Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargée de la ville et du logement, avec France Bleu Provence le 22 janvier 2019, sur les immeubles insalubres à Marseille. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargée de la ville et du logement, avec France Bleu Provence le 22 janvier 2019, sur les immeubles insalubres à Marseille.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien.

FRANCE. Ministre chargé de la ville et du logement

ti :


FABIEN LE DÛ
Bonjour Julien DENORMANDIE. Merci d'être en direct ce matin sur France Bleu Provence.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

FABIEN LE DÛ
Vous avez rendu visite à des Marseillais hier, que l'Etat et la mairie de Marseille relogent rue de la République. Tout d'abord, comment est-ce que vous les avez trouvés ces habitants ? Encore sous le choc ?

JULIEN DENORMANDIE
Oui, aujourd'hui il y a toujours une très très grande anxiété. C'est la troisième fois que je me rends à Marseille, j'avais promis aux Marseillaises et Marseillais de revenir autant de fois que nécessaire, et puis de suivre de façon très méthodique l'évolution des relogements, l'évolution de la rénovation aujourd'hui du centre-ville de Marseille. Et donc je me suis rendu à nouveau hier après-midi et tôt ce matin à Marseille pour pouvoir échanger avec les Marseillaises et Marseillais, j'en ai reçu des collectifs qui représentent les sinistrés de la rue d'Aubagne, je les ai reçus hier longuement, et il y a toujours cette anxiété, et il est vrai qu'aujourd'hui la situation reste préoccupante, et donc ça…

FABIEN LE DÛ
Comment est-ce que vous pouvez répondre à cette anxiété, Julien DENORMANDIE ?

JULIEN DENORMANDIE
… cette anxiété, cette préoccupation, il faut cette mobilisation.

FABIEN LE DÛ
Comment est-ce que vous pouvez y répondre ?

JULIEN DENORMANDIE
Pour répondre à cela, il faut une mobilisation, une mobilisation de tous, c'est-à-dire une mobilisation évidemment des services de la mairie, des services de la métropole, une mobilisation de l'Etat, mais aussi une mobilisation des différents acteurs économiques, et je pense par exemple aux propriétaires privés. Hier, vous l'avez dit, j'ai été rue de la République, parce que les Marseillaises et Marseillais m'avaient dit que rue de la République il y avait beaucoup de logements vacants, et donc j'ai travaillé avec les propriétaires privés de cette rue de la République pour déterminer quels étaient les logements vacants et quels étaient…

FABIEN LE DÛ
Julien DENORMANDIE ?

JOURNALISTE
On a une petite coupure apparemment.

FABIEN LE DÛ
On a une petite coupure a priori, Julien DENORMANDIE, donc le ministre du Logement qui est à Marseille aujourd'hui, qui a donc rencontré les Marseillais hier, 75 logements qui sont pris en charge à la fois par l'Etat mais aussi par la mairie de Marseille, avec plusieurs familles relogées.

JOURNALISTE
Et nous avons retrouvé le ministre.

FABIEN LE DÛ
Rebonjour Monsieur DENORMANDIE, vous êtes toujours avec nous sur France Bleu Provence.

JULIEN DENORMANDIE
Je suis avec vous.

FABIEN LE DÛ
Vous allez rencontrer les bailleurs sociaux aujourd'hui, qu'est que vous pouvez attendre de cette rencontre ? Justement qu'ils libèrent des appartements qui sont vacants dans le Grand Marseille ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien aujourd'hui on a une urgence, une urgence c'est de pouvoir donne des logements pérennes à chacune et chacun qui en ont besoin, et donc ça passe par une mobilisation de l'ensemble des acteurs qui disposent de logements ; des bailleurs sociaux, j'en ai rencontré beaucoup, pour faire en sorte qu'un certain nombre de logements puissent être fléchés vers les sinistrés de la rue d'Aubagne, mais également les acteurs privés. Je ne sais pas si notre connexion avait coupé, mais ce que je vous disais, c'est que rue de la République, j'ai réuni les différents propriétaires privés de cette rue, puisque les Marseillaises et Marseillais m'avaient indiqué qu'il y avait beaucoup de logements vacants là-bas, pour pouvoir mobiliser leur patrimoine, pour pouvoir les ficher vers celles et ceux qui ont été sinistrés suite à ce drame rue d'Aubagne. Donc, oui, il faut une mobilisation de tous.

FABIEN LE DÛ
Ça évite les réquisitions Monsieur le Ministre, ça évite les réquisitions.

JULIEN DENORMANDIE
Vous, savez, la réquisition, moi je n'ai pas du tout une position dogmatique dessus (coupure son)… c'est qu'en revanche les réquisitions ça prend beaucoup de temps, parce que juridiquement ça prend beaucoup de temps, et donc moi je préfère aller identifier avec force, avec détermination, les propriétaires, aller leur dire : participez aussi à cet effort national, cet effort citoyen, parce que nous sommes face à une telle situation qu'il est nécessaire d'avoir cet effort national, et faites en sorte que les logements qui sont vacants, qui sont inoccupés, eh bien ils puissent être réutilisés. C'est ça que j'ai fait, c'est ça que j'ai inscrit avec mes équipes et ceux des municipalités ces dernières semaines et ces derniers mois, et c'est avec cette détermination que je continuerai ce travail.

FABIEN LE DÛ
Même détermination, Julien DENORMANDIE, pour le ministre du Logement que vous êtes, contre les marchands de sommeil qui profitent de la précarité, souvent en toute impunité à Marseille, on le sait, il y en a beaucoup, vous voulez les sanctionner plus sévèrement avec la ministre de la Justice ?

JULIEN DENORMANDIE
Les marchands de sommeil, c'est tout simplement des criminels. Les marchands de sommeil ce sont des personnes qui profitent de la misère de celles et ceux qui sont aujourd'hui en détresse. Et donc moi j'ai déclaré effectivement une guerre sans relâche entre ces marchands de sommeil. Je vais vous dire, j'ai même fait modifier la loi pour que par la loi on puisse demain les considérer comme des trafiquants de drogue, c'est-à-dire leur appliquer les mêmes sanctions que des trafiquants de drogue. Et effectivement, avec la garde des sceaux, la ministre de la Justice, nous avons non seulement renforcé cet arsenal juridique, mais en plus mis en place des mises en oeuvre accélérés pour faire en sorte qu'il y ait la possibilité d'aller identifier ces marchands de sommeil, où qu'ils se trouvent et qu'une fois qu'on les a identifiés, qu'ils puissent être sanctionnés. C'est vrai qu'il y en a sur la ville de Marseille, mais vous savez, malheureusement il y en a dans beaucoup de villes de notre territoire national, et donc c'est une mobilisation là aussi très forte, pour aller traquer ces marchands de sommeil, et je dis bien traquer, il faut pouvoir les identifier, et puis une fois qu'on est a identifiés, il faut les taper très fort, là où ça fait mal, c'est-à-dire sur leur portefeuille. Parce que ces personnes ne comprennent qu'une seule chose, c'est le gain de l'argent. Et donc, par ces sanctions nouvelles, on va pouvoir aller les taper là où ça fait mal, c'est-à-dire au portefeuille.

FABIEN LE DÛ
Julien DENORMANDIE, beaucoup de Marseillais se demandent où en sont les expertises des immeubles insalubres, ils se posent beaucoup de questions, est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui que les expertises ont commencé à Marseille, sur tous les immeubles ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors, il y a une première phase d'expertise qui effectivement a commencé. Cette première phase d'expertises qui est menée par les services techniques de la mairie, mais également avec un appui de l'Etat, avec des experts que l'Etat a envoyé pour soutenir et accompagner les services de la mairie, cette première phase d'expertise elle concerne notamment la rue d'Aubagne et les alentours proches de la rue d'Aubagne. Le deuxième élément c'est pouvoir, par ces expertises, répondre à toutes celles et ceux qui ont appelé les marins pompiers ou autres, en disant que, ici ou là ils avaient des doutes. Ça c'est la première phase. Je me suis entretenu hier avec eux…

FABIEN LE DÛ
C'est un chantier colossal.

JULIEN DENORMANDIE
C'est un chantier qui effectivement est très important et c'est pour ça qu'il faut absolument des moyens supplémentaires, et puis cette coordination entre la mairie, mais également avec un Etat qui vient en soutien, accompagnant la mairie et les services de la métropole sur le sujet. Et puis il y aura une deuxième phase, j'en ai discuté hier avec Monsieur le Maire GAUDIN et Madame la Présidente VASSAL, une deuxième phase pour pouvoir élargir le périmètre de ces évaluations, de ces audits, qui doit commencer dans les prochaines semaines.

FABIEN LE DÛ
Julien DENORMANDIE, nous sommes en plein Grand débat national avec la crise des Gilets jaunes, et cette petite idée qui émerge qu'Emmanuel MACRON doit débattre face à des Gilets jaunes, qu'est-ce que vous pensez, vous, de cette idée ? Il peut le faire le Président de la République ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez, moi je connais le président de la République depuis longtemps, j'ai travaillé avec lui bien avant qu'il ne soit président de la République ou même ministre, c'est une personne qui est profondément à l'écoute, c'est un personne dont la méthode de travail est justement d'aller vers les uns et les autres, et je crois que toutes celles et ceux qui ont suivi le président de la République dans ses déplacements ou encore récemment dans ses interventions avec les maires, ont bien vu que nous avions un président à l'écoute, qui répondait à toutes les questions, connaissant parfaitement les dossiers, sans aucun filtre. Et le président de la République, évidemment, parlera avec des Gilets jaunes, mais je vais vous dire, il va parler surtout avec tous les Français, il a parlé avec les maires pendant deux après-midi, et je dirais même après-midi et soirées, il pale avec l'ensemble des Français dans tous ses déplacements, et évidemment il parlera avec toutes celles et ceux qui aujourd'hui souhaitent être entendus et même écoutés, c'est ça le sens de notre action.

FABIEN LE DÛ
Merci Julien DENORMANDIE, ministre du Logement, d'avoir été ce matin en direct sur France Bleu Provence. On rappelle que vous poursuivez votre visite à Marseille, puisque vous allez rencontrer aujourd'hui les bailleurs sociaux. Bonne journée.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 janvier 2019

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