Déclaration de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur l'impact du Brexit sur la flotte de pêche normande, au Sénat le 14 mai 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur l'impact du Brexit sur la flotte de pêche normande, au Sénat le 14 mai 2019.

Personnalité, fonction : MONTCHALIN Amélie de.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux affaires européennes

Circonstances : Question orale au Sénat, le 14 mai 2019

ti :

Monsieur le Sénateur,


Le gouvernement a une conscience extrêmement aiguë de l'importance de l'accès aux eaux britanniques, accès garanti aujourd'hui par l'Union européenne pour la flotte de pêche française et singulièrement pour la flotte de pêche normande.

Je l'ai dit dès ma prise de fonctions aux pêcheurs de Boulogne-sur-Mer et je viendrai le dire de la même manière aux pêcheurs de votre territoire de Seine maritime dans les prochaines semaines pour les rassurer sur le travail que nous menons.

Nous savons en effet que ce sont 500 navires français qui sont directement concernés par le Brexit. Parmi eux, 180 navires employant 1200 marins dépendent à plus de 20 %, pour leur activité, de l'accès aux eaux britanniques. Plus spécifiquement, pour la Normandie, nous avons les chiffres que 10 % des navires normands exploitant les eaux britanniques sont dépendants de ces eaux à plus de 30 % en tonnage et en valeur.

Au-delà de l'activité pêche, comme vous le soulignez, Monsieur le Sénateur, c'est aussi la filière dans son ensemble qui pourrait être impactée, puisque les captures dans les eaux britanniques représentent par exemple 54 % des volumes triés en criée de Cherbourg.

C'est la raison pour laquelle la France comme l'Union européenne sont mobilisées pour assurer, dans toute la mesure du possible, un Brexit ordonné pour garantir une continuité d'accès à ces eaux britanniques, au moins jusqu'au 31 décembre 2020 et potentiellement jusqu'au 31 décembre 2022. Cela nous donnerait alors tout le temps nécessaire pour négocier, non pas bilatéralement, je le précise, mais bien avec l'Union européenne, un nouveau cadre d'accès aux eaux, plus pérenne qui bien sûr inclurait le sujet des quotas, qui puisse donc prendre place à la suite de cette période de transition.

Un tel scénario impose que le Royaume Uni ratifie l'accord de retrait négocié au nom des 27 par Michel Barnier avec, vous le savez, de sa part, un attachement très précis aux questions de pêche.

Néanmoins, le 10 avril dernier à la demande du Royaume Uni, les chef d'Etat et de gouvernement se sont réunis au sein du Conseil européen et ont donné une nouvelle et ultime échéance au Royaume Uni pour ratifier cet accord de retrait au 31 octobre 2019.

Les négociations internes sont en cours, vous le savez, et nous n'avons néanmoins pas la certitude d'un résultat positif. C'est pourquoi nous continuons de préparer l'ensemble des acteurs au cas de figure d'un Brexit sans accord pour protéger les citoyens français de toute éventualité et en particulier des pêcheurs des conséquences qui seraient probablement difficiles à très court terme.

C'est pour cela que nous préparons d'abord un maintien de l'accès aux pêcheurs britanniques, qu'il soit le plus rapide possible. Egalement, le fait que nous puissions négocier un nouvel accord de pêche pour traiter du sujet des quotas. Et nous savons que cette négociation sera menée en parallèle de bien d'autres, qu'elles seront donc multilatérales avec les 27 Etats de l'Union et non pas des accords bilatéraux. J'insiste sur ce point car il est extrêmement important que nous puissions avec les Néerlandais, les Belges, les Espagnols, les Irlandais trouver une nouvelle relation de pêche avec le Royaume-Uni.

Je suis en contact étroit avec mes homologues, comme l'est le ministre de l'agriculture et de la pêche, Didier Guillaume. Nous travaillons activement et nous savons que la pêche est une priorité, comme nous l'avons fait connaître à nos partenaires européens.

Vous pouvez compter sur notre action et je reste à votre entière disposition dans les semaines qui viennent pour préciser ce que je viens ici d'exposer pour vous et les pêcheurs que vous représentez dans votre territoire. Je vous remercie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 mai 2019

Rechercher