Conférence de presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations franco-irakiennes, à Bagdad le 14 janvier 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations franco-irakiennes, à Bagdad le 14 janvier 2019.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Déplacement à Bagdad (Irak) les 14 et 15 janvier ; Conférence de presse conjointe avec M. Mohamed Ali Alhakim, ministre irakien des affaires étrangères, le 14 janvier 2019

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Mesdames et Messieurs,


Je termine une première partie de mon déplacement en Irak, à Bagdad, après avoir rencontré le président de la République, le Premier ministre, le président du parlement, et avoir eu un entretien très approfondi avec mon collègue Ali Alhakim que je remercie pour son accueil et la qualité de l'échange que nous avons eu.

Je suis accompagné dans ce déplacement par la présidente de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Madame Marielle de Sarnez, et par le président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Monsieur Christian Cambon, également ici présent.

C'est mon septième déplacement, Monsieur le Ministre, en Irak, depuis peu d'années. J'ai fait quatre déplacements comme ministre de la défense et trois déplacements, c'est mon troisième, comme ministre des affaires étrangères. Mais c'est mon premier déplacement dans une aussi grande sérénité. Parce que nous sommes sur une dynamique très positive. Il y a eu la victoire militaire contre Daech, il y a eu un processus démocratique qui est tout à l'honneur de ce pays, et qui aboutit à la constitution d'un nouveau gouvernement. Il y a surtout une affirmation retrouvée de la force de l'Irak dans la région, une affirmation de centralité, une affirmation aussi de pôle d'équilibre de la région. D'une certaine manière, le président de la République évoquait le terme de pivot, tout à l'heure, dans nos entretiens, oui, c'est tout à fait ce que je ressens, l'Irak est redevenu un pivot.

Dans cette sérénité que j'évoquais, il y a aussi la volonté de l'affirmation de la souveraineté irakienne à l'intérieur, par une politique inclusive et de respect des minorités et des différentes communautés qui constituent l'Irak. Et je suis sûr que j'aurai l'occasion de le constater ce soir à Erbil et demain à Nadjaf. C'est une vision, donc beaucoup plus sereine que lors de mes déplacements antérieurs, mais aussi le constat qu'il reste beaucoup de choses à faire.

D'abord parce que Daech n'est pas complètement éliminé. C'est le cas en Syrie, où il y a encore une occupation territoriale de Daech, ce qui explique d'ailleurs nos interrogations à la suite des déclarations du président Trump, même s'il y a eu depuis des inflexions. Et y compris en Irak, comme vous le savez, il y a toujours le risque d'un Daech clandestin qui peut réapparaître, à tel ou tel moment, si d'aventure la réponse politique, économique et sociale n'était pas au rendez-vous, mais je sais que c'est votre priorité. Il reste beaucoup à faire dans la stratégie que vous avez déterminée qui s'articule autour de la réconciliation, de la stabilisation et de la reconstruction. Et il reste beaucoup à faire dans la stabilité politique régionale, en particulier, dans la nécessité d'avoir très rapidement une sortie politique en Syrie, dont on connaît tous les ingrédients, il suffit de les cristalliser et d'avoir, derrière, les volontés politiques nécessaires.

Sur ces enjeux, Monsieur le Ministre, vous le savez, la France se tient à vos côtés. Nous devons continuer à coopérer dans la lutte contre le terrorisme, et dans la collaboration pour éradiquer définitivement ces tentations barbares. Nous devons continuer à coopérer dans le développement de l'accompagnement humanitaire en particulier en direction des réfugiés et des zones qui ont été occupées antérieurement par Daech. Nous devons poursuivre notre coopération éducative et culturelle dans le même ordre d'idées de ce que nous avons commencé à faire à Mossoul, que vous avez bien voulu citer. A cet égard, nous avons convenu de mettre en oeuvre une feuille de route pour un partenariat stratégique, qui sera l'engagement mutuel sur les grandes orientations de notre coopération pour l'avenir. Nous avons, dans le même ordre d'idées, décidé de la création d'une task force double, côté français et irakien, qui permette d'avoir sous une double autorité des équipes afin de rassembler l'ensemble des projets et avoir une efficacité plus forte dans leur réalisation. En particulier, dans le domaine économique, je vous ai redit que les entreprises françaises étaient tout à fait disponibles pour contribuer à la reconstruction de l'Irak. Et dans cet esprit, la France a décidé d'accorder à l'Irak un prêt d'un milliard d'euros pour aider précisément la reconstruction et à l'accompagnement des démarches que vous avez évoquées dans nos entretiens.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 janvier 2019

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