Interview de Mme Christelle Dubos, secrétaire d'Etat à la santé à Public Sénat le 23 janvier 2019, sur la sécurité alimentaire et le contrôle sanitaire des aliments. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Christelle Dubos, secrétaire d'Etat à la santé à Public Sénat le 23 janvier 2019, sur la sécurité alimentaire et le contrôle sanitaire des aliments.

Personnalité, fonction : DUBOS Christelle, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la santé;

ti :


CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de notre émission « Territoires d'infos » avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France, le réseau ViàTélévisions, les indés radios, cent trente radios qui sont nos partenaires sur tout le territoire français et avec TV5 Monde. L'invitée politique ce matin, notre invitée c'est Christelle DUBOS. Vous êtes Secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités.

CHRISTELLE DUBOS, SECRETAIRE D'ETAT AUPRES DE LA MINISTRE DES SOLIDARITES ET DE LA SANTE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et pour vous interroger, à mes côtés ce matin Oriane MANCINI, spécialiste politique de Public Sénat et Stéphane VERNAY qui dirige le bureau parisien d'Ouest-France. Merci d'être avec nous ce matin sur ce plateau. Et votre interview, Christelle DUBOS, sera retransmise sur les sites vidéo Internet de la presse quotidienne régionale à partir de dix heures ce matin. On en vient à parler de l'actualité. Les parents sont inquiets : c'est l'Agence de sécurité sanitaire qui a mis en garde contre les risques pour la santé des bébés que peuvent présenter certaines substances chimiques présentes dans des couches jetables. Sous quinze jours, on a appris que Bercy ce matin a exigé que ces substances soient éliminées. Qu'est-ce qui vous permet de dire ce matin qu'il n'y a pas de danger immédiat, tout de suite, et grave ?

CHRISTELLE DUBOS
D'abord, permettez-moi de préciser que cette étude a été demandée par l'Etat suite aux révélations dans le magazine de consommateurs justement pour faire la lumière et rappeler également que les fabricants et les producteurs sont responsables de la sécurité aussi de leurs usagers et des consommateurs. Suite à cette inquiétude, cette étude a été lancée. Nous avons les résultats qui sont arrivés il y a quelques jours.

CYRIL VIGUIER
On dit qu'il y a du glyphosate dedans.

CHRISTELLE DUBOS
C'est ce que sort le rapport. Dès ce matin, à l'heure où je vous parle, les producteurs et les industriels sont reçus à Bercy avec le ministre de la Transition écologique et Agnès BUZYN, ministre de la Solidarité et de la Santé justement pour leur demander de pouvoir d'ici quinze jours sortir les premiers produits et pouvoir travailler, réfléchir à la mise en oeuvre des recommandations de l'ANSES. Ces recommandations seront suivies et imposées et posées par le…

CYRIL VIGUIER
Quels dangers pour les enfants ? Pour les bébés ?

CHRISTELLE DUBOS
Actuellement, il n'y a pas de dangers. Je dirais il y a un effet questionnement par rapport à la fabrication de ces produits. On voit bien que les produits avec lesquels sont fabriquées les couches peuvent poser des questions éventuelles sur la santé des enfants. Il n'y a pas de relation entre un risque avéré et un risque potentiel à ce jour. Cependant, au vu de la production et de la fabrication, les méthodes de procédés, des interrogations se font, des recommandations sont posées par l'ANSES et l'Etat fera en sorte - et le travail est déjà entamé dès aujourd'hui - que les fabricants répondent et puissent appliquer ces recommandations.

STEPHANE VERNAY, JOURNALISTE, REDACTEUR EN CHEF DELEGUE ET DIRECTEUR DE LA REDACTION DE OUEST-FRANCE PARIS
Puisqu'on parle de bébés et d'études, il y a eu trois nouveaux cas identifiés dans les Bouches-du-Rhône de bébés son bras en 2016. Ça s'ajoute au cas de l'Inde, la Loire-Atlantique, du Morbihan. Agnès BUZYN a dit hier qu'il n'y avait pas d'épidémie mais elle demande à ce que de nouvelles études soient faites sur ces trois nouveaux cas. J'ai deux questions. De quels éléments disposez-vous sur les premières études par rapport à ces cas ? Et ma deuxième question, c'est comment est-ce qu'on peut dire que ce n'est pas une épidémie si on demande en même temps des études dont on n'a pas encore les résultats ?

CHRISTELLE DUBOS
Ecoutez, en effet il y a eu une première étude portée par STRATEGIE FRANCE PUBLIQUE (sic) et qui n'a pas apporté, qui n'a pas montré de cause liée ou qui n'a pas avéré de cause disant : « On ne sait pas d'où ça vient. On ne comprend pas. » Donc nous avons relancé une étude portée par FRANCE STRATEGIE PUBLIQUE en lien avec l'ANSES sur laquelle on leur demande de croiser déjà l'ensemble des études pré-réalisées, de pouvoir aller plus loin dans le diagnostic. Et là, on est sur l'étude de tous les cas et pas ceux qui sont répertoriés dans les registres. Dans les registres, vous avez à peu près 20 % des situations qui sont répertoriées. Là, on va aller étudier, rencontrer les professionnels, rencontrer les familles, sur lequel ils vont pouvoir statuer et essayer de trouver une relation et une cause. Est-ce que c'est une cause environnementale ? Est-ce que c'est une cause liée à des médicaments que les mamans auraient pu prendre étant enceintes ? Liée au papa ? Est-ce que c'est une cause sur laquelle la maman a pu avoir un traitement quand elle était plus jeune ? On ne sait pas donc nous cherchons…

STEPHANE VERNAY
Vous n'avez que des hypothèses pour l'instant.

CHRISTELLE DUBOS
Voilà. Exactement.

STEPHANE VERNAY
Pas de scénario qui se dégage plus qu'un autre ?

CHRISTELLE DUBOS
Pas du tout. L'objectif est vraiment de pouvoir trouver des réponses, de pouvoir rassurer ces familles et rassurer aussi l'ensemble des Françaises et des Français, de pouvoir adapter, si besoin, des recommandations.

ORIANE MANCINI, JOURNALISTE POLITIQUE, RESPONSABLE DES OPERATIONS SPECIALES A PUBLIC SENAT
On va parler du Grand débat national ; il a commencé. Emmanuel MACRON sera demain dans la Drôme à la rencontre de nouveaux maires. Les débats citoyens ont commencé un petit peu partout en France. Est-ce que vous avez déjà participé à un de ces débats, vous ?

CHRISTELLE DUBOS
La semaine prochaine.

ORIANE MANCINI
D'accord. Où ?

CHRISTELLE DUBOS
C'est une réunion qui sera portée par une association. Une réunion privée puisqu'elle va accompagner des personnes en demande d'emploi, en insertion professionnelle justement à travailler et à réfléchir. Ce sont des réunions qui se font dans des sphères privée et je me suis positionnée en disant que j'y allais sans communication, je respectais leur moment de travail privilégié et accompagné, que j'y viendrai de façon anonyme et qu'en fin de réunion je me présenterai, si j'en avais l'occasion, et que j'expliquerai le pourquoi de ma venue et la façon dont je pouvais entendre ce qu'ils avaient à dire.

STEPHANE VERNAY
Ce Grand débat national est une démarche tout à fait inédite. Il y a quand même quelques questions-clés qui restent en suspens dont qu'est-ce qu'on va faire des résultats, de ce qui sortira du chapeau ? Est-ce que vous, en tant que membre du Gouvernement, vous pouvez nous garantir ou nous dire qu'il sera tenu compte de l'expression des Français à l'issue de ce débat et comment ?

CHRISTELLE DUBOS
Ce n'est pas moi qui vais vous en tenir compte ni même le Gouvernement.

STEPHANE VERNAY
C'est qui ?

CHRISTELLE DUBOS
Ce sont les cinq personnes qui viennent d'être nommées.

STEPHANE VERNAY
Les garants, les garants.

CHRISTELLE DUBOS
Ceux que nous on appelle les garants. Ils sont en train de travailler sur comment récolter… Comment récolter les mesures, les propositions, ça s'est fait. Mais comment pouvoir analyser, comment pouvoir traiter et comment faire la restitution, c'est leur travail. C'est leur travail de s'assurer que les mesures proposées, que ce qu'ont sollicité les Français, ce qu'ont exprimé les Français puisse être retranscrit, puisse nous être rapporté au niveau du Gouvernement, rapporté au niveau du Premier ministre bien évidemment et du Président de la République, de façon à pouvoir après apporter les mesures.

ORIANE MANCINI
Mais après ? C'est la question de l'après qui se pose.

STEPHANE VERNAY
C'est ça la question. Qu'en ferez-vous, vous ?

CHRISTELLE DUBOS
Ce que nous on va en faire ? Concrètement, nous avons déjà un calendrier parlementaire qui, pour les mois suivants, a des plages je dirais vides. Si on a des textes législatifs à porter, on pourra les inscrire. Nous avons un calendrier parlementaire qui le permettra. Et puis concrètement, il y a aussi des mesures qui ne demandent pas de travail législatif. Je pense notamment aux mesures que je suis en train de réfléchir et avec lesquelles j'ai commencé à travailler, puisque j'ai rencontré des femmes en famille monoparentale gilet jaune la semaine dernière et sur lesquelles moi je vais attendre le résultat des débats bien évidemment et des propositions. Mais on commence à réfléchir parce qu'on n'a pas attendu les Gilets jaunes pour travailler. Des mesures sont en train d'être appliquées, sont appliquées. On voit bien, et moi pour avoir rencontré beaucoup de personnes issues du mouvement des Gilets jaunes, c'est une méconnaissance première parfois des mesures ou de ce que nous sommes en train de travailler. Donc c'est ce travail-là. Et puis derrière, sur des mesures très concrètes, spécifiques, liées aux familles monoparentales qui vont arriver…

ORIANE MANCINI
Alors qu'est-ce que vous faites concrètement pour ces familles monoparentales ? Parce qu'on voit certes qu'en France les inégalités n'augmentent pas, le taux de pauvreté n'augmente pas, mais les jeunes, les chômeurs et ces familles monoparentales sont plus touchés par la précarité et par la pauvreté. Concrètement qu'est-ce que vous faites pour les aider ?

CHRISTELLE DUBOS
Qu'est-ce que l'on fait aujourd'hui ? Dans le cadre de la stratégie de prévention de lutte contre la pauvreté, il y a plusieurs choses. Il y a d'abord la contractualisation avec les départements. Quand on dit contractualisation avec les départements, c'est un engagement de l'Etat qui apporte un soutien financier et qui est travaillé par département avec chaque département. Parce que vous n'avez pas les mêmes problématiques d'insertion professionnelle ou d'accompagnement à l'emploi que vous soyez sur un bassin minier ou dans la campagne girondine. Donc on adapte les propositions et les mesures qui seront financées par l'Etat en parallèle avec ceux des départements.

ORIANE MANCINI
Donc ça, c'est la mise en place du plan pauvreté annoncé en septembre.

CHRISTELLE DUBOS
Tout à fait. Et donc concrètement, c'est l'accompagnement des bénéficiaires du RSA, comment est-ce qu'on peut mieux les accompagner vers l'emploi ; la Protection Maternelle Infantile ; l'aide sociale à l'enfance pour éviter toute sortie sèche à dix-huit ans et un jour de ces enfants qui sont placés et qui sont sous la responsabilité de l'Etat et des départements, de façon à pouvoir apporter une solution pérenne. Et puis enfin, ce sont aussi des appels à projets innovants qui permettent à chaque département de financer des actions spécifiques et innovantes dans le cadre de l'insertion professionnelle.

CYRIL VIGUIER
C'est Christelle DUBOS, la Secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités qui est notre invitée politique ce matin. J'ai une question à vous poser à propos d'une de vos collègues, la secrétaire d'Etat Marlène SCHIAPPA qui va coprésenter une émission de dialogue, on va dire, avec les Gilets jaunes. Vous auriez, vous, été présenter une émission de télévision avec Cyril HANOUNA sur C8 ?

CHRISTELLE DUBOS
Ecoutez, je ne me suis pas posé la question.

CYRIL VIGUIER
Moi, je vous la pose.

CHRISTELLE DUBOS
On a ce double regard, en effet, de certaines personnes qui disent : « C'est rendre la politique, je dirais, en téléréalité. » Ce n'est pas une téléréalité, c'est une émission.

CYRIL VIGUIER
C'est de la politique-spectacle ?

CHRISTELLE DUBOS
Voilà. C'est une émission sur laquelle il y a des Français. Ces Français-là n'ont peut-être pas la même information que ce qu'on peut avoir dans certains autres médias. Est-ce que c'est un bon moyen de communication ?

CYRIL VIGUIER
Et vous, votre jugement là-dessus, personnel ?

CHRISTELLE DUBOS
Je ne sais pas, je vous assure. Je ne me suis pas absolument pas posé la question.

CYRIL VIGUIER
On vous sent gênée quand même. On vous sent gênée par la question.

CHRISTELLE DUBOS
Non, parce que ça n'a jamais été fait donc… Enfin, voilà, ça n'a jamais été fait. Je pense que c'est une bonne initiative de pouvoir l'essayer. On en tirera les conclusions et je pense que Marlène en premier verra derrière, et nous aussi au sein du Gouvernement, si ça porte ses fruits. Vous savez, je crois qu'on cherche à communiquer au plus près des Français. Le Grand débat en est une preuve. Je crois qu'il ne faut pas se limiter non plus à des restrictions ou à des choses sur lesquelles on pourrait se dire : « Non, non. Ce n'est surtout pas là qu'il faut parler de politique. » On voit bien d'ailleurs que des Français disent : « Mais pourquoi elle ne pourrait pas venir parler avec nous et pourquoi on ne pourrait pas entendre ce qu'elle a à dire ? » Voilà, je pense que les conclusions seront tirées après l'émission, mais il ne faut pas se limiter à des choses très classiques et allons réfléchir sur éléments innovants.

ORIANE MANCINI
On va revenir sur le fond des mesures. Vous nous avez parlé du plan pauvreté. Parmi les mesures annoncées en décembre par Emmanuel MACRON, il y a aussi l'augmentation de la prime d'activité et son élargissement à 1,2 million de ménages. Elle sera versée le 5 février, vous nous le confirmez.

CHRISTELLE DUBOS
Oui.

ORIANE MANCINI
Est-ce que vous avez eu beaucoup de demandes depuis ces annonces d'Emmanuel MACRON ?

CHRISTELLE DUBOS
Ecoutez, cinq cent mille demandes traitées à ce jour par la CAF ; plus de six millions de simulation sur le site de la CAF et de la MSA ; trente mille demandes par jour. Donc oui, c'est une bonne nouvelle. Les Français se saisissent des mesures qui ont été votées. Je tenais aussi à remercier l'ensemble des agents de la CAF et de la MSA qui sont présents et qui font un travail d'accompagnement et d'explication auprès des Français et des Françaises qui se posent des questions : est-ce que j'y ai droit, est-ce que je n'y ai pas droit ? Mais également auprès des sénateurs qui ont vraiment compris la nécessité et la prise en compte de répondre rapidement et de voter rapidement ces mesures d'urgence. Je crois que c'est un sens du respect et de l'ordre républicain. Et je crois que c'est, permettez-moi de le saluer ici aussi, parce qu'on a certaines oppositions notamment au niveau de l'Assemblée qui n'ont pas joué le jeu - excusez-moi le terme - mais qui ont dit que ce n'étaient que des miettes. Quand vous prenez une famille monoparentale, une maman seule qui élève son enfant, qui a mille deux cents euros par mois, aller lui dire que deux cent quatre-vingt-douze euros c'est des miettes en fin de mois, je pense qu'ils sont un peu coupés de la réalité. Justement, ces personnes-là ont besoin d'être accompagnées dans leur quotidien.

ORIANE MANCINI
Sur cette prime d'activité se pose la question du non recours, c'est-à-dire des gens qui ont droit à la prime d'activité mais qui ne la demandent pas parce qu'ils ne sont pas au courant, parce que c'est peut-être aussi trop compliqué comme démarche. Comment vous pouvez faire, vous, pour que 100 % des personnes qui ont droit à la prime d'activité désormais la touchent ?

CHRISTELLE DUBOS
Sur l'automaticité, nous sommes en train d'y travailler. C'est un chantier de longue haleine que je lance aussi en 2019 sur l'automaticité mais aussi de simplification dans le cadre du futur revenu universel d'activité. Dossier unique, prestation unique. On le voit bien, nous avons un système français qui est généreux en termes de solidarité mais trop complexe. Vous savez, j'ai été vingt ans travailleur social. J'ai vu le système se complexifier, cette difficulté pour les Françaises et les Français de trouver la bonne porte, de trouver le bon endroit où pouvoir se renseigner. Quand il faut pousser dix portes, généralement au bout de deux ou trois, ils s'arrêtent ; le non recours est important.

ORIANE MANCINI
Vous avez des chiffres ?

CHRISTELLE DUBOS
En gros, entre 30 et 40 % de Français sont en non recours. Mais la prime d'activité ç'a été un choix aussi d'abord de justice parce qu'elle répond aux problématiques et aux besoins des Français en fonction de la situation familiale, de la situation familière. Mais aussi parce que c'était une prestation sur laquelle plus de 80 % des Français qui pouvaient y prétendre la demandait. Donc c'était une mesure qui était déjà bien repérée par les Français et c'est pour ça que nous avons fait ce choix. Mais nous devons aller plus loin, en effet, sur l'automatisation et derrière, moi je lance deux grands chantiers : le revenu universel d'activité, donc un travail de concertation avec les acteurs, avec les personnes qui peuvent en bénéficier aussi, de façon à pouvoir apporter la simplification et une réponse concrète aux Français et éviter justement le non recours et l'automatisation.

STEPHANE VERNAY
Pour la première fois depuis 2001, les comptes de la Sécurité sociale devaient enregistrer un léger excédent en 2019 de cent millions d'euros à peu près, mais en réalité, les mesures d'urgence économique et sociale qui ont été annoncées à la suite de la crise des Gilets jaunes font qu'il va manquer 2,6 milliards de recettes pour la Sécu l'année prochaine. Comment est-ce que vous allez faire face à cette baisse des recettes qui sont liées à la compensation de la CSG, les heures sup ? Et qu'est-ce que ç'aura comme conséquence notamment sur le plan dépendance ?

CHRISTELLE DUBOS
Sur le plan dépendance, le rapport est en train d'arriver dans les jours qui viennent et, en parallèle, nous travaillons en effet sur la question du budget. Dix milliards d'euros dont 2,6 pour le budget en effet de la Sécurité sociale liés aux mesures d'urgence. Ce sont des moyens importants portés par le Gouvernement pour les Français donc pour leur pouvoir d'achat. Ça, c'est important de pouvoir le souligner. Derrière, nous travaillons en effet au rééquilibrage je dirais – enfin, le budget est équilibré – mais à réfléchir à comment est-ce qu'on va compenser, dans quelle ligne nous allons aller chercher ces mesures-là.

STEPHANE VERNAY
Et concrètement ?

CHRISTELLE DUBOS
Concrètement en effet, nous avions travaillé et commencé à réfléchir sur la dépendance et comment est-ce qu'on pouvait financer la dépendance, ce cinquième risque éventuel. Est-ce qu'on crée un cinquième risque et cætera ? Ça remet en cause certaines…

STEPHANE VERNAY
Ça va être décalé dans le temps, c'est ça ?

CHRISTELLE DUBOS
Les rapports sont faits. Ce n'est pas décalé parce que je crois que dans le Grand débat, nous avons beaucoup de préoccupations des Français sur la question des aidants, sur la question des aînés et sur la question des personnes âgées. Surtout dans les années à venir où vous allez avoir une population, je dirais, en augmentation de plus en plus âgée et sur lequel on a besoin d'apporter des réponses concrètes. Donc le débat n'est pas décalé, le débat est même avancé dans le calendrier parlementaire en parallèle du Grand débat et sur lequel les mesures concrètes seront apportées derrière, en fonction bien évidemment d'une enveloppe budgétaire. Mais ça peut être aussi une enveloppe budgétaire - vous savez, on le fait très bien dans le cadre de la stratégie - qui est évolutive au fur et à mesure de la mise en oeuvre. Ça veut dire qu'on peut avoir…

ORIANE MANCINI
Du coup, ça arrivera quant au Parlement cette loi dépendance ?

CHRISTELLE DUBOS
Elle arrivera dans le courant de l'été

ORIANE MANCINI
D'accord. Juste pour revenir sur le budget, pour compléter la question de Stéphane. Hier, on a entendu Agnès BUZYN dire que les comptes ne seraient pas forcément à l'équilibre, les comptes de la Sécurité sociale. Est-ce que du coup le budget 2019 de la Sécurité sociale sera à l'équilibre ou pas ?

CHRISTELLE DUBOS
Ecoutez, Agnès BUZYN l'a annoncé. Je ne vais pas dire autre chose.

ORIANE MANCINI
Non.

CHRISTELLE DUBOS
En effet, nous avons la question de 2,6 milliards qui permettaient l'équilibre des comptes. Nous sommes sur des mesures d'urgence demandées par les Français et sur lesquelles on les a entendus. On les met en place.

ORIANE MANCINI
Du coup, vous allez prendre des mesures pour qu'il le soit à l'équilibre, ce budget, ou il ne le sera pas de toute façon en 2019 ?

CHRISTELLE DUBOS
Pour l'instant, il n'y a pas de scénario plus que l'un ou l'autre choisi. On est en train d'y travailler.

CYRIL VIGUIER
Christelle DUBOS, vous êtes donc Secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités. Vous ne l'avez pas toujours été. Vous avez été élue députée de la douzième circonscription de la Gironde.

CHRISTELLE DUBOS
Oui.

CYRIL VIGUIER
Je connais bien. En juin 2017. Vous avez été adjointe au maire de Sadirac en Gironde, chargée des affaires sociales, du logement, des solidarités. Au contact des gens comme ça tous les jours, vous avez vu arriver cette crise des Gilets jaunes ?

CHRISTELLE DUBOS
Je l'ai vue arriver et pas de quelques semaines. J'ai dit tout à l'heure vingt ans de travailleur social, vingt ans où j'ai accompagné ces hommes et ces femmes qui ont des difficultés à finir leur fin de mois ; ces Françaises et ces Français qui ont, je dirais, la complexité de faire des démarches administratives, la complexité de la relation à l'administration, la complexité de se dire « où est-ce qu'il faut que j'aille ? » Quand vous avez une personne et quand on lui dit : « Allez ici pour votre problème de logement. Allez ici pour votre problème d'emploi. Allez dans telle structure et cætera », moi j'entends ce qu'ont dit les Françaises et les Français et mon engagement politique vient de là aussi. Il est sur comment est-ce qu'on peut améliorer le quotidien ? Comment est-ce que l'on peut être au coeur de la machine justement pour apporter une bonne réponse aux Français ? Et c'est le travail qui m'attend sur deux sujets : service public d'insertion et revenu universel d'activité.

CYRIL VIGUIER
Vous retournez à Sadirac régulièrement ?

CHRISTELLE DUBOS
Bien sûr.

CYRIL VIGUIER
Merci beaucoup Christelle DUBOS, Secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 janvier 2019

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