Déclaration de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre l'Europe et les pays du Sahel en matière militaire et de développement, à Bruxelles le 14 mai 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre l'Europe et les pays du Sahel en matière militaire et de développement, à Bruxelles le 14 mai 2019.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Conseil des affaires étrangères consacré à la défense, à Bruxelles (Belgique) le 14 mai 2019

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Bonjour, c'est une journée importante à plus d'un titre. Nous sommes réunis aujourd'hui, ministres des affaires étrangères, de la défense, de l'Union européenne et des pays du G5 Sahel, au moment même où la France se recueille, en hommage aux maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, qui ont fait le sacrifice de leur vie pour libérer des otages, des otages français, mais également d'autres nationalités. Cela nous rappelle combien nos destins sont liés, et combien Européens et Africains soit nous réussirons ensemble, soit nous échouerons ensemble, et naturellement il n'y a pas d'autre option que de réussir. Nous allons donc aujourd'hui, à l'initiative de la présidence du G5, le Burkina Faso, et de la Haute Représentante, Mme Federica Mogherini, passer en revue les actions conduites, qui se déploient tant au niveau sécuritaire, avec la montée en puissance de la force conjointe G5 Sahel, qu'en matière de développement, avec cette Alliance Sahel, qui comme vous le savez a été ardemment souhaitée par le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel. Ce sera donc un moment de travail très dense, très intense, où nous allons rappeler l'engagement des Européens, un engagement qui, vous l'avez compris, prend différentes formes : financières, d'accompagnement, d'assistance, un certain nombre de missions de formation sont également déployées et naturellement le volet sécuritaire. Sachant que les situations ne trouveront des résolutions que par l'inclusivité, par la mise en place, de façon accélérée, des Accords d'Alger, naturellement, au Mali, par la lutte contre l'impunité, après les massacres que nous avons, hélas, connus, dans la région centre, notamment, au Mali, mais pas uniquement. Par ailleurs, il s'agit de continuer la traque contre celles et ceux qui s'en prennent aux communautés, qui s'en prennent encore, il y a quelques jours, à une communauté catholique, au Burkina Faso. Donc c'est un message d'extrême détermination aujourd'hui, que nous allons porter et dont nous allons tous témoigner. Détermination, face à celles et ceux qui s'en prennent aux femmes, aux hommes, aux valeurs. Et dire que dans ce combat, les Européens et les Africains du G5 Sahel travaillent de concert.


Q - Les Africains reprochent aux Européens de ne pas avoir tenu leurs promesses, d'être lents dans le déblocage des fonds, de ne pas les soutenir assez. Qu'est-ce que vous en pensez ? Deuxième question : il y a la région centre du Mali qui pose aujourd'hui un gros problème. Comment envisagez-vous qu'il y ait un soutien militaire et administratif sur place ? On parle d'un retour ou d'un déploiement de soldats européens ou français sur place. Pouvez-vous nous en dire plus ?

R - Je crois que les Européens sont les premiers partenaires du G5 Sahel, notamment en matière financière. Vous savez que ce sont cent millions d'euros qui ont été mis en oeuvre par les Européens pour la montée en puissance de la force conjointe. Sur ces montants, 55 millions d'euros ont été livrés. Je crois qu'il y a la volonté d'aller rapidement, c'est pourquoi aussi l'Alliance Sahel a été pensée en matière de développement, pour accélérer les procédures, faire en sorte que les bailleurs puissent toujours mieux travailler ensemble. Certes, il y a, au début, des phases d'étude, puis des phases d'appels d'offres, mais je peux vous dire que nous sommes très clairement dans une phase de montée en puissance. Montée en puissance qui se matérialise d'ailleurs sur le terrain, avec des sorties très régulières de la force conjointe, au rythme d'une par mois, ce qui est conforme au plan de route. Donc je suis tout à fait confiant sur cette montée en puissance, et les Européens ne ménagent pas non plus leurs efforts, et la France en particulier, pour faire en sorte que les différents partenaires qui ont promis des financements soient au rendez-vous des décaissements et du résultat.

S'agissant de la région centre, je crois que nous sommes à un moment où il faut aussi des initiatives fortes pour pouvoir favoriser un dialogue inclusif et puis, naturellement, être très vigilants car on voit bien qu'un certain nombre d'individus cherchent à exacerber les peurs entre communautés et il ne faut pas se laisser faire, se laisser entraîner sur cette pente et c'est pourquoi aussi les sujets de lutte contre l'impunité sont également aussi importants. Je vous remercie et à tout à l'heure.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 mai 2019

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