Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec CNews le 31 mai 2019, sur le terrorisme, l'Union européenne, le tourisme et sur la vie politique en France. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec CNews le 31 mai 2019, sur le terrorisme, l'Union européenne, le tourisme et sur la vie politique en France.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste, LECLERC Gérard.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères;

ti :
GERARD LECLERC
Bonjour Jean-Baptiste LEMOYNE.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Bonjour.

GERARD LECLERC
Bienvenue. Mohamed HICHEM M, l'Algérien de 24 ans auteur présumé de l'attentat de Lyon au colis piégé vient de reconnaître qu'il avait fait allégeance au groupe Etat islamique. C'est inquiétant, non ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ca montre que même si la bataille sur le terrain en Syrie notamment contre l'Etat islamique a été gagnée, eh bien ! Il faut continuer à lutter contre cette organisation, qui peut susciter hélas encore des vocations un peu partout dans le monde. On l'a vu, il y a un certain nombre d'anciens jihadistes qui bougent vers d'autres théâtres, qui vont vers l'Asie centrale, etc. ; et que par ailleurs même sur notre sol européen, un certain nombre de personnes en arrive à se radicaliser. Et de ce point de vue-là, il y a un gros travail à faire avec tous les contenus Internet, les plateformes pour éviter qu'un certain nombre de vidéos appelant à la haine, appelant… enfin tout simplement en faisant l'apologie du terrorisme restent en ligne. C'est un gros travail que nous conduisons d'ailleurs…

GERARD LECLERC
Avec ce sentiment quand même d'une menace diffuse, c'est dans la population en France et il était passé sous les radars, comme on dit.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Tout à fait, c'est vraiment très important, tout ce qui est numérique hélas peut en quelques jours parfois emporter la raison chez quelqu'un. Et donc c'est un énorme travail sur lequel le Président de la République est très mobilisé, il en parle très régulièrement. Nous avons eu Viva Tech avec par exemple Mark ZUCKERBERG de Facebook, etc., parce que cette menace nous devons y faire face.

GERARD LECLERC
Alors les jihadistes français, mais cette fois-ci en Irak, 7 sont condamnés à mort pour appartenance au groupe islamique. Les ONG et les avocats demandent à ce que les jugements aient lieu en France. Et face à ça, on voit le ministre Jean-Yves LE DRIAN dire : à la fois ils ont droit à un procès équitable en Irak, donc c'est normal qu'ils soient jugés en Irak ; et en même temps la France est contre la peine de mort. Ce n'est pas un peu hypocrite, un peu contradictoire comme position ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors ce n'est pas du tout contradictoire, c'est même très cohérent parce que les crimes ont été commis sur ces zones et ces Etats… enfin l'Etat irakien est fondé à poursuivre ces terroristes. Et d'ailleurs la justice irakienne le fait avec toute la rigueur du droit, je veux dire il y a… ces gens ont droit à des avocats, il y a des interprètes, ils peuvent intervenir au cours du procès. Et donc oui, ce sont des procès qui se déroulent selon des formes tout à fait admises. Et de ce point de vue-là…

GERARD LECLERC
Oui mais en même temps… oui !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
De ce point de vue-là, le procès est équitable.

GERARD LECLERC
Oui mais il y a la menace de la peine de mort que la France…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Et donc… on n‘est pas encore d'ailleurs au bout du processus parce qu'on est là dans une première instance, les terroristes peuvent faire appel de cette sentence, ils ont 30 jours pour le faire. Et ensuite, si la peine de mort est confirmée, naturellement nous nous mobilisons pour signaler. Mais c'est le cas partout, pas seulement en Irak, lorsque nous avons des Français qui sont mis en cause et qui relèvent de ces peines. Par exemple en Indonésie, nous oeuvrons auprès des autorités pour obtenir de commuer la peine dans une perpétuité ou ce type de mesure…

GERARD LECLERC
Mais en tout cas, il n'est pas question qu'ils soient jugés en France, qu'ils reviennent en France pour être jugés en France, c'est à l'Irak de les juger !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Tout à fait.

GERARD LECLERC
Alors à votre place hier, il y avait l'un des avocats des familles, Nadil BOUDI, il a protesté, d'une part dit-il il n'a pas accès aux dossiers ; et puis il a dit que ces jihadistes qui avaient rejoint l'Etat islamique n'avaient pas forcément combattu, écoutez-le et ensuite, vous réagirez.

NADIL BOUDI
Est-ce que le fait de passer sur le territoire irakien est suffisant pour considérer que ces Français-là ont combattu sur le territoire irakien ? Non, la réponse est non. Qu'ils aient rejoint l'idéologie, qu'ils aient rejoint l'organisation, c'est une chose…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça vous reconnaissez !

NADIL BOUDI
C'est incontestable, c'est une infraction qui est punie par la loi française. Maintenant, il faut établir le degré d'implication de chacun, savoir s'ils ont tous combattu, savoir s'ils ont commis des crimes, savoir s'ils ont commis des exactions.

GERARD LECLERC
Alors sur cet argument, ils ont rejoint mais ils n'ont pas combattu… pas forcément !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ce n'est pas un argument recevable parce que vous avez des gens qui n'ont peut-être pas combattu, mais ont recruté. Il y avait un certain nombre de recruteurs basés là-bas qui ont fait venir, qui ont organisé des filières, qui ont précipité vers ce chaos des jeunes femmes et des jeunes hommes. Donc ils ont une responsabilité également immense, donc je crois que ce n'est pas un bon argument.

GERARD LECLERC
Le Défenseur des droits Jacques TOUBON demande est-ce que la France fasse cesser les traitements inhumains subis par les enfants de djihadistes qui sont en Syrie.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors sur les enfants, nous avons une politique très claire d'examen au cas par cas, dans l'intérêt naturellement de l'enfant. S'agissant d'enfants mineurs qui sont orphelins, ayant perdu père et mère ou qui sont très isolés, nous essayons de travailler avec effectivement des rapatriements en prenant un certain nombre de précautions d'usage, en s'assurant qu'il y ait un suivi ici en France, qu'il y ait un environnement qui permette de les prendre en charge. Mais vous avez un certain nombre d'ailleurs de mères qui sont avec leurs enfants et souhaitent rester avec leurs enfants, donc vous voyez qu'on ne peut pas avoir une politique générale, c'est vraiment du cas par cas.

GERARD LECLERC
C'est compliqué, c'est au cas par cas. L'Europe avec ce bras de fer entre Emmanuel MACRON et Angela MERKEL, Emmanuel MACRON qui est quand même un peu isolé, affaibli par les résultats des européennes ; alors que MERKEL dit : c'est mon candidat qui doit être nommé à la présidence de la Commission tout simplement parce que le PPE, parti auquel appartient la CDU, est majoritaire. A première vue, ce n'est pas absurde comme raisonnement, non ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors je vais vous dire, il faut qu'on regarde le résultat des élections européennes dans l'Europe toute entière. Et qu'est ce qui se passe ? On a vu que le duopole historique, l'alliance historique entre les socialistes européens et les conservateurs européens n'avait plus de majorité. Ca veut dire que les députés européens de Renaissance, qui sont en train de constituer un groupe central au Parlement européen…

GERARD LECLERC
Renaissance, c'est le groupe de la République en marche.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Exactement, que ce groupe central avec un certain nombre de démocrates européens doit avoir son mot à dire ; et surtout il sera incontournable pour pouvoir élaborer un certain nombre de règlements européens. Et donc on le voit, on doit avant tout… avant de rentrer dans des histoires de nom, je crois bâtir déjà le projet sur lequel la future Commission doit travailler. Le président de la République l'a dit mardi soir à l'issue du sommet, il faut je crois pousser les feux en matière climatique, en matière de protection, il y a une demande de protection qui a été également... entendue, protection de nos frontières, protection économique. Nous devons absolument en tant que puissance commerciale également nous faire respecter et de ce point de vue-là, il y a quelques semaines pour bâtir un agenda stratégique. Et puis après effectivement choisir les femmes et les hommes, parce que nous souhaitons une parité dans les 4 principaux postes de femmes et d'hommes pour porter ce projet, cette ambition…

GERARD LECLERC
Mais pour revenir au président de la Commission qui set un poste très important, ne tournons pas autour du pot, quel est le bon candidat pour la France, est-ce que c'est la Danoise Margrethe VESTAGER, est-ce que c'est Michel BARNIER, est-ce que c'est Frans TIMMERMANS, le socialiste, qui la France va-t-elle soutenir ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Les personnalités que vous évoquez ont toutes et chacune des qualités, mais ce qui compte c'est vraiment de pouvoir élaborer le projet. Et puis un mandat a été donné à Donald TUSK, le président du Conseil européen, dans les prochaines semaines, il ne faut pas que ce soit trop long, on s'est donné à peu près un mois, qu'il puisse un petit peu entendre ce que souhaitent les Etats, les gouvernements pour pouvoir faire des propositions. Donc on est là dans une phase je dirais de dialogue, de réflexion. Il ne faut pas se tromper, vous savez l'Europe, je crois qu'elle est à un moment de vérité, elle est un peu à la croisée des chemins, longtemps c'était une évidence, on a vu que le vote nationaliste montre qu'il y a un certain nombre de personnes qui remettent en question cette construction européenne. Et donc je crois qu'on a besoin d'avoir vraiment des gens qui vont porter une ambition, parfois sortir cette Union européenne d'une façon de fonctionner parfois un peu bureaucratique, technocratique. Donc c'est ça l'enjeu.

GERARD LECLERC
Alors je parlais de l'isolement de la France tout à l'heure, la France était contre l'ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis, parce que les Américains notamment ne respectent pas… sont sortis de la COP21. Et pourtant ces négociations, elles vont s'ouvrir, donc on a été battus là !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Parce que la politique commerciale européenne, elle se décide à la majorité qualifiée, donc c'est-à-dire qu'effectivement il n'y a pas une majorité… une minorité de blocage suffisamment importante, parce que la France porte une ambition climatique très forte. Et c'est vrai que parfois on se sent un peu seul autour de la table du Conseil des ministres du Commerce, mais de moins en moins. Je constate… nous nous réunissions lundi, que par exemple les Pays-Bas, la Suède désormais souhaitent également une plus grande prise en compte des sujets de climat dans les sujets commerciaux, parce que tout est lié et qu'on doit aussi profiter de notre force commerciale et des accords que nous signons avec d'autres zones dans le monde, pour inciter ces zones à avoir de plus hauts standards en matière non seulement environnementale, mais également sociale. C'est ce qui permet de réguler la mondialisation et de faire que la mondialisation ne soit pas un nivellement par le bas mais un nivellement par le haut.

GERARD LECLERC
Alors les Américains encore avec Donald TRUMP qui vient de décider de surtaxer les produits des importations venant du Mexique, parce que (dit-il) le Mexique ne lutte pas suffisamment contre l'immigration illégale. Il a raison d'utiliser ce genre d'argument ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Hélas ! On voit que les Etats-Unis sont tentés par l'unilatéralisme à tous les niveaux, notamment en matière commerciale. Les Européens d'ailleurs ont été touchés lorsqu'il y a peu plus d'un an, le président américain a mis des droits de douane sur l'acier et l'aluminium européen, au nom de la sécurité nationale. Alors venant justement d'un pays allié et alors que nous sommes d'ailleurs à quelques jours de commémorer le 6 juin, ça fait un peu bizarre. Et donc nous expliquons qu'il faut naturellement refonder sûrement les organes de régulation de la mondialisation, comme l'OMC, etc., mais en tous les cas la bonne solution n'est pas de faire des guerres commerciales parce que tout le monde est perdant. Si des taxes sont imposées, les consommateurs américains vont vite le voir, ça va se répercuter dans les prix et c'est eux qui seront touchés au porte-monnaie.

GERARD LECLERC
L'Europe industrielle avec ce projet de mariage entre RENAULT et FIAT CHRYSLER pour faire l'un des premiers groupes mondiaux. L'État est toujours actionnaire de RENAULT, comment vous voyez ce mariage, vous êtes pour, vous le défendez ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors Bruno LE MAIRE a eu l'occasion de le dire, le fait de pouvoir avoir des coopérations fortes avec d'autres constructeurs – et donc des synergies – peut être très intéressant parce qu'on le voit, c'est d'un point de vue capitalistique très intense cette industrie automobile, il y a beaucoup de défis à relever : le véhicule autonome, les batteries, etc., donc il y a besoin d'avoir une force de frappe. Donc de ce point de vue-là, le fait d'avoir des rapprochements peut être tout à fait utile. Maintenant, il faut que cela se fasse dans l'équité, dans le respect de ce que sont chacun des constructeurs et naturellement, nous avons un certain nombre de conditions liées aussi sites industriels et à l'emploi. Donc naturellement, vigilance mais en tous les cas l'idée peut être intéressante.

GERARD LECLERC
Peut être intéressante. Alors vous vous occupez du tourisme, le tourisme qui a été impacté par les gilets jaunes. Là on est au début de la saison estivale, est-ce que vous avez le sentiment que ça va être une bonne année, un bon cru, qu'on va battre les records des années précédentes ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors vous parliez de record, c'est vrai que 2018 a été une année record avec 89,4 millions de touristes internationaux venus en France découvrir nos territoires, ce qui a généré pas loin de 56 milliards d'euros de recettes internationales, c'est important. Maintenant il est vrai qu'il y a eu un impact du mouvement des gilets jaunes, il faut se le dire, les saccages, les images affreuses vues sur les Champs Elysées, à l'Arc de Triomphe ont porté un coup à l'image de destination France. Et donc nous sommes – sur les premiers mois de l'année – effectivement sur une décroissance de l'ordre de 3,5 % sur les arrivées de touristes internationaux. Nous ne pouvons pas nous en satisfaire, donc avec Atout France, avec nos ambassadeurs on se mobilise énormément pour redorer le blason, pour expliquer que nos transports fonctionnent, que les musées sont ouverts, que la France est prête à accueillir. Mais il ne faut pas se le cacher, ça a eu un impact. Alors nous avons également un moteur très puissant qui sont français eux-mêmes, parce que 2 tiers du tourisme est porté par le tourisme des Français en France. Et de ce point de vue là d'ailleurs avec le Premier ministre, nous avons voulu ouvrir un chantier qui est celui du tourisme pour tous, parce qu'on se rend compte qu'il y a encore un tiers de Français qui ne partent pas en vacances. Et de ce point de vue là, je crois qu'il y a vraiment besoin d'adapter un certain nombre d'outils, de permettre à chacun de partir. Je crois que c'est tout à fait dans la suite du grand débat national, où on a vu parfois des gens exprimer en termes de pouvoir d'achat le fait qu'ils faisaient une croix sur les vacances faute de pouvoir les financer.

GERARD LECLERC
Edouard PHILIPPE fera le 12 juin une déclaration de politique générale devant l'Assemblée, il présentera d'une certaine façon le programme, le calendrier de l'acte 2 du quinquennat. En quelques mots, qu'est-ce qui va changer par rapport à l'acte 1, c'est quoi la nouveauté ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors je crois que l'acte 2, le président l'a dit dans sa conférence de presse, c'est le souhait que nous soyons en proximité totale sur le terrain et surtout, que nous puissions changer la vie des gens dans leur réalité au quotidien. Et de ce point de vue-là, nous allons d'ailleurs mettre en place des systèmes de permanence, en tant qu'élu local je le faisais, nous allons le faire désormais également en tant que ministres. Et moi jeudi prochain, je serai à Milan avec notamment les directeurs d'administration centrale du Quai d'Orsay qui sont concernés par la vie des Français à l'étranger, pour pouvoir rencontrer les Français établis hors de France, entendre leurs problèmes et pouvoir donc…

GERARD LECLERC
La nouveauté c'est d'être davantage à l'écoute des Français ; et faire en sorte que les réformes…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Très terrain, nous on l'est parce qu'en tant qu'élu, naturellement on est toujours à portée d'engueulade et c'est normal. Mais il est important aussi que l'on fasse cela avec les directeurs d'administration centrale, avec leurs équipes parce qu'il ne s'agit pas de décider d'un bureau à Paris, il s'agit d'être véritablement au plus près des besoins, des attentes des Français.

GERARD LECLERC
On a le sentiment qu'Edouard PHILIPPE, il est renforcé depuis les élections européennes et qu'à l'inverse, le président de la République est un peu en retrait. C'est le sentiment que vous avez ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Moi je crois qu'on a un président de la République et un Premier ministre qui, tous les 2, sont très ardents pour justement…

GERARD LECLERC
Non mais ça, on a compris, vous n'allez pas dire le contraire, mais on a l'impression quand même qu'il y a un changement dans la répartition des pouvoirs.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ce que je peux vous dire, par exemple en Conseil des ministres mercredi dernier, le président de la République a fixé très clairement les caps, les objectifs et nous sommes tous mobilisés derrière. Et naturellement Edouard PHILIPPE, il va impulser ce nouvel acte 2. La déclaration de politique générale, ça sera un moment fort au Parlement, ça sera aussi le moment peut-être de voir d'autres parlementaires issus d'autres familles politiques, je l'espère, émettre des signaux parce qu'avec le résultat qui est advenu aux européennes, on le voit, il y a quand même 2 formations politiques qui ont été mises en tête par les Français, c'est hélas le Rassemblement national et puis la République en marche, le MoDem, Agir et les radicaux, il y a aujourd'hui je crois une opportunité pour asseoir et élargir cette majorité.

GERARD LECLERC
Alors on en vient… vous en est devenu effectivement aux difficultés, aux turbulences des Républicains, vous venez vous-même des Républicains. Alors eux disent : c'est la faute d'Emmanuel MACRON qui, quelque part, a volé l'élection européenne en imposant ce duel, ce duo entre le Rassemblement national et La République en marche. Ils n'ont pas un peu raison quand même, qu'est-ce qui se passe chez les Républicains, comment vous expliquez qu'ils se retrouvent à 8,5 % ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ce raisonnement dont vous faites l'écho est quand même bizarre. Ce n'est pas nous qui avons organisé ce duel, ce sont les Français qui ont voté et qui ont dit : voilà ! On met en tête de 2 formations politiques qui sont naturellement très différentes, le Rassemblement national qui est finalement sur une logique très nationaliste mais qui n'apporte pas… qui surfe sur des craintes mais qui n'apporte pas de réponses concrètes ; et la République en marche et ses alliés. Et donc on a en fait ce pôle démocrate et ce pôle démocrate, je crois qu'il peut faire vivre un certain nombre de sensibilités positives, je m'explique. On peut être démocrate et libéral, on peut être démocrate et écologiste, on peut être démocrate et chrétien, on peut être… vous voyez ça se… démocrate et social.

GERARD LECLERC
Ca veut dire clairement… vous pensez qu'il y a d'autres élus Républicains et leurs électeurs derrière qui peuvent rejoindre la République en marche ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
En tous les cas, moi je leur tends la main en disant : si vous avez au coeur les valeurs de mérite, de travail, également de lutte contre les inégalités, bienvenue au club parce que c'est notre ambition. Et il y a un moment, il faut aussi se départir d'un certain nombre de clivages qui, certes ont structuré la vie politique pendant 40 ans, mais dont les Français expriment une lassitude. Ce qu'ils veulent c'est du concret, c'est de l'opérationnel et vous savez, moi j'ai été longtemps maire d'une petite commune dans l'Yonne, autour de la table du Conseil des ministres c'est cette même atmosphère où comme dans mon conseil municipal de Vallery, chacun a peut être des opinions avec des nuances, mais on est réunis pour avant tout améliorer le cadre de vie, améliorer le quotidien.

GERARD LECLERC
Donc vous leur tendez clairement la main. Est-ce que les élections municipales peuvent être l'occasion justement d'une nouvelle étape dans la recomposition, il y a des maires par exemple, des maires Les Républicains qui pourrait quelque part s'allier avec vous, vous rallier ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
La République en marche et ses alliés, notamment le MoDem, Agir, nous sommes une force nationale, nous sommes maintenant une force européenne depuis quelques jours et nous entendons être une force territoriale. Et donc nous travaillons justement un peu à une charte du progressisme municipal, avec un certain nombre d'engagements, une vie participative accrue, des enjeux d'environnement importants. Et puis celles et ceux qui se reconnaissent dans ce cadre…

GERARD LECLERC
Donc des élus républicains pourraient très bien y venir.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Pourraient travailler avec nous. Et encore une fois, il s'agit tout simplement de bâtir une meilleure vie quotidienne pour nos concitoyens ensemble.

GERARD LECLERC
Merci Jean-Baptiste LEMOYNE, bonne journée, bon week-end.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 juin 2019

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