Interview de M. Christophe Castaner, ministre de l'intérieur, avec France Bleu Provence le 8 mars 2019, sur les marins-pompiers de Marseille, le département des Bouches-du-Rhône, les municipales à Marseille et sur les "Gilets jaunes". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, ministre de l'intérieur, avec France Bleu Provence le 8 mars 2019, sur les marins-pompiers de Marseille, le département des Bouches-du-Rhône, les municipales à Marseille et sur les "Gilets jaunes".

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

ti :

THIBAULT MAISONNEUVE
Bonjour Christophe CASTANER, merci d'être sur France Bleu Provence.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour !

THIBAULT MAISONNEUVE
Vous remettez ce matin la médaille de la sécurité intérieure au bataillon des marins-pompiers de Marseille et vous savez, Christophe CASTANER, à quel point les Marseillais en sont fiers de leur bataillon !

CHRISTOPHE CASTANER
Les Marseillais, les Français et donc le ministre de l'Intérieur, c'est normal que nous soyons fiers parce qu'ils sont toujours là, engagés, totalement mobilisés et pour les 80 ans du bataillon des marins-pompiers de Marseille, je voulais saluer ceux qui rejoignent les rangs, ceux qui se sont engagés mais aussi l'histoire de nos marins-pompiers.

THIBAULT MAISONNEUVE
Et c'est une question qui fâche, c'est impensable de fusionner le bataillon avec les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ? La métropole, les départements des Bouches-du-Rhône doivent bien fusionner pour faire des économies. Pourquoi pas les pompiers ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez, ce n'est pas en changeant un uniforme ou un titre que vous ferez des économies, on aura toujours besoin de femmes et d'hommes sur le terrain. Et donc vraiment là, sur la question des pompiers comme de la sécurité, on est sur des engagements financiers qui sont surtout des salaires. Ensuite, il y a de vraies particularités liées à Marseille, au grand port maritime ; on est vraiment sur des sujets où on a aujourd'hui un outil d'expérience avec un savoir-faire exceptionnel. Ne cherchons pas à le fragiliser pour revendiquer tel ou tel monopole de tel ou tel acteur.

THIBAULT MAISONNEUVE
Alors je parlais de la fusion entre la métropole et le département des Bouches-du-Rhône, vous êtes plutôt favorable à ce que le périmètre du département des Bouches-du-Rhône soit celui de la future métropole ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, prenons le temps de continuer à réfléchir. Le préfet rendra un rapport au président de la République, au Premier ministre la semaine prochaine qui sera un état des lieux de l'ensemble des positions des uns des autres. Je rencontrerai cet après-midi Jean-Claude GAUDIN, je verrai des parlementaires dans la journée ici à Marseille. Voilà. Après, ce que je sais, c'est que l'identité des Bouches-du-Rhône, elle s'appuie aussi sur les Alpilles, elle s'appuie aussi sur la Camargue, sur Arles et les communes qui l'environnent, cette identité culturelle, cette identité du naturel, du végétal et donc c'est un ensemble, ce sont un ensemble les Bouches-du-Rhône, il n'est pas question de les fragiliser, de les casser mais prenons encore le temps d'écouter les élus, ne cherchons pas passer en force.

THIBAULT MAISONNEUVE
Oui mais on entend bien dans ce que vous dites qu'il y a qu'un seul territoire, un et indivisible, qu'il ne pourrait pas y avoir deux intercommunalités par exemple avec le pays d'Arles ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ce que je sais, c'est qu'on fragiliserait les Bouches-du-Rhône si on les saucissonnait et je pense aussi qu'il faut être à la bonne échelle pour agir mais au-delà de cette question territoriale, c'est l'idée même de la métropole. Est-ce qu'il est totalement indispensable qu'on ait une métropole qui gère les places dans les cimetières de chacune de nos communes ? Peut-être pas et donc il faut aussi se poser la question, au-delà du périmètre géographique, celui du périmètre de compétence. Moi, je suis favorable à ce qu'on ait des collectivités spécialisées qui fassent leur boulot à fond et qui en assument toute la responsabilité politique.

THIBAULT MAISONNEUVE
Christophe CASTANER, ministre de l'Intérieur, vous savez quand cette fusion pourrait avoir lieu ? C'est un peu flou pour être tout à fait honnête !

CHRISTOPHE CASTANER
Ce n'est pas le flou. On est dans une phase de discussion, de concertation à l'échelle du territoire national mais une chose est sûre, c'est qu'on ne souhaite rien imposer. Donc il y a eu des discussions avec une dizaine de territoires en France et puis la plupart ont dit « non ». Prenez l'exemple des Alpes-Maritimes, c'était un sujet que nous envisagions. Là, on a une vraie opposition à l'idée de faire cette fusion. Eh bien, on entend les territoires et aujourd'hui pour être honnête, il ne reste plus que Marseille, les Bouches-du-Rhône, la métropole pour donner le sentiment qu'ils souhaitent cette fusion. Donc on continue à travailler avec eux.

THIBAULT MAISONNEUVE
Vous avez parlé de Jean-Claude GAUDIN, vous le voyez aujourd'hui, vous l'avez vu dès hier soir lors d'un hommage et ce même Jean-Claude GAUDIN vous a aussi rendu un hommage appuyé parce que, alors que vous étiez tête de liste socialiste aux régionales en 2015 ici, vous vous étiez, on s'en souvient, retiré pour faire barrage au Front national. Est-ce que la région ou une ville de la région – vous me voyez venir Christophe CASTANER – vous manque, vous intéresse ou si ce n'est pas votre cas, ça pourrait être quelqu'un du gouvernement ?

CHRISTOPHE CASTANER
[rires] Je vous vois venir. D'abord, vous dire que oui, la région, elle me manque. Ce boulot de ministre de l'Intérieur, il est totalement prenant ; je suis rentré 48 heures depuis début octobre dans les Alpes-de-Haute-Provence hier chez moi, auprès de mon épouse et d'une de mes filles ! Donc oui ça cela me manque mais je suis totalement dévoué à ma tâche et je resterai totalement dévoué à ma tâche.

THIBAULT MAISONNEUVE
Et sur les municipales ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je répondrai pour ce qui me concerne à votre question en vous disant que je resterai, je vais me projeter au futur en vous indiquant et je répondrai à une question que vous ne m'avez pas posée mais qu'on m'a souvent posée. Etes-vous candidat à la mairie de Marseille ? La réponse est « non », voilà !

THIBAULT MAISONNEUVE
Voilà, ça, on le sait. En effet, c'est sûr et certain, vous n'êtes pas candidat mais qui portera les couleurs de la République en Marche à Marseille ? Il y a des noms qui reviennent, il y a celui de Marlène SCHIAPPA encore récemment ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, je n'ai pas l'impression que Marlène SCHIAPPA ait beaucoup porté cette volonté là, qu'elle l'a exprimée, je crois même qu'elle a depuis confirmé que son souhait d'engagement était sur Paris. Ensuite, vous savez le mouvement La République en Marche a des ressources mais aussi des process de discussions. Les élections municipales sont dans plus d'un an et donc il appartiendra au mouvement, à son référent départemental, aux parlementaires de contribuer et de faire émerger la bonne personne qui portera les couleurs de la République en Marche.

THIBAULT MAISONNEUVE
Mais ça peut-être un local de l'étape, il y a le nom de Saïd HAMADA qui revient, ça peut être plutôt une personnalité nationale du mouvement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Saï HAMADA a plein de qualités, il y a des personnalités qui pourraient venir ici mais vous savez moi, je crois plutôt à l'enracinement local. Je pense que pour être élu, il faut aimer passionnément ce territoire, il faut lui être lié. C'est vrai que mon nom a circulé à un moment donné, chacun sait que je suis un provençal et Marseille fait partie de ma culture et donc c'est normal qu'il y ait pu y avoir cet emballement là. Ensuite, si je vous disais tel ou tel ministre parce qu'il est ministre, va être candidat à Marseille, je vais vous dire, j'ai peur que les Marseillais s'angoissent un peu pour utiliser un mot parisien !

THIBAULT MAISONNEUVE
En tout cas, vous donnez une première indication, vous seriez plutôt favorable à ce que ce soit quelqu'un d'ici du terroir, du cru ?

CHRISTOPHE CASTANER
Quelqu'un qui a une histoire qui le lie à Marseille, c'est indispensable mais je pense en politique, c'est indispensable. Les parachutages ne me semblent pas, avec des gens qui n'ont rien à voir avec le territoire, ne me semblent pas une bonne chose et je pense que la fierté marseillaise au bon sens du terme ne l'accepterait pas !

THIBAULT MAISONNEUVE
Vous êtes favorable vous, à titre personnel, enfin même en tant que ministre de l'Intérieur mais à l'idée de revenir finalement sur la notion de cumul des mandats ? On sait que c'est beaucoup revenu et que certains élus se disent que finalement d'être déconnecté complètement du territoire local, d'un exécutif local, quand on est parlementaire, ce n'est pas forcément une bonne idée !

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je n'y suis pas favorable. Je pense qu'on ne peut pas être président de région, maire d'une grande ville, président de département en même temps député, parlementaire. Donc franchement non, je n'y suis pas favorable. Je pense que les Français apprécient qu'on soit totalement consacré à notre tâche. La question que vous posez est celle du parcours. Je pense que quelqu'un qui a un enracinement, qui a un engagement ; voit le territoire de façon différente. Vous évoquiez la cérémonie où j'étais hier avec Jean-Claude GAUDIN, c'était la cérémonie de remise de sa Légion d'honneur à André BENDANO, président de la chambre régionale des métiers. Là, vous avez quelqu'un que je n'invite pas à faire de la politique spécialement mais qui a un parcours de vie dans son engagement qui en ferait un excellent élu et peu m'importe le bord politique où il le serait parce qu'il y a ce parcours-là et ça, ça compte plus que de savoir si on peut cumuler avec une présidence de département.

THIBAULT MAISONNEUVE
Christophe CASTANER, 17e Acte des gilets jaunes demain et une fracture entre les policiers les manifestants qui vont jusqu'à jeter, on l'a dit, des excréments comme à Marseille il y a une semaine. Qu'est ce que vous dites là ce matin ? « Ca suffit maintenant les manifestations ! » ?

CHRISTOPHE CASTANER
On a de toute façon un mouvement qui se survit à lui-même et les plus radicaux aujourd'hui y participent, il y avait la semaine dernière 1 050 personnes à Marseille et pourtant, il y a la peur autour de cette manifestation. Donc moi, je trouve dommage qu'un mouvement qui est né d'une soif de changement s'essouffle dans la violence des uns et dans le silence complice des autres. De mon côté, je crois dans la démocratie du débat, pas dans la démocratie de l'émeute. Nous étions hier dans les Alpes-de-Provence à Gréoux-les-Bains pour parler d'environnement avec des gens qui veulent en parler, qui portent une exigence, qui ont pu engueuler le président de la République quand il voulait le faire, c'est cela la démocratie et je préférerai toujours le débat à la violence !

THIBAULT MAISONNEUVE
Christophe CASTANER, ministre de l'Intérieur à Marseille, merci Christophe CASTANER, bonne journée, bon week-end !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 mars 2019

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