Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse à RTL le 24 janvier 2019, sur le conflit social des gilets jaunes et la mise en place du service national universel. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse à RTL le 24 janvier 2019, sur le conflit social des gilets jaunes et la mise en place du service national universel.

Personnalité, fonction : ATTAL Gabriel, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse;

ti :


ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être sur RTL ce matin. Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça date d'hier soir, des gilets jaunes annoncent qu'ils vont présenter une liste aux européennes, emmenée par l'aide-soignante, Ingrid LEVAVASSEUR. D'après les sondages, si ça va jusqu'au bout, cette liste prendrait d'abord des points au Rassemblement national, c'est paradoxal mais cette liste jaune, elle ferait vos affaires finalement, vous, La République En Marche ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je ne me place pas dans cette perspective, d'ailleurs, quand on regarde le fameux sondage, elle prendrait des points à, à peu près toutes les listes…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais d'abord et surtout au Rassemblement national…

GABRIEL ATTAL
Mais d'abord, au Rassemblement national. Moi, surtout, je me réjouis que ça renforce la démocratie représentative, c'est un débat qu'on a eu depuis plusieurs mois, depuis le début de la crise du gilet jaune, où des Français donnaient le sentiment, notamment chez les gilets jaunes, que finalement, il fallait substituer la démocratie représentative aux élus, une forme de démocratie purement directe, où les élus finalement n'auraient plus de place. Là, on voit qu'en s'inscrivant dans une élection, en présentant une liste, les gilets jaunes s'inscrivent dans un cadre de démocratie représentative, en proposant des élus. Et ça, moi, je pense qu'il faut s'en réjouir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors certains gilets jaunes le regrettent, regrettent cette forme de normalisation de leur point de vue, et par exemple, Maxime NICOLLE, qui traite déjà ses futurs candidats de vendus à la politique, vendus à la macronie. L'idée qui germe derrière, c'est que vous êtes derrière cette entreprise électorale.

GABRIEL ATTAL
Non, enfin, je vois bien comment certains veulent essayer de jouer là-dessus, de faire croire ça, nous, on n'est absolument pas d'ailleurs ça, nous, ce qu'on veut, notre ambition, c'est qu'on arrive à rentrer dans un cadre de débat démocratique, avec le grand débat qui a été annoncé par le président de la République, pourquoi pas avec les élections européennes s'ils présentent une liste, maintenant, nous, on a toujours dit qu'on souhaitait que ces élections européennes, elles tournent autour de l'avenir de l'Europe, parce que c'est quand même ça qui est en jeu. On en reparlera peut-être un peu plus tard, mais moi, j'attends aussi de voir les propositions qui sont faites pour l'Union européenne, les débouchés politiques au Parlement européen…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais pour être claire, pour être très claire, pour répondre à cette question précise, vous allez leur donner un petit coup de pouce, vous allez les aider à constituer leur liste, il faut 79 noms, il faut de l'argent, ça demande quand même beaucoup d'obligations précises ?

GABRIEL ATTAL
Non, alors, nous, on travaille sur la liste de La République En Marche, c'est déjà un gros travail, et on met toute notre énergie là-dessus.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et on attend votre tête de liste. Mais Marine LE PEN a développé un peu la même idée de manipulation hier soir, sur CNews, quand on voit autour de ces listes d'anciens militants socialistes, elle parlait des listes des gilets jaunes, qu'ils sont en train de monter aux européennes, ce danger existe, dit-elle, danger de manipulation, elle s'inquiète, elle a des inquiétudes, ça traduit quoi ça cette phrase ?

GABRIEL ATTAL
Enfin, on voit bien que Marine LE PEN, depuis un certain temps maintenant, c'est devenu une usine à fake news, elle passe son temps à raconter n'importe quoi sur tout, on l'a vu sur le fameux traité d'Aix-la-Chapelle, en permanence, elle relaie des mensonges, elle relaie des grosses intox, voilà. Si elle veut le faire là-dessus, elle va continuer, je pense qu'elle se ridiculise elle-même et qu'elle ridiculise la France par la même occasion, on l'a vu au niveau européen.

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle ridiculise ?

GABRIEL ATTAL
Oui. Elle ridiculise la France, ses élucubrations sur le traité d'Aix-la-Chapelle ont fait la Une de beaucoup de journaux européens qui trouvent absolument pathétiques qu'une femme, qui a été au second tour de l'élection présidentielle, puisse raconter à ce point n'importe quoi sur un traité international.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le président a l'intention de rencontrer des gilets jaunes dans les semaines qui viennent, puisque vous parliez du grand débat, la logique du grand débat, de réintégrer tout le monde dans la discussion, le grand débat, il est issu de la réflexion du président, provoquée par les gilets jaunes, est-ce que pour boucler la boucle, il faut qu'il les rencontre ?

GABRIEL ATTAL
Il y a un certain nombre de rencontres qui sont prévues, il y en a qui ont déjà eu lieu avec des maires, il y en a une qui se tient aujourd'hui dans la Drôme, est-ce que dans le cadre de ces rencontres, certaines.…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous, vous estimez que ce serait nécessaire qu'il le fasse ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je pense que certaines rencontres peuvent donner lieu à un échange direct avec des citoyens, pas forcément des personnes qui portent un gilet jaune, finalement, ce qu'on a vu avec ce mouvement, c'est qu'il y a beaucoup de Français…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais il veut les fuir, il va les éviter ?

GABRIEL ATTAL
Non, on a vu qu'il y a beaucoup de Français dans le cadre de ce mouvement dans les sondages qui se sont déclarés, qui ont déclaré leur sympathie à l'égard du mouvement des gilets jaunes…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et pas qu'un peu, Gabriel ATTAL !

GABRIEL ATTAL
Oui, oui, eh bien, oui, donc c'est pour ça que je pense que, échanger avec des citoyens directement, dans une forme ou sous une autre, ça peut avoir du sens, mais évidemment, ça sera à lui de le voir…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc à ma question : est-ce que le président a l'intention de rencontrer des gilets jaunes, est-ce que vous estimez que ce serait nécessaire, vous êtes un peu dans l'évitement, ben oui, mais non…

GABRIEL ATTAL
Non, je ne suis pas dans l'évitement, mais ça veut dire quoi, c'est-à-dire, le fameux Maxime NICOLLE, Fly Rider, dont vous parliez, là, ça veut dire quoi, ça veut dire qu'il faut le rencontrer, lui, et si on le rencontre lui, lui qui dit que l'autre n'est pas gilet jaune, c'est-à-dire qu'il faut la rencontrer elle, si elle, on la rencontre, ça veut dire que les autres gilets jaunes vont considérer que ce n'est pas des gilets jaunes, vous voyez bien la difficulté. Ce qu'il faut, c'est parler avec les Français, et ce grand débat, il vise à ce qu'on discute, à ce que les Français parlent entre eux, à ce qu'ils fassent remonter des propositions. Et s'il y a une forme qui permet au président d'échanger directement avec les citoyens, je rappelle quand même que les maires de très petites communes se rapprochent quand même très directement de citoyens de terrain, ils ont des préoccupations du quotidien qui sont très concrètes. Il y a eu des échanges avec 600 maires dans l'Eure, avec 600 maires dans le Lot, il y a aujourd'hui des échanges avec des maires ruraux dans la Drôme.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous dites : il y a des bons et il y a des moins bons interlocuteurs…

GABRIEL ATTAL
Je ne dis pas ça…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a des bons, il y a des mauvais interlocuteurs, c'est ce que vous dites…

GABRIEL ATTAL
Je dis qu'il y a en tout cas, sur cette première série de débats, des interlocuteurs qui ont la légitimité de l'élection, et la légitimité de l'action de terrain chaque jour dans des petites communes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous irez marcher, vous, pour soutenir le président dimanche ? C'est une vraie question dans le camp présidentiel, y aller, ne pas y aller, et vous ?

GABRIEL ATTAL
Alors, déjà, ce n'est pas une marche de soutien au président, si je lis ce qui a été…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ah, très initialement, si, si, après, ça s'est élargi, mais au tout début du début, c'était en soutien au président.

GABRIEL ATTAL
Alors, peut-être, aujourd'hui, si je lis l'événement Facebook, si je lis les communiqués de presse qui sont faits par ce fameux collectif des foulards rouges, c'est une marche de soutien aux valeurs de la République, à la liberté d'expression, après les attaques qu'il y a eues contre des journalistes, et pour la sécurité dans le pays. Evidemment que moi…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce serait gênant que ce soit resté en soutien au président ?

GABRIEL ATTAL
Ah, non, moi, je ne dis pas ça du tout, moi, je suis pour que des Français soutiennent le président, ce que je constate, c'est que cette marche, les mots d'ordre, ce n'est pas des mots d'ordre politique, c'est des mots d'ordre républicain et démocratique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous irez marcher dimanche ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment, j'en ai très envie, quand on entend ces mots d'ordre-là, évidemment que ça me parle, moi, je suis outré par les attaques qu'il y a eues contre des journalistes, je suis outré par les attaques contre…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a une consigne qui a été donnée aux ministres d'y aller ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Non, il n'y a pas de consigne…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce qu'il faudrait, est-ce que vous réfléchissez, vous en parlez entre vous ?

GABRIEL ATTAL
Mais évidemment, moi, je réfléchis, est-ce que dans le cadre du grand… au moment du grand débat, est-ce que c'est la place des ministre d'être dans la rue, dans une manifestation, évidemment que la question se pose. Donc moi, aujourd'hui, j'ai plutôt tendance à me dire qu'on a lancé un grand débat, on demande aux Français de s'inscrire dans ce débat, quand il y a des manifestations, et encore plus quand elles débordent le samedi, on dit que c'est bien quand même d'aller débattre dans le cadre qui a été ouvert ; est-ce que dans ce cadre-là, c'est ma place en tant que ministre ou la place d'un ministre d'être dans la rue, je n'en suis pas certain, c'est pour ça que, voilà, il y a une réflexion…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous dites : ce n'est pas le moment de faire les malins, quoi, en gros, ce n'est peut-être pas le moment de faire les malins dans la rue, aller soutenir le président puisque ça sera, de toute façon, perçu comme un soutien au président…

GABRIEL ATTAL
Ça, c'est les médias qui en feront l'analyse…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il trouve que c'est une bonne idée ?

GABRIEL ATTAL
Je n'en ai pas parlé avec lui. Mais en tout cas, ce n'est pas faire le malin que d'aller défendre les institutions et défendre la République, et moi, j'ai de la sympathie pour des Français qui souhaiteront aller se mobiliser et aller faire faire savoir leur attachement aux valeurs de la République.

ELIZABETH MARTICHOUX
Gabriel ATTAL, vous avez repris au gouvernement un projet aussi ambitieux que – permettez-moi expression – casse-gueule, c'est celui de la mise en place du service national universel, on le rappelle : ça concerne, ça concernera tous les jeunes de 16 ans, c'est-à-dire dans l'année qui suit leur anniversaire de 16 ans ?

GABRIEL ATTAL
C'est dans l'année qui suit leur 3ème…

ELIZABETH MARTICHOUX
Leur 3ème, leur classe…

GABRIEL ATTAL
Après le collège, voilà…

ELIZABETH MARTICHOUX
Leur classe de 3ème, donc quel que soit l'âge du gamin en 3ème…

GABRIEL ATTAL
Et qu'il soit scolarisé ou pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous lancez en juin une expérience dans 13 départements, on va mettre la liste sur le site de RTL, 200 jeunes participeront par département, ils sont sélectionnés comment ?

GABRIEL ATTAL
Ils seront volontaires. Ce qu'on souhaite, c'est que les volontaires soient les plus représentatifs des jeunes eux-mêmes, donc on va aller chercher des volontaires, décrocheurs, via les missions locales, apprentis, via les centres d'apprentis, et scolarisés via les lycées ; on veut aussi qu'il y ait des jeunes en situation de handicap qui soient volontaires, parce que l'objectif, c'est qu'à terme, ce service national, il concerne tous les jeunes, il soit universel, donc il faut que dès la phase de préfiguration, on ait des jeunes très divers qui puissent participer pour qu'on puisse tester notre organisation…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc volontaires sélectionnés pour assurer la diversité, ils ne feront pas ce service national universel dans le département dont ils sont originaires, ça c'est important, vous allez les délocaliser…

GABRIEL ATTAL
Absolument. Ils ne seront même pas dans leur région, puisqu'il y a un département…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ils ne seront même pas dans leur région…

GABRIEL ATTAL
Puisqu'il y a un département par grande région métropolitaine, et un département ultramarin, la Guyane, donc ils ne seront même pas dans leur région, l'objectif, c'est qu'il y ait une mobilité, parce que ce service national universel, il va permettre d'élargir le champ des possibles de beaucoup de jeunes en leur faisant découvrir d'autres territoires, des jeunes qui viennent d'autres horizons en leur donnant des idées d'insertion, des idées d'orientation, des idées de vie dans potentiellement d'autres territoires ; il faut élargir le champ des possibles, multiplier les potentialités chez les jeunes. Et je pense que ça va avoir un impact très fort.

ELIZABETH MARTICHOUX
Un mois, un mois obligatoire, divisé en deux, 15 jours en internat, en uniforme ou pas ?

GABRIEL ATTAL
En tenue.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça veut dire ?

GABRIEL ATTAL
Ça veut dire qu'il y aura une tenue commune à la fois aux appelés et aux encadrants, avec un grade sans doute pour distinguer les encadrants…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais un uniforme, un treillis, un uniforme, une tenue militaire ?

GABRIEL ATTAL
Ça ne sera pas un uniforme militaire, ça ne sera pas un treillis, mais ça sera une tenue commune.

ELIZABETH MARTICHOUX
Une tenue commune. Donc le même, ce sera d'ailleurs fourni ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. Et ça, je le rappelle, parce que quand je vais sur le terrain, je rencontre beaucoup de jeunes dans les collèges, beaucoup de parents, et la question, elle m'est souvent posée : combien ça va nous coûter, pour moi, je ne le dis pas spontanément, parce que pour moi, ça relève de l'évidence, évidemment, on ne va pas demander aux jeunes ni à leur famille de payer pour faire leur service national universel.

ELIZABETH MARTICHOUX
Deux questions pour finir, Gabriel ATTAL, d'abord une question simple, La République En Marche va exclure aujourd'hui la députée Agnès THILL après ses propos sur la PMA pour toutes ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Alors, moi, je ne suis plus député, et c'est le groupe qui va décider, moi, d'une manière générale, je ne suis pas favorable à ce qu'on exclue sur la base d'opinions…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous n'êtes pas pour l'exclusion ?

GABRIEL ATTAL
Non, enfin, soit, il y a des déclarations qui tombent sous le coup de la loi, et dans ce cas-là, ça justifie, un fait juridique, ça justifie une exclusion, soit, il y a un fait politique : voter contre un budget, voter contre un texte important, et ça justifie une exclusion, si on se met à exclure sur la base de déclarations, je ne sais pas où on s'arrête, moi, je suis en désaccord absolu avec les propos qu'a tenus Agnès THILL, en tant que progressiste, en tant que jeune issu d'une PMA aussi, ça m'a touché, mais je pense qu'on peut…

ELIZABETH MARTICHOUX
On peut rappeler aussi, parce que tous les auditeurs ne le savent pas, jeune issu d'une PMA ?

GABRIEL ATTAL
Oui, enfin, voilà, comme beaucoup de jeunes. Et donc forcément, quand j'entends des propos sur le fait qu'une PMA, ça relève d'un désir des parents d'enfant qui serait incompréhensible ou inacceptable, ça me touche, mais pour autant, enfin, on connaît ces désaccords, chacun sait que les paroles d'Agnès THILL ne représentent pas les paroles de La République En Marche ou du groupe sur ces sujets-là, à partir de là, je pense que les choses sont suffisamment claires, je ne sais pas s'il faut aller jusqu'à une exclusion, en tout cas, ça ne me semble pas être un…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous le regretteriez. Initialement, on s'était parlé pour que vous veniez parler de votre projet d'inventer une philanthropie à la française et de booster les dons, ce sera pour une prochaine fois. Vous avez des projets précis pour aider les Français à donner, puisque les associations, parfois, sont dans une situation dramatique de baisse de dons. Merci à vous Gabriel ATTAL d'avoir été avec nous sur RTL.

GABRIEL ATTAL
Merci.

YVES CALVI
Sur la liste des gilets jaunes, c'est une bonne chose pour la démocratie représentative. Concernant Marine LE PEN, elle est devenue une usine à fake news. Et enfin, pour le service universel, dont il a la charge, Gabriel ATTAL nous confirme qu'il aura bien lieu après la classe de 3ème sur la base du volontariat, un mois obligatoire et en tenue commune, prise en charge par l'Etat.


Source ; Service d'information du Gouvernement, le 4 février 2019

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