Interview de M. Cédric O, secrétaire d'Etat au numérique, avec CNews le 15 mai 2019, sur l'appel de Christchurch sur les réseaux sociaux. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Cédric O, secrétaire d'Etat au numérique, avec CNews le 15 mai 2019, sur l'appel de Christchurch sur les réseaux sociaux.

Personnalité, fonction : O Cédric.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au numérique

ti :

ROMAIN DESARBRES
Nous sommes en direct avec Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique. Merci Cédric O de choisir CNews pour parler ce matin. FACEBOOK a annoncé, il y a quelques heures seulement, il y a deux heures et demie, en tout cas, c'est tombé aux alentours de 05h ce matin, FACEBOOK a annoncé qu'il restreignait l'usage de la fonction qui permet d'envoyer des vidéos en direct. C'est une restriction pour que les personnes qui publient des contenus violents ne puissent plus envoyer ces images en direct pendant un certain temps. FACEBOOK vous a devancé ?

CEDRIC O
Alors, je pense qu'il faut d'abord revenir sur l'ampleur du problème, vous avez parlé de la tuerie qui a été diffusée en direct sur FACEBOOK Live à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, il faut se rendre compte que, d'abord, il a fallu dix-sept minutes pour qu'il y ait un premier signalement. 4.000 personnes ont regardé une tuerie en direct. Et ensuite, dans les 24h qui ont suivi, FACEBOOK a retiré 1.500.000 copies de la vidéo. Ça donne une idée de la masse et de la viralité de ce genre de contenu et de l'ampleur du problème qu'on doit traiter.

CLELIE MATHIAS
Alors, donc FACEBOOK, vous ne nous avez pas dit si FACEBOOK, là, vous avait devancé sur cet appel de Christchurch, qui va être signé aujourd'hui ?

CEDRIC O
Alors, en fait, ça fait quelque temps, quelques mois, qu'on travaille avec FACEBOOK, Mark ZUCKERBERG a rencontré le président vendredi dernier. Et c'est un sujet sur lequel le président l'a beaucoup sensibilisé parce qu'on a vu également qu'en France, la prise d'otages de Blagnac qui a eu lieu, il y a quelques jours, elle aussi, a été diffusée sur FACEBOOK en direct, et donc le président a pris le soin de le sensibiliser sur l'importance de cette question.

ROMAIN DESARBRES
Cédric O, qu'est-ce qui peut ressortir, très concrètement pour tous les téléspectateurs qui nous regardent, de cet appel de Christchurch sur les réseaux sociaux, au-delà même de FACEBOOK ?

CEDRIC O
Alors, le but de la réunion d'aujourd'hui, c'est de réunir à la fois des dirigeants de pays qui ont été touchés par des actes terroristes, la Norvège, l'Indonésie, le Canada, la Grande-Bretagne, la France évidemment, et puis, en premier lieu, la Nouvelle-Zélande, ainsi que les dirigeants des grandes plateformes, des grands réseaux sociaux, pour, 1°) : faire en sorte qu'il y ait une prise de conscience mondiale du problème. Et 2°) : proposer des pistes de solution. Je réunirai, moi-même, aujourd'hui, mes homologues Numériques du G7 pour travailler avec les réseaux sociaux à une charte d'engagement sur de la réglementation, de la transparence, particulièrement sur les contenus terroristes, qui pourra être signée et annoncée au G7 de Biarritz en août prochain.

CLELIE MATHIAS
Comment est-ce que vous allez faire pour garantir la démocratie sur les réseaux sociaux, en gros, pour que ce ne soit pas les réseaux sociaux, peut-être des réseaux sociaux, et le plus souvent, ils sont américains, qui nous disent ce qu'on a le droit de dire, de regarder, de voir, de ne pas voir ?

CEDRIC O
Alors, je pense que le problème de la diffusion de la haine sur les réseaux sociaux, il appelle trois responsabilités, 1) : une responsabilité individuelle, aujourd'hui, quand vous insultez, quand vous menacez en ligne, vous bénéficiez d'une quasi-impunité. Et ça, ça ne peut plus durer, il faut faire en sorte que lorsque vous vous comportez mal sur Internet, vous ayez une chance raisonnable de terminer devant la justice, ça parle de la deuxième responsabilité, qui est celle des Etats, nous devons mettre à jour nos processus judiciaires pour faire en sorte de traiter la masse des contenus haineux sur Internet. Et enfin, la troisième responsabilité, qui est celle des plateformes, faire en sorte que lorsqu'il y a une vidéo extrêmement virale, qui part sur Internet, sur FACEBOOK, sur TWITTER, ou un contenu problématique, et que celui-ci bénéficie d'une très forte audience, il soit retiré extrêmement vite. Mais là, vous citez un point qui est extrêmement important, ce n'est pas aux plateformes d'écrire la loi. C'est à l'Etat de déterminer ce qui est légal ou illégal. Et c'est aux plateformes ensuite de l'appliquer et de mettre en place les processus internes qui permettent d'appliquer cette loi.

ROMAIN DESARBRES
C'est à l‘Etat de déterminer ce qui est légal et illégal, nous a rappelé à l'instant Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique. Merci beaucoup Cédric O d'avoir été en direct avec nous ce matin dans « La matinale » Cnews.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 mai 2019

Rechercher