ce qui est surprenant, vous êtes là, entre cette question intime, et vous êtes ce ministre de l'Economie, c'est que vous n'en tirez pas de conclusion politique, vous ne dites pas : eh bien, oui, tiens, il faudrait peut-être mettre plus d'argent dans l'hôpital public…

BRUNO LE MAIRE
Non, je ne suis pas allé à l'hôpital pour faire de la politique, mais je peux témoigner effectivement…

ALEXANDRA BENSAID
Elle vous a interpellé…

ALI BADDOU
Non, mais les infirmières…

BRUNO LE MAIRE
Bien sûr, elles m'ont interpellé, et je peux témoigner de ce que chaque Français sait, c'est-à-dire la qualité exceptionnelle du personnel hospitalier et des aides soignants, des infirmiers, des médecins, des anesthésistes, enfin, de tous ceux qui font la vie de l'hôpital, le dévouement de ces personnes…

ALI BADDOU
Mais vous ne répondez pas à la seule question que vous posent les infirmières, qui vous le demandent d'ailleurs en riant : donnez-nous plus de moyens pour l'hôpital…

BRUNO LE MAIRE
Mais on a eu des débats, vous savez, on a eu du débat avec les infirmières à l'hôpital, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, pour être très précis, sur l'application des 35 heures, sur le désordre considérable qu'a créé l'application des 35 heures dans l'hôpital, sur les conditions de vie qui sont très difficiles des personnels soignants, les exigence qui leur sont données…

ALEXANDRA BENSAID
Mais, vous, vous êtes un acteur, vous, vous êtes l'acteur…

BRUNO LE MAIRE
Mais je ne suis pas ministre de la Santé, mais je peux vous dire que ça fait partie des discussions…

ALEXANDRA BENSAID
Vous êtes ministre de l'Economie…

ALI BADDOU
Et des finances !

BRUNO LE MAIRE
Ça fait partie des discussions que j'ai régulièrement avec la ministre de la Santé, Agnès BUZYN, il y a une question sur l'hôpital…

ALI BADDOU
Mais c'est vous qui tenez les cordons de la bourse, donc pas question de donner plus de fonds…

BRUNO LE MAIRE
Mais je suis ouvert à toute discussion sur le meilleur financement de l'hôpital, sur son organisation, je pense que c'est au coeur du contrat social français, et une fois encore, ça fait partie des décisions que nous avons à prendre avec la ministre de la Santé, et des discussions que nous avons régulièrement avec elle, en tout cas, si on peut rendre un hommage appuyé à ce personnel hospitalier, faisons-le.

ALI BADDOU
Ce que vous faites, vous racontez aussi la fin de vie, la douleur, la morphine qu'on réserve pour la fin, la toute fin, les derniers moments d'un ami qui va mourir. Est-ce qu'il faut autoriser, là aussi, on a envie de vous demander quelles conclusions politiques vous en tirez, Bruno LE MAIRE, est-ce qu'il faut autoriser l'aide à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie incurable, comme ça a été le cas pour votre ami Paul ?

BRUNO LE MAIRE
Je trouve que c'est une question qui se pose, mais je n'ai pas…

ALI BADDOU
Mais vous êtes responsable politique, vous avez des convictions…

BRUNO LE MAIRE
Oui, mais, j'ai des convictions, mais je n'ai pas de réponse à toutes mes propres questions, et je pense que c'est la réalité aussi pour d'autres citoyens…

ALI BADDOU
Alors, les convictions du citoyen LE MAIRE…

BRUNO LE MAIRE
La première conviction, c'est que chaque Français a le droit de mourir dans la dignité, et que chaque Français doit avoir accès à une unité de soins palliatifs de la qualité de celle à laquelle mon ami Paul a eu accès, ce n'est pas encore le cas aujourd'hui, et je pense que le premier défi, c'est ça, c'est garantir à chaque Français de pouvoir mourir dans la dignité avec une unité de soins palliatifs qui soit appropriée à la situation dans laquelle il est…

ALI BADDOU
L'aide à mourir, est-ce qu'il faut modifier la loi Claeys-Leonetti ?

BRUNO LE MAIRE
Je n'ai pas, là encore, je vais peut-être vous décevoir, on parlera de sujets sur lesquels j'ai des convictions fortes et fermes, mais sur cette question de l'aide à mourir, laissez-moi poursuivre ma réflexion, mais je ne referme aucune porte là-dessus.

ALI BADDOU
En politique, rien ne sert d'anticiper les surprises, c'est aussi quelque chose qu'on découvre dans votre livre, c'est votre analyse de la vie politique, on découvre que vos enfants jouent à des jeux vidéo ultraviolents, et alors, vous comparez la politique justement à ces jeux vidéo qui nécessitent une attention de tous les instants, quand il faut brandir son sabre ou tirer au M16 sur son ennemi, comment expliquez-vous que vous n'ayez pas vu arriver la crise des gilets jaunes, est-ce que c'est uniquement une faute d'attention ?

BRUNO LE MAIRE
Non, moi, je pense que c'est une crise qui couve depuis très longtemps et dont il faut prendre toute la mesure…

ALI BADDOU
Mais vous ne l'avez pas vue venir…

BRUNO LE MAIRE
C'est une crise… je ne vais pas dire que j'ai vu venir la crise des gilets jaunes, mais qu'il y ait…

ALI BADDOU
Mais ni vous ni le président de la République, expliquez-nous…

BRUNO LE MAIRE
Qu'il y ait un malaise dans le pays, que chacun ait senti depuis très longtemps…

ALI BADDOU
Non, non, ça, d'accord…

BRUNO LE MAIRE
Qu'en matière de pouvoir d'achat, de rémunération du travail, il y avait une vraie difficulté, nous le savions, d'ailleurs, nous avons apporté des réponses à cette question…

ALI BADDOU
Non, non, mais je vous prends au mot, Bruno LE MAIRE, les mots que vous avez écrits…

BRUNO LE MAIRE
Mais la crise, vous ne la voyez jamais venir, personne n'a vu cette explosion venir tout d'un coup du jour au lendemain…

ALI BADDOU
Et donc la question, c'est pourquoi, est-ce que c'est de la déconnexion ou est-ce que c'est l'inattention ?

BRUNO LE MAIRE
Absolument pas, puisque les problèmes que posent les gilets jaunes, nous avons essayé d'y apporter des solutions, et nous y avons apporté des premières solutions, qu'elles ne soient pas assez rapides, que les gens n'en voient pas les résultats suffisamment rapidement, peut-être, mais regardez cette question de la rémunération du travail qui est au coeur des revendications de beaucoup de gilets jaunes, en mettant en place les heures supplémentaires, en supprimant les cotisations assurance maladie, assurance chômage, en permettant la suppression du forfait social à 20 % dès le 1er janvier pour qu'il y ait de l'intéressement pour tous ceux qui travaillent. Nous avons commencé à apporter une réponse, ensuite, l'impatience, elle est telle que ça provoque cette crise et ça provoque cette réaction des gilets jaunes, mais je pense que nous avions vu venir les difficultés et que nous avons été, comme cela peut arriver, pris de vitesse par un mouvement qui a pris tous les Français de vitesse…

ALI BADDOU
C'est le moins qu'on puisse dire…

ALEXANDRA BENSAID
Vous n'avez pas peur, Bruno LE MAIRE, vous venez de parler des mesures pour le pouvoir d'achat, mesures à 10 milliards, on sait que vous étiez contre, ça grève le budget de l'Etat, ça fait déraper le déficit, vous n'avez pas peur que ces mesures-là, elles soient complètement effacées dans l'esprit des Français par le prélèvement à la source ?

BRUNO LE MAIRE
D'abord, je n'étais pas contre. Moi, je suis pour que nous ayons des réponses qui soient fortes, elles ont été apportées par le président de la République, mais aussi des réponses…

ALEXANDRA BENSAID
Vous étiez pour 10 milliards d'euros ?

BRUNO LE MAIRE
Mais aussi des réponses cohérentes par rapport à notre politique, et ce que le président de la République a annoncé, ce que le Premier ministre a précisé est cohérent par rapport à tout ce que nous avons toujours défendu, il faut que le travail paye, nous avons fait en sorte que le travail paye et qu'il paye davantage avec les heures supplémentaires ou avec la prime d'activité…

ALEXANDRA BENSAID
C'est cohérent de revenir sur l'annulation de la CSG, ça n'est pas cohérent de revenir sur l'annulation de la CSG…

BRUNO LE MAIRE
C'est une manière de dire que nous entendons…

ALEXANDRA BENSAID
C'est un recul…

BRUNO LE MAIRE
Nous entendons ce qui a été dit par les retraités, vous avez plus de 3 millions de retraités qui du coup ne seront pas touchés par la hausse de la CSG. Mais la direction qui est la nôtre, celle de la transformation en profondeur du pays, qui doit créer plus de richesses pour avoir plus de prospérité pour tous les Français, il est impératif de tenir ce cap, la bonne tenue des finances publiques, le respect de nos engagements européens, il est essentiel de continuer à tenir ce cap, parce que si la bonne réponse à la crise sociale française, c'était toujours plus de dépenses publiques, comme on a le niveau de dépenses publiques le plus élevé…

ALI BADDOU
Vous voyez que vous avez répondu aux infirmières…

BRUNO LE MAIRE
Le plus élevé…

ALI BADDOU
Vous voyez que vous répondez aux personnels hospitaliers…

BRUNO LE MAIRE
Mais absolument pas, Ali BADDOU, parce que…

ALI BADDOU
Pas plus de dépenses publiques, il faut tenir les comptes…

BRUNO LE MAIRE
Pas plus de dépenses publiques, ça veut pouvoir dire de la dépense publique mieux employée, ça peut vouloir dire faire des économies à tel endroit pour pouvoir aider d'autres services publics, et justement, le débat, Ali BADDOU, que nous allons avoir, qui va s'ouvrir dans les prochaines semaines, il va nous permettre enfin, et moi, je me réjouis, de poser ces questions, vous, Français, quelles dépenses publiques êtes-vous prêt à réduire pour que nous puissions demain baisser les impôts, baisser les taxes, et aider davantage certains services publics qui vous paraissent prioritaires par rapport à d'autres.

ALEXANDRA BENSAID
Page 100 de votre livre, vous écrivez, c'est un livre que vous venez d'écrire, vous écrivez : "le plus difficile est devant nous, les mesures les plus impopulaires restent à prendre", vous parlez de quoi ?

BRUNO LE MAIRE
C'est ce que je crois. Je crois que l'année 2019 sera l'année des choix décisifs…

ALEXANDRA BENSAID
Des mesures les plus impopulaires…

BRUNO LE MAIRE
Mais ce n'est pas une question de populaire ou impopulaire, c'est de savoir ce que nous voulons pour la France…

ALEXANDRA BENSAID
C'est ce que vous écrivez…

ALI BADDOU
"Le plus difficile est devant nous"…

BRUNO LE MAIRE
L'année 2019…

ALI BADDOU
Les mesures les plus impopulaires, ce sont vos mots…

BRUNO LE MAIRE
L'année 2019 doit être l'année des choix décisifs pour notre pays.

ALEXANDRA BENSAID
De quelles mesures parlez-vous ?

BRUNO LE MAIRE
Quelles dépenses publiques sommes-nous prêts à réduire pour pouvoir enfin réduire significativement les impôts et les taxes des Français, comment est-ce que nous garantissons un système de retraite par répartition qui soit plus juste, plus transparent, plus lisible, plus efficace pour les Français…

ALI BADDOU
Mais ne posez pas des questions, donnez-nous des réponses…

BRUNO LE MAIRE
Eh bien, les réponses, c'est la réforme des retraites…

ALI BADDOU
Quelles dépenses publiques faut-il baisser ?

BRUNO LE MAIRE
La réponse, c'est la réforme de l'indemnisation du chômage, la réponse, c'est le débat qui va l'apporter sur la dépense publique, qui va nous permettre de baisser les impôts et les taxes, mais oui, les choix décisifs sont devant nous, quel modèle de société voulons-nous, quel niveau de dépenses publiques acceptons-nous pour pouvoir réduire les impôts et les taxes, c'est pour ça que je le redis, l'année 2019 sera l'année des choix décisifs pour la France, mais aussi pour l'Union…

ALI BADDOU
Et des mesures les plus impopulaires…

BRUNO LE MAIRE
Et aussi, si vous me permettez, aussi pour l'Union européenne, puisque nous avons devant nous l'un des choix les plus essentiels pour la construction européenne depuis 1957, est-ce que nous nous rassemblons ou est-ce que nous nous divisons…

ALI BADDOU
On va en parler de l'Europe…

ALEXANDRA BENSAID
Bruno LE MAIRE…

BRUNO LE MAIRE
Est-ce que nous faisons face ensemble face à la Chine ou aux Etats-Unis…

ALEXANDRA BENSAID
On va rester sur les mesures…

BRUNO LE MAIRE
Ou est-ce que nous nous divisons…

ALEXANDRA BENSAID
On va rester sur la réforme des retraites, de l'assurance chômage, de la Fonction publique, ce que vous dites, on croyait que les choix avaient été faits, on croyait qu'Emmanuel MACRON et son gouvernement avaient une idée très précise de ce qui devait être fait, est-ce que vous dites ce matin, c'est : bon, eh bien, on a entendu, maintenant, c'est aux mains des Français, il va y avoir ce grand débat national et ils pourront infléchir les choix qui ont déjà été faits et présentés ?

BRUNO LE MAIRE
Je dis simplement que nous avons en 2017 et 2018 engagé une transformation en profondeur du pays, fait des choix qui étaient des choix difficiles, courageux, nécessaires je pense à la transformation du système fiscal, je pense à la transformation du marché du travail, il reste…

ALI BADDOU
Ne refaites pas le bilan !

BRUNO LE MAIRE
Mais ce n'est pas le bilan, c'est la narration…

ALI BADDOU
C'est un bilan que vous étiez en train de faire…

BRUNO LE MAIRE
C'est la narration d'un quinquennat qui a du sens et dont le sens doit être à transformation d'un modèle, qui ne marche plus…

ALI BADDOU
Et dont certains se demandent s'il n'est pas terminé, Bruno LE MAIRE…

BRUNO LE MAIRE
Qui crée de la pauvreté et qui doit, demain, créer de la prospérité…

ALI BADDOU
Est-ce que le quinquennat est fini ? Allez-vous encore pouvoir engager des réformes jugées impopulaires ?

BRUNO LE MAIRE
Si je vous dis, Ali BADDOU, qu'il y a des choix décisifs devant nous, c'est parce que je crois profondément que le quinquennat commence à partir de maintenant à entrer véritablement dans le dur, que nous avons un socle qui est solide, qui sont toutes les réformes que nous avons engagées depuis 2017 et 2018, sur la fiscalité, sur le marché du travail, sur la formation, la qualification, la réforme de la SNCF, nous avons ce socle, et maintenant, il faut avancer et avancer encore plus vite sur des sujets qui sont décisifs pour notre avenir collectif, notre système de retraite, l'indemnisation du chômage, et un Etat qui doit être plus efficace au service des Français, c'est ça ce qui nous attend en 2019…

ALEXANDRA BENSAID
Bruno LE MAIRE, et quelle sera la place et le poids de la voix des Français qui s'exprimeront dans le grand débat national, ces choix, à qui appartiennent-t-ils, on ne fait pas un débat pour ne pas l'écouter ensuite ?

BRUNO LE MAIRE
Mais les choix, ils appartiennent aux Français, par définition, ils ont fait un certain nombre de choix au moment de l'élection présidentielle, ces choix, et je pense que c'est l'honneur du président de la République et du Premier ministre, nous les respectons. Et tout ce qui a été décidé depuis deux ans ou un an et demi correspond rigoureusement à ce que les Français ont voulu et choisi au moment de l'élection présidentielle. Mais on voit bien…

ALI BADDOU
Mais il y a des choses qui se sont passées depuis, le mouvement des gilets jaunes, est-ce que par exemple, le référendum d'initiative citoyenne…

BRUNO LE MAIRE
On voit bien désormais que le temps politique, Ali BADDOU, est trop long. Donc il faut des moments de respiration au sein du quinquennat pour permettre aux Français de reprendre la parole, c'est ce que nous faisons avec ce débat. Et ce que je souhaite, c'est que sorte de ce débat une volonté renouvelée de transformer notre pays en profondeur, parce que c'est ce qui permettra aux Français de vivre mieux…

ALI BADDOU
Voilà pour les voeux…

BRUNO LE MAIRE
C'est ce qui leur permettra d'être mieux rémunérés de leur travail…

ALI BADDOU
De Bruno LE MAIRE, en 2019.

BRUNO LE MAIRE
Et c'est ce qui leur permettra d'avoir une société qui soit plus juste.

ALI BADDOU
Question rapide, vous rendez hommage au général de GAULLE dans votre livre, est-ce que le Référendum d'Initiative Civique est compatible avec la 5ème République ?

BRUNO LE MAIRE
Oui. Le référendum, c'est la parole qui est donnée au peuple, et donc quelle que soit la façon dont on la donne au peuple, moi, je suis favorable à ce Référendum d'Initiative Civique.

ALI BADDOU
Le référendum à choix multiples, est-ce que vous y êtes favorable ?

BRUNO LE MAIRE
Et ça, on verra quelle sera l'issue du débat, ne préjugeons pas de l'issue, ce sera au président de la République de le décider, mais j'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas avoir peur du peuple et que la meilleure réponse au nationalisme, au populisme, que l'on dénonce ici ou là, elle tient à la force des réponses qu'on apporte aux problèmes que rencontrent les gens, et le courage de donner la parole au peuple.

ALI BADDOU
Est-ce qu'on a peur du peuple, on apprenait qu'Eric DROUET, l'un des leaders des gilets jaunes, avait té interpellé, indignation entre autre de Jean-Luc MELENCHON qui parle d'une opération de police politique, c'est par peur du peuple ou en tout cas de certains parmi le peuple que cette interpellation a eu lieu ?

BRUNO LE MAIRE
Non, ça, ça s'appelle le respect de l'Etat de droit. Et le respect du peuple, c'est respecter l'Etat de droit. Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, eh bien, il ne respecte pas le droit, on en tire les conséquences.

ALI BADDOU
Mais il aurait dû être arrêté ou interpellé bien avant dans ces cas-là et d'autres avec lui !

BRUNO LE MAIRE
Il a déjà été interpellé…

ALI BADDOU
Et il n'y a pas assez de places dans les commissariats et les prisons pour interpeller tous ceux qui ont manifesté sans en avoir demandé l'autorisation…

BRUNO LE MAIRE
Moi, je crois profondément au respect de l'ordre, et je considère que la meilleure façon de défendre le peuple, c'est de défendre l'ordre, les règles, la loi, l'Etat de droit.

ALEXANDRA BENSAID
Sur les relations avec le peuple, Emmanuel MACRON va perdre sa plume, Sylvain FORT, qui a écrit certains des plus beaux discours, notamment l'hommage à Arnaud BELTRAME, c'est juste une question de communication l'impopularité du président ?

BRUNO LE MAIRE
Alors, Sylvain FORT est un garçon exceptionnel, je le connais bien. Mais le choix qu'il fait est un choix personnel.

ALI BADDOU
Encore une démission, Bruno LE MAIRE. Encore une démission alors que c'était l'un des premiers à s'engager aux côtés d'Emmanuel MACRON, dès la campagne présidentielle…

BRUNO LE MAIRE
C'est votre rôle de vouloir faire des tempêtes dans un verre d'eau, mais il se trouve que Sylvain FORT a dit depuis des mois qu'il attachait beaucoup d'importance à sa vie familiale et qu'à un moment ou un autre il arrêterait. On ne peut pas dire qu'il ne l'ait pas annoncé, il l'a annoncé depuis des mois. Donc il le fait maintenant…

ALEXANDRA BENSAID
Son rôle a été renforcé à l'été, et quelques mois plus tard il décide de partir.

BRUNO LE MAIRE
Il le fait maintenant, pour des raisons personnelles, et je connais suffisamment Sylvain FORT, ses qualités et son don d'écriture qui est un don tout à fait remarquable, pour savoir que s'il part, c'est tout simplement parce que, comme il le dit, il veut retrouver sa famille…

ALI BADOU
Comment va faire le président pour écrire sa lettre aux Français ?

BRUNO LE MAIRE
… il veut prendre du temps pour lui, et je peux comprendre ça parfaitement, moi qui ai aussi des enfants, je peux comprendre ça parfaitement.

ALI BADOU
Seulement vous, vous êtes resté en politique, mais ajouté quand même à Nicolas HULOT, à COLLOMB, à BAYROU, à FLESSEL, et la liste est si longue…

ALEXANDRA BENSAID
Au porte-parole.

ALI BADOU
… de ceux qui ont dû quitter ou qui ont choisi de quitter Emmanuel MACRON.

BRUNO LE MAIRE
Vous mettez dans le même sac, des gens qui sont partis pour des raisons tout à fait différentes. En l'espèce, Sylvain FORT part pour des raisons personnelles, et je connais suffisamment Sylvain FORT pour savoir que c'est d'abord sa famille et sa vie personnelle qui ont dicté ce choix.

ALEXANDRA BENSAID
Bruno LE MAIRE, on parle du contrôle des chômeurs, des réformes à venir. L'assurance chômage, là on a eu un décret le 30 décembre qui durcit les sanctions en cas… du contrôle des chômeurs. Est-ce que c'est normal, est-ce que vous comprenez l'indignation ?

BRUNO LE MAIRE
Non, je ne la comprends pas, parce qu'il n'y a pas de durcissement des règles. Il y a des règles qui sont plus justes et plus efficaces, qui sont personnalisées, qui tiennent compte de la situation de chaque chômeur. Il y a une immense majorité de chômeurs qui vont régulièrement à Pôle emploi, qui recherchent un emploi, c'est l'immense majorité des chômeurs. Et puis il y a une petite partie qui ne respecte pas nécessairement les règles, certains parce que…

ALEXANDRA BENSAID
Une très petite partie.

BRUNO LE MAIRE
Une très petite partie. Certains parce qu'ils ne veulent pas les respecter et d'autres parce qu'ils ne les connaissent même pas, parce qu'ils ne sont pas informés, parce qu'on leur a pas dit exactement ce qu'ils devaient faire. Le système qui est mis en place, va permettre de tenir compte de la situation personnelle de chaque chômeur, de l'accompagner, de lui apporter des réponses, notamment sur son bilan de compétences, et si jamais il ne respecte pas les règles alors qu'on a personnalisé l'accompagnement, eh bien il est juste que son indemnisation soit suspendue. Parce qu'il ne peut pas y avoir des droits, s'il n'y a pas également des devoirs.

ALI BADOU
On est tous d'accord, mais on vous reproche souvent 100 milliards d'euros de fraude fiscale par an, un milliard d'euros de fraude sociale, disons-le comme ça, pourquoi faire…

BRUNO LE MAIRE
Mais je suis, Ali BADOU, tout aussi déterminé à lutter contre l'évasion fiscale, j'en fais la priorité de 2019, et dans le cadre du G7 dont nous aurons la présidence, nous allons travailler à un impôt minimum qui va s'imposer à toutes les multinationales et qui prévoira qu'aucune multinationale ne pourra plus installer son siège social dans un paradis fiscal, là où l'impôt est moins faible, sans devoir compenser le manque à gagner pour le Trésor public français. C'est un travail considérable que nous allons mener au niveau international pour garantir une meilleure efficacité dans la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale. Donc croyez-moi, notre détermination là-dessus elle est totale.

ALEXANDRA BENSAID
Bruno LE MAIRE, quand même, sur les chômeurs, il n'y aura plus la référence au salaire antérieur, ça sera difficile de refuser une offre d'emploi puisque même si le salaire est inférieur, on dira « eh bien non, elle est raisonnable cette offre d'emploi ». Vous ne pouvez pas dire que ça n'a pas été durci.

BRUNO LE MAIRE
Vous pourriez insister d'un autre côté sur le fait que dans cette offre d'emploi raisonnable, qui est la clé de l'indemnisation du chômage, nous tiendront davantage compte des compétences et de la situation personnelle de chaque chômeur. Là aussi je crois que ce qui a été adopté est juste, équilibré et garantit l'efficacité du système.

ALI BADOU
La parole aux auditeurs Bruno LE MAIRE, on file au standard retrouver Denis. Bonjour Denis.

DENIS
Bonjour France Inter, merci de prendre ma question. J'ai une question toute simple à poser à Monsieur le Ministre de l'Economie et des finances que je salue, au passage, sur votre antenne, pour lui dire ceci : je suis jeune retraité, j'ai reçu ma retraite il y a un jour, ma retraite du mois précédent, c'est-à-dire au mois de décembre 2018, et je constate qu'on m'applique déjà, comme à des millions de retraités, le prélèvement à la source, alors que ça concerne des revenus 2018. Comment Monsieur LE MAIRE explique cette « arnaque », qui fait que tous les retraités de France vont être taxés du prélèvement à la source dès le mois de janvier 2019, alors qu'on devrait décaler d'un mois pour les retraités, puisqu'on va être imposé sur 13 mois. Je ne comprends pas cette chose là, si ce n'est de penser, excusez-moi, que l'on prend les Français ou au mieux pour des ignorants, ou au pire pour des idiots. Mais je pense que Monsieur LE MAIRE, ne pratiquez pas une langue de bois, répondez-moi, est-ce que vous allez maintenir cette taxation sur le mois de janvier. Merci.

ALI BADOU
Réponse Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Denis, je connais cette question, elle est posée par beaucoup de retraités, vous n'allez rien perdre dans le passage au prélèvement à la source, vous serez imposé, vous l'avez dit, sur 13 mois, non vous serez imposé sur 12 mois, simplement il y a un mois de décalage qui se retrouvera aussi à la fin de l'année 2019, mais vous resterez imposé sur 12 mois et pas sur 13, et vous ne perdrez rien dans le passage au prélèvement à la source.

ALI BADOU
Question qui concerne les GAFA. Est-ce que les GAFA que vous voulez taxer, Bruno LE MAIRE, ne sont pas plus forts que des Etats ? Comment est-ce que la France va s'y prendre alors qu'il n'y a pas de consensus en Europe pour taxer ces entreprises, ces géants du numérique, pour taxer ces entreprises tellement fortes qu'on ne sait plus comment aller récupérer ce qui est dû au Trésor public français ?

BRUNO LE MAIRE
Bon, le vrai risque, vous avez raison, c'est que demain des entreprises deviennent plus puissantes que des Etats, sauf qu'il y a une grande différence, c'est que les Etats ils sont soumis au contrôle des citoyens, et pas les entreprises. Donc il n'est pas acceptable que des entreprises aient demain plus de pouvoir que des Etats. Et il est encore moins acceptable que ceux qui font des profits les plus importants, ceux qui sont les plus riches, les GOOGLE, les AMAZON, les FACEBOOK, paient 14 points d'impôts de moins que n'importe quelle PME de n'importe quel ville de France, d'Allemagne ou d'ailleurs.

ALI BADOU
Ça, tout le monde est d'accord.

BRUNO LE MAIRE
Donc nous, nous mettrons en place comme d'autres pays, l'Autriche vient de l'annoncer, une taxation nationale des géants du numérique qui s'appliquera au 1er janvier de cette année.

ALI BADOU
Mais sur quelle base ?

BRUNO LE MAIRE
Sur la base du chiffre d'affaires, c'est-à-dire qu'on prendra tout le chiffre d'affaires qu'a fait GOOGLE, FACEBOOK, AMAZON, GOOGLE…

ALI BADOU
Monde ?

BRUNO LE MAIRE
Sur la France, et nous taxerons le chiffre d'affaires que ces entreprises auront faites en France. Mais pour autant je ne baisse pas les bras pour une solution européenne. Et j'aimerais que mes collègues européens et que les autres gouvernements qui hésitent encore, ils ne sont plus très nombreux, comprennent que ce qui se joue c'est la conception que l'on a de l'Europe. Est-ce que l'Europe est souveraine ? Est-ce qu'elle est capable d'être forte et puissante et d'imposer la même taxation aux géants du numérique que celle qu'elle impose à ses propres entreprises ? Je souhaite que d'ici le mois de mars de cette année, c'est-à-dire d'ici 2 mois, nous ayons l'unanimité à 27, que les 27 Etats membres, pour la première fois depuis des années sur une question fiscale, soient capables de se mettre et d'adopter…

ALI BADOU
Parce qu'il faut l'unanimité ?

BRUNO LE MAIRE
Parce que l'unanimité est nécessaire…

ALI BADOU
Elle n'existe pas aujourd'hui.

BRUNO LE MAIRE
… et soit capable d'adopter la taxation des géants du numérique.

ALEXANDRA BENSAID
Bruno LE MAIRE, ça fait des mois ! Quel est votre espoir d'y arriver au mois de mars ? Ça fait des mois que vous en parlez, même l'Allemagne ne vous suit plus pour préserver son industrie automobile.

BRUNO LE MAIRE
Mais ce n'est pas une question d'espoir, c'est une question de volonté et de détermination. Ma détermination à obtenir au mois de mars prochain l'unanimité des 27, sur une juste taxation des géants du numérique, elle est totale. Et je vais vous dire…

ALEXANDRA BENSAID
Mais quelles sont vos chances d'y arriver ? Pour l'instant la France est obligée d'y aller toute seule, il n'y a guère que l'Autriche qui la suive.

BRUNO LE MAIRE
Mais nous n'y allons pas seuls, aujourd'hui il reste 3 ou 4 Etats qui sont encore hostiles à cette taxation européenne des géants du numérique. Nous avons réussi à trouver un accord avec l'Allemagne.

ALEXANDRA BENSAID
Alors pourquoi ne pas attendre mars ?

BRUNO LE MAIRE
Parce que je souhaite être certain que dès le 1er janvier 2019 il y aura bien une taxation des géants du numérique. Mais je ne renonce pas à ce qu'il y ait une solution européenne, et je vais vous dire, j'en tire une conséquence très simple, l'unanimité en matière fiscale ce n'est pas la bonne solution, et si nous voulons que l'Europe soit capable d'être forte, d'être souveraine, de peser face à la Chine et face aux Etats-Unis, ce qui est tout de même le grand enjeu de l'année 2019 et les années à venir, il faut qu'un plus grand nombre de décisions soient prises à la majorité, majorité qualifiée ou majorité simple, pour que nous puissions avancer. Si on veut demain une politique industrielle pour avoir des géants industriels face aux géants chinois ou américain, il faut que nous soyons capables de décider beaucoup plus vite que nous le faisons aujourd'hui.

ALEXANDRA BENSAID
Et quel est le poids de la voix de la France aujourd'hui en Europe, pour faire bouger les règles ? On sait que vous avez longtemps répété que notre capacité à tenir nos engagements budgétaires c'était ça la confiance des Européens, eh bien là on va les dépasser, la France va arriver à 100 % de dette, est-ce qu'aujourd'hui la voix de la France, la voix de Paris, n'a pas perdu beaucoup de poids ?

BRUNO LE MAIRE
Nous respectons nos engagements européens, et si je me bats avec autant de force pour que nous réduisions notre dépense publique, que les finances publiques soient bien tenues, c'est d'abord parce que c'est l'intérêt des Français, et qu'on voit bien depuis des années qu'on a eu beau dépenser de plus en plus d'argent public, approcher des 100 % de dette publique ça n'a pas amélioré la situation des Français. Donc je le fais d'abord pour les Français, mais respecter nos engagements européens du point de vue budgétaire, c'est aussi garder notre crédibilité politique, et nous respecterons en 2019, comme en 2018, comme en 2017, nos engagements budgétaires européens, pour avoir cette crédibilité politique.

ALI BADOU
On retourne au standard, Bruno LE MAIRE, pour retrouver Denis. Bonjour Denis.

DENIS
Oui bonjour.

ALI BADOU
Vous avez une question pour le ministre de l'Economie.

DENIS
Oui tout à fait. Bonjour Monsieur LE MAIRE, Monsieur le Ministre.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour.

DENIS
Voilà. Plus ou moins une remarque plus qu'une question. Donc je suis inscrit comme demandeur d'emploi depuis fin 2014, et le paradoxe dans ce pays, c'est que je fais partie de ceux qui attendent de recevoir une offre, pourquoi pas, mais je n'attends pas à la maison, je travaille majoritairement en tant qu'intérimaire, mais je n'ai jamais reçu une offre, depuis mon inscription. Et j'ai une autre question ont plus ou moins…

ALI BADOU
Laissez d'abord leur Bruno LE MAIRE répondre à cette première question très forte. Que répondez-vous à Denis ?

BRUNO LE MAIRE
D'abord, est-ce que je peux vous demander dans quel domaine vous travaillez et avec quelle qualification ? Parce que de toute façon, je le redis, le contrôle tel qu'il est mis en place, il concerne les gens qui ne cherchent pas un emploi ou qui ont abandonné la recherche d'emploi pour les inciter à à nouveau s'inscrire à Pôle emploi, ce n'est pas du tout votre cas, donc vous n'êtes pas concerné par ces nouvelles règles, mais dans quel secteur de travail est-ce que vous êtes ?

DENIS
Dans le bâtiment, je suis électricien.

ALI BADOU
Et donc Bruno LE MAIRE ?

BRUNO LE MAIRE
Eh bien je suis surpris que vous ne trouviez pas d'emploi, parce que je vois de l'autre côté, beaucoup de PME du bâtiment…

ALI BADOU
Pas de l'autre côté de la rue, enfin, je fais les choses de manière un peu facilement, mais ne reprenez quand même pas le discours du président de la République.

BRUNO LE MAIRE
Je vois du côté des entrepreneurs du bâtiment, des travaux publics, un nombre d'entreprises très important qui cherchent justement ce type de qualification.

ALI BADOU
On va devoir en rester là malheureusement. On a l'impression à vous lire, à lire « Paul », qui paraît donc chez Gallimard, Bruno LE MAIRE d'un livre assez mélancolique, un livre d'un homme qui est censé être un homme d'action mais qui prfère se réfugier dans les arts, dans la musique, dans la lecture, on ne vous sent pas dévoré par la passion politique, comme si vous ne croyiez pas que la politique pouvait changer la vie. Je me trompe ? C'est un sentiment de lecteur.

BRUNO LE MAIRE
Non, vous vous trompez, mais la politique ce n'est pas une passion, c'est un engagement, un engagement de tous les instants. Ce livre il a été écrit pendant mes vacances d'été, pas sur mes horaires de travail, je tiens à le préciser, parce que j'ai vu que parfois certains se posaient la question, mais chacun fait ce qu'il veut de ses vacances d'été…

ALI BADOU
Au moins vous l'avez écrit.

BRUNO LE MAIRE
J'ai écrit un livre, mais mon engagement est total, ma détermination à changer les choses elle est absolument totale, moi je crois dans la noblesse et dans l'efficacité de l'engagement politique, mais je mesure aussi de plus en plus que nous ne sommes efficaces que par notre capacité à convaincre.

ALI BADOU
Merci infiniment d'avoir été l'invité de France Inter ce matin, Bruno LE MAIRE. « Paul, une amitié », c'est donc le récit que vous publiez chez Gallimard.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 janvier 2019

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