Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 1er février 2019, sur le grand débat national et sur la réforme de la Fonction publique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 1er février 2019, sur le grand débat national et sur la réforme de la Fonction publique.

Personnalité, fonction : DUSSOPT Olivier, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'action et aux comptes publics;

ti :

CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de notre émission Territoires d'infos avec la presse quotidienne régionale, les télés locale, le réseau ViàTélévisions, les indés radios, cent trente radios territoriales qui sont nos partenaires, et TV5 Monde. L'invité politique en direct sur ce plateau ce matin est Olivier DUSSOPT. Bonjour.

OLIVIER DUSSOPT, SECRETAIRE D'ETAT AUPRES DU MINISTRE DE L'ACTION ET DES COMPTES PUBLICS
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Merci d'être avec nous. C'est un ministre, c'est le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics qui est avec nous. Pour le co-interroger à mes côtés ce matin, Marcelo WESFREID du Figaro pour Public Sénat et Christelle BERTRAND du groupe La Dépêche du Midi. Merci d'être là pour représenter la presse quotidienne régionale. Presse quotidienne régionale qui retransmettra sur ses sites vidéo votre interview à partir de dix heures et demie ce matin, Olivier DUSSOPT. L'actualité, c'est Emmanuel MACRON qui a parlé aux journalistes dans une forme de off officielle que prise Marcelo WESFREID. Il a dit : « J'ai beaucoup appris de ces vingt mois de présidence. Cela m'a scarifié. » Il a dit ça devant des journalistes. Ma question est très simple : est-ce qu'aux yeux des Français il peut enfin se considérer comme un Président de la République, Emmanuel MACRON ?

OLIVIER DUSSOPT
Je crois qu'il est Président de la République depuis le début et peut-être même un petit peu avant. C'est un homme d'Etat et c'est aussi un homme qui sait écouter. Il le démontre et le fait de répondre à la crise sociale politique que le pays a connu, à la fois par des…

CYRIL VIGUIER
Mais sur cette phrase-là.

OLIVIER DUSSOPT
A la fois par des mesures mais aussi par un Grand débat et avec la volonté…

CYRIL VIGUIER
« Cela m'a scarifié », pourquoi cette phrase ?

OLIVIER DUSSOPT
L'exercice du pouvoir n'est jamais simple. C'est le moins qu'on puisse dire. Mais il l'exerce, Emmanuel MACRON, dans un contexte qui est particulièrement difficile et particulièrement nouveau.

CYRIL VIGUIER
Mais il s'y attendait, j'imagine.

OLIVIER DUSSOPT
Et nous sommes à ses côtés à la fois pour l'accompagner, pour mettre en oeuvre ses engagements, et aujourd'hui pour être à ses côtés dans le Grand débat afin d'ouvrir cet acte II et de donner une nouvelle perspective, un prolongement à ce que nous avons fait depuis vingt mois.

MARCELO WESFREID
Dans ses confidences, il n'exclut pas l'idée d'un référendum qui aurait lieu le 26 mai, c'est-à-dire le jour du scrutin des européennes. Est-ce qu'en couplant les deux scrutins, un référendum et les européennes, on ne risque pas de brouiller le message européen ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Président de la République tirera les conséquences et les conclusions du Grand débat. Il l'a dit lui-même et il a dit hier à un certain nombre de vos confrères que toutes les hypothèses étaient sur la table. Il n'a pas dit que c'était décidé, il a dit que c'était une hypothèse parmi d'autres. Et la Constitution fait que c'est le Président de la République qui peut convoquer un référendum.

MARCELO WESFREID
Mais à titre personnel ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que si le Président de la République juge opportun de convoquer un référendum sur un certain nombre de questions, le fait de le faire le même jour que les européennes est une bonne chose. C'est une bonne chose parce que ça permet d'avoir un grand rendez-vous démocratique à l'occasion d'un choix majeur pour le continent européen et si c'est nécessaire, si le Président de la République le juge opportun, de consulter les Français sur un certain nombre d'orientations.

CHRISTELLE BERTRAND
Lors de cet entretien, il a aussi chanté les louanges des départements, des petites communes. Vous avez été président des petites villes de France : est-ce que vous trouvez que cette analyse est judicieuse puisqu'il dit : « Les grands métropoles, les grandes régions, ce n'est plus un échelon opportun. Il faut reparler aux maires, aux petites communes. C'est ça qui est important. » Vous partagez cette analyse.

OLIVIER DUSSOPT
Je la partage. J'ai été rapporteur de la loi NOTRe ainsi que de la loi MAPAM. Les lois NOTRe et MAPAM ont précisé les compétences entre départements et régions. Elles ont fait monter en compétences les intercommunalités, ce que personne ne remet en cause à l'exception de quelques aspects très techniques sur des questions d'eau ou d'assainissement. Elles ont fait aussi en sorte ces deux lois, NOTRe et MAPAM, de préciser les compétences des communes et des intercommunalités. La question des régions avait été traitée dans une autre loi qui avait amené à la création de treize régions. Ici ou là, il peut y avoir des intercommunalités de grande taille. J'avais veillé comme rapporteur à ce qu'il y ait des aménagements pour tenir compte de la densité, pour tenir compte des territoires de montagne. Il n'empêche que sur les mille deux cents intercommunalités, il y a nécessairement ici ou là des aménagements techniques qui peuvent être apportés.

CHRISTELLE BERTRAND
Il faut revoir les choses aujourd'hui ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Président de la République a dit lui-même que sur les sujets qui pouvaient être un peu irritants, sans détricoter cet ouvrage, sans le remettre en cause fondamentalement, il fallait apporter les appréciations, les améliorations nécessaires. Je prends un exemple très technique. Beaucoup d'élus s'inquiètent par exemple au niveau des intercommunalités de la mise en oeuvre de la compétence en matière de gestion des eaux et des milieux aquatique. Ça n'était pas une volonté du Gouvernement précédent. Ce n'était pas ma volonté comme rapporteur. Cela avait été voté au Sénat sur la base d'un amendement parlementaire. Et dans la discussion, le jeu des compromis et des concessions entre l'Assemblée et le Sénat, c'était resté dans le texte. Ça peut être un point qui fait débat et qui peut être examiné. L'essentiel, c'est d'avoir quelque chose qui marche.

CHRISTELLE BERTRAND
Et sur les grandes régions par exemple, on pourrait remettre en cause cette réforme voulue par François HOLLANDE ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne suis pas sûr que ce soit la priorité absolue aujourd'hui de redétricoter. Parce qu'il faut un temps de maturation et le Président de la République a dit lui-même qu'il ne voulait pas lancer une grande réforme territoriale ; les présidents devaient digérer la réforme qui a été mise en place précédemment. Par contre, avoir la possibilité là où ça ne fonctionne pas bien, notamment au niveau des intercommunalités qu'on a évoqué, là où des ajustements techniques, législatifs peuvent être apportés, c'est une bonne chose et je n'ai aucune surprise à entendre le Président de la République formuler cela. J'ai été maire, président de l'Association des petites villes de France, il était alors ministre. Ministre de l'Economie. Je peux vous assurer qu'il est extrêmement attentif au sujet des territoires.

CHRISTELLE BERTRAND
C'est une sorte de mea culpa qu'il fait.

OLIVIER DUSSOPT
Il portait beaucoup d'attention aux élus et aux projets que nous portions sur chacun de nos territoires.

MARCELO WESFREID
Dans l'actualité, il y a aussi un autre personnage qui s'exprime un peu à son insu. C'est Alexandre BENALLA dont Mediapart sort des enregistrements et on l'entend discuter avec Vincent CRASE alors qu'il est censé ne plus pouvoir le rencontrer. Mediapart explique notamment qu'il aurait continué, qu'il aurait fait du business avec un oligarque russe alors qu'il était à l'Elysée. Est-ce que ça vous choque ? Est-ce qu'il y a du parjure ? Est-ce que la Commission des lois doit le poursuivre ?

OLIVIER DUSSOPT
La Commission des lois fera ce qu'elle décide et ce n'est pas à un membre du Gouvernement de dire à la Commission des lois d'une assemblée parlementaire - le Sénat ou l'Assemblée nationale - ce qu'elle doit faire. C'est un principe de séparation des pouvoirs.

MARCELO WESFREID
Alors l'attitude d'Alexandre BENALLA ?

OLIVIER DUSSOPT
La deuxième chose, c'est que je ne suis ni procureur ni juge. Il y a une enquête et une procédure judiciaire. Il y a une Commission d'enquête parlementaire qui existe, qui réalise son travail et je n'ai pas interférer, y compris par respect du principe de séparation des pouvoirs. J'ai pris connaissance comme vous des déclarations et des faits que Mediapart rapporte. Qui suis-je pour en juger, en dire la véracité ou la réalité ?

CYRIL VIGUIER
Ça vous a étonné au moins ?

OLIVIER DUSSOPT
La justice fait son travail. La Commission d'enquête fait son travail et j'ai confiance tant en mon Parlement que dans la justice pour tirer les choses au clair.

CHRISTELLE BERTRAND
Mais est-ce que ça vous a choqué humainement ?

OLIVIER DUSSOPT
Si un certain nombre de faits sont avérés, c'est évidemment choquant. Quand on parle de parjure, quand on parle de conflit d'intérêt, c'est évidemment choquant et personne ne peut ni pardonner ni l'excuser. Aujourd'hui, je le répète, je ne suis ni procureur ni juge. Donc laissons la justice faire son travail, elle en tirera toutes les conséquences. Il y a une parole qui m'intéresse dans tout cela : c'est la parole du Président de la République et c'est la parole de celui en qui j'ai confiance.

CHRISTELLE BERTRAND
Il doit s'exprimer sur ce sujet-là d'ailleurs ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas. Il a déjà eu l'occasion de le faire et, quoi qu'il en soit, c'est à lui d'en décider.

CYRIL VIGUIER
Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, est notre invité politique dans Territoires d'infos ce matin. On va parler du Grand débat. Edouard PHILIPPE tait sur le terrain hier soir dans l'Essonne, Emmanuel MACRON s'est déplacé à de nombreuses reprises. Le problème, c'est qu'Emmanuel MACRON hier dans ses confidences aux journalistes a dit qu'en ce qui concernait la politique économique, rien ne changerait. Alors au fond, on se demande ce matin à quoi sert ce Grand débat, ce grand déploiement de force si rien ne doit changer.

OLIVIER DUSSOPT
Vous me pardonnez, je le dis en souriant mais il n'y a que vous qui vous posez la question. Nous avons plus d'un million deux cent mille visiteurs sur le site, nous avons cinq cent mille contributions…

CYRIL VIGUIER
Mais si rien ne change à l'arrivée ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons des centaines voire des milliers de réunions qui sont organisées…

CYRIL VIGUIER
Ces demandes seront frustrées.

OLIVIER DUSSOPT
Et il y a un instant, Marcelo WESFREID disait que le Président lui-même commençait à envisager comment on sortait du Grand débat, comment on donner une traduction à ces débats et aux points de convergence. Nous allons laisser le débat vivre d'une part, voir quelles sont les convergences qui en sortent, voir quels sont les points d'intention et comment on peut apporter des débouchés à tout cela. Il faut écouter ce qui se passe dans le Grand débat sur l'organisation des services publics, sur la volonté d'être pris en compte.

MARCELO WESFREID
Olivier DUSSOPT, très concrètement sur votre domaine. Vous avez un projet de loi sur les fonctionnaires qui va être présenté fin mars, c'est-à-dire juste après la fin du Grand débat. Qu'est-ce que vous pouvez changer dans ce projet de loi dans lequel on sait qu'il y a cent vingt mille postes de hauts fonctionnaires qui vont être supprimés ? Qu'est-ce qui peut changer à l'issue de la consultation des Français ?

OLIVIER DUSSOPT
D'abord la consultation des Français pourra nourrir le projet de loi. Vous avez dit à l'instant…

MARCELO WESFREID
Alors en quoi justement ?

OLIVIER DUSSOPT
… que le projet de loi serait présenté au Conseil des ministres juste après. Aujourd'hui, je ne préempte pas les conclusions du débat et, pour dire les choses peut-être plus clairement…

MARCELO WESFREID
Vous avez réaffirmé que les cent vingt mille postes seraient supprimés.

OLIVIER DUSSOPT
Je vais vous répondre précisément là-dessus. Les cent vingt mille postes, c'est un objectif fixé par le Président de la République qui concerne à la fois les collectivités locales - et les chiffres d'évolution des dépenses de fonctionnement montrent qu'avec la maîtrise dont elles font preuve, il y a mécaniquement des non-renouvellements de départs à la retraite et une diminution des effectifs…

MARCELO WESFREID
Votre objectif, c'est soixante-dix mille.

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que les collectivités locales tiendront cet objectif. L'Etat pour sa part se réorganise, se modernise et à chaque fois que c'est possible, nous faisons des économies. Nous réalisons des économies en ne remplaçant pas tel ou tel départ à la retraite. Nous ne le faisons pas brutalement.

MARCELO WESFREID
Les Gilets jaunes demandent plus de service public. C'est là le paradoxe.

OLIVIER DUSSOPT
Je vais au bout. Nous ne le faisons pas brutalement et nous le faisons uniquement en conséquence des réorganisations pour garantir la qualité du service. Dans le projet de loi que je vais porter et que je prépare pour son examen à l'Assemblée nationale et au Sénat, c'est un projet de loi sur la gestion de la Fonction publique. Ce n'est pas un projet de loi sur le niveau des effectifs ni sur l'organisation territoriale des services publics. On va aborder des sujets comme les compétences des commissions administratives paritaires, les modalités de recrutement des fonctionnaires, la manière dont on calcule leur rémunération, la manière dont on fait en sorte qu'ils aient une mobilité professionnelle. Ça ne fait pas forcément partie des sujets que le grand public aborde spontanément.

MARCELO WESFREID
Et vous avez fermé la porte sur la revalorisation du point d'indice par exemple.

OLIVIER DUSSOPT
Je vais au bout de votre question. Sur les questions que se posent souvent les Français à propos des services publics, que veulent-ils ? Le maintien des hôpitaux, le maintien des écoles, des services publics dans tous les territoires. Que ce soient les centres-villes, les quartiers les plus en difficulté, les zones rurales. Nous travaillons aussi à cela, pas dans le cadre du projet de loi que je suis amené à défendre devant le Parlement. Dans le cadre de ce qu'on appelle la réorganisation territoriale de l'Etat, le Premier ministre a donné un certain nombre d'instructions. J'ai eu hier après-midi au Sénat à répondre à une question de la sénatrice VERIEN qui m'a interrogé notamment sur l'implantation des perceptions. Je lui ai dit des choses très simples mais qui vont beaucoup changer la manière de fonctionner. Jusqu'à présent, année après année, les perceptions fermaient et, en gros, il y avait quatre-vingts à cent perceptions par an qui fermaient sur le territoire français. Les élus n'avaient aucune visibilité parce que ça changeait tous les ans. Les contribuables n'avaient aucune visibilité, les usagers non plus. Avec Gérald DARMANIN, nous avons demandé à nos directeurs départementaux d'abord de travailler en concertation, par bassin de vie, d'avoir une vision pluriannuelle, de garantir le conseil aux élus et d'aller plus loin, d'avoir plus de points de contact sur le territoire.

CHRISTELLE BERTRAND
Réinventer des services publics sur le territoire, c'est compatible avec supprimer des postes, cent vingt mille postes ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui, parce que ça veut dire enfin ne pas demander uniquement aux services dans les territoires de porter un effort d'économie mais de mettre à contribution les administrations centrales. Ça veut dire aussi se poser des questions sur l'implantation des services. Aujourd'hui, il y a des services de gestion qu'on appelle parfois de back-office dans un mauvais français, qui sont implantés dans des grandes villes, dans des métropoles, à Paris, avec parfois aussi des agents qui aspirent à une autre qualité de vie. Pourquoi est-ce qu'on ne se pose pas enfin la question, et c'est celle que nous demandons d'examiner à nos services, de dire : « Mais ce service qui ne reçoit pas de public, qui traite des dossiers, pourquoi ne serait-il pas implanté dans une zone rurale, dans une zone périurbaine ? » C'est aussi à ça que nous travaillons et je crois que c'est là que l'on apporte des réponses aux Français qui veulent plus de service public sur le territoire.

CHRISTELLE BERTRAND
Ça veut dire que quelle que soit la nature des débats au sein de ce Grand débat national, ce chiffre de cent vingt mille postes supprimés ne changera pas.

OLIVIER DUSSOPT
Ça reste un objectif mais le Premier ministre l'a dit lui-même sur un autre plateau il y a quarante-huit heures. Ce n'est pas un totem, ça n'est pas l'alpha et l'oméga et nous ne levons pas le matin avec cet objectif. Mais par contre, nous sommes convaincus de deux choses. La première, c'est qu'on peut garantir une qualité de service partout sur le territoire en réalisant des économies, et donc y compris on ne remplaçant pas certains départs. Ce n'est pas un plan de licenciements dont on parle, c'est du non-remplacement de départs à la retraite. Il y a cent cinquante mille départs à la retraite par an. L'autre chose dont nous sommes convaincus, c'est que nous devons faire en sorte que les Français aient un service public de qualité mais les mêmes Français nous demandent de payer moins d'impôts et donc de faire des économies. C'est ce que nous recherchons. Vous rappeliez tout à l'heure que j'ai été maire : c'est ce que j'ai fait quand j'étais maire. J'ai divisé la dette par deux tout en créant des services publics qui étaient nécessaires aux besoins des habitants de ma ville.

MARCELO WESFREID
Olivier DUSSOPT, vous venez de citer le nom de Gérald DARMANIN, votre ministre de tutelle, le ministre de l'Action et des Comptes publics. Il souffle un peu le chaud et le froid actuellement. Est-ce qu'il va rester, pas rester, puisque le maire de Tourcoing - il l'a été juste avant lui – vient de décéder. C'est tenable ce suspense, alors que le prélèvement à la source est en train de se mettre en place ?

OLIVIER DUSSOPT
Le prélèvement à la source se met en place dans de très bonnes conditions et Gérald DARMANIN…

MARCELO WESFREID
Donc il peut partir ? Le travail est fait.

OLIVIER DUSSOPT
… a mis en place toutes les conditions nécessaires pour que cette réforme, le prélèvement à la source, soit une réussite. Gérald est un ministre en exercice avec qui je travaille quotidiennement. Je suis heureux de travailler à ses côtés.

MARCELO WESFREID
Vous ne répondez pas.

OLIVIER DUSSOPT
Mais par contre, je viens à ma réponse, c'est aussi un ministre qui est en deuil. Et les obsèques de Didier DROART qui était maire de Tourcoing mais surtout et peut être avant tout un ami personnel de Gérald, obsèques qui auront lieu demain, sont justement demain. Et parfois en politique comme ailleurs, on peut avoir la décence de respecter un deuil. Gérald a dit qu'il s'exprimerait après les obsèques et après avoir accompagné son ami dans sa dernière demeure. Il faut aussi respecter ce délai de décence.

CHRISTELLE BERTRAND
Mais est-ce que ce ne serait pas un mauvais signal en pleine crise des Gilets jaunes qu'un des ministres piliers de ce Gouvernement décide de quitter…

OLIVIER DUSSOPT
Je le répète : vous êtes déjà dans conjectures politiques. Respectons le deuil à la fois d'une ville et d'un homme, Gérald, vis-à-vis de son ami.

MARCELO WESFREID
On est le 1er février, il y a des tarifs qui augmentent et notamment les péages. Alors, les sociétés d'autoroutes font des profits faramineux et on a encore une augmentation. Est-ce que vous le comprenez ? On en a parlé tout à l'heure dans « le journal des territoires », est-ce que ce n'est pas un peu scandaleux ?

OLIVIER DUSSOPT
Je trouve que l'augmentation est forte et je salue aussi le travail de ma collègue Élisabeth BORNE qui a discuté, négocié avec les sociétés d'autoroutes qui sont dans un contexte que l'on connaît, elles ont été privatisées il y a plusieurs années par un gouvernement il y a déjà bien longtemps, et qui ont certaines prérogatives. Elisabeth BORNE a obtenu qu'il y ait des réductions de 30% à partir d'un certain nombre de trajets mensuels, 10 trajets par mois, pour justement faire en sorte que celles et ceux qui sont amenés à prendre l'autoroute très régulièrement n'aient pas à subir cette hausse de tarif.

MARCELO WESFREID
Le gouvernement…les nouvelles privatisations dans ce contexte là, avec ce retour d'expérience, est-ce qu'il ne faut pas être prudent ?

OLIVIER DUSSOPT
Je crois que ce n'est pas tout à fait comparable et la prudence est là, notamment sur la gouvernance sur, par exemple pour AEROPORTS DE PARIS, la capacité à garder les fonctions régaliennes, le contrôle sur un certain nombre de choses.

CHRISTELLE BERTRAND
Alors, Olivier DUSSOPT, nous sommes vendredi matin, la France se prépare déjà à un acte 12 de cet épisode des gilets jaunes qui de samedi en samedi se répète. Cette fois-ci, cette journée devrait prendre une nouvelle forme avec des défilés de blessés. Est-ce que la police n'a pas eu un peu la main lourde notamment avec cette arme LBD ? On dit qu'il y a eu 9 000 balles de tirées. Les médecins commencent à prendre la parole en disant qu'il y avait des blessures assez importantes. Qu'est-ce que vous en dites ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

OLIVIER DUSSOPT
La police et la gendarmerie sont les garants de l'ordre et il faut saluer leur travail, il y a des centaines et même des milliers désormais de blessés parmi les policiers.

CHRISTELLE BERTRAND
Il n'y a pas une mauvaise utilisation de cette arme ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a des policiers et des gendarmes sur qui ont envoyé des bouteilles d'acide un exercice de maintien de l'ordre lorsqu'il y a des affrontements qui sont initiés par tel ou tel manifestant, pas tous mais par tel ou tel manifestant ; la police et la gendarmerie doivent maintenir l'ordre, se défendre.

MARCELO WESFREID
C'est « circulez, il n'y a rien à voir » ?

OLIVIER DUSSOPT
Il n'y a jamais eu …

MARCELO WESFREID
Plus de cent enquêtes de la police des polices !

OLIVIER DUSSOPT
Mais justement la réponse est dans votre question ,nous sommes dans un Etat de droit dans une démocratie qui fait que lorsqu'il y a un doute, lorsque l'on craint qu'il y ait une violence, nous avons des moyens de contrôle, nous avons une inspection et nous avons des services de justice qui font leur travail qui tirent les choses au clair mais je tiens à nouveau à saluer le travail de la police et la gendarmerie pour maintenir l'ordre dans un contexte de manifestations qui se répètent, qui s'amenuisent en nombre mais avec parfois des éléments les plus radicaux qui restent dans la …

CYRIL VIGUIER
Olivier DUSSOPT, vous avez été proche ….directeur de campagne, je crois, de Manuel VALLS …

OLIVIER DUSSOPT
Porte-parole.

CYRIL VIGUIER
Porte-parole. C'est un homme politique qui, lui aussi, a été « scarifié ». Est-ce qu'il manque au débat national, Manuel VALLS aujourd'hui ? Ce volontarisme en politique ? Vous avez échangé avec lui récemment ?

OLIVIER DUSSOPT
Manuel VALLS porte à la fois un volontarisme et une vision de la République extrêmement exigeante que je partage, j'ai eu l'occasion d‘échanger avec lui à titre amical. Il est en campagne pour Barcelone et je lui souhaite le meilleur pour cette campagne.

CYRIL VIGUIER
Et il manque ici au débat national ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui, c'est une voix qui est forte et qui peut manquer mais qui a trouvé à s'exprimer sur la scène européenne. Je crois que c'est une très belle aventure de dire « je suis Européen, je suis Français et je suis Européen, je suis aussi Espagnol et je peux mettre mon talent au service de cette ville par ailleurs magnifique de Barcelone » et je répète, je lui souhaite vraiment le meilleur à titre politique mais surtout à titre amical.

CYRIL VIGUIER
Il pourrait revenir ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est à lui qu'il faut poser la question. Je lui souhaite surtout de gagner et d'être maire de Barcelone.

CYRIL VIGUIER
Merci Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès de Gérald DARMANIN, le ministre de l'Action et des Comptes publics.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 février 2019

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