Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, sur le Concours National de la Résistance et de la Déportation, à Paris le 22 janvier 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, sur le Concours National de la Résistance et de la Déportation, à Paris le 22 janvier 2019.

Personnalité, fonction : DARRIEUSSECQ Geneviève.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées

Circonstances : Remise des prix du CNRD 2017-2018, à Paris le 22 janvier 2019

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Monsieur le ministre, cher Gabriel,
Monsieur le Directeur de l'Enseignement Scolaire,
Monsieur l'Inspecteur Général de l'Education Nationale,
Monsieur le Recteur,
Monsieur le Directeur des Patrimoines, de la Mémoire et des Archives,
Mesdames et messieurs les membres du jury du CNRD,
Mesdames et messieurs les représentants des fondations de mémoire et du monde combattant,
Mesdames et messieurs les vétérans de la Résistance et de la déportation,
Mesdames et messieurs les chefs d'établissement et enseignants,
Mesdames et messieurs,
Chers lauréats, chers élèves, c'est à vous que je souhaite m'adresser en premier lieu.


Pour vous remercier de votre participation au Concours National de la Résistance et de la Déportation. C'est un bel engagement, c'est aussi un geste citoyen. Bravo !

Je tiens également à vous féliciter pour votre succès.

Vous recevez aujourd'hui le prix national d'un concours important. D'un concours qui tient particulièrement au ministère des Armées ; par son ancienneté, par son histoire et bien sûr parce qu'il véhicule les valeurs de notre République.

Vous venez des quatre coins de la France. Vous êtes des lycéens de Paris, de Mortagne-au-Perche ou de Douai. Vous êtes des collégiens de Manosque, de Marly-le-Roi ou de Château-Thierry.

Vous avez été distingués par vos académies et par le jury national parmi plus de 47 000 élèves qui ont participé à ce concours en 2017-2018. Je sais que vous êtes une source de fierté pour votre établissement scolaire. C'est l'occasion pour moi de saluer et de remercier vos enseignants, vos encadrants et vos chefs d'établissement. Le résultat que vous avez obtenu est aussi la réussite d'une équipe pédagogique.

Chers lauréats, vous venez de vivre deux jours chargés d'émotion autour d'un riche programme culturel. Vous avez visité quelques lieux des plus symboliques pour notre mémoire combattante. Je pense au Mont Valérien où repose une partie de notre mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Je pense au Musée de l'Ordre de la Libération, véritable hommage aux héros de la France Libre et de notre liberté. Hier soir, vous avez eu l'honneur de raviver la flamme du Souvenir sous l'Arc de Triomphe.

Ainsi, vous êtes des héritiers de la mémoire. Désormais, vous devez en être les relais partout sur le territoire national. Chers amis, poursuivez !


C'est la deuxième fois que le lycée Louis le Grand accueille cette cérémonie nationale. Il y a là un véritable sens.

Ici même, entre 1940 et 1944, des jeunes qui avaient vos âges - 16, 17, 18 ans - se sont mobilisés pour résister à l'occupant. Il en est ainsi de Jean-Marie DELABRE. Dès 1940, luttant contre la propagande de l'occupant, il invitait les Français à réagir. Comme nombre de ses camarades, il connut la répression, l'arrestation et la déportation. De retour en France en 1945, il ne cessa jamais le combat de la mémoire. Pour que jamais nous n'oublions ceux qui ont fait le choix de l'engagement et du refus dans l'un des pires moments de notre histoire.


Notre devoir est de poursuivre ce combat. C'est cette œuvre de partage et de transmission que notre pays doit accomplir sans faiblir. Transmettre aux jeunes générations est une priorité de mon action. Monsieur le ministre, c'est là une des missions communes de nos deux ministères.

Pour l'accomplir, nous savons que l'école est un lieu privilégié pour l'apprentissage des valeurs républicaines, l'enseignement de l'histoire et la transmission de la mémoire.

Nous savons aussi, que dans cette mission citoyenne, l'ONAC-VG, les fondations mémorielles et les associations du monde combattant contribuent activement au succès.

C'est tout l'état d'esprit du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Je souhaite, Monsieur le Directeur de l'Enseignement Scolaire, réaffirmer l'attachement du ministère des Armées à ce concours. Le CNRD est attractif, reconnu et fédérateur. Nous l'avons constaté, il y a quelques minutes, il permet la créativité et le travail pluridisciplinaire. Ce concours a bénéficié d'une rénovation qui lui permet une diversification des établissements et une ouverture plus large. Personne ne doit être exclu de la mémoire !

Je remercie vivement vos partenaires. Je tiens à distinguer le travail de la Direction des Patrimoines, de la Mémoire et des Archives qui soutient très activement le CNRD et œuvre à sa valorisation.


« S'engager pour libérer la France », tel était le thème de la session 2017-2018. Il a permis le focus sur la notion d'engagement. C'est une notion qui est chère au Gouvernement.

Ce thème a mis à l'honneur ceux qui ont lutté. Ceux qui ont mis toute leur volonté dans l'accomplissement de leur devoir. Les femmes et les hommes qui, au risque de leur vie, dans la Résistance intérieure et extérieure, ont forgé la libération de notre territoire. Il a permis de s'intéresser aux formes très variées de l'engagement, d'identifier les points communs et les originalités de ces parcours.

Ce thème fait écho aux priorités commémoratives de cette année. En effet, en 2019, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale occupera le premier plan.

La France se souviendra de l'année 1944 et commémorera le 75ème anniversaire de sa Libération. C'est à toute une génération engagée dans ce combat que nous rendrons hommage. Nous nous souviendrons des débarquements en Normandie et en Provence, de la libération de Paris, des maquis, des drames d'Oradour-sur-Glane et de Maillé.

Les commémorations de cet anniversaire ont déjà débuté en Corse, il y a quelques semaines. Puisque c'est dans l'Ile de Beauté qu'a débuté, en octobre 1943, la libération de la France métropolitaine.

En 2020, c'est la terrible année 1940 qui marquera nos mémoires. Celle de la défaite et de l'effondrement de la République, mais également celle du refus fondateur, celle du combat qui se poursuit.

Celle de la naissance d'un optimisme infatigable, dont Raymond AUBRAC disait qu'il était le fondement de la Résistance.

Aujourd'hui, chers lauréats, cet optimisme, en vous voyant, en vous écoutant, je l'ai chevillé au corps.

Cet optimisme auquel je crois, il s'appelle aussi « Europe » et amitié franco-allemande. En ce 22 janvier 2019, 56 ans après la signature du traité de l'Elysée par le président DE GAULLE et le chancelier ADENAUER, le président MACRON et la chancelière MERKEL marquent aujourd'hui une nouvelle étape de nos relations en renforçant ce traité, en consolidant nos liens étroits et en créant la première assemblée parlementaire franco-allemande.

Ce message de paix est aussi le message du CNRD.


Je vous remercie.


Source https://www.defense.gouv.fr, le 23 janvier 2019

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