Entretien de Mme Florence Parly, ministre des armées, dans "Sud-Ouest" du 14 janvier 2019, sur le Rafale 4, les projets franco-allemands d'avion de combat et de char, le budget militaire et sur la coopération militaire avec l'Irak. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de Mme Florence Parly, ministre des armées, dans "Sud-Ouest" du 14 janvier 2019, sur le Rafale 4, les projets franco-allemands d'avion de combat et de char, le budget militaire et sur la coopération militaire avec l'Irak.

Personnalité, fonction : PARLY Florence .

FRANCE. Ministre des armées

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Q - Vous annoncerez aujourd'hui à l'usine Dassault de Mérignac le lancement d'un nouveau programme Rafale. De quoi s'agit-il??

R - Depuis sa mise en service, au début des années 2000, cet appareil a connu plusieurs versions. C'est un avion qui s'adapte sans cesse. Le Rafale F4 bénéficiera d'une connectivité, d'une fiabilité et d'une capacité à contrer les menaces renforcées.

Ces améliorations amèneront cet appareil au niveau des avions de dernière génération et permettront à nos forces aériennes de maintenir leur supériorité dans des espaces de plus en plus contestés.

Q - Quel est le coût de ce programme??

R - C'est un contrat de près de 2 milliards d'euros. C'est une très bonne nouvelle pour Dassault, qui emploie à Mérignac 1.400 personnes, mais aussi pour tous les sous-traitants.

Q - Quand sera livré ce nouveau Rafale??

R - Les premiers Rafale au standard F4 arriveront dès 2023 dans nos forces. La loi de programmation militaire prévoit également, en 2023, une commande de 30 nouveaux avions pour des livraisons qui s'échelonneront entre 2027 et 2030. Entre-temps, l'usine Dassault sera bien occupée puisqu'elle livrera à l'armée de l'air des Rafale en version 3 à hauteur de 28 exemplaires entre 2022 et 2024. Nous en avons déjà reçu trois en 2018.

Q - Quels sont les nouveaux marchés ciblés pour le Rafale??

R - Plusieurs appels d'offres vont être lancés, en particulier en Suisse et en Finlande. Il y aura de nouvelles possibilités. Nous y travaillons activement.

Q - Où en sommes-nous concernant les contrats exports de cet avion??

R - En 2019, 2020 et 2021, l'usine Dassault tournera à plein régime pour fournir les avions vendus dans le cadre des grands contrats signés avec l'Inde, le Qatar, et l'Egypte.

Q - Un projet franco-allemand d'avion de combat du futur (Scaf) est aussi lancé. Que pouvez-vous nous en dire??

R - Qu'ils soient aériens ou terrestres, les combats reposent désormais sur la mise en relation de plusieurs moyens. L'enjeu, c'est d'arriver à traiter de très nombreuses données recueillies par des drones ou des avions Awacs. Dans ce système, nous avons besoin d'un nouvel avion de combat capable de gérer toutes ces informations.

On change de paradigme, ce sera une rupture technologique très importante et il faut s'y préparer dès maintenant. Nous signerons, avec l'Allemagne, le premier contrat d'architecture de ce système dès la fin janvier.

Q - Ce projet est-il un premier pas vers une Europe de la défense??

R - C'est une contribution très importante à l'Europe de la défense. L'avenir, ce sont des équipements produits par des Européens pour des Européens. Il nous faut avancer vite car il y a une exigence de protection. Nous avons d'ailleurs un autre projet avec l'Allemagne dans le domaine des chars, pour avoir un successeur au char Leclerc français et au Léopard allemand.

Q - Les 10 milliards d'euros annoncés par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des gilets jaunes peuvent-ils se répercuter sur le budget de l'Armée??

R - Depuis le 1er janvier, nous sommes entrés dans la nouvelle loi de programmation militaire (295 milliards d'euros sur sept ans). C'est la première loi en croissance, et en forte croissance, depuis la fin de la guerre froide. Comme l'a dit le président de la République le 23 décembre dernier : "Il n'y aura aucune économie faite sur la défense, sur nos armées."

Q - La France est toujours engagée au Levant. Quel est l'objectif des forces présentes sur place??

R - Au Levant, nous avons des artilleurs, des aviateurs et des formateurs de l'armée irakienne. Notre priorité est la lutte contre Daech.

N'oublions pas que nous avons été frappés sur notre sol. Le califat territorial se réduit, mais il faut poursuivre notre action sur place, dans le cadre de la coalition, afin de réduire les dernières poches de résistance de Daech dans la région.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 janvier 2019

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