Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec France Bleu Nord le 11 janvier 2019, sur le prélévement à la source, la taxe d'habitation et sur l'impôt sur la fortune. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec France Bleu Nord le 11 janvier 2019, sur le prélévement à la source, la taxe d'habitation et sur l'impôt sur la fortune.

Personnalité, fonction : DARMANIN Gérald.

FRANCE. Ministre de l'action et des comptes publics

ti :


PASCAL TOTH
C'est à la fin du mois sur votre fiche de paie que vous vous en apercevrez vraiment. Le prélèvement de l'impôt à la source entre en vigueur en ce mois de janvier, un big-bang fiscal porté par un Nordiste, le ministre de l'Action et des Comptes publics qui est avec nous ce matin en studio.

EMMA SARANGO
Bonjour Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN, MINISTRE DE L'ACTION ET DES COMPTES PUBLICS
Bonjour.

EMMA SARANGO
Trois cent mille, c'est le nombre de contribuables qui se sont rendu rien que pour la semaine dernière dans des centres des impôts pour des interrogations liées à ce prélèvement à la source. Vous aviez promis une réforme dans la sérénité. Ce n'est pas gagné.

GERALD DARMANIN
Si, c'est le cas. Je remercie d'ailleurs les agents des finances publiques. C'est quoi le prélèvement à la source ? Nous qui sommes du Nord, excusez-moi de parler comme ça, nous le savons. En Belgique, ça fait très longtemps que les Belges ont mis en place ce système simple de paiement de l'impôt. Le prélèvement à la source, ce n'est pas un changement du montant de votre impôt. Si vous ne payiez pas d'impôts l'année dernière, vous n'en paierez pas cette année. Si vous payiez cent euros l'année dernière, vous paierez cent euros cette année. Simplement, c'est la façon dont on le paye. C'est plus simple parce que c'est prélevé à la source, à la source de vos revenus. Nous avons déjà prélevé beaucoup de Français depuis ce mois de janvier. C'est le cas notamment de tous ceux qui ont des retraites complémentaires, les chômeurs qui payent et notamment l'impôt sur le revenu – ils sont quand même 30 % -, soixante-dix mille entreprises qui payent les personnes en décalé. Avant-hier, nous avons payé les treize millions de retraites principales. Et nous avons effectivement, dans les semaines et jours qui viennent, les personnes qui sont payées en fin de mois et qui sont la majorité des Français. Ça s'est passé sans bug.

EMMA SARANGO
Sans bug, vous le répétez. Néanmoins, selon le syndicat Solidaires qui est le principal syndicat du Trésor public, les services d'accueil n'ont pas pu faire face à toutes les demandes. Est-ce que vous avez mis suffisamment de moyens humains ?

GERALD DARMANIN
Permettez-moi de tempérer un peu les choses. J'écoute les syndicats comme les agents des finances publiques et je suis évidemment à leur disposition pour améliorer un processus qui date d'un siècle. Puisque l'impôt sur le revenu a été créé en 1920 et depuis 1920, nous payons une année décalée nos impôts. Que l'on fasse une réforme tous les siècles et qu'elle pose des questions et des interrogations de la part des Français, c'est légitime, c'est normal. Une fois encore, je remercie les agents des finances publiques de répondre. C'est vrai que par rapport à janvier 2018 ou à janvier 2017, il y a plus de monde dans les centres des impôts. C'est tout à fait vrai. Mais il faut comparer ce qui est comparable. Au mois de janvier d'habitude, on ne va pas voir le centre des impôts puisqu'au mois de janvier, il ne se passe pas grand-chose avec les impôts. Ce qui se passe, c'est en général en avril-mai, lorsqu'on fait sa déclaration, et puis en septembre-octobre lorsqu'on paye son impôt sur le revenu. Donc oui, il y a des habitudes qui changent, il y a un travail un peu plus important pour les agents des finances publiques mais on a su le faire. Hier j'étais à Lille, au centre administratif, pas très loin d'ici. Il n'y avait pas la queue dans le centre des finances publiques. Il y a plus d'appels, c'est vrai aussi. Ça, c'est un point important. Nous répondons de plus en plus aux appels, il y a beaucoup de mails qui sont envoyés, on y répond. Mais chacun pourra regarder le fait que les agents des finances publiques sont compétents et qu'on n'a pas pris, et ça c'est plus important, trop d'impôts aux gens. On n'a pas confondu le taux de Jean-Paul avec Jean-Pierre. Les gens qui ne payaient pas d'impôts, ils n'en paient pas non plus cette année. Il n'y a pas eu de bug.

EMMA SARANGO
Justement, vous dites que les gens qui ne payent pas d'impôt n'en payent pas non plus cette année. On a reçu ce matin un appel de Jérôme qui habite le Cambrésis. Il est théoriquement non imposable mais son taux de prélèvement à la source n'est pas à zéro cette année. Il s'inquiète donc de devoir payer à la fin du mois alors qu'il ne payait pas avant. Il fait partie de ceux qui se sont rendu dans les centres d'impôts. Est-ce que vous comprenez cette inquiétude de certains Nordistes ?

GERALD DARMANIN
Jérôme, je suis prêt à regarder son cas. S'il ne payait pas d'impôts l'année dernière et si sa vie n'a pas changé. S'il n'a pas eu plus de revenus, s'il n'a pas eu plus ou moins de parts fiscales, s'il n'a pas des revenus fonciers par ailleurs, il n'y a aucune raison qu'il soit imposable cette année.

EMMA SARANGO
Est-ce qu'il ne va pas y avoir encore plus d'affluence à la fin du mois quand on va tous recevoir nos fiches de paie ?

GERALD DARMANIN
Je ne le crois pas spécifiquement. Il y aura des questions. Vous savez, on a versé les treize millions de retraites principales. Les retraités sont en général des gens qui refont beaucoup leurs calculs et il n'y a pas eu hier ou avant-hier, sinon je pense que vous en auriez fait écho, de drame particulier. Ce qui est certain, c'est qu'il y a une partie des gens qui, en avril-mai, ont mal rempli leur déclaration d'impôts. Dans l'impôt à la papa, l'impôt des années précédentes, il y avait trois millions d'erreurs de la part des contribuables. C'est normal sur trente-huit millions de foyers fiscaux, ce n'est pas un chiffre qui paraît énorme. C'est des gens qui remplissaient mal leur feuille d'impôts parce qu'ils avaient oublié des rémunérations, parce qu'ils en avaient parfois soustrait, parce qu'ils n'avaient pas tout déclaré. Du coup, ils faisaient des rectifications. Et en faisant ces rectifications, ces trois millions de demandes auprès des agents des finances publiques, on remboursait et on régularisait pour ces personnes un an après. Là, si c'est le cas de Jérôme, si Jérôme a mal rempli sa feuille d'impôts au mois d'avril-mai, ou si Jérôme n'a pas fait de déclaration d'impôts – il y a encore quelques personnes qui ne font pas de déclaration d'impôts – ce n'est pas bien parce qu'il faut en faire. C'est la loi et ça s'apparente à de la fraude fiscale si on n'en fait pas, si on ne déclare pas tous ses revenus.

EMMA SARANGO
Il peut en tout cas corriger…

GERALD DARMANIN
L'employeur appliquera un taux qui a été voté par le Parlement si on ne reconnaît pas Jérôme. Si par exemple il a quitté le foyer fiscal de ses parents ou s'il fait des allers-retours entre la France et d'autres pays et qu'il n'a pas fait de déclaration d'impôts, on lui appliquera un taux qu'on appelle le taux neutre, il pourra faire cette rectification sous deux mois et il aura le remboursement si on lui a pris trop d'argent.

PASCAL TOTH
L'invité de France Bleu matin. Nous évoquons le prélèvement à la source avec le porteur de cette mesure, Gérald DARMANIN, le ministre de l'Action et des Comptes publics.

EMMA SARANGO
Il n'y a pas de couacs selon vous du côté du prélèvement à la source donc. En revanche, cafouillage du côté de la taxe d'habitation. Votre collègue à l'Economie, Bruno LE MAIRE, a estimé il y a quelques jours qu'il fallait la supprimer pour tout le monde alors que ce qui a été voté, c'est une exonération pour 80 % des ménages. Alors vous, Gérald DARMANIN, quelle est votre position ?

GERALD DARMANIN
Je suis pour la suppression totale de la taxe d'habitation qui est un impôt idiot et dont on sait très bien que les gens qui habitent dans des quartiers populaires à Tourcoing, et qui sont secrétaire médicale par exemple, payent parfois plus d'impôts que les avocats d'affaires du seizième arrondissement. Ça date du fait que depuis les années 70, on n'a pas changé les valeurs locatives. La taxe d'habitation, elle n'est pas fonction de votre revenu. Elle est fonction de la maison ou de l'appartement que vous louez ou que vous avez acheté et, par ailleurs, du bienfait de cette maison ou de cet appartement dans l'environnement qu'il a. Le quartier de la Bourgogne par exemple à Tourcoing, dans les années 60-70 c'était un quartier très recherché. C'est un peu moins le cas aujourd'hui contrairement, par exemple, au quartier du Bois d'Achelles pour reprendre les mêmes quartiers de ma commune de Tourcoing. Donc il faut supprimer cet impôt parce que c'est un impôt injuste qui grève les classes moyennes. Ce qu'on a fait, on a supprimé…

EMMA SARANGO
Certains vous rétorqueront que vous favorisez encore les Français les plus aisés.

GERALD DARMANIN
Mais ce n'est pas vrai puisqu'aujourd'hui, nous avons arrêté la suppression de cette taxe d'habitation que nous avons déjà commencé à faire à 80 % pour les Français. C'est-à-dire jusqu'aux gens qui gagnent deux mille cinq cent un euros par mois quand ils sont célibataires. Est-ce que quelqu'un peut me dire franchement, les yeux dans les yeux, que quand on gagne deux mille cinq cent un euros, notamment à Lille par exemple, on est riche ? Ce n'est pas le cas. Ce n'est bien sûr pas le cas. Donc moi, je suis pour sa suppression totale pour évidemment aider les classes moyennes. Parce que, vous savez, le débat qui est né avec les gilets jaunes me semble-t-il, c'est un débat de trop de charges, trop de taxes. Il ne faudrait pas qu'à la fin du débat que nous ayons, on en vienne à se dire : « il faut plus d'impôts ». Parce que si le débat pour dire au début : « il n'y a pas assez d'efforts pour que l'Etat baisse son train de vie, pour qu'il y ait effectivement moins d'impôts » et que ça se termine par : « plus d'impôts pour les autres », ce ne sera pas forcément, me semble-t-il, un bon débat. En tous les cas, moi ce ne sera pas mon opinion.

EMMA SARANGO
Autre sujet…

GERALD DARMANIN
Qu'il y ait en revanche, excusez-moi, des endroits où il y a dix mille ou vingt mille euros de taxe d'habitation, des gens qui auraient d'excellents lieux d'habitation, et qu'on réfléchisse à les taxer quand même eux parce que ce sont des biens exceptionnels, je n'y suis pas évidemment opposés et nous en discuterons dans le débat.

EMMA SARANGO
Autre sujet fiscal, l'ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune supprimé au début du quinquennat. Vous aviez expliqué qu'il y a plus de chômage à Tourcoing après trente ans d'ISF qu'à Courtrai en Belgique où il n'y a pas d'ISF. Ce matin, on a entendu sur France Bleu Nord le Nordiste Fabien ROUSSEL, le secrétaire nationale du Parti communiste. Il estime, je cite, que vous vous mettez le doigt dans l'oeil. Que lui répondez-vous ?

GERALD DARMANIN
Que je ne sois pas d'accord avec Fabien ROUSSEL qui est pourtant un homme de bien, ça me paraît assez normal parce qu'il est communiste et que moi je ne suis pas communiste. Malheureusement, je constate…

EMMA SARANGO
Et le lien entre suppression de l'ISF et chômage ?

GERALD DARMANIN
Oui. Les régimes communistes n'ont pas beaucoup donné d'augmentation de l'emploi et la réussite économique des régimes communistes n'est pas apparue évidente ces quarante dernières années. Mais ce qui est certain, c'est que comme Fabien ROUSSEL, je suis élu du Nord. Lui est élu de Saint-Amand-les-Eaux, moi je suis élu de Tourcoing. Effectivement, il y 20 % de chômage et j'ai constaté qu'en Belgique, juste à côté - on a la même bière, à peu près le même temps, il n'y a pas de grand fleuve qui nous sépare, la montagne est assez limitée, il y a à peine le Mont des Cats qui peut-être par le haut pourrait nous séparer de la Flandre, et on voit qu'il y a une réussite économique en Flandre.

EMMA SARANGO
Donc pas question de rétablir l'ISF pour vous.

GERALD DARMANIN
Il n'y a pas eu de brevet déposé sur l'ISF. Personne ne nous l'a copié en Europe. Vous savez, il ne faut pas être trop démagogique. C'est sûr que moi, je ne paye pas l'ISF personnellement et je ne suis pas dans un tempérament non plus jaloux. Mais si on veut que le capital nous aide à garder des usines, ce qui est quand même à mon avis l'importance de la région du Nord qui a des ouvriers de grande qualité, qui évite que ces ouvriers aillent justement en Flandre pour travailler parce que c'est là qu'il y a le capital, je pense qu'on rendrait de grands services au monde ouvrier français en n'étant pas démagogique et en disant : « Oui, l'ISF est un impôt idiot. »

EMMA SARANGO
L'ISF, la taxe d'habitation, autant de sujets qui devraient être évoqués lors du Grand débat national qui s'ouvre mardi. Qu'est-ce que vous, du côté du Gouvernement, vous en attendez ?

GERALD DARMANIN
Le Grand débat, il est fait pour écouter les Français. Il n'est pas fait pour que le Gouvernement où les ministres défendent la politique du Gouvernement. Il le fait notamment par l'intermédiaire de votre antenne ce matin, je vous en remercie. Mais ce n'est pas un endroit, ce n'est pas un meeting politique, le Grand débat.

EMMA SARANGO
Je vais vous poser la question autrement. Qu'est-ce que nous, citoyens, pouvons-nous en attendre ? Vous comprenez le scepticisme à l'idée que toutes les propositions seront entendues.

GERALD DARMANIN
Il faut effectivement être au rendez-vous de ce débat. Il y en aura dans toutes les villes de France, dans les villages, dans les villes. Chacun pourra en mettre en place un. C'est l'idée même que le Gouvernement effectivement et les partis politiques ne s'en accaparent pas, parce que ça c'est le cadre des élections qui vont arriver d'ailleurs, les élections européennes. On aura l'occasion de faire de la politique sans doute à ce moment-là. Là, il y a une phase d'écoute.

EMMA SARANGO
Donc les propositions seront entendues.

GERALD DARMANIN
Oui. Les propositions sont parfois contradictoires. Si je regarde la liste des gilets jaunes par exemple, des propositions, il y en a qui sont totalement contradictoires les unes avec les autres. Il y a des gens qui demandent beaucoup plus de dépenses publiques, il y a des gens qui demandent beaucoup moins d'impôts. Vous savez, ce n'est pas très compliqué à comprendre que si on a moins de recettes, il faut qu'il y ait moins de dépenses. Donc il y a des modèles de société à discuter et puis la démocratie, ce n'est pas être d'accord avec tout le monde. C'est discuter, à la fin c'est trancher, puis il y a des élections pour trancher les choses. Peut-être le Président de la République choisira la voie du référendum, peut-être que le Président de la République aura l'occasion de discuter notamment avec les parlementaires pour voir comment on accepte un certain nombre de propositions. Elles seront d'ailleurs portées, j'imagine, et mis en avant par les journalistes que vous êtes qui faites un travail très important au service de la démocratie.

EMMA SARANGO
Absolument. Nous aussi sur France Bleu Nord, on lance notre Grand débat dès lundi pendant sept semaines. Les auditeurs vont nous appeler pour donner leurs propositions concrètes. Premier thème la semaine prochaine, c'est la mobilité. Si je vous demande une proposition en matière de mobilité, Gérald DARMANIN ?

GERALD DARMANIN
En ce qui me concerne, et notamment en ce qui concerne la métropole et la région, ce matin par exemple, j'ai mis un petit peu de temps pour venir chez vous parce qu'il y avait un petit peu de monde sur la route qui venait de Belgique ou de Tourcoing ou Roubaix pour venir à Lille.

EMMA SARANGO
Ce qu'on entend tous les matins sur France Bleu Nord.

GERALD DARMANIN
Et puis il y a beaucoup de gens, j'imagine, du bassin minier ou du valenciennois qui mettent encore plus de temps que moi, et notamment parce que nous avons une thrombose. Moi, je crois qu'il faut qu'on ait des transports en commun qui soient du niveau d'une grande métropole, et donc s'il y a bien une proposition de la mobilité, c'est une proposition concrète. Moi, je ne suis pas défavorable à la gratuité des transports en commun pour ceux qui travaillent par exemple. C'est une question compliquée, je ne veux pas dire qu'il faut la mettre en place dès demain parce que c'est beaucoup d'argent. Mais je pense que ça fait partie des débats intéressants pour ceux qui travaillent. Moi personnellement, je réfléchis dans le cadre, sans doute des futures élections, à pouvoir mettre en place cela mais ce sera des choix. Si on met de l'argent pour que ceux qui vont travailler gratuitement prennent le TER par exemple ou prennent le métro ou le bus, il faudra bien faire moins de dépenses ailleurs. Et ça, il faut qu'on en parle de façon non démagogique parce que les recettes doivent équilibrer les dépenses, sinon c'est des impôts pour nos enfants et nos petits-enfants.

EMMA SARANGO
Ce débat est censé apaiser évidemment la colère des gilets jaunes. Justement, l'acte IX se prépare pour demain avec un dispositif exceptionnel déployé partout en France. On en déduit que vous le craignez encore, ce mouvement, même si vous prétendez qu'il s'essouffle.

GERALD DARMANIN
Il y a une grande partie des gens qui souhaite le débat. Il y a une grande partie des gens qui ont soutenu, qui soutiennent encore - c'est moins vrai – mais qui soutiennent encore les revendications parfois contradictoires des gilets jaunes. Il y a beaucoup de gilets jaunes que je connais personnellement qui mettent leur gilet jaune sur leur pare-brise, qui ne sont pas contre la République ou la démocratie, contre les élus, contre les journalistes mais qui veulent qu'on les entende. Et puis il y a des minoritaires mais très violents, des casseurs. Manifestement, il y a eu de l'ultra-violence. S'en prendre à des policiers et des gendarmes, moi je voudrais redire ici que, par principe et a priori parce que je suis un républicain, je suis toujours du côté des policiers et des gendarmes. S'en prendre à des pompiers, s'en prendre à des bâtiments publics, s'en prendre à des journalistes, ça ne fait pas partie du débat. Et oui, on a raison de craindre l'ultra-violence. Il faut face à l'ultra-violence de l'ultra-sévérité. Mais c'est parce que l'ordre et le progrès vont ensemble que, oui, il faut de la sécurité et, oui, il faut écouter les manifestants.

EMMA SARANGO
D'où ces quatre-vingt mille policiers et gendarmes déployés demain partout en France. Merci beaucoup Gérald DARMANIN, ministre de l'Action et des Comptes publics, d'avoir été l'invité de France Bleu Nord ce matin.

GERALD DARMANIN
Merci à vous.

EMMA SARANGO
Bonne journée.

GERALD DARMANIN
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 janvier 2019

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