Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec BFMTV le 9 janvier 2019, sur le Grand débat national, la fiscalité et sur l'impact de la crise des "Gilets jaunes" sur le commerce. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec BFMTV le 9 janvier 2019, sur le Grand débat national, la fiscalité et sur l'impact de la crise des "Gilets jaunes" sur le commerce.

Personnalité, fonction : PANNIER-RUNACHER Agnès, DELAY Christophe.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances;

ti :
CHRISTOPHE DELAY
Bonjour Agnès PANIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour.

CHRISTOPHE DELAY
Merci d'être avec nous, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, on va parler des soldes dans quelques instants, mais deux questions d'abord sur l'actualité immédiate. D'abord votre réaction au retrait de Chantal JOUANNO de l'organisation du grand débat national ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
On en prend acte, Chantal JOUANNO a été attaquée sur sa rémunération.

CHRISTOPHE DELAY
C'est la seule raison ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je comprends que c'est un élément qui l'a amené à penser que ça pouvait se rendre sa tâche difficile dans la conduite du grand débat et donc elle se déporte, on en prend acte et on va réorganiser sa dans les plus brefs délais.

CHRISTOPHE DELAY
Est-ce que ça ne reflète pas le grand flou autour de ce grand débat et je vais prendre un exemple qui pour le coup concerne assez directement votre ministère, sur la taxe d'habitation Bruno LE MAIRE dit hier, oui l'exonération touchera bien 100 % des Français et un peu plus tard l'Elysée dit que la question sera sur la table du grand débat. Alors que faut-il comprendre ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Le grand débat va aborder les questions de fiscalité, la taxe d'habitation, l'engagement du programme, c'était 80 % des Français. Sur les 20 % restants c'est en fait une décision qui a été prise à la suite d'une décision du Conseil constitutionnel qui nous a rappelé ce principe très basic que nous devons tous être égal devant l'impôt et donc c'était curieux de supprimer une taxe, pas pour l'ensemble des Français. Et donc on est entre ces deux principes d'équité fiscale, jusqu'où va l'équité fiscale et de rendre du pouvoir d'achat aux Français et c'est un très bon sujet de grands débats et précisément l'objectif du grand débat…

CHRISTOPHE DELAY
Même si le Conseil constitutionnel a dit ce que vous venez d'évoquer ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Même si le Conseil constitutionnel a dit ce qu'on venait d'évoquer…

CHRISTOPHE DELAY
L'égalité des Français devant l'impôt.

AGNES PANNIER-RUNACHER
… parce qu'il faut réfléchir, l'ISF par exemple, ça ne vous aura pas échappé que c'était payé par très peu de Français et ce n'était pas inconstitutionnel. Donc ce qui est intéressant dans ça, c'est un bon exemple de sujets qui fait sens dans le grand débat et précisément le gouvernement ne va pas prendre une décision, alors que le grand débat est une façon de l'aborder. Il faut du grain à moudre dans ce grand débat. Il faut des vrais actes derrière et des vraies décisions.

ADELINE FRANCOIS
Les soldes d'hiver commencent ce matin, est-ce qu'on peut mesurer l'impact des manifestations de novembre et de décembre des gilets jaunes sur le commerce à aujourd'hui ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Aujourd'hui on est sur des chiffres de l'ordre de 2 milliards d'euros tels qu'ils nous sont communiqués par les fédérations de commerce. 2 milliards d'euros de pertes de chiffre…

ADELINE FRANCOIS
2 milliards, c'est pour les centres commerciaux, les chiffres…

AGNES PANNIER-RUNACHER
L'ensemble et puis vous rajoutez aussi les petits commerçants etc. Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'en fait les situations sont surtout très hétérogènes. Vous avez grosso modo des commerces qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu à la fin de la période de décembre grâce à la semaine qui a précédé Noël, parce qu'il y a eu un effet de rattrapage. Vous avez eu des en revanche des commerces ont été massivement touchés, massivement touchés parce que tout était bloqué sur le territoire. Je vous donne un exemple, il y a des entrepôts qui ont été fermées pendant 5 semaines de suite…

ADELINE FRANCOIS
Où ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Dans le sud de la France, du côté du Gard et ça, ça a un effet massif. Et vous avez ensuite deux effets, il y a ceux qui avaient des marchandises périssables qui ne rattraperont pas et qui ont perdu de l'argent et il y a ceux qui ont beaucoup de stocks et qui ont l'espoir de pouvoir se rattraper a minima en rentrant de la trésorerie au mois de janvier, même s'ils ne vendront pas au même prix qu'ils auraient vendu en décembre.

CHRISTOPHE DELAY
Avec des faillites prévisibles ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Aujourd'hui grâce au dispositif qu'a mis en place l'Etat, on ne voit pas augmenter le nombre de faillites, mais c'est un dispositif très lourd, décalage du paiement de l'impôt, décalage du paiement des charges sociales et on prolonge ce dispositif, c'est la décision que nous avons prise hier, un traitement spécifique sur les commerces et d'ailleurs les artisans qui sont aujourd'hui en grande difficulté de trésorerie. On a aussi fait un plan avec les banques parce qu'on s'aperçoit que les commerçants et les artisans répugnent à appeler leur banque, ils ont peur de le faire, ils ont peur d'être jugé quelque part…

ADELINE FRANCOIS
Et les banques ne jouent pas forcément le jeu aussi ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Les banques jouent le jeu justement, les banques se sont engagées en décembre à jouer le jeu, elles ont passé des consignes dans l'agence bancaire et on leur a demandé de donner ces consignes, de les communiquer publiquement de façon à ce que les commerçants puissent dire, « eh votre banque a dit ça, donc maintenant vous y allez » et chaque banque va nommer un responsable de son réseau qui va en fait faire le lien avec les fédérations de commerce pour justement vérifier que toutes les agences bancaires sur le terrain font la même chose que ce que disent à Paris les responsables de banque.

CHRISTOPHE DELAY
Merci beaucoup Agnès PANNIER-RUNACHER d'être venue nous voir ce matin sur le plateau de Première édition.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 janvier 2019

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