Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, sur les efforts en faveur des anciens combattants, le devoir de mémoire et sur le service national universel, à Paris le 23 janvier 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, sur les efforts en faveur des anciens combattants, le devoir de mémoire et sur le service national universel, à Paris le 23 janvier 2019.

Personnalité, fonction : DARRIEUSSECQ Geneviève.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées

Circonstances : Voeux au monde combattant, à Paris le 23 janvier 2019

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Mesdames, messieurs les élus,
Monsieur le délégué national de l'Ordre de la Libération,
Monsieur le major général des armées, amiral,
Monsieur le secrétaire général pour l'administration,
Monsieur le gouverneur militaire de Paris, mon général,
Monsieur le directeur de cabinet de la ministre des Armées,
Mesdames, messieurs les directeurs d'administration centrale,
Mesdames, messieurs les directeurs d'établissements publics,
Mesdames, messieurs les membres du corps diplomatique,
Mesdames, messieurs les officiers généraux, officiers, sous-officiers, militaires du rang et personnel civil des armées,
Monsieur le président du Conseil d'Administration de la Mission du Centenaire, mon général,
Monsieur le directeur de la Mission du Centenaire,
Messieurs les représentants des cultes,
Mesdames et messieurs, les présidents et membres du monde associatif combattant,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

C'est la deuxième fois que je me présente devant vous pour adresser mes voeux au monde combattant. C'est pour moi un plaisir renouvelé et une occasion précieuse de nous rassembler et de vous rencontrer.

Ici, aux Invalides, le monde combattant et la Nation ne font qu'un. En ces lieux, les valeurs et les vertus militaires, d'hier et d'aujourd'hui, sont mises en exergue et célébrées.

Monsieur le Gouverneur militaire de Paris, merci de nous ouvrir les portes de ces prestigieux salons.

« Libérer, protéger, unir. » Tels sont les piliers qui portent l'action du Gouvernement. Dans ce ministère, nous protégeons les Français. Nous travaillons à garantir la sécurité nationale.

Au quotidien, nous soutenons, nous aidons et nous accompagnons nos soldats et nos anciens combattants.

Le ministère des Armées a un visage. Celui des hommes et des femmes qui servent aujourd'hui sous le drapeau. Celui des hommes et des femmes qui l'ont servi hier.

En votre nom à tous, je salue la mémoire de nos soldats morts pour la France et au service de la nation en 2018. Nous honorons également le souvenir des militaires morts au feu ou à l'entraînement. Epreuve que nous avons connue encore très récemment avec la perte de deux de nos aviateurs. Cela nous rappelle que les missions, qu'elles soient de combat, en protection des biens et des personnes, ou d'entraînement, sont toujours singulières et dangereuses. L'engagement de nos militaires nous oblige et fait notre admiration.

Je veux également saluer la mémoire des anciens combattants qui nous ont quittés en 2018. Ils étaient vos camarades et vos frères d'armes. J'ai une pensée particulière pour les cinq Compagnons de la Libération disparus l'année dernière et pour leur doyen, Guy CHARMOT, décédé il y a quelques jours.

Je souhaite aussi assurer de notre soutien ceux qui connaissent la douloureuse expérience de la blessure. Et leur dire que nous serons toujours auprès d'eux.

Mesdames et messieurs, depuis près de 20 mois, j'ai l'honneur d'être votre interlocutrice, de travailler pour vous et avec vous. Cet honneur, je le mesure tous les jours. Sous l'autorité du Président de la République, du Premier ministre et avec Florence PARLY, je m'applique à renforcer le lien armées-Nation, à accompagner le monde combattant, à faire vivre sa mémoire, à agir pour la jeunesse, à améliorer le quotidien de nos forces et des personnels. Ces missions sont passionnantes, elles nécessitent un travail de terrain, d'écoute et de proximité que j'affectionne particulièrement.

Ces missions nous les menons et nous les mènerons ensemble.

Je salue les présidents d'associations du monde combattant, tous leurs membres et bien-sûr leurs porte-drapeaux. Vous êtes indispensables au rassemblement des différentes générations du feu, au maintien du lien entre l'armée et la nation.

Je salue également le délégué national de l'Ordre de la Libération et les représentants des fondations mémorielles. Vous êtes les piliers de nos actions mémorielles.

Je souhaite remercier très sincèrement toutes les équipes du ministère et notamment celles avec qui je travaille régulièrement : toutes les directions du Secrétariat Général pour l'Administration, et particulièrement la DPMA, le Service de Santé des Armées, les directions des ressources humaines des armées. Je remercie toutes les femmes et tous les hommes qui, au quotidien, font l'efficacité de l'ONAC-VG, de l'INI, de nos musées, du SHD et de l'ECPAD. Je remercie aussi la Mission du centenaire pour le formidable travail accompli. Enfin, je veux avoir un mot de remerciement et de reconnaissance pour mon cabinet, dirigé par Eric LUCAS. C'est une toute petite équipe mais mobile, active, réactive et efficace !

Je veux également remercier le cabinet civil et le cabinet militaire de Florence PARLY. Ils m'apportent un soutien précieux dans de nombreux dossiers.

Mesdames et messieurs, 2018 a été une année particulièrement riche et je suis fière du travail accompli collectivement.

Riche d'une mémoire combattante omniprésente dans nos territoires et au premier plan de l'actualité.

Riche parce que nous avons maintenu et renforcé l'oeuvre de réparation et de reconnaissance. Parce que nous avons mis en place une méthode fondée sur l'écoute et la concertation.

Riche pour l'avenir car la jeunesse a été au coeur de nos actions et de nos réflexions. Je pense tout particulièrement à ce beau projet qu'est le Service National Universel.

Riche, enfin, par la publication de la LPM 2019-2025.

C'est fort de ce bilan que nous abordons 2019, avec la volonté de mener à bien nos actions et de lancer de nouveaux projets.


2018 restera comme une année… mémorable.

Mémorable, car la mémoire combattante a touché le coeur des Français et le coeur de notre pays.

La France a dignement honoré ses poilus. Hommage a été rendu aux combattants de tous les fronts, aux soldats de toutes les origines et de tous les grades. A ceux de Morhange, des Eparges, de Verdun comme de Salonique. Cet hommage a été à la hauteur de leur courage, de leur ténacité et de leur sacrifice.

Les noms des 1,4 millions de morts pour la France sont inscrits sur nos monuments de pierre. Ils sont désormais également rassemblés dans l'espace numérique grâce à l'indexation de l'ensemble des fiches matricules des morts pour la France. Ce fut un magnifique travail collectif dont je tiens à remercier tous les participants.

Nous avons aussi commémoré le sacrifice consenti par tous nos alliés en France comme à l'étranger.

Incontestablement, le centenaire a été une réussite patriotique, mémorielle, touristique et civique.

Nous le devons à la mobilisation des Français et de tous les territoires de la République. Les commémorations ne se sont pas limitées aux départements du front, de l'Est et du Nord de la France. Les départements de l'arrière, jusqu'à nos collectivités d'Outre-mer, se sont également emparés de ce moment. Ainsi, à l'instar du peuple victorieux de 1918, c'est bien la Nation toute entière qui s'est mobilisée en 2018.

La Mission du Centenaire, que je remercie encore chaleureusement, a labellisé plus de 6 000 projets, organisé des dizaines de cérémonies nationales et internationales. Des centaines d'actions ont été construites avec les associations, les établissements scolaires et les collectivités territoriales.

La DPMA et l'ONAC-VG ont été des chevilles ouvrières et des relais essentiels du « centenaire du quotidien ». Et pour ma part, c'est avec fierté que j'ai vu le Bleuet de France sur tant de poitrines. Je l'ai vu sur nos pièces de monnaie, je l'ai vu sur nos murs et je l'ai même vu sur les maillots de nos équipes sportives.

Le 11 novembre 2018 a marqué les esprits et il restera dans les coeurs. Je pense à la multitude de cérémonies dans nos communes. Je pense à l'amitié franco-allemande qui s'est si fortement exprimée à Rethondes. Je pense bien évidemment à cette magnifique cérémonie sous l'Arc de Triomphe, aux paroles de jeunes de toutes origines, aux voix et aux notes magnifiques. Nous nous souviendrons que ce jour a été une ode à la paix.

Je ne peux pas devant vous évoquer l'Arc de Triomphe sans dire un mot des événements du 1er décembre. Le saccage de ce monument m'a profondément révoltée. Comme beaucoup d'entre vous. J'ai apporté et je renouvelle tout mon soutien au Centre des Monuments Nationaux. Je redis, ici, toute ma gratitude au Comité de la flamme. Parce que oui, en 2018, la flamme du souvenir a brûlé tous les jours grâce à ses bénévoles et elle brûlera toujours en 2019.

Cette année encore, la reconnaissance de la France ne faiblira pas. Avec « Ceux de 14 » et leur porte-étendard, Maurice GENEVOIX, ce sont les soldats de la Première Guerre mondiale et la Nation combattante toute entière qui franchiront le seuil du Panthéon.


Le 75ème anniversaire de la Libération de la France sera la thématique majeure de cette nouvelle année.

En 2018 déjà, j'ai rendu hommage à Jean MOULIN, sur les lieux même de son arrestation à Caluire et dans la prison de Montluc. C'est le héros, qui jusqu'à son dernier souffle a refusé de parler, que j'ai salué avec émotion. En octobre, c'est la libération de la Corse que nous avons célébrée. Premier département métropolitain libéré, l'Ile de Beauté le fut par l'action résolue de ses résistants et par l'armée d'Afrique, notamment par les goumiers marocains. J'ai eu beaucoup d'émotion à échanger avec les anciens goumiers présents, ils manifestaient encore un amour profond de la France.

Nous allons donc commémorer en présence des derniers vétérans le Débarquement en Normandie, celui de Provence, les libérations de Paris et de Strasbourg. Nous mettrons en valeur le rôle des armées françaises et celui de la Résistance.


Nous n'oublions pas les conflits contemporains. Vous le savez, la quatrième génération du feu m'est particulièrement chère. Dès ma prise de fonction, j'ai tenu à faire avancer le projet de monument aux morts pour la France en opérations extérieures.

Mesdames et messieurs, après 10 ans de péripéties, ce monument sera réalisé en 2019 ! Je suis heureuse de vous l'affirmer aujourd'hui. C'est aussi une demande expresse du Président de la République.

Il sera édifié à Paris, au sein du parc André Citroën. Ce monument est attendu par la communauté de défense, il est mérité par nos soldats, il est dû aux familles et aux proches.

Il marquera solennellement la reconnaissance de la Nation envers ces combattants morts pour la France.


En 2019, nous devrons aussi nous interroger sur la politique de mémoire.

Le monde combattant se transforme, la transmission de sa mémoire aussi. Alors que le tourisme de mémoire a pris de l'ampleur et que les territoires ont su saisir cette opportunité, il nous appartient de faire perdurer l'intérêt et d'accompagner ces évolutions.

Il est également nécessaire de réfléchir au contenu de notre politique de mémoire. De nouveaux rites et de nouvelles pratiques commémoratives sont nés ou vont naitre. Il ne faut pas en avoir peur. Il faut accompagner ces changements pour ancrer la mémoire combattante dans le XXIème siècle.

Je suis attachée à développer le travail de mémoire auprès des jeunes générations.


Je veux maintenant évoquer les actions menées au service du monde combattant d'hier et d'aujourd'hui.

Notre monde combattant fête ses cent ans ! En mars 1919, quelques mois après l'armistice, la loi LUGOL fut votée sous l'impulsion de Georges CLEMENCEAU. Elle donnait naissance à l'ancêtre de notre Code des Pensions Militaires d'Invalidité et des Victimes de Guerre. Elle mettait en place un véritable système de reconnaissance et de réparation en faveur de ceux qui ont été atteints dans leur chair ou qui ont perdu leur vie parce qu'ils portaient nos armes.

Nous en sommes les héritiers.

Mon action pour le monde combattant s'articule autour de trois axes : concerter, protéger et moderniser.


En 2018, comme je m'y étais engagée, trois groupes de travail se sont réunis à de nombreuses reprises. Ils ont recensé les demandes, ils les ont évaluées. C'est une concertation inédite qui a été menée avec les associations du monde combattant. Nous avons discuté, nous nous sommes écoutés, nous avons établi nos accords, nous avons aussi parlé de nos désaccords. C'est cela le travail collectif auquel je tiens.

Je peux vous assurer qu'en 2019, nous continuerons !

Je veille constamment au maintien des droits des anciens combattants. En 2019 nous préservons l'ensemble de vos dispositifs, y compris fiscaux et nous ouvrons des mesures supplémentaires. Mais, je le fais avec responsabilité.

En effet, il est essentiel de respecter des équilibres budgétaires. Les tensions dans le consentement à l'impôt sont pour tous les acteurs publics une incitation supplémentaire à veiller à la bonne utilisation des deniers de l'Etat. J'en prends ma part, avec l'équité et la solidarité pour valeurs maîtresses.


Ainsi, je suis fière d'avoir répondu à une attente ancienne relayée par l'ensemble des associations. Désormais, la carte du combattant est attribuée aux soldats français engagés en Algérie entre juillet 1962 et juillet 1964.

C'était une iniquité que le Président de la République s'était engagé à réparer. C'est un engagement tenu ! Nous l'avons fait alors que tant d'autres gouvernements l'avaient reculé ou l'avaient retardé.

Cette mesure devrait générer l'attribution de 50 000 cartes du combattant dans la durée. C'est un effort estimé à près de 30 millions d'euros en année pleine.

J'ai ouvert, hier matin, la première commission nationale de la carte du combattant de l'année. J'ai tenu à y être présente. Plus de 8 000 dossiers ont été instruits pour la carte 62-64. Ce nombre considérable démontre qu'il y avait une forte attente de cette mesure. Je remercie l'ONAC-VG pour sa mobilisation.

La carte 62-64, c'est désormais du concret !


À la demande du Président de la République, j'ai constitué un groupe de travail où les anciens harkis et leurs enfants étaient représentés. La concertation a duré six mois sous la présidence du préfet CEAUX. Elle a été menée avec plusieurs ministères et des représentants des associations. En cela, elle fut inédite par son ampleur.

Le 25 septembre dernier, j'ai annoncé les principales mesures. Nous revalorisons de 400 euros l'allocation de reconnaissance des anciens harkis et la rente viagère attribuée aux veuves.

Nous créons un dispositif de solidarité en faveur des enfants de harkis géré par l'ONAC-VG. Ce fond de solidarité a été créé par un décret du 28 décembre 2018. C'est la première fois qu'un dispositif propre aux enfants de harkis est établi.

C'est une étape supplémentaire de la reconnaissance de notre pays pour ces anciens combattants et leurs familles.


L'amélioration du processus d'attribution des pensions militaires d'invalidité (PMI) fait partie de mes priorités.

Plusieurs avancées significatives ont été obtenues.

Il y a désormais une présomption d'imputabilité en cas d'accident de service des militaires. Le tarif des expertises médicales a été augmenté de 43% afin de les rendre plus attractives pour les médecins et d'accélérer les délais d'examens.

Afin d'accélérer et de simplifier le contentieux des PMI, celui-ci a été transféré vers les juridictions administratives. Parallèlement, un recours administratif préalable devant une commission de recours de l'invalidité a été créé. Je sais que cette réforme a pu inquiéter certains. Toutes les réformes inquiètent à leur début. Mais je crois que la concertation a permis de lever les inquiétudes. L'administration a mis en place les garanties de procédure et de représentation demandées par les associations.

Nous poursuivrons les améliorations puisqu'en 2019 nous travaillerons à permettre l'initiation d'une demande ou d'une révision de PMI à partir d'Internet. Le numérique entre de plus en plus dans le processus de modernisation de notre ministère.

Je souhaite aussi que nous réfléchissions au sujet de la pension du conjoint survivant. Vous le voyez notre travail n'est pas terminé.


Les moyens d'action des opérateurs du monde combattant sont reconduits, que ce soit l'ONAC-VG, dans ses moyens de fonctionnement et dans ses crédits dédiés à l'action sociale, l'INI et l'Ordre national de la Libération.

En 2019, l'INI poursuit la mise en oeuvre du nouveau projet d'établissement, le renouvellement de ses infrastructures et la mise aux normes de ses installations. Et bénéficie à ce titre de 35 millions d'euros d'autorisations d'engagement. Cette institution tricentenaire est entrée dans une nouvelle phase de son histoire au service de ses pensionnaires bien sûr et au service de la reconstruction physique et psychique de nos blessés. L'INI aura une position stratégique remarquable dans le parcours des blessés qui me tient à coeur.

Je salue le médecin général PLOTTON qui a quitté l'INI, je le remercie pour son action efficace.

A l'instar de l'INI, l'ONAC-VG doit également évoluer pour faire face à l'évolution de ses missions, pour entrer pleinement dans le numérique. Mais aussi pour s'adapter à l'évolution du monde combattant. Il convient aussi de simplifier la gouvernance de l'établissement. Ces évolutions ne remettront pas en cause le maillage territorial. J'y suis attachée car il me parait essentiel. Elles seront étudiées dans le cadre du prochain contrat d'objectifs 2019-2023. Il devrait être signé au cours du premier semestre.


Le troisième point que je souhaite évoquer devant vous me tient particulièrement à coeur car il est celui de l'avenir de nos armées et du futur du lien armées-nation. Il est celui de la jeunesse !

Pour le ministère des Armées, la jeunesse est à la fois une priorité et un défi. Une priorité parce qu'elle est l'avenir de la Nation. Un défi car nous devons attirer les jeunes et leur apporter la meilleure des formations possible.


Plus de 770 000 jeunes ont effectué leur Journée Défense et Citoyenneté en 2018. Certaines ont été exceptionnelles. J'ai participé à l'une d'entre elle, organisée à Oradour-sur-Glane en compagnie de M. HEBRAS. Ce fut un moment fort !

La Direction du Service National et de la Jeunesse a mené un important travail d'amélioration et de simplification de ses services. Ainsi, le site majdc.fr permet une mise en relation facilitée des usagers, des mairies et des partenaires. Il est évidemment pensé pour être adaptable aux évolutions du service national.


Le Service Militaire Volontaire a pris encore plus d'ampleur en 2018. Et je m'en réjouis.

Expérimenté depuis 2015, le bilan est très positif. Près de 2 500 contrats de volontaires ont été signés depuis sa création et près de 72% d'entre eux ont connu une insertion positive vers un emploi ou une formation qualifiante.

C'est une très grande réussite !

Le mérite en revient aux encadrants, civils comme militaires, et aux jeunes. Ils ont démontré leur détermination et leur envie de réussir. Je veux les féliciter parce que le service militaire volontaire est un parcours exigeant qui nécessite une grande résolution et une bonne dose d'opiniâtreté.

Ce dispositif a donc été pérennisé. Son site internet a été lancé. Dans quelques jours, nous installerons le conseil partenarial d'orientation qui rassemble les acteurs liés à la formation et à l'insertion.


J'ai également pu découvrir les classes de « défense et sécurité globale » et les cadets de la défense.

Ces dispositifs vivent grâce à l'engagement des acteurs de l'Education nationale – proviseurs et professeurs- des unités militaires voisines et de nos réservistes. Je les remercie tous.

A chaque fois, je rencontre nombre de jeunes qui témoignent de leur envie de servir et de participer à l'histoire de leur pays.


Ceci m'amène tout naturellement à évoquer le service national universel, le fameux SNU ! Un nouveau sigle qui, j'en suis certaine, ne tardera pas à se faire un nom. Le Service National Universel est un projet d'envergure qui s'adresse à une société toute entière. Nous y oeuvrons avec Gabriel ATTAL, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, qui en charge ce dossier et ce déploiement. C'est normal, ce n'est pas un service militaire.

2018 a été le temps de la conception, de la proposition et de la consultation territoriale. Des groupes de travail ont oeuvré en éclairant les réflexions du Gouvernement. Je souhaite remercier le Général MENAOUINE pour la tâche accomplie.

2019 sera le premier temps de la concrétisation. Dès le mois de juin, le dispositif entrera en phase de préfiguration avec une première cohorte d'environ 3 000 jeunes volontaires, issus et répartis dans 13 départements. Pour ce qui est de la partie dévolue aux armées, il s'agira de partager nos valeurs républicaines, de transmettre la mémoire et une culture de défense.

Ainsi, les armées et le monde combattant y apporteront leur concours.


2019 est la première année d'application de la Loi de Programmation Militaire.

A Toulouse, lors de ses voeux aux armées, le Président de la République a clairement rappelé tous les objectifs de la LPM. Elle est une garantie de la remontée en puissance de nos forces. Elle nous permet de réparer le présent en renouvelant les équipements et de préparer l'avenir. Elle nous permet d'améliorer les conditions de travail des femmes et des hommes de notre ministère.

Cette LPM concerne également nos jeunes et nos familles.

En septembre 2018, à l'occasion de la rentrée des classes au Prytanée de La Flèche, j'ai présenté un « plan Lycées », plan d'investissement, élargissement de l'offre d'enseignement et réalisation d'un règlement harmonisé pour nos six lycées de la défense.

Ces établissements sont uniques dans le système scolaire français. Ils constituent une aide précieuse à de nombreuses familles de militaires et de fonctionnaires.

Nous avons fait le choix de pérenniser ces établissements. Alors qu'hier, les investissements nécessaires étaient sans cesse repoussés, nous avons décidé d'investir massivement pour l'avenir.

Plus de 100 millions d'euros seront ainsi investis sur la période 2019-2025. Cet effort concernera l'ensemble des établissements avec un effort marqué au profit des plus anciens. Il s'agit d'un engagement fort du ministère des Armées.

En 2019, je vérifierai régulièrement si ces décisions sont bien appliquées et je serai attentive au calendrier de livraison.

Nous répondons ainsi à une triple exigence : celle de l'excellence, celle de l'égalité des chances et celle de l'exemplarité.


Je suis particulièrement attachée, vous le savez, aux questions médicales et à la santé de nos militaires comme de nos anciens combattants.

Un service de santé opérationnel et de qualité est plus qu'une nécessité dans une armée telle que la nôtre, il est vital pour nos forces. Nous connaissons tous l'engagement durable des équipes médicales à nos côtés, sur le territoire comme en opérations extérieures. Je veux ici réitérer mon message de confiance et de soutien à Madame la Directrice générale et à ses équipes.

Les transformations en cours visent à maintenir un SSA robuste, répondant à nos besoins stratégiques de projection tout en maintenant une qualité optimale de la prise en charge de nos militaires sur le territoire. Et nos hôpitaux militaires sont des lieux de soins remarquables ouverts aussi à la population civile. Ils jouent un rôle important dans l'offre de santé publique.

Le SSA n'échappe pas au problème général du système de santé français notamment en terme de ressources en médecins, et nous devons rester très mobilisés sur ces enjeux.

Autre enjeu essentiel, c'est le soutien indéfectible que nous devons à nos blessés. Le parcours des blessés est un parcours de soins, de solidarité et de réinsertion. Grâce à l'action des cellules d'aide aux blessés de chaque armée, du Service de Santé des Armées, des associations, de nos opérateurs, des unités de formation et de réinsertion, c'est un véritable chemin qui est mise en oeuvre. Chemin parfois difficile, mais jamais nous ne laisserons nos blessés.


A hauteur d'homme et de famille, la LPM doit nous permettre d'assurer de meilleurs conditions de travail à nos personnels. C'est aussi pour cela que je continuerai à suivre attentivement l'application du plan famille. Sa mise en oeuvre nous tient, à Florence Parly et moi-même, particulièrement à coeur.

Des logements, des crèches, des équipements wifi…. Nous poursuivrons l'effort en 2019, en particulier dans les zones tendues. Dans mes déplacements au sein des unités, je m'attache à rencontrer les responsables de ce plan ainsi que les familles. Cela nous aide à évaluer et à faire évoluer ce plan en fonction des besoins.


Enfin, je voudrais que nous soyons également fiers d'avoir un ministère qui est totalement investi dans la transition énergétique et dans la protection de l'environnement. Parce que nous sommes une armée qui prend en compte les défis de la planète et la nécessité des économies énergétiques, nous menons un travail important dans ce domaine.

Le Service d'Infrastructure de la Défense s'y inscrit avec volontarisme et professionnalisme. Rénovation thermique des bâtiments, contrats de performance énergétique, production d'énergie renouvelable (le « plan soleil » qui nous permettra de mettre à disposition d'opérateurs privés, à l'horizon 2023, près de 2 000 hectares pour des installations photovoltaïques), favorisation de la biodiversité sur toutes nos emprises.

Ainsi, les armées s'inscrivent pleinement dans ces enjeux de la société et dans les défis du siècle qui s'offre à nous.


Voilà mesdames et messieurs, chers amis, ce que je tenais à vous dire.

Je connais votre sens du devoir, votre goût de l'engagement et votre esprit de fraternité. Je vous sais unis par l'amour de notre pays et par les valeurs de la République.

C'est pour cela que vous êtes des piliers de notre cohésion nationale. Le chef de l'Etat le sait et réaffirme constamment sa confiance dans les armées et dans le monde combattant.

A l'heure des difficultés, des tensions sociales et du repli sur les intérêts particuliers, votre exemple de fraternité, d'unité et d'engagement demeure un atout pour la Nation.

Aussi, c'est en confiance que nous débutons cette année. C'est en confiance que nous ferons de cette nouvelle année une réussite pour le monde combattant et pour les armées.

Pour de multiples raisons, l'année 2019 sera décisive pour la France et pour l'Europe.

Pour la France, je vous demande, je demande aux associations du monde combattant, de participer très largement au grand débat national. Allez-y en tant que citoyens pour porter vos idées et réaffirmer les valeurs de la République. Alors que j'entends des messages dangereux pour notre avenir, je compte sur vous ! Vous qui avez combattu pour que la France soit ce qu'elle est, c'est-à-dire une terre d'égalité, de liberté, de fraternité et de démocratie ouverte et pleine et entière.

Je souhaite aussi que dans les mois qui viennent nous puissions parler d'Europe et de défense européenne. Plus que jamais, l'Europe unie c'est la paix et la protection des Français. En 2018, le centenaire de la Grande Guerre nous l'a encore ardemment rappelé. Il nous rappelle aussi qu'une paix mal établie et mal ficelée fut le ferment de la Seconde guerre mondiale.

L'Europe nous permet de vivre en paix depuis des décennies, de disposer d'un socle commun de valeurs et de protection pour chacun des pays.

Pour conclure, je veux m'adresser à chacun d'entre vous pour vous souhaiter une heureuse année, ainsi qu'à vos familles et à vos proches.

Je formule des voeux pour que 2019 soit à la fois synonyme de réussite dans vos projets individuels et dans notre projet collectif.

Bonne année à tous au service de l'ensemble du monde combattant.
Bonne année à tous au service de nos armées.
Bonne année à tous au service de la France et des Français.


Vive la République !
Vive la France !


Source https://www.defense.gouv.fr, le 4 février 2019

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