Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec France Info le 14 janvier 2019, sur l'avenir de la Syrie après l'annonce du retrait militaire américain et sur la coopération militaire avec l'Irak. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec France Info le 14 janvier 2019, sur l'avenir de la Syrie après l'annonce du retrait militaire américain et sur la coopération militaire avec l'Irak.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Déplacement à Bagdad (Irak), les 14 et 15 janvier 2019

ti :


Nous avons appris le retrait des Etats-Unis de Syrie de manière très brutale, et nous leur avons fait savoir que nous ne comprenions pas cette rapidité, parce que Daech n'est toujours pas vaincu en Syrie.

Autant, le périmètre territorial de Daech en Irak a été éradiqué, autant en Syrie, ce n'est pas fini. Notre priorité, la raison de notre présence dans cette partie du monde, c'est de combattre le terrorisme qui nous a touchés, qui a fait en France de nombreuses victimes, et singulièrement organisé à partir du Nord-Est syrien. Il se trouve que depuis quelques jours et en particulier suite aux entretiens que le président Macron a eus avec le président Trump, les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils assureraient leur retrait de manière coordonnée, de manière progressive. C'est plutôt une avancée, mais tant que l'ennemi, Daech, ne sera pas vaincu, il importe que la coalition puisse poursuivre son action et son combat, et les Etats-Unis en sont un élément essentiel. C'est la raison principale pour laquelle nous sommes présents dans cette zone, et il importe qu'elle soit poursuivie jusqu'à son terme.


Q - Est-ce que le message de la France, c'est aussi de dire aux Irakiens, à la région, les Américains s'en vont, mais pas nous, la France reste ?

R - La France est présente en Irak, la coalition aussi. Elle se réunira à Washington au mois de février pour décider de la suite de son action, donc, pour l'instant nous sommes là et nous restons.

Q - Que peut faire franchement la France sans les Américains, sans l'appui des Etats-Unis ?

R - Il y a deux sujets différents : d'abord l'accompagnement de l'Irak dans la reconquête de sa souveraineté, y compris de sa propre sécurité militaire. Sur cette orientation-là nous avons des militaires qui assurent la formation des unités d'élite irakiennes. Et il y a le deuxième sujet qui est la situation en Syrie. Nous pensons indispensable que le processus politique puisse se poursuivre. Et la France agit auprès de l'ensemble des acteurs de la région pour aboutir à ce que le processus de paix puisse se mettre en oeuvre. Ce dernier est simple, cela veut dire d'abord une modification de la constitution, nous n'y sommes pas. Cela veut dire ensuite un processus électoral. Cela veut dire la reconnaissance que les réfugiés et les déplacés, qui sont nombreux en Syrie, puissent avoir le droit de vote et que les élections se passent de manière transparente, et cela veut dire parallèlement, le développement de l'aide humanitaire et le début de la reconstruction. Nous sommes dans cette logique qui doit être partagée par l'ensemble des acteurs. Nous poussons pour que ce processus de paix sous l'égide des Nations unies puisse aboutir rapidement. La question principale, c'est le processus politique en Syrie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 janvier 2019

Rechercher