Extrait d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec RMC le 13 mai 2019, sur les zones à risque pour les touristes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extrait d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec RMC le 13 mai 2019, sur les zones à risque pour les touristes.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

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Q - Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne, merci d'être avec nous. Vous êtes le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, vous êtes notamment en charge du tourisme. Les touristes qui ont été récupérés étaient-ils, oui ou non, en zone déconseillée par le Quai d'Orsay ? Il y a vraiment un trouble, on n'arrive pas à savoir quelle est la réalité ?

R - Il y a une carte en ligne depuis le mois de décembre qui montrait bien que la frontière entre le Bénin et le Burkina était en zone rouge et qu'une partie du parc de la Pendjari, notamment là où était situé l'hôtel était en zone orange. Cette zone orange correspond à une zone déconseillée, sauf raison impérative. Je crois qu'aujourd'hui, l'idée n'est pas de jeter la pierre sur X ou Y, et d'ailleurs, les otages ont, d'eux-mêmes, dit qu'ils auraient peut-être dû plus prendre en compte les recommandations de l'Etat. Et c'est vrai, j'incite tous nos compatriotes qui voyagent, parce que tout voyage comporte une part de risque, à aller visiter le site internet diplomatie.gouv.fr - je le signale à votre antenne - où se trouvent ces fameuses fiches (Conseils aux voyageurs) qui sont très régulièrement actualisées. Parallèlement à cette démarche, il ne faut pas hésiter à s'enregistrer sur ce que l'on appelle l'application Ariane qui permet, lorsqu'on indique son déplacement, d'être tenu au courant lorsqu'il y a des catastrophes naturelles.

Q - Et dites-moi, on fait cela même si on va en Allemagne, en Italie ou au Portugal, ou n'importe où ?

R - Vous savez, il est prudent de le faire, quelle que soit sa destination, parce qu'hélas, nous vivons dans un monde qui est dangereux et où les tensions sont croissantes ; on n'est jamais à l'abri, soit d'un phénomène naturel terroriste ou autre.

Q - J'étais sur le site ce matin, et vous le disiez, on tape le pays dans lequel on se rend et apparaissent les zones par couleur : quand c'est jaune on peut y aller c'est tranquille il n'y a rien du tout, et quand c'est rouge - je crois que c'est la couleur la pire - c'est fortement déconseillé. Mais, - et c'est peut-être cela qui est problématique - ce sont des consignes du Quai d'Orsay, existe-t-il des interdictions pures et dures ?

R - Quand c'est orange, c'est déconseillé sauf raisons impératives. Quelque part, on fait appel à la responsabilité des gens et des voyagistes. D'ailleurs, Jean-Pierre Mas, le patron du SETO, le syndicat des entreprises du voyage précise bien que leurs entreprises n'organisent pas de voyage dans les zones rouge ni orange. Ensuite, il est important que chacun, au niveau individuel, s'imprègne de cela parce que beaucoup de gens voyagent en dehors des agences de tourisme, en dehors des voyagistes. C'est pourquoi cette pédagogie est indispensable et je vous remercie de me permettre de le faire.

Q - Votre ministre de tutelle, M. Jean-Yves Le Drian qui est ministre des affaires étrangères souhaite durcir la réglementation concernant les voyagistes, en élargissant notamment les zones rouges. Êtes-vous d'accord ?

R - Il est peut-être important, si la gradation ne dissuade pas suffisamment, dès lors qu'il y a des signaux sérieux, de passer à des codes couleur qui sont plus dissuasifs.

Q - Ou à des mots Jean-Baptiste Lemoyne ! C'est fortement déconseillé, moi cela ne me dit pas qu'il ne faut pas que j'y aille, à vos risques et périls, ce serait peut-être plus clair ! Tout simplement.

R - Oui, il y a peut-être un travail à faire de ce côté-là, mais en tout cas, la France, à travers son réseau consulaire et diplomatique, à travers ses armées, est là pour protéger tous nos compatriotes, qu'ils soient résidents à l'étranger ou touristes de passage. Le signal que nous envoyons aussi, c'est que l'on ne touche pas impunément à l'un des nôtres comme cela. C'est aussi ce message fort qui a été envoyé à travers cette opération très rapide qui a permis la libération des otages, au prix, hélas, et nous sommes tous dans la peine aujourd'hui et je crois que nous serons très nombreux demain pour être autour de nos soldats, de nos héros.

Q - Juste une dernière question Jean-Baptiste Lemoyne, sur ce site qui est d'ailleurs très bien fait, on voit les risques naturels, on voit les risques politiques, les risques terroristes, c'est classé, on comprend assez facilement. Il ne faut surtout pas oublier de dérouler toute la page et d'aller tout à fait en bas pour voir la carte avec les couleurs, il y a certains endroits qui sont tout à fait surprenant, on se doute bien que d'aller passer ses vacances en Afghanistan n'est pas très malin, mais il y a une zone rouge visible au Japon.

R - Parfois, il peut y avoir des risques sismiques, des risques liés à l'environnement naturel et donc il est important de le signaler.

Q - en effet, c'est Fukushima.

R - De la même façon qu'un certain nombre de pays étrangers ont mis Paris dans une zone à risques compte tenu des manifestations des gilets jaunes. C'est pour vous dire que tout cela est pris en compte également par nos partenaires et d'ailleurs notre tourisme en a souffert.

Q - Cela vous semble dangereux pour un touriste de venir à passer un samedi après-midi en France et à Paris sur les Champs Elysées ?

R - Il me semble que la situation est parfaitement maîtrisée et c'est pourquoi j'ai déployé un gros travail de pédagogie auprès d'autres Etats pour expliquer que les transports fonctionnaient, que les musées étaient ouverts, qu'il est tout à fait possible de faire du tourisme à Paris en toute sécurité. Il est important de refléter la réalité de la situation sur ces "Conseils aux voyageurs."

Q - Un dernier mot : redonnez-nous le nom du site pour que tout le monde en profite ?

R - www.diplomatie.gouv.fr

Q - Merci beaucoup d'avoir été avec nous Jean-Baptiste Lemoyne, Je rappelle que vous êtes le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères en charge du tourisme.

R - Merci à vous.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 mai 2019

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