Extrait d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec France Bleu Provence le 31 janvier 2019, sur le retour de djihadistes français de Syrie et sur le tourisme en Provence. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extrait d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec France Bleu Provence le 31 janvier 2019, sur le retour de djihadistes français de Syrie et sur le tourisme en Provence.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

ti :


(...)

Q - Que fait-on des djihadistes de Syrie de retour en France. On sait que la France veut rapatrier, c'est le débat du moment, une centaine de djihadistes enfermés dans les prisons syriennes. Et après, qu'est-ce qu'on en fait ? Ils vont en prison en France ? Ils conservent leur nationalité française ?

R - Si les forces qui les détiennent au nord de la Syrie devaient les expulser, ils seraient immédiatement arrêtés, incarcérés en vue d'un procès, car ils doivent répondre d'actes très lourds. Ce qui nous guide, c'est le souci de la sécurité des Français.

Q - ...et de la justice.

R - ...sécurité des Français et justice. On ne veut pas que ces gens puissent être disséminés on ne sait où et qu'ils puissent, éventuellement, se réorganiser dans des bandes. Il est donc important qu'ils rendent des comptes devant la justice française.

Q - Il y a certains députés d'une majorité que vous connaissez bien, à l'époque en tout cas, qui est le mouvement LR, qui évoquent la possibilité d'éliminer - c'est le terme de ces députés - ces individus sur place. Qu'en pensez-vous ?

R - Il y a un peu une surenchère à droite et à l'extrême-droite, je ne veux pas rentrer là-dedans. Moi, ce qui compte, c'est que ces gens rendent des comptes. Lorsqu'ils ont touché à un certain nombre de Français dans leur chair, en ayant été associés à des attentats, ils doivent absolument être jugés et punis.

Q - Il se trouve, Jean-Baptiste Lemoyne, qu'en France on n'a pas de pétrole, ça on le sait, on a des idées, et puis on a surtout notre cuisine, notre gastronomie. Et s'il y a un produit qui s'exporte partout dans le monde, c'est bien notre cuisine française. Or, d'ici quelques semaines, et vous êtes là pour nous le préciser, il y a des chefs comme le Marseillais Gérald Passédat, qui vont se déplacer aux Etats-Unis, en Corée du Sud pour promouvoir la cuisine provençale. Est-ce que notre cuisine est aujourd'hui le meilleur symbole français qui s'exporte, qui se vend à l'étranger ?

R - Il est vrai que la cuisine française a été classée à l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité. Et, aujourd'hui, c'est un actif considérable pour rayonner. La gastronomie est un pilier de l'attractivité touristique de la France. Il faut savoir qu'il y a un touriste étranger sur trois qui vient en France en ayant en tête aussi ces sujets de gastronomie.

Q - Huit millions de touristes par an en Provence.

R - Notamment. On a voulu, depuis Laurent Fabius, faire que le Quai d'Orsay mette le paquet pour promouvoir la gastronomie française, ses chefs. De ce point de vue-là, nous avons conclu un partenariat avec la destination Provence, avec le Conseil départemental, le Comité départemental du tourisme, pour que la Provence soit la destination qui est mise en valeur cette année dans l'opération Good France, le 21 mars. Et partout dans le monde, dans 150 pays, les assiettes seront au goût de la Provence.

Q - Où ? Dans des restaurants français, c'est cela, dans ces destinations ?

R - Dans des restaurants français ou pas. Un certain nombre de chefs locaux vont s'approprier les produits de la Provence, vont les accommoder peut-être à leur goût, à leur façon, mais vont faire connaître les produits, la gastronomie provençale. C'est un formidable coup de projecteur sur l'excellence. Parce que les Bouches-du-Rhône est un département où il y a beaucoup de filières bio, où il y a beaucoup de fruits et légumes. C'est une formidable exposition internationale pour la Provence.

Q - Et c'est ce que vous venez annoncer, tout à l'heure, à Marseille. On sait que la Provence touristique est connue pour ses vins aussi. Est-ce que vous pensez, comme le ministre de l'agriculture, que le vin n'est pas un alcool comme les autres ? Cela fait une petite polémique, quand même, cette déclaration.

R - Je suis le sénateur de Chablis aussi. Donc, je sais combien l'oenotourisme et le fait de pouvoir déguster avec raison nos bons produits vitivinicoles est important et contribue également au rayonnement de la France. Je me retrouve dans les propos de Didier Guillaume, le ministre de l'agriculture, je crois qu'il est important de promouvoir nos terroirs et cela passe par les produits et cela passe également par...

Q - Il y a une petite spécificité pour le vin ?

R - Exactement. Avec modération.

Q - Merci Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères. Bienvenue à Marseille.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 février 2019

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