Entretien de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, dans "Le Journal du Dimanché du 20 janvier 2019, sur la situation de Renault-Nissan. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, dans "Le Journal du Dimanché du 20 janvier 2019, sur la situation de Renault-Nissan.

Personnalité, fonction : LE MAIRE Bruno.

FRANCE. Ministre de l'économie et des finances

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JDD : Les émissaires de l'État français rentrent de Tokyo. Avec quels enseignements ?

Le Maire : Depuis l'arrestation de Carlos Ghosn, tout ce qui nous anime, c'est la préservation des intérêts de Renault et la consolidation de l'alliance avec Nissan. C'est pourquoi j'ai souhaité qu'une mission se rende à Tokyo afin d'y rencontrer les autorités japonaises et, à leur demande, les dirigeants de Nissan. Ils nous ont confirmé que le Japon, comme la France, sont attachés à la préservation du premier constructeur automobile au monde. Nous avons toujours dit que si Carlos Ghosn était durablement empêché de diriger l'entreprise, il faudrait mettre en place une nouvelle gouvernance solide et pérenne. Nous y sommes. Nous avons donc demandé une convocation du conseil d'administration, qui devrait se tenir dans les prochains jours.

JDD : La préservation de l'alliance Renault-Nissan implique-t-elle un rééquilibrage actionnarial ?

Le Maire : Non, un rééquilibrage actionnarial, une modification des participations croisées entre Renault et Nissan n'est pas sur la table. Nous sommes attachés au bon fonctionnement de cette alliance qui fait sa force. Il faut bien mesurer la double révolution technologique à laquelle cette industrie est confrontée, celle des batteries et du moteur électrique d'une part et celle des véhicules autonomes d'autre part. Les constructeurs qui s'en sortiront seront ceux qui auront les moyens de financer des investissements considérables dans ces deux domaines.

Une entreprise de l'envergure de Renault a besoin d'une gouvernance solide et stable.

JDD : Avez-vous lâché Carlos Ghosn ?

Le Maire : La question n'est pas de le lâcher ou de le protéger. Le principe de la présomption d'innocence doit s'appliquer. C'est la justice japonaise qui tranchera sur les charges qui pèsent sur lui. Mais il y a aussi les intérêts de Renault et de l'alliance. Une entreprise de cette envergure a besoin d'une gouvernance solide et stable.

JDD : Savez-vous dans quel état d'esprit est Carlos Ghosn ?

Le Maire : Notre ambassadeur au Japon a des contacts réguliers avec lui dans le cadre de la protection consulaire. Il est évidemment tenu informé des décisions que nous prenons.

JDD : Jean-Dominique Senard, l'actuel président de Michelin, prendra-t-il la tête de Renault ?

Le Maire : Il revient au conseil d'administration d'étudier les propositions présentées par le comité des nomi-nations. L'État actionnaire se prononcera. Ce que je peux dire, c'est que Jean-Dominique Senard a une compétence reconnue dans le secteur automobile. Chez Michelin, il a démontré sa capacité à réussir à la tête d'un grand groupe industriel et il a une conception sociale de l'entreprise à laquelle je suis personnellement attaché.


Source https://jp.ambafrance.org, le 8 février 2019

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