Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, dans le quotidien malgache "L'Express de Madagascar" du 21 janvier 2019, sur les relations franco-malgaches. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, dans le quotidien malgache "L'Express de Madagascar" du 21 janvier 2019, sur les relations franco-malgaches.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

ti :

Q - Comment voyez-vous la qualité des relations franco-malgaches actuellement ?

R - D'abord, c'est un grand honneur pour moi de représenter la France en ce jour particulier. Les relations entre la France et Madagascar sont historiques. Nous sommes, non seulement, des pays amis, mais aussi, voisins. Nous partageons ensemble une coexistence dans l'océan Indien. Avec Mayotte et la Réunion, la France souhaite participer à cet espace. (...) Le président Andry Rajoelina a prononcé un discours fort, avec une volonté d'agir vite et fort. De pouvoir conduire un certain nombre de chantier pour l'accès aux services de base comme l'électricité et l'eau. Ça tombe bien. Nous avons, de ce point de vue-là, énormément à construire ensemble. L'agence française de développement (AFD), est historiquement présente et la France va continuer à augmenter les moyens dédiés à la politique d'aide au développement. Nous sommes venus, aujourd'hui, en ami, en voisin. (...) Nous allons avoir des échéances très vite puisque Jean-Yves le Drian, ministre des affaires étrangères, souhaite se rendre dans la Grande île autour du mois de juin et, par ailleurs, le président Emmanuel Macron m'a demandé de transmettre au président de la République, une invitation à venir à Paris.

Q - Cette visite à Paris est prévue pour quand, justement ?

R - Elle va être organisée en fonction des agendas des deux présidents. En tout cas, le principe est acté. Ce sera un temps fort pour lancer cette période de cinq ans, au cours de laquelle le président a senti des attentes fortes de la part de la population et souhaite apporter des réponses fortes. J'ai entendu, également, des soucis de développer une ville nouvelle et en matière de ville durable, la France est, également, présente et le prochain sommet Afrique-France de 2020, sera autour du thème de la ville durable. Je pense que ce sera intéressant de regarder le projet de Madagascar et il sera inspirant à bien des égards pour tout le monde.

Q - Concrètement, qu'est-ce qui sera discuté durant cette rencontre ? Qu'est-ce que le président Macron entend par renforcement des liens d'amitié ?

R - Toute la palette de la coopération sera évoquée. Le président Rajoelina m'a, également, fait part de son souhait que les investisseurs français puissent prendre part à tout cela. Nous veillerons à organiser des rencontres avec le MEDEF international, avec les entreprises françaises. Elles sont nombreuses à déjà être présentes ici, mais peut-être, également, avec d'autres investisseurs pour pouvoir participer à cette phase de l'émergence qui est appelée de ses voeux. Il n'y a rien de tel que les rendez-vous entre deux chefs d'Etat pour fixer les orientations et après tout le monde se mettront en ordre de bataille pour pouvoir concrétiser. (...) Je pense qu'outre la jeunesse, ce qu'il y a de commun entre les deux présidents, est le souci d'aller aux résultats tangibles.

Q - En quelle qualité l'ancien président Nicolas Sarkozy est-il à Madagascar ?

R - Le fait que la délégation française soit composée de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, est un grand honneur. Lorsque le Président a déjà pu travailler avec lorsqu'il était à la tête de la Haute autorité de la Transition. Et aujourd'hui, ça montre, aussi, que cette relation entre la France et Madagascar est ancienne et se nourrit de lien qui existe entre des personnes. Le président de la République a souhaité, également, que je puisse être accompagné du président de la région de la Réunion et nous avons, également, un parlementaire de Mayotte pour que nous puissions montrer que nous sommes dans le même écosystème et que nous avons des défis en commun (...) et que c'est ensemble qu'on arrivera à apporter des réponses. Nous sommes, aujourd'hui, dans un monde où nous devons coopérer. On ne peut pas, chacun dans son coin, résoudre des problèmes qui dépassent le cadre strict de nos frontières, de nos états.

Q - Il y a un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre à Madagascar, les îles éparses. Maintenant qu'il y a un nouveau président, qu'en sera-t-il de ce dossier ?

R - Ce sera, justement, une occasion pour que les deux présidents puissent échanger dessus. Il y a un processus administratif d'échange technique entre les administrations pour partager un certain nombre de diagnostic. Il a vocation à se poursuivre. Voyez qu'il y a du pain sur la planche. Il y a beaucoup de dossier, de projet. Il y a, également, des sujets de sécurité maritime. De ce point de vue-là d'ailleurs, Madagascar ayant le centre régional de fusion d'information maritime (CRFIM), a véritablement des atouts et donc, ce sera naturellement, dans les échanges qu'auront les deux chefs d'Etat.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 22 janvier 2019

Rechercher