Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, sur l'ONERA, le centre français de recherche aérospatiale, à Palaiseau le 10 janvier 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, sur l'ONERA, le centre français de recherche aérospatiale, à Palaiseau le 10 janvier 2019.

Personnalité, fonction : PARLY Florence .

FRANCE. Ministre des armées

Circonstances : Déplacement à l'ONERA, à Palaiseau le 10 janvier 2019

ti :

Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Délégué Général,
Monsieur le président directeur général,
Madame la directrice,
Mesdames et messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs, chers personnels du centre de Palaiseau,


Chacun comprendra qu'avant de célébrer l'ONERA, je partage avec vous la préoccupation qui est la nôtre concernant la perte de contact avec un Mirage 2000 qui a décollé hier matin de Nancy et avait à son bord deux aviateurs, dans le cadre d'un vol d'entraînement.

Les recherches se poursuivent à l'heure actuelle et je sais que la mobilisation pour retrouver l'avion et ses occupants est totale. Gendarmerie, sécurité civile, les pompiers et bien entendu les armées sont à pied d'oeuvre et je salue leur engagement.

Beaucoup d'incertitudes demeurent, beaucoup d'interrogations subsistent au moment où je m'exprime, c'est pourquoi la priorité est aux recherches. La priorité est de savoir ce qu'est devenu l'équipage.

En ce moment difficile, ayons, ensemble, une pensée pour eux, pour leurs familles, pour leurs frères d'armes, pour l'Armée de l'Air.

L'ONERA fait partie intégrante de cette grande communauté de l'aéronautique.

Vos travaux et vos innovations servent des femmes et des hommes, qui prendront les airs et défendront la France. Votre travail, c'est pour eux, pour tous les pilotes qui, demain, en opération comme à l'entraînement s'empareront du ciel.


Mesdames et messieurs,

Voilà 20 ans qu'un ministre de la défense ne s'était pas rendu à l'ONERA.

20 ans, c'est une trop longue absence. Une trop longue absence pour cet office qui a tant fait pour notre recherche, tant oeuvré pour notre innovation et s'est tant passionné pour notre aéronautique.

Je veux être la ministre de l'innovation, de l'audace, de l'excellence, je me devais donc de me rendre à l'ONERA.

Ici, à Palaiseau, l'innovation prend son sens et se donne un visage : celui de vos laboratoires, celui de vos blouses de vos expériences. Le visage d'une recherche ingénieuse et déterminante pour l'optique ou les radars.

Le visage d'une innovation au service de nos Armées. Ici, partout, on connaît la nécessité de repousser les frontières de la technique, d'envisager les cas impossibles et de nous parer à toutes les éventualités.

Car à l'heure où les conflits changent, où les stratégies du passé sont devenues caduques, où les nouvelles technologies structurent tous les champs de bataille, nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Prendre le tournant de l'innovation, c'est prendre l'ascendant sur notre ennemi et refuser de se faire dépasser par nos alliés.

L'innovation, c'est la garantie de notre souveraineté. C'est la garantie de notre autonomie stratégique.

Alors, j'ai décidé d'agir, nous avons décidé d'agir pour la recherche et l'innovation. 2018 a permis le vote d'une loi de programmation militaire avec des moyens en augmentation exceptionnelle. Une loi, surtout, qui place l'innovation en son coeur, qui lui accorde des moyens accrus. Une loi qui permet un renouvellement majeur de nos matériels, qui lance les programmes d'armement de notre futur.

Et ce futur, nous ne le bâtirons pas sans vous. L'ONERA a toute sa place pour ces armées modernes. Il en est un des fers de lance, un des pionniers.

Vous le montrez par votre travail, vos essais, vos recherches. Vous l'avez montré, encore, en novembre, par votre participation active au premier forum pour l'innovation de défense.

Ma présence ici, c'est donc aussi un hommage que je veux rendre à toutes celles et tous ceux qui font vivre l'ONERA. Car ici à Palaiseau comme à Modane, Toulouse, Lille ou Salon, on ne vient pas travailler, on vient exercer une passion. On donne des ailes à la France, on lui permet de s'emparer des airs, de l'espace, de repousser les limites du possible.

L'aéronautique française sait ce qu'elle doit à l'ONERA. Avions de chasse, missiles, hélicoptères, drones, satellites, militaire ou civil, il n'est pas un projet que vous n'ayez accompagné, aidé, amélioré.

Alors, je vous parle de vous. Je vous parle de vos succès et de votre apport précieux. Ce sont des mots. Sympathiques, certes, mais des mots. J'aime bien les mots, mais je préfère l'action. Alors, à Palaiseau, je viens vous annoncer que le Ministère des Armées a décidé d'investir de manière exceptionnelle dans le futur de l'ONERA.

160 millions d'euros, voilà l'enveloppe majeure que nous vous accordons. 160 millions pour mener à bien vos projets, pour permettre à votre expertise de pleinement s'exprimer. 160 millions d'euros pour réussir le projet déterminant de regroupement de vos trois implantations d'Ile de France, ici à Palaiseau, sur le plateau de Saclay.

Ce regroupement, souhaité depuis de nombreuses années, ce sont des moyens mieux employés, de l'efficacité gagnée, des synergies créées. Ce projet, c'est l'ONERA parée pour relever les défis de demain.

Mais ce n'est pas tout. Je suis également très heureuse de vous annoncer que la Banque européenne va accorder un prêt exceptionnel de 47 millions d'euros pour moderniser le parc de souffleries de l'ONERA, le plus important en Europe.

Ce prêt, le premier que la BEI accorde en Europe à un organisme de défense, va permettre de consolider vos infrastructures et de moderniser vos instruments de métrologie.

Ce prêt, c'est un engagement ferme face à la concurrence internationale et une garantie : l'ONERA est à la pointe de la recherche aéronautique européenne et mondiale et elle le restera.

Car, oui, l'horizon de l'ONERA dépasse largement celui de la France. Vos clients sont partout dans le monde et la qualité de votre expertise est telle que la NASA fait de l'ONERA son premier partenaire en recherche aéronautique, que l'Europe lui confie nombre de ses études.

Cette qualité, nous vous la devons à tous. Ingénieurs, cadres ou techniciens, votre talent, votre ingéniosité, votre expertise sont nos atouts. Si la France est une des grandes patries de l'innovation, c'est un peu grâce à vous. Et chaque fois que la gomme d'un de nos aéronefs frôle le sol d'une piste, réussit une mission, porte les couleurs de notre pays, c'est un peu grâce à vous tous.

Je voulais également vous remercier personnellement, cher Bruno Sainjon, de votre travail à la tête de l'ONERA. Encadrer tant de talent, d'initiatives, d'idées, ce n'est pas une mince affaire et pourtant vous y parvenez avec la rigueur et la créativité qui font le succès des meilleurs dirigeants.

Il y a un peu plus de 70 ans, l'ONERA se créait. Il y a 70 ans, l'assemblée nationale constituante peinait à se mettre d'accord sur les arcanes de notre gouvernement. Les clivages partisans étaient exacerbés et la stabilité politique de la France mise à mal. Pourtant, un vote n'avait pas fait débat. A l'unanimité, l'assemblée constituante avait décidé de créer l'ONERA et d'en faire l'un des bras armés d'une France forte, libre, indépendante.

Depuis 70 ans, l'ONERA n'a pas déçu.

Les stato-réacteurs qui sont l'une des clés de voûte de notre dissuasion aéroportée ont vu le jour dans les ateliers de l'ONERA. En étudiant l'aérodynamique, la furtivité, les matériaux, la navigation inertielle et la pénétration des défenses adverses pour la composante aéroportée, l'ONERA se place parmi les acteurs indispensables de notre dissuasion et donc de notre souveraineté.

A l'heure où le Président de la République a réaffirmé son engagement pour le renouvellement des deux composantes de notre dissuasion, votre rôle, votre rôle à tous, est plus que jamais décisif.

Bien d'autres exemples me viennent en tête : l'aviation de combat ou votre contribution à l'aéronautique et à l'espace civil.

Et bien sûr au spatial militaire.

Je l'ai dit et réaffirmé plusieurs fois ces derniers mois : notre défense passe par l'espace. Chaque jour, nos quotidiens, nos renseignements et nos opérations s'appuient sur les satellites. Chaque jour, aussi, l'espace s'arme un peu plus et les actions hostiles s'y multiplient.

La France doit compter dans l'espace et, là encore, je compte sur vous.

Avec GRAVES, vous avez montré vos capacités pour surveiller l'espace. Vous vous êtes illustrés, aussi, pour aider les télécommunications optiques. Autant de succès et d'innovations qui me rassurent et me confortent : l'ONERA est prêt et sera bien là, aux côtés de la France, pour construire la défense de demain.

Et comme notre réussite est collective, l'ONERA ne restera pas en marge du renouveau de notre défense. C'est pourquoi j'ai demandé à la DGA de discuter avec votre président du rôle renforcé que pourra jouer l'ONERA dans la remontée en puissance de nos Armées.

L'ONERA, je l'ai dit et je le répète, a dessiné l'aéronautique d'aujourd'hui et conçoit celle de demain. C'est pourquoi nous serons attentifs à sa pérennité. Grâce à ses efforts de gestion, et au soutien du ministère des Armées, l'ONERA a retrouvé un équilibre financier. Et la dynamique est là : les prises de commande sont en nettes augmentation et les équipes de l'ONERA à Bruxelles enchaînent les succès, 2018 l'a encore très fortement démontré.

Je suis venue ici, sur le plateau de Saclay, pour vous dire que je crois en vous.

Je crois en vous car vous avez compris les enjeux de notre défense.

Je crois en vous parce que je connais votre talent, votre enthousiasme, votre créativité.

Je crois en vous, enfin, parce que j'écoute ce que me disent ceux qui travaillent à vos côtés. Et chaque industriel est clair, l'ONERA est un acteur stratégique, de la plus grande qualité.

MBDA s'appuie sur votre expertise pour la composante nucléaire aéroportée, Dassault avance grâce à vos travaux menés sur le Rafale et le FCAS ; Airbus Helicopters vante la réduction de bruit de 50% des nouvelles pales imaginées et développées par l'ONERA pour le H160, le futur hélicoptère interarmées Légers de nos armées.

Auprès des forces, de notre industrie mais aussi de nos PME et du monde universitaire, l'ONERA est partout respecté, plébiscité, demandé. Aussi lorsque l'ONERA a été le premier établissement public à proposer la mise en place de la prime de Noël dans la lignée des annonces du Président de la République le 10 décembre dernier. Je vous ai immédiatement encouragé, remercié.

Je repartirai de Palaiseau avec confiance. Confiance en l'ONERA, en sa capacité à innover, confiance en chacun de vous.

Et cette confiance, j'ai voulu la marquer. Jean Cocteau écrivait qu'il n'y avait pas d'amour, mais seulement des preuves d'amour. Aussi, je suis fière et heureuse de vous annoncer que je suis aussi venue ici pour décerner la médaille de l'aéronautique à l'ONERA pour l'ensemble de ses travaux.

Ce n'est certes pas la première récompense que reçoit l'ONERA, mais c'est une récompense à laquelle je tiens ; qui vient saluer plus de 70 ans d'expertise, d'audace et de succès pour l'aéronautique française grâce à l'ONERA et qui augure, je le sais, d'encore bien des années de succès.

Merci à tous pour votre engagement et votre talent.

Vive l'ONERA !

Vive la République ! Vive la France !


Source https://www.defense.gouv.fr, le 11 janvier 2019

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