Déclaration de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, sur la politique du sport et l'accès aux équipements sportifs sur le territoire, Paris le 24 janvier 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, sur la politique du sport et l'accès aux équipements sportifs sur le territoire, Paris le 24 janvier 2019.

Personnalité, fonction : MARACINEANU Roxana.

FRANCE. Ministre des sports

ti :

Avant toute chose, permettez-moi de vous adresser mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Que 2019 soit belle et heureuse pour chacun d'entre vous et pour vos proches.

Vous tous ici, sportives et sportifs, passionnés et amoureux du sport vous oeuvrez chaque jour à atteindre un même objectif qui nous rassemble et nous dépasse. Vous oeuvrez à partager avec le plus grand nombre notre passion commune. A transmettre cette conviction que grâce au sport, on apprend à se connaître et à connaître l'autre, à respecter la règle et l'adversaire, à gagner et à perdre, à avancer, se dépasser, rester humble mais aussi rêver.

Le sport est une construction collective où vous êtes, où nous sommes tous indispensables, chacun à notre place, quel que soit notre rôle : bénévole, éducateur, arbitre, agent public, cadre fédéral, mécène, sponsor, sportif ou élu local…

C'est ce sentiment d'appartenir à un tout qui peut être efficace pour mettre le sport au coeur de notre société et qui doit nous guider.

Et c'est l'esprit qui m'anime à l'aube de cette année 2019 et du lancement de l'Agence nationale du sport : comment MIEUX FAIRE, ENSEMBLE.

Cette cérémonie de voeux conjoints du CNOSF, du CPSF et du Ministère des sports, en est la preuve.

Elle est inédite et symbolise notre unité, notre volonté de porter un projet commun.


[Mieux faire ensemble]

Marie-Amélie, Denis, vous l'avez dit tous les deux, les enjeux de l'année 2019 sont enthousiasmants parce que nous sommes en train de refonder notre organisation collective.

Une organisation dans laquelle on ne cherche pas qui domine l'autre.

Une organisation dans laquelle l'intérêt général du sport, et lui seul, prime.

Et j'ai ici envie de reprendre les mots de Jean-Claude Killy dans une interview accordée au Monde il y a quelques semaines qui invitait « Chacun à faire un pas de côté ».

C'est exactement de cela dont il s'agit. Nous devons mettre en place une nouvelle approche, fondée sur plus de coopération, de participation et de transparence.

Qu'est-ce que cela signifie ?

Que l'Etat s'ouvre plus encore et s'associe au monde sportif, aux collectivités et aux acteurs économiques et sociaux afin de penser et mettre en oeuvre la stratégie du sport français.

Que l'Etat ne soit plus le seul et unique décisionnaire mais qu'il discute les financements du sport en France avec tous les acteurs concernés.

Que les sportifs, et plus largement les pratiquants, soient au coeur de nos préoccupations et de notre projet.

Ce défi collectif, nous allons le relever avec tous ceux qui accompagnent ce changement :

Je pense notamment :
-A Jean Castex et Frédéric Sanaur qui sont à l'oeuvre pour que l'Agence nationale du sport soit opérationnelle dans les prochaines semaines
-A Gilles Quénéhervé et les équipes du ministère des Sports à Paris comme dans les territoires,
-A Armelle Daam et Ghani Yalouz, et à leurs équipes du CNDS et de l'INSEP,
Et je n'oublie pas Patrick Bayeux et Laurence Lefèvre, aujourd'hui ma directrice de cabinet, qui ont su mener une concertation précieuse pour faire évoluer notre organisation du sport.

La simplification et la modernisation du modèle sportif français doivent s'appuyer sur des évolutions législatives et réglementaires.

C'est l'objet de la future « loi sport » évoquée par le Président de la République lors de l'inauguration de la maison du Handball.

Pourquoi cette loi ?

Elle scellera le rôle et définira le périmètre de chacun des acteurs :

- Elle devra généraliser les parlements régionaux qui existent déjà sur certains territoires. L'Etat, les collectivités, le mouvement sportif, le monde économique et social y discuteront des projets sportifs locaux,
- La loi pourra regrouper ces mêmes acteurs au sein de conférences des financeurs pour décider des budgets à allouer sur leur territoire avec une priorité donnée au sport professionnel, au haut niveau, aux équipements structurants et au rattrapage des inégalités,
- Cette loi doit permettre au mouvement sportif de devenir plus autonome et responsable, s'engageant notamment à plus de transparence et d'éthique dans l'élection de ses Présidents comme de ses instances intermédiaires.
- l'Etat, quant à lui, passe d'un rôle tutélaire à un rôle partenaire. Il se consacre plus encore à son rôle éducatif, d'ingénierie territoriale et à l'élaboration des politiques publiques,
Comptez sur moi pour porter ce projet et associer nos parlementaires à cette feuille de route. Nous aurons besoin de leur expérience de terrain et de leur soutien pour enrichir ces propositions et porter des mesures fortes. Sans eux, sans vous chers parlementaires, nous n'y arriverons pas.

Des mesures législatives pourraient également reconnaître le sport comme instrument de cohésion sociale et de solidarité, par exemple à travers le rôle des acteurs socio-sportifs.

Je souhaite aussi proposer dans cette loi des mesures visant à dynamiser l'économie du sport. Nous allons par exemple moderniser la gouvernance du sport professionnel. Nous souhaitons aussi proposer aux fédérations et aux clubs, le statut de société coopérative d'intérêt collectif pour mieux développer l'économie par le sport et l'emploi sportif.

Nous devons être fiers de ces évolutions qui engagent la famille du sport dans la modernité. Une modernité fondée sur la libération des énergies, l'écoute et la coopération.


[Refondation du haut niveau et de la haute performance]

S'agissant du haut niveau et de la haute performance, désormais pilotés par l'agence, je l'ai dit récemment : notre système d'organisation est performant pour l'accession au haut niveau. Nous ne le changeons pas. Ce qui doit changer, c'est notre capacité à monter sur le podium et pour ceux qui y sont déjà, à accéder à la plus haute marche, acquérir cette culture de la réussite et se sentir légitime à gagner.

C'est notre défi commun, une exigence pour réussir les Jeux.

La haute performance, cet or à ciseler, cette alchimie à réinventer sans cesse, est un travail de chaque instant, un artisanat du quotidien, de l'humain avant tout. L'athlète et son entraîneur, noyau de cette cellule de performance, ont besoin d'être mieux accompagnés.

J'ai missionné Claude Onesta pour remplir ce rôle. Claude sera à vos côtés, attentif à vos besoins. Et je vous demande d'accepter ce challenge, ce regard que je souhaite bienveillant et exigeant pour le sport Olympique et Paralympique.

Dès la création de l'agence, nous ancrerons une nouvelle stratégie fondée sur des objectifs ambitieux et un management agile.

25 millions d'euros supplémentaires ont été inscrits dans la loi de finances 2019 pour le sport de haut niveau. Ils permettront notamment de mieux soutenir nos athlètes médaillables grâce à un nouveau système de bourses et un accompagnement technique de qualité.

Nous sommes, vous êtes, déjà tournés vers Tokyo 2020 et Pékin 2022. Deux rendez-vous majeurs que vous préparez depuis des mois. Nous vous accompagnerons dans votre quête de médailles au cours de cette Olympiade. Avec l'ambition de poser les fondations d'une relation durable et vertueuse sur la route de Paris 2024.

J'en profite pour vous indiquer que j'ai missionné le champion paralympique de natation, Charles Rozoy pour soutenir à vos côtés, le développement du handisport, du sport adapté et du sport paralympique. Il s'assurera que je puisse en permanence être à votre écoute.

Je connais trop bien l'engagement, les aléas, et les difficultés, liés à la construction de la performance pour parler de vos objectifs à votre place. Néanmoins, je compte sur vous et je serai à vos côtés pour ces prochain rendez-vous.

Si les athlètes sont les principaux acteurs de la performance, il n'y a pas de résultats sans éducateurs, sans entraîneurs, sans encadrants. C'est pourquoi, je souhaite rappeler aux conseillers techniques sportifs que je suis consciente de leur rôle déterminant dans la réussite de nos athlètes. Je le sais, ils sont les artisans d'une grande partie de nos succès.

Cependant, notre modèle sportif doit se transformer, et dans cet écosystème, la place, le rôle et le positionnement de chacun doit lui aussi évoluer. De nouveaux équilibres doivent être trouvés, des mutualisations nouvelles doivent être inventées. Cependant, je peux vous garantir que je n'abandonnerai personne et que j'avancerai avec vous dans le respect de vos métiers.


[Refondation du développement du sport]

J'ai également la conviction que le sport, au-delà de la compétition, doit pouvoir répondre aux attentes des Français et s'adapter aux envies nouvelles des pratiquants.

Pour faire entrer davantage le sport dans notre quotidien, nous devons commencer par en faire évoluer les représentations. Chacune et chacun doit pouvoir s'identifier à une pratique accessible, adaptée à son mode de vie, à ses contraintes professionnelles et familiales et à ses aspirations du moment.

Chaque concitoyen doit être convaincu que le sport, c'est aussi pour lui !

Je veux faciliter la rencontre entre les Français et le sport.

Là où ils sont,
partout,
dans les villes comme à la campagne,
au sein d'équipements sportifs comme en plein nature,
à tous les âges de la vie.

Et je serai particulièrement attentive à ceux pour qui l'accès au sport est encore trop difficile.

Cet amour du sport, nous devons le transmettre à nos enfants, dès le plus jeune âge. La perspective de l'école obligatoire dès 3 ans nous offre des possibilités nouvelles pour mettre l'accent sur les primo-apprentissages moteurs. C'est aussi l'occasion de renforcer les passerelles entre le sport scolaire et les clubs.

A ce titre, le rapprochement envisagé des services déconcentrés du ministère avec ceux de l'éducation nationale, est une chance.

Chers dirigeants de Fédérations et de clubs sportifs, vous le savez, désormais, le sport-santé, le sport pour les personnes âgées, le baby sport doivent faire partie des expériences proposées aux pratiquants.

Ce qui avant ne relevait que d'une offre optionnelle, doit être aujourd'hui considéré comme une opportunité de développement.

Vous êtes prêts et vous avez cette responsabilité.

A ce titre, j'entends soutenir et considérer davantage l'action des fédérations affinitaires et multisports qui jouent un rôle important dans les pratiques du quotidien.

Au gré de mes déplacements, je rencontre des actrices et acteurs du sport qui sont de véritables « militants » de la cause sportive. Ils expriment avec fierté que le sport est porteur de lien social, qu'il contribue à la citoyenneté et qu'il est révélateur de talents. Qu'il est solidaire aussi, et pas seulement dans les mots mais aussi dans les actes.

Merci Ghani d'avoir accepté ma proposition d'accueillir un centre d'hébergement d'urgence dans les murs de l'INSEP pour les sans-abri du Bois de Vincennes et des alentours. Je ne peux que vous encourager à de telles actions de solidarité qui participent à l'éducation et à la citoyenneté de nos jeunes sportifs et des éducateurs que nous formons.

Demain, c'est aussi ce sport du quotidien que soutiendra l'agence au travers des projets fédéraux et des projets sportifs de territoires. 30 millions d'euros supplémentaires seront ainsi consacrés en 2019 à vos projets. Une partie permettra de continuer à soutenir spécifiquement le développement des équipements ultra-marins.

Enfin, nous engageons dès cette année, un plan d'envergure pour promouvoir le « savoir nager » en France, dès le plus jeune âge. L'été dernier, hélas comme les précédents, a été marqué par une recrudescence des noyades. Notamment chez les moins de 6 ans. C'est inacceptable.

J'ai l'intention de mettre en oeuvre un plan ambitieux qui s'accompagnera d'un budget dédié aux équipements.

Notre mission est d'assurer au maximum la sécurité de nos concitoyens et de leur donner les moyens d'acquérir les bases du savoir nager qui, je le rappelle, est une compétence obligatoire à l'issue de la sixième.

La sécurité des pratiquants en natation comme dans toutes les autres activités sportives, l'intégrité physique et morale des sportifs, sont pour moi et pour nous tous, une priorité.

Nous devons donc être sans concession sur le dopage et la manipulation des compétitions. Combattre toutes les formes de violences et de harcèlement, de discriminations et de radicalisation qui, ne nous le cachons pas, n'épargnent pas le sport.

Il nous faut, collectivement, mieux sensibiliser, communiquer, former et accompagner nos pratiquants, nos éducateurs, nos bénévoles, nos supporters sur ces sujets qui font du mal au sport et à nos valeurs.

Par ailleurs, nous devons aller encore plus loin en matière de développement du sport féminin et encourager la mixité là où elle n'existe pas encore.

Pour que les mentalités évoluent, il faut permettre aux femmes de prendre toute leur place au sein des instances dirigeantes.

Je profite de ce moment pour adresser mes meilleurs voeux aux joueuses de l'équipe de France de football qui disputent cet été une Coupe du Monde à domicile. Je leur souhaite autant de succès qu'aux handballeuses Championnes d'Europe ! Cette aventure, j'en suis sure, donnera un coup de projecteur fabuleux sur le sport féminin. Offrez-nous de belles émotions et faites rayonner la France comme l'ont fait avant vous, en juillet dernier, les Bleus de Didier Deschamps!


[L'action à l'international]
Car oui, assurément, le sport est un vecteur de rayonnement majeur pour notre pays. Et tous les grands événements sportifs que nous accueillons en France sont autant d'occasion de valoriser notre savoir-faire et nos valeurs.

Notre conception éthique et transparente du sport, je souhaite la porter au sein de l'Union européenne.

C'est pourquoi je compte faire vivre la « déclaration d'intention signée à Paris pour une vision sportive de l'Union européenne à l'horizon des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ».

Elle envisage en particulier la création d'un bénévolat européen pour les grands évènements sportifs internationaux.

Je porterai également les enjeux sportifs de bonne gouvernance, d'intégrité et d'éducation par le sport au sein du Conseil de l'Europe dont la France prendra la présidence au mois de mai prochain.

Pour nous préparer à porter une vision forte et commune, j'entends réactiver l'équivalent du Comité français du sport à l'international (CFSI). Cette organisation collégiale nous a permis de porter avec succès la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques et Paralympiques. Je forme ici le voeu qu'elle nous engage à devenir une véritable nation sportive à l'horizon de 2024…

Durant les Jeux à Paris, nous vivrons une expérience sportive et humaine exceptionnelle. Avec Tony et ses équipes et le soutien des collectivités, nous partageons l'ambition de laisser un héritage durable à l'ensemble des Français en matière économique, environnementale, sociale et éducative.

Accueillir les Jeux, c'est aussi faire la promotion de nos territoires, de nos savoir-faire. Car vous le savez, la puissance d'une nation sportive se mesure à l'aune de son attractivité touristique et de la vigueur de sa filière économique.

Rappelons que l'économie du sport représente près d'1,8% de notre produit intérieur brut et que le Premier ministre nous a assigné un objectif de 2% à l'horizon 2022. Je souhaite donc pleine réussite à la filière économique du sport que j'aimerais voir se structurer sous la forme d'un groupement d'intérêt économique. Le but : la rendre plus puissante, plus efficace afin de mieux contribuer à l'attractivité de notre pays et à sa richesse. Je vous annonce par ailleurs que la France accueillera en février 2020, sous le haut patronage du ministère, le plus grand rassemblement mondial de l'économie du sport, le « Global Sportsweek ».


[Concertation]

Enfin, l'ADN de notre nouveau modèle doit intégrer la participation et la concertation.

Car cette évolution, nous ne la gagnerons que par le dialogue avec les clubs, avec les sportifs, avec les usagers des pratiques libres. Avec les Français, en somme…

Nous sommes aujourd'hui 36 millions de pratiquants en France.

Le Président de la République nous a fixé un cap : être 3 millions de plus d'ici 2022. Pour cela, il nous faut travailler ensemble

C'est animée de cette volonté de dialogue, que je vous propose de construire l'avenir du sport en France.

Ce dialogue, ou plutôt ce grand débat avec tous les Français, le Président de la République a souhaité qu'il devienne prioritaire en ce début d'année 2019.

Il faut que la famille du sport s'en saisisse pour montrer son énergie et son utilité publique en matière de citoyenneté, de cohésion sociale et de mixité.


[Conclusion]

Encore quelques mots avant de conclure ces voeux. Certains se sont interrogés ces derniers mois sur la nécessité pour notre pays de disposer de politiques sportives et d'un ministère des sports.

Je suis convaincue que l'Etat doit exercer pleinement ses missions régaliennes d'observation et de prospective, d'impulsion et de réglementation, de certification et de contrôle des acteurs du sport.

J'ai aussi la conviction que le sport santé, ou le sport « producteur de lien social et vecteur d'éducation » ne peuvent se construire à grande échelle que dans le cadre de politiques publiques interministérielles.

Nous devons maintenir des politiques sportives dans notre société : des politiques co-construites, porteuses de valeurs, exigeantes et évaluées.

C'est à ce prix que le sport pourra acquérir ses lettres de noblesses dans un pays encore trop enclin à préférer « regarder le sport plutôt qu'à le pratiquer »

Pour que le sport prospère, j'ai besoin de vous tous, de votre enthousiasme, de votre savoir-faire et de votre capacité d'innovation.

Enfin, comment ne pas terminer ces voeux en adressant un clin d'oeil chaleureux à nos handballeurs, tennismen, à nos patineurs, skieurs, bref à tous les athlètes qui porteront haut nos couleurs ce week-end et qui nous font rêver sur tous les terrains du monde.

Très bonne année sportive à toutes et à tous!


Je vous remercie.


Source http://sports.gouv.fr, le 5 février 2019

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