Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec France Info le 30 janvier 2019, sur le glyphosate et sur le prix des produits alimentaires. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec France Info le 30 janvier 2019, sur le glyphosate et sur le prix des produits alimentaires.

Personnalité, fonction : GUILLAUME Didier.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation

ti :
MARC FAUVELLE
C'est le Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation qui est l'invité politique de Franceinfo ce matin jusqu'à neuf heures. Première question avec vous Renaud DELY.

RENAUD DELY
Bonjour Didier GUILLAUME.

DIDIER GUILLAUME, MINISTRE DE L'AGRICULTURE ET DE L'ALIMENTATION
Bonjour.

RENAUD DELY
C'était la semaine dernière, jeudi, à Bourg-de-Péage dans la Drôme, dans votre ville, la ville dont vous avez été maire d'ailleurs. Emmanuel MACRON a rencontré des citoyens à l'occasion du Grand débat. Il s'est exprimé assez longuement avec eux et il a abordé la fameuse sortie du glyphosate, ce pesticide que la France s'est engagée à abandonner d'ici trois ans. Voici ce qu'Emmanuel MACRON a dit.

EMMANUEL MACRON, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Est-ce qu'on peut dire : « Il n'y aura plus du tout de glyphosate dans trois ans », impossible. Je ne vais pas vous mentir, ce n'est pas vrai. Pourquoi ? Parce que si je le fais, je parle – et c'est pour ça que c'est à moi de le faire, je ne vais pas mettre le ministre en porte-à-faux par rapport à des engagements que j'ai pris – si je vous disais ça, c'est simple, je tue complètement certaines filières.

RENAUD DELY
Donc l'engagement de sortir du glyphosate d'ici 2021, il est abandonné.

DIDIER GUILLAUME
Absolument pas. Absolument pas. C'est une décision qu'a pris le Président de la République. Il a toujours été dit, reprenez ses textes, reprenez textuellement ce qui a été annoncé : on sortira du glyphosate en 2021, mais on ne laissera aucune filière sans solution. C'est ce qu'il a toujours dit. Nous avons travaillé depuis et avancé. De quoi s'agit-il ? L'Union européenne voulait la sortie du glyphosate dans dix ans. La pression des députés européens a fait que ce soit dans cinq ans. Et la France veut être le pays le plus vertueux, veut être le premier pays en Europe à sortir du glyphosate. C'est ce que nous ferons. Je peux vous dire que si au 1er janvier 2021, 70 % des filières agricoles sont sorties du glyphosate, de la dépendance au glyphosate, ça sera un vrai succès.

MARC FAUVELLE
Et les 30 % qui restent, ça prendra combien de temps ?

DIDIER GUILLAUME
Nous sommes en train de chercher des alternatives. Soit des alternatives avec d'autres molécules, soit de nouvelles pratiques. Je prends deux petits exemples. Par exemple, les fruits et légumes : dans certaines filières, il n'y a pas de possibilité de s'en séparer pour l'instant sans faire une différence, une distorsion terrible avec les pays européens parce qu'il y a des produits qui rentrent d'autres pays européens du glyphosate, le glyphosate n'étant pas interdit. Il sera interdit dans cinq ans.

RENAUD DELY
Dans cinq ans, oui.

DIDIER GUILLAUME
Mais la France veut être le leader, le moteur, celui qui va démontrer que les techniques alternatives dans l'agriculture sont possibles.

RENAUD DELY
Mais donc, toutes les filières agricoles n'abandonneront pas le glyphosate en 2021.

DIDIER GUILLAUME
Evidemment. Mais ça, on le sait depuis le début. Le Président de la République l'avait déjà dit, il a pris l'engagement de sortie du glyphosate. Immédiatement je me suis exprimé sur le sujet. C'est un choix dynamique et volontaire. C'est pour cela que les parlementaires de la majorité, une immense majorité d'ailleurs de parlementaires, avaient décidé de ne pas le mettre dans la loi. Le mettre dans la loi, c'était tuer une ou deux filières…

MARC FAUVELLE
Je vous pose la question, Didier GUILLAUME. Les 30 % qui restent, qui vont continuer à utiliser du glyphosate, ça va durer…

DIDIER GUILLAUME
Un an, six mois, je n'en sais rien. De toute façon…

MARC FAUVELLE
A la fin du quinquennat, est-ce qu'on peut dire qu'il n'y aura plus de glyphosate en France ?

DIDIER GUILLAUME
Evidemment, puisque…

MARC FAUVELLE
Est-ce qu'on peut dire qu'il n'y aura plus de glyphosate utilisé en 2022 ?

DIDIER GUILLAUME
L'Europe, c'est cinq ans donc je pense qu'en 2022, 2023, il n'y aura plus de glyphosate, bien sûr.

MARC FAUVELLE
Plus de glyphosate en France en 2022 à la fin du quinquennat en gros.

DIDIER GUILLAUME
Oui, je pense.

MARC FAUVELLE
Vous le pensez ou vous en êtes certain ?

DIDIER GUILLAUME
Mais je ne peux pas en être certain. Mais moi, vous savez, je ne veux pas effrayer les gens. Aujourd'hui la volonté, la marche forcée, la mutation de l'agriculture, la transition agro-écologique, la demande sociétale est telle que moi je suis là pour faire avancer et pour faire muter l'agriculture. Au vingtième siècle, c'était l'agriculture du quantitatif. Au vingt-et-unième siècle, c'est l'agriculture du qualitatif. C'est de ça dont il s'agit. Et donc le glyphosate, nous allons en sortir, sortir de cette dépendance. Mais il y a des filières, par exemple la filière maïs aujourd'hui ne peut pas se passer de glyphosate pour l'instant et nous n'avons pas de solution alternative. C'est tout simplement cela.

RENAUD DELY
Didier GUILLAUME, le glyphosate c'est dangereux ou ce n'est pas dangereux ?

DIDIER GUILLAUME
Moi, je ne peux pas répondre si c'est dangereux ou pas dangereux pour la santé, c'est aux autorités sanitaires. Mais aujourd'hui, il y a le principe de précaution et, de toute façon, on dit que notre dépendance aux produits phytopharmaceutiques est indispensable d'arrêter.

MARC FAUVELLE
Vous n'êtes pas certain que ce soit dangereux ?

DIDIER GUILLAUME
Non mais à haute dose, c'est forcément dangereux. La question qu'il faut regarder, c'est à faible dose, en mélange et sur la durée. C'est pour ça que nous disons : la dangerosité du glyphosate qui est démontrée – je ne dis pas que ça peut tuer immédiatement un citoyen mais qui est démontrée – doit nous demander d'en sortir. C'est ce que nous allons faire à marche forcée. Mais je vous le dis, faire sortir 70 % par exemple ou 80 % des filières agricoles du glyphosate dans deux ans, c'est le faire à marche forcée. Nous serons le premier pays. Ce que je veux bien…

RENAUD DELY
Mais ce n'est pas ce que disent certains scientifiques. L'Institut national de la recherche agronomique, l'INRA dit qu'il y a déjà pour 90 % des cas des solutions alternatives au glyphosate.

DIDIER GUILLAUME
Non, excusez-moi. L'INRA, c'est un organisme public. J'ai lu le rapport de l'INRA. Aujourd'hui l'INRA dit qu'il y a des alternatives possibles pour 80 ou 90 % des filières. On va essayer de les mettre en place. Moi ce qui m'importe, c'est que 100 % des filières le plus vite possible sortent du glyphosate. C'est ça mon objectif. Mais aujourd'hui, je veux bien expliquer ça à vos téléspectateurs et à vos auditeurs, dire aujourd'hui : 100 % des filières peuvent sortir du glyphosate, mais c'est impossible.

MARC FAUVELLE
En fait, il a bien fait de quitter le Gouvernement, Nicolas HULOT, non ?

DIDIER GUILLAUME
Pourquoi ?

MARC FAUVELLE
Parce que la promesse n'est pas tenue.

DIDIER GUILLAUME
Mais la promesse est tenue, Marc FAUVELLE

MARC FAUVELLE
La promesse d'Emmanuel MACRON n'est pas tenue.

DIDIER GUILLAUME
La promesse d'Emmanuel MACRON est tenue. Nous serons le premier pays en Europe à sortir totalement du glyphosate.

MARC FAUVELLE
A 70 % dans trois ans et peut-être après. Il avait raison, Nicolas HULOT.

DIDIER GUILLAUME
Non. Non, non, il n'a pas eu raison.

MARC FAUVELLE
Vous savez qu'il revient aujourd'hui à la tête de sa Fondation.

DIDIER GUILLAUME
Oui, bien sûr.

MARC FAUVELLE
Il est le bienvenu chez vous au ministère ?

DIDIER GUILLAUME
Oui, oui.

MARC FAUVELLE
Oui ? Il vous avait manqué un peu ces derniers temps ?

DIDIER GUILLAUME
J'avais des contacts avec Audrey PULVAR, sa successeur. J'aurai des contacts rapidement sûrement avec Nicolas HULOT. C'est très important. Vous savez, moi je veux faire de ce ministère un ministère ouvert. Pas un ministère où on est appuyé, assommé par les lobbies. Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises. Les lobbies n'ont pas d'entrée dans mon ministère.

MARC FAUVELLE
Nicolas HULOT ce n'est pas un lobby ?

DIDIER GUILLAUME
Non, pas du tout.

MARC FAUVELLE
Quand c'est vert, ce n'est pas un lobby ?

DIDIER GUILLAUME
Mais je vais vous dire ce que je pense.

MARC FAUVELLE
C'est un groupe de pression, la Fondation Nicolas HULOT.

DIDIER GUILLAUME
Les lobbies pour moi n'ont pas l'entrée dans mon ministère.

MARC FAUVELLE
La Fondation Nicolas HULOT, c'est quoi ?

DIDIER GUILLAUME
Ce ne sont pas les lobbies qui décident, c'est le ministre, c'est la politique. Quand je reçois des agriculteurs, la FNSEA, la coordination, la Confédération paysanne, les JA, ce ne sont pas des lobbies. Ce sont des représentants.

RENAUD DELY
La FNSEA, ce n'est pas un lobby ?

DIDIER GUILLAUME
Non. Ce sont des gens élus, pas plus que la Confédération paysanne, que la Coordination rurale ou que les JA, ce sont des gens élus par leurs pairs. Quand je reçois Nicolas HULOT, la Fondation, WWF et cætera, je les ai tous reçus jusqu'à maintenant. Ce ne sont pas des lobbies : ils représentent des ONG, des associations de citoyens. Après c'est à moi de trancher, c'est au Gouvernement de prendre ses positions.

RENAUD DELY
La FNSEA en tout cas…

DIDIER GUILLAUME
Mais c'est normal d'écouter tout le monde.

RENAUD DELY
La FNSEA, en tout cas depuis qu'Emmanuel MACRON avait pris l'engagement oral contraire, a toujours dit, la FNSEA, qu'il était impossible de sortir à 100 % du glyphosate dans les trois ans. C'est ce que vous dites ce matin.

DIDIER GUILLAUME
Mais ce n'est pas la FNSEA. Je vous dis moi, Didier GUILLAUME, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, qu'à marche forcée nous allons sortir du glyphosate. Que la France sera le premier pays à sortir du glyphosate. C'est ça qui est important et c'est ça qu'il faut retenir. Après, retenir qu'un pourcentage de filières n'y arrivera pas au 1er janvier 2021, oui. C'est le verre à moitié vide, mais moi je regarde le verre à moitié plein. Nous y allons. (…)

MARC FAUVELLE
Didier GUILLAUME, ministre de l'Agriculture et l'alimentation, 5.000 exploitations agricoles ont fermé l'an dernier en France, est-ce que vous êtes le ministre d'un métier en voie de disparition ?

DIDIER GUILLAUME
Non, je suis le ministre d'un métier en voie de mutation, cette mutation, nous en parlions pour les pesticides, nous en parlons dans la transition sanitaire, dans la transition agrico-écologique, aujourd'hui, l'agriculture doit bouger, je vous le disais, l'élevage productif, ce qui s'est passé au dernier siècle, le quantitatif aujourd'hui, il faut le remplacer par le qualitatif, il faut une montée en gamme de l'agriculture, et forcément, il y a des difficultés…

MARC FAUVELLE
Ça veut dire qu'il y a des fermes qui vont devoir être sacrifiées parce qu'elles ne répondent pas à ce modèle-là…

DIDIER GUILLAUME
Mais, il y a forcément des fermes qui ferment, parce que l'âge du capitaine, parce que l'agriculteur ne trouve pas de successeur…

MARC FAUVELLE
Parce que les jeunes ne veulent pas forcément…

DIDIER GUILLAUME
Mais comme les commerçants, comme les artisans, comme partout dans… l'agriculture, c'est une filière économique comme d'autres filières économiques, c'est sûrement celle qui a le plus évolué, qui s'est plus mise au goût de la société, aujourd'hui, les agriculteurs, l'agriculture dépense 30 % de moins d'eau qu'elle n'en dépensait il y a 10 ans, aujourd'hui, l'agriculture dépense moins de pesticides qu'elle en dépensait, aujourd'hui, les techniques agraires évoluent, mais évidemment, il y a forcément des fermetures de…

RENAUD DELY
C'est inéluctable, ces fermetures, il y a 10 ans, il y avait 60.000 exploitations de plus, c'est inéluctable…

DIDIER GUILLAUME
Mais c'est inéluctable pour deux raisons, d'abord, parce que chaque année, il y a l'artificialisation des terres, il y a des terres agricoles qui disparaissent, où on fait du lotissement d'autoroutes, de routes, de voies de chemin de fer, et puis, parce que, évidemment, il y a cette évolution, mais, moi, mon objectif, mon rôle, ma mission, c'est de faire en sorte que dans la mutation agricole, les nouvelles exploitations fonctionnent mieux, fonctionnent différemment, il ne s'agit pas, parce que le problème, c'est qu'il y a moins d'exploitations, mais il n'y a pas forcément moins de surfaces, parce que les fermes grandissent, et moi, je veux garder la tradition de la ferme familiale, de l'exploitation familiale, c'est ça la tradition de notre pays, nous devons garder ça, moi, je ne suis pas pour les grandes fermes usines où il y a deux personnes qui font fonctionner 2.000, 3.000, 4.000, 5.000 bêtes, c'est ça le sujet, et donc pour maintenir cette agriculture paysanne, pour maintenir cette agriculture familiale, traditionnelle, il faut faire muter l'agriculture, oui, malheureusement, il y a des agriculteurs qui arrêtent.

RENAUD DELY
Le grand débat s'est ouvert maintenant depuis quelques semaines, on le disait, vous avez notamment participé à une séance la semaine dernière à Bourg-de-Péage avec le président de la République, il y a une préoccupation majeure des Français qu'on a vu apparaître lors du mouvement des gilets jaunes, et on voit son prolongement aujourd'hui dans le cadre du grand débat national, ce sont ces préoccupations autour de la question du pouvoir d'achat, et notamment évidemment des catégories de Français les plus modestes. Précisément, c'est le moment où votre loi Alimentation entre en vigueur, elle vise à conforter le revenu des agriculteurs, dont on parlait à l'instant, mais elle va avoir pour conséquence aussi de contraindre un certain nombre de distributeurs dans la grande distribution donc à augmenter leurs prix sur une gamme de produits grand public, est-ce que cette loi, elle ne tombe pas mal dans ce contexte-là, que les effets sur le pouvoir d'achat des plus modestes risquent d'être assez pénibles.

DIDIER GUILLAUME
Mais vous voyez bien que le système actuel ne fonctionne pas, c'est impossible que dans une entreprise de grande distribution, on vende des produits à perte, ce n'est pas possible que l'agriculteur, qui touche 350 euros ou 400 euros, 450 euros, on ne lui paye pas son porc, son boeuf, ses fromages, ses produits, donc l'objectif de cette loi… et je suis d'autant plus à l'aise pour la défendre et pour la promouvoir que ce n'est pas moi qui l'ai faite, je n'étais pas au gouvernement, mais je pense que c'est une bonne loi, qu'est-ce qu'elle vise ? Elle vise d'éviter que les deux bouts de la chaîne, d'un côté, le paysan, de l'autre côté, le consommateur, soient pris en otage par les industriels et par la grande distribution. De quoi s'agit-il ? Il s'agit tout simplement de rémunérer l'agriculteur à sa juste valeur, ce n'est pas possible de vendre des produits à perte pour les agriculteurs, après, à l'autre bout de la chaîne, moi, ce que je refuse, c'est que l'on prenne le consommateur en otage, et on montre du doigt l'agriculteur ou le gouvernement, comme j'ai pu le voir, et évidemment, les…

RENAUD DELY
Qu'est-ce que vous avez vu ?

DIDIER GUILLAUME
Eh bien, ce que j'ai vu, les publicités que j'ai pu voir dans…

RENAUD DELY
Quand Michel-Edouard LECLERC affiche deux tarifs, celui qu'il pratique aujourd'hui et celui qu'il pratiquera demain dans quelques semaines, dit-il, à cause de la loi Alimentation, donc les augmentations dont seront victimes les consommateurs, il prend en otage les consommateurs, Michel-Edouard LECLERC ?

DIDIER GUILLAUME
Ah oui, absolument, absolument, je le pense, et c'est pour ça qu'il faut absolument éviter ça, il faut indiquer aux consommateurs, et je pense que les consommateurs, c'est, en gros, 50 centimes d'euros de plus par mois, ce que ça va reporter aux consommateurs, parce que…

MARC FAUVELLE
50 centimes…

DIDIER GUILLAUME
D'euros de plus…

MARC FAUVELLE
Sur l'ensemble des courses…

DIDIER GUILLAUME
Non, mais attendez, attendez, parce que ce dont on parle, c'est 4 % du panier de la grande distribution, ce sont les produits de grandes marques, je ne vais pas les citer là, dont les grandes surfaces…

MARC FAUVELLE
Mais moi, je voudrais en citer un, Didier GUILLAUME, expliquez-moi en quoi augmenter le prix d'un pot de Nutella, pardon pour la pub, va aider les paysans français à vivre mieux ?

DIDIER GUILLAUME
Mais alors, merci pour cette question, elle est très essentielle, mais la loi ne dit pas que…

MARC FAUVELLE
En quoi augmenter Nutella ça va aider les campagnes ?

DIDIER GUILLAUME
Mais la loi ne dit pas qu'il faut augmenter le Nutella. La loi stipule qu'une grande surface ne peut pas vendre des produits aux consommateurs moins chers que ce que ça vaut, le problème, ce n'est pas ce que ça coûte, mais ce que ça vaut, donc il y a eu une ordonnance qui a été prise sur le seuil de revente à perte, donc les grandes surfaces, on leur demande de ne plus faire de la revente à perte, et le seuil de vente à perte, il est à 10 %…

MARC FAUVELLE
C'est-à-dire qu'on doit revendre 10 % plus cher qu'on a acheté ?

DIDIER GUILLAUME
Pour que le…

MARC FAUVELLE
Ce qui semble une évidence…

DIDIER GUILLAUME
Une évidence…

MARC FAUVELLE
Mais ce qui n'était pas avant…

DIDIER GUILLAUME
Voilà. Donc 10 % d'un produit à 1 euro, on voit bien ce que ça donne, mais la question n'est pas là, moi, ce que je demande maintenant aux grandes surfaces, à la grande distribution, et la semaine prochaine, avec Bruno LE MAIRE, nous allons réunir le comité de suivi des négociations commerciales, c'est de se dire : mais il y a moyen de répartir les marges différemment, il y a moyen de répartir les choses mieux, l'objectif, c'est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur, je pense que les consommateurs sont capables de regarder de quoi il s'agit, et à prix égal, à…

RENAUD DELY
Vous avez convoqué la grande distribution la semaine prochaine ?

DIDIER GUILLAUME
Ah, mais la grande distribution, je les ai vus tous, collectivement et individuellement, les patrons de la grande distribution, depuis plusieurs jours, la semaine prochaine, avec Bruno LE MAIRE, nous réunissons ce qui s'appelle le comité de suivi des négociations commerciales, il y aura autour de la table toutes les entreprises de la grande distribution, les entreprises agro-alimentaires, les industries agroalimentaires intermédiaires et le monde agricole, et autour de la table, nous allons nous dire : bon, alors comment avançons-nous maintenant…

RENAUD DELY
Vous pouvez contrôler les prix qu'ils pratiquent, vous allez les empêcher de pratiquer certaines augmentations ?

DIDIER GUILLAUME
Mais ça, c'est la première chose. La deuxième chose, le médiateur des relations commerciales est saisi le 1er février, et il va regarder cela. Et la troisième chose, la Direction générale de la concurrence, la répression des fraudes va faire son office.

MARC FAUVELLE
Alors, nos confrères du Parisien ce matin, c'est pour ça que je vous parlais du Nutella, Didier GUILLAUME, ont fait des calculs en s'appuyant sur les données fournies par un grand distributeur qui tient à rester anonyme, au passage, ils ont pris le panier moyen, celui des grandes marques en France, ils en ont épluché 24, je vais vous donner quelques chiffres, pardon pour le CSA qui n'aime pas la pub déguisée, mais 8 % d'augmentation donc la semaine prochaine pour un pot de Nutella, 6 % de plus pour un yaourt DANONE, 8 % de plus pour un camembert PRESIDENT, est-ce que ces chiffres pour vous sont faux ?

DIDIER GUILLAUME
Non, ces chiffres sont vrais, vraisemblablement, puisque…

MARC FAUVELLE
Donc, ça ne fait pas 50 centimes à la fin du mois !

DIDIER GUILLAUME
Laissez-moi finir, ces chiffres sont vrais, puisqu'ils ont été annoncés par un distributeur anonyme, et ça montre bien que ce système doit changer.

MARC FAUVELLE
Donc ça ne fait pas 50 centimes en plus pour les Français à la fin du mois…

DIDIER GUILLAUME
Mais attendez, mais le panier de la ménagère…

MARC FAUVELLE
On n'achète pas de Nutella !

DIDIER GUILLAUME
Non, mais je pense vraiment que, enfin, permettez-moi d'être un peu grave un instant, parce que, bon…

MARC FAUVELLE
Oui, oui, mais on l'est, évidemment, enfin…

DIDIER GUILLAUME
J'ai bien vu la Une, et j'ai lu tout cela, moi, je ne vais pas commenter…

MARC FAUVELLE
Les chiffres sont vrais…

DIDIER GUILLAUME
Les chiffres qui sont annoncés apparemment sont vrais, ils ont été donnés par un distributeur, ils sont forcément vrais, mais le panier moyen, lorsque les gens achètent de la viande, lorsqu'ils achètent du poisson, lorsqu'ils achètent ces produits-là, aujourd'hui ils seront protégés contrairement à avant, c'est ça…

MARC FAUVELLE
Donc il faut arrêter d'acheter des produits de marques…

DIDIER GUILLAUME
Mais pas du tout, et surtout, ce qui est important, c'est ce qu'on va continuer maintenant à faire avec eux, sur les marques distributeurs, c'est de ça dont il s'agit, moi, ce qui m'importe, c'est que sur l'ensemble des marques distributeurs, les agriculteurs s'y retrouvent et les consommateurs s'y retrouvent…

MARC FAUVELLE
Et moi, ce que je ne comprends pas, c'est votre chiffre, Didier GUILLAUME, vous nous dites : tout ça, noyé, on n'achète pas évidemment que les marques que je viens de citer, tout ça va faire 50 centimes en plus par mois par Français, d'où vient ce chiffre ?

DIDIER GUILLAUME
Mais c'est 500 produits sur 13.000 dans les supermarchés, et c'est 800 produits sur 20.000 dans les hypermarchés…

MARC FAUVELLE
Donc il y a quelques produits qui vont augmenter beaucoup…

DIDIER GUILLAUME
C'est ce que je vous dis…

MARC FAUVELLE
Et il y en a d'autres qui ne vont pas augmenter du tout…

DIDIER GUILLAUME
Mais bien sûr, il y a 4 % des produits qui vont augmenter beaucoup, je le regrette, j'aurais préféré que ce soit différemment, la loi…

MARC FAUVELLE
Et pour ceux-là, on ne peut rien faire

DIDIER GUILLAUME
Pour l'instant, on ne peut rien faire, mais ce que je veux dire, là, également à tous vos auditeurs, c'est que c'est une expérimentation qui a été faite pour deux ans…

MARC FAUVELLE
C'est comme le glyphosate finalement, on pourra revenir dessus dans quelques années…

DIDIER GUILLAUME
Non, je suis désolé de… je suis désolé, on essaie une chose, vous me posiez la question tout à l'heure des agriculteurs, on essaie une chose, c'est qu'on ait encore une agriculture en France, c'est le défendre notre souveraineté alimentaire, c'est d'arriver à faire en sorte que nous n'achetions pas des produits qui viennent d'Amérique où qui viennent des pays de l'Est…

MARC FAUVELLE
La loi Alimentation, c'est une expérimentation…

DIDIER GUILLAUME
Non, la loi Alimentation, ce n'est pas une expérimentation, le seuil de revente à perte, il a été dit que nous ferons une étude dans deux ans…

RENAUD DELY
Si ça ne marche pas, on revient en arrière…

DIDIER GUILLAUME
On verra. Mais moi, je pense que ça va marcher, et je suis d'autant plus à l'aise, ce n'est pas moi qui l'ai créée…

MARC FAUVELLE
C'est comme pour les 80 km/h…

DIDIER GUILLAUME
Ça va marcher…

MARC FAUVELLE
On va attendre de voir si ça marche…

DIDIER GUILLAUME
Et alors, mais c'est quoi ce pays…

MARC FAUVELLE
C'est question que je vous pose…

DIDIER GUILLAUME
Oui, mais c'est quoi ce pays où on dirait tout le monde a la science infuse, tout le monde sait tout, à un moment, on ne peut pas continuer quand même, moi, je ne suis pas là pour montrer du doigt tel ou tel, mais on ne peut pas continuer… vous savez comment ça se passe les négociations commerciales, il y a des négociateurs qui, parce que c'est jusqu'à la fin février, jusqu'à minuit moins le quart, ils sont dans leur voiture, sur le parking, jusqu'à ce qu'on les appelle pour leur dire : je vais vous prendre vos produits, on continue comme ça ? Dans l'opacité totale ! Moi, je veux de la transparence, personne n'a rien à cacher, moi, je souhaite que les entreprises de la grande distribution gagnent leur vie, que les industries agroalimentaires, que les PME gagnent leur vie…

MARC FAUVELLE
La grande distribution, a priori, elle gagne sa vie, ce n'est pas pour elle qu'on s'inquiète le plus…

DIDIER GUILLAUME
Mais que les agriculteurs gagnent leur vie aussi, eh bien, ça s'appelle une meilleure répartition de la valeur…

MARC FAUVELLE
Ça s'appelle le juste prix pour reprendre…

DIDIER GUILLAUME
Le juste prix. Et la meilleure répartition de la valeur. Il faut peut-être que la distribution fasse un petit peu moins de profits, que les industries agroalimentaires arrivent à avoir leurs produits pour que l'agriculteur remonte, et que ça ne prenne pas, je le redis, c'est un peu fort, le consommateur en otage, parce qu'on a un problème de pouvoir d'achat, et ce n'est pas le consommateur qu'il doit faire les frais des négociations commerciales. (…)

RENAUD DELY
On évoquait les augmentations de tarifs que vont subir les consommateurs. Est-ce qu'il n'y a pas une mesure de compensation qui serait simple à décider ? Une demande, une revendication qu'on entend au fil du Grand débat émerger, ce serait de supprimer la TVA sur les produits de première nécessité. Il y a notamment des produits alimentaires.

DIDIER GUILLAUME
Nous nous avons parlé de l'augmentation de tarifs de vingt-quatre produits, c'est la question que vous avez posée, qui est dans un journal aujourd'hui. Je vous redis que pour les autres produits, il ne doit pas y avoir d'augmentation. Je veux le préciser parce que c'est très important.

RENAUD DELY
La suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, est-ce que vous y êtes favorable ?

DIDIER GUILLAUME
Ça, c'est en débat dans le Grand débat. Moi, je me suis déjà exprimé sur le sujet, j'y suis plutôt favorable.

RENAUD DELY
Vous y êtes favorable.

DIDIER GUILLAUME
Ça fait partie du Grand débat. Ce n'est pas à un ministre du Gouvernement de dire ce qu'il doit faire aujourd'hui. Il faut attendre le Grand débat.

RENAUD DELY
C'est important quand même l'avis d'un ministre.

DIDIER GUILLAUME
Mais si on est trop intrusif, on nous dit : « Le débat est verrouillé » et si on ne dit rien, on nous dit…

MARC FAUVELLE
« Vous n'avez rien à dire ».

DIDIER GUILLAUME
Voilà. Vous êtes quand même drôle.

MARC FAUVELLE
C'est dur d'être ministre !

DIDIER GUILLAUME
Ce n'est pas dur du tout d'être ministre, au contraire. C'est un honneur et c'est une chance, mais vous êtes drôle.

RENAUD DELY
A priori cette mesure-là, on peut imaginer qu'elle soit populaire.

DIDIER GUILLAUME
On peut imaginer qu'elle soit populaire.

RENAUD DELY
Vous pensez que les Français soutiendront donc votre position.

DIDIER GUILLAUME
On peut imaginer qu'elle soit populaire. Nous verrons bien le choix que prendra le Premier ministre… Le Président et le Premier ministre d'ailleurs. Mais moi je trouve que ce n'est pas… Vous savez, je vais vous dire une chose. Ce qui s'est passé là depuis octobre, c'est inédit. Nous n'avons jamais vu ça. Dans une situation où la violence, où il y a des… Enfin, dix morts quand même, dix morts depuis le début de ce conflit, depuis le début de ces manifestations, des centaines de blessés. Un cri du coeur. D'abord, beaucoup de gens de la ruralité qui disent : « On n'en peut plus. On a le sentiment que tout se décide là-haut. Eh oh, là-haut, réveillez-vous un peu ! Nous existons ! » Que les gens disent : « On a moins de pouvoir d'achat, de salaire » et on en sortirait de ce débat comme on y est entré ? Non. Donc il faut prendre des mesures exceptionnelles. Il faut changer notre façon de faire de la politique et écouter le peuple.

RENAUD DELY
Un autre sujet justement. Le peuple que vous évoquez, celui des Gilets jaunes en tout cas, s'est mobilisé aussi sur la question des 80 kilomètres/heure.

DIDIER GUILLAUME
Bien sûr.

RENAUD DELY
Le Premier ministre a présenté un bilan positif de cette mesure avant-hier avec plus d'une centaine de vies épargnées. Est-ce qu'il faut revenir sur une mesure qui permet de sauver des vies ?

DIDIER GUILLAUME
D'abord, je pense que le bilan qu'a fait le Premier ministre est excellent. Il a fait la démonstration que sur l'année 2018 ou la moitié était à 90 kilomètres/heure et l'autre moitié à 80 kilomètres/heure, il y a eu une baisse. Rien que pour cela, ça ne se discute pas.

RENAUD DELY
Donc on garde la mesure.

MARC FAUVELLE
Donc on n'y touche pas.

DIDIER GUILLAUME
En plus des vies, des morts… Ce qui est terrible, c'est les morts évidemment, mais c'est tout ceux qui restent, on en parle un peu moins, qui sont blessés, qui sont handicapés. Ceux-là, on n'en parle plus. Et c'est beaucoup plus important que ce que vous dites.

RENAUD DELY
Donc c'est une bonne mesure.

DIDIER GUILLAUME
Par rapport à cela, il y a des tronçons qui doivent rester à 80 kilomètres/heure évidemment, les tronçons les plus accidentogènes. Et puis peut-être que d'autres, est-ce utile de les laisser à 80 kilomètres/heure sur les routes de montagne où on roule à 40 où à 50 ? Est-ce qu'il n'y a pas des tronçons qu'il faut refaire ? Ce qui a été plutôt annoncé, de dire que les préfets et les présidents de départements pourront regarder eux-mêmes en relation avec les associations d'automobilistes, la Prévention routière, les associations de blessés de la route et cætera voir ce qu'il faut faire. Mais là encore, il n'y a pas de réponse uniforme. Il ne peut pas y avoir de réponse uniforme. Il faut écouter la population et puis peut-être que les gens sur place nous dirons : « Il ne faut pas bouger. » Parce que quand même, lorsqu'on parle de vies épargnées, lorsqu'on parle de faire baisser le nombre de blessés, ce n'est pas rien quand même.

MARC FAUVELLE
Didier GUILLAUME, « On n'a jamais vu un jeune sortant de boîte de nuit saoul après avoir bu du Côtes du Rhône. Le vin n'est pas un alcool comme un autre », c'est-ce que vous avez dit il y a quelques jours. Est-ce que vous le rediriez aujourd'hui ?

DIDIER GUILLAUME
Evidemment.

MARC FAUVELLE
Le vin n'est pas un alcool comme les autres ? C'est quoi ?

DIDIER GUILLAUME
Non mais c'est très drôle, parce que ce débat-là que j'entends à Paris souvent, je ne l'entends pas en province. Je ne l'entends pas dans mon département, je ne l'entends pas dans les zones rurales. Oui, je le redis, l'alcool est dangereux pour la santé. Oui, il faut lutter contre…

MARC FAUVELLE
En quoi ce n'est pas un alcool comme les autres ?

DIDIER GUILLAUME
Je vais vous répondre. Il faut lutter contre l'addiction.

MARC FAUVELLE
Il n'y a pas de jugement moral dans ma question. Je vous pose juste une question.

DIDIER GUILLAUME
Il faut empêcher que les jeunes boivent. Mais dans une molécule de vin, il y a autant d'alcool que dans une molécule de whisky. Ça, c'est absolument évident.

MARC FAUVELLE
Donc c'est un alcool comme les autres.

DIDIER GUILLAUME
Sauf qu'il y a une filière viticole et que le vin fait partie du repas gastronomique qui est au patrimoine immatériel de l'UNESCO.

MARC FAUVELLE
Personne ne conteste que le vin ait un goût différent du whisky.

DIDIER GUILLAUME
Bien voilà, vous avez tout compris.

MARC FAUVELLE
Don ce n'est pas ça que vous avez voulu dire. C'est : « Le vin est un alcool comme les autres mais on a une filière à défendre. »

DIDIER GUILLAUME
Mais on a une filière à défendre et le vin est un produit de bonheur aussi. Donc moi, je n'incite personne à boire du vin, à se saouler. Je dis simplement que l'addiction… Alors certes, il y a des addictions au vin évidemment, mais que le vin fait partie de notre patrimoine et qu'il y a une vision différente.

RENAUD DELY
C'est quoi un produit de bonheur ?

DIDIER GUILLAUME
La filière viticole travaille beaucoup. Nous avons une réunion au ministère de la Santé avec eux dans les dans les jours qui viennent, avec les associations pour voir pour lutter contre…

MARC FAUVELLE
Donc si on produisait du malt en France, vous diriez : « Le whisky est un produit de bonheur. »

DIDIER GUILLAUME
Non, je ne crois pas.

MARC FAUVELLE
Parce qu'il faut défendre la filière whisky en France.

DIDIER GUILLAUME
Non, je ne crois pas. Parce qu'un verre de whisky, ça n'a pas le même…

MARC FAUVELLE
Ça fait un peu plus que plusieurs verres de vin, oui. En alcool en tout cas, en alcoolémie dans le sang.

DIDIER GUILLAUME
Bien voilà, vous avez répondu. C'est de ça dont il s'agit.

RENAUD DELY
Donc ça veut dire que parfois les intérêts de la filière agricole en l'occurrence prennent le pas sur l'intérêt de la santé publique.

DIDIER GUILLAUME
Je ne crois pas. Qu'est-ce que vous voulez dire par-là ? Non mais qu'est-ce que vous voulez dire par-là ?

RENAUD DELY
Je vais vous le dire. Vous avez qualifié le vin de produit de bonheur. C'est parce que c'est bon. C'est bon pour la santé.

DIDIER GUILLAUME
Alors qu'est-ce que vous voulez dire par-là ? Donc on dit : « C'est interdit », donc on supprime le whisky, on supprime l'alcool, on supprime le vin, on supprime… C'est ça ?

RENAUD DELY
Non, mais est-ce qu'on en fait la promotion ? Est-ce qu'on en fait la promotion en expliquant que c'est…

DIDIER GUILLAUME
Depuis la loi Evin, les promotions sont interdites sur l'alcool et sur le vin. Je n'ai pas de problème là-dessus. Je n'ai aucun problème. Je dis simplement qu'il y a deux solutions. Soit on dit c'est dangereux, on ferme, on ne boit plus d'alcool, ça s'appelle la prohibition. Je ne suis pas pour la prohibition, je suis pour l'éducation, pour la prévention. Attention à l'alcool, attention aux addictions, c'est tout. Je n'ai rien dit d'autre.

MARC FAUVELLE
Voilà. Et après avoir cité cinq marques pour nos amis du CSA, je me dois de rappeler que l'alcool est à consommer avec modération, vous pourriez le dire.

DIDIER GUILLAUME
Avec très grande modération.

MARC FAUVELLE
Avec très grande modération.

DIDIER GUILLAUME
Et le vin est à consommer avec très grande modération aussi.

MARC FAUVELLE
Voilà. Ça, c'est pour nos amis du CSA qui nous écoutent. Merci beaucoup Didier GUILLAUME d'être venu ce matin sur le plateau de Franceinfo.

DIDIER GUILLAUME
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 février 2019

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