Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec Public Sénat le 5 juin 2019, sur les évolutions de la vie politique en France et sur la politique gouvernementale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec Public Sénat le 5 juin 2019, sur les évolutions de la vie politique en France et sur la politique gouvernementale.

Personnalité, fonction : GUILLAUME Didier, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation;

ti :

CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de Territoires d'infos avec l'invité politique. Ce matin, Didier GUILLAUME qui est le ministre de l'Agriculture. Merci d'être avec nous présent sur ce plateau ce matin.

DIDIER GUILLAUME
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Pour vous interroger à mes côtés Marcelo WESFREID du Figaro et Pascal JALABERT du groupe Ebra. Bonjour messieurs, merci d'être avec nous. Didier GUILLAUME, on rentre de plein pied dans l'actualité tout de suite avec la reconstruction de la droite. Je vais vous donner si c'est une bonne chose, bien que vous êtes un homme de gauche, on le sait. Est-ce qu'il y a nécessité démocratique d'avoir une gauche, une droite dans ce pays ? La question est posée. Et vous voyez comment cette initiative de Gérard LARCHER hier soir de reconstruire la droite à travers les territoires d'ailleurs ? Vous l'avez vu.

DIDIER GUILLAUME
Non mais la gauche et la droite existent. Je suis un homme de gauche, il y a des hommes et des femmes de droite. La réalité, elle est là. Sur le plan social, sur le plan sociétal, sur le plan économique.

CYRIL VIGUIER
Quand on regarde le score aux dernières élections, on peut avoir des doutes.

DIDIER GUILLAUME
Pas du tout, ça existe. Simplement, les socio-démocrates et la droite républicaine ont voté pour la liste d'Emmanuel MACRON. C'est ça la réalité. Le grand changement politique dans ce pays, c'est qu'Emmanuel MACRON a compris avant tout le monde peut-être que les partis politiques étaient dans un tel état qu'ils ne pouvaient plus continuer à gouverner de la même façon que préalablement et qu'en offrant une nouvelle offre politique, en rassemblant le centre droit et le centre gauche, en faisant une politique pour la France à la fois qui protège les Français et qui libère l'économie, nous avons réussi à faire en sorte que ce socle soit fort. D'ailleurs les résultats sont déjà là. Si l'on regarde ce qui est sorti hier ou avant-hier par exemple, l'attractivité de la France, nous sommes passés devant les Allemands en termes économiques. Le chômage baisse durablement, le meilleur score depuis dix ans. Hier dans le secteur de l'agriculture et de l'alimentation, 10 % des exploitations sont en bio. Les résultats de ce quinquennat sont déjà là.

CYRIL VIGUIER
Pourquoi ce n'était pas fait avant, sous les précédents quinquennats ? De François HOLLANDE que vous avez soutenu ?

DIDIER GUILLAUME
Moi, j'ai soutenu François HOLLANDE jusqu'au bout et aujourd'hui, en soutenant Emmanuel MACRON dans la foulée, comme des dizaines, des centaines de milliers d'électeurs de gauche, d'électeurs socialistes. Enfin, à l'élection présidentielle, le Parti socialiste allié aux Radicaux de gauche et allié aux Verts a fait 6,5. Aux Européennes, il a fait 6,5. La droite avait fait 20 % à la présidentielle, elle fait 8,5 aujourd'hui. Cela montre bien que les électeurs sont allés ailleurs. Et l'offre proposée par Emmanuel MACRON, par le gouvernement correspond à ce que veulent les Français

MARCELO WESFREID
Didier GUILLAUME…

DIDIER GUILLAUME
Je termine si vous permettez. Ils ne veulent plus des partis politiques, les gens ; ils veulent de l'orientation.

MARCELO WESFREID
Quand vous avez le président du Sénat qui prend un rôle quasiment partisan, qu'est-ce que vous en pensez ? Et est-ce que ça ne va pas avoir des conséquences sur la réforme institutionnelle que vous voulez lancer ?

DIDIER GUILLAUME
Moi, j'ai du respect pour le président du Sénat. Mais hier, quand je vois l'initiative qu'il prend, le président du Sénat, le président des régions de France, le président des départements de France, le président des maires de France, je me dis attention. Si ce sont les représentants politiques qui font cela, c'est leur responsabilité. Mais ça ne peut pas être les associations d'élus et le Sénat qui va reconstruire la gauche… Qui va reconstruire, pardon, la droite. C'est donc pour ça que moi, je n'ai aucun commentaire à faire. Je veux simplement dire qu'à droite comme à gauche aujourd'hui, les partis sont divisés, sont abîmés mais ce n'est pas mon problème. Moi, je ne suis pas pour la défaite de la droite ou la défaite de la gauche. Je ne suis pas contre la droite ou contre la gauche, ce n'est pas ça le sujet. Moi, je suis pour construire une force centrale qui soit capable de développer ce pays, de sortir des vieux clivages qui n'avaient plus de sens et qu'on en arrive à équilibrer à la fois avec des gens de gauche et des gens de droite pour que le président de la République soit soutenu par une force centrale majoritaire dans ce pays comme on l'a vu aux Européennes.

PASCAL JALABERT
Vous confortez le clivage avec le Rassemblement national qui parlait d'UMPS à l'époque. Donc maintenant vous dites : oui, il y a la force centrale et face à nous il y a le Rassemblement national.

DIDIER GUILLAUME
Mais monsieur JALABERT, moi je ne conforte rien. Moi je constate ce que veulent les électeurs, ce que font les électeurs. Vous savez, faire de la politique ce n'est pas allé au supermarché. Ce n'est pas dire : je vais mettre un peu plus de truc pour les anciens, un peu plus pour les jeunes, un peu plus pour ceci, un peu plus… Non, ce n'est pas cela. Les Françaises et les Français sont des gens intelligents, sont des gens autonomes et ils votent. Et qu'est-ce qu'ils ont fait aux élections européennes ? Ils ont voté à égalité pour la liste de l'extrême droite et la liste d'Emmanuel MACRON et Nathalie LOISEAU. Nous avons le même nombre de sièges. La droite a huit députés européens, nous en avons vingt-trois ou vingt-quatre. Les socialistes et LFI ont fait 6 % chacun. Cela montre bien aujourd'hui que les Françaises et les Français… Il ne faut pas inverser les choses. Il faut partir de ce que souhaite le peuple de France.

MARCELO WESFREID
On apprend par des fuites qu'en 2021, le Sénat devrait être renouvelé entièrement au lieu de l'être comme c'est actuellement tous les trois ans par moitié. L'opposition hurle. Pourquoi vous voulez passer en force ? Qu'est-ce qui vous pousse à vouloir changer tout à coup toute l'Assemblée ? Tout le Sénat, pardon.

DIDIER GUILLAUME
Non, non, mais il n'y a pas de passage en force. Il y a une réforme constitutionnelle, il y a le programme d'Emmanuel MACRON. Nous avons dit d'ailleurs…

MARCELO WESFREID
Vous confirmez bien ce point-là.

DIDIER GUILLAUME
Non. Je ne confirme absolument pas. Vous parlez : il y a des rumeurs.

MARCELO WESFREID
Marc FESNEAU, Marc FESNEAU…

DIDIER GUILLAUME
Je parle des rumeurs. Dans le programme de tous les candidats d'ailleurs, il était dit : il faut un Parlement qui légifère mieux, qui légifère plus vite, avec moins de députés et moins de sénateurs mais que l'ensemble des territoires soient représentés. C'est ce qui va se passer. Quelle latitude va avoir la majorité sénatoriale ? Est-ce qu'elle va être dans l'opposition politique au gouvernement et à Emmanuel MACRON ? Auquel cas, vraisemblablement la réforme constitutionnelle ne passera pas. C'est un choix politique. Soit elle veut construire et dans cette construction, nous disons d'ailleurs - ce travail se fait depuis plusieurs mois - qu'il faudra, en réduisant le nombre de députés et de sénateurs, faire en sorte que pour les sénateurs la ruralité ne soit pas oubliée. Dans l'acte 2 du quinquennat, Emmanuel MACRON met les élus, les maires au coeur de ce dispositif et la ruralité évidemment. Après il faudra bien réussir, à partir du moment où on réduit le nombre de parlementaires, est-ce qu'on le fait en deux fois ou est-ce qu'on le fait en une fois ? Ça, c'est le débat que nous allons avoir politiquement. Nous verrons bien. Il faudra que chacun prenne ses responsabilités.

MARCELO WESFREID
Mais vous ne l'excluez pas.

DIDIER GUILLAUME
Mais je ne l'exclus pas, je ne sais pas. Il faut que chacun prenne ses responsabilités. Est-il possible de réduire de moitié la première tranche de 2020 et puis de réduire ensuite…

CYRIL VIGUIER
Mais vous avez été longtemps sénateur, Didier GUILLAUME.

DIDIER GUILLAUME
Comment ?

CYRIL VIGUIER
Vous savez, vous connaissez bien ces problématiques.

DIDIER GUILLAUME
Je connais très bien.

CYRIL VIGUIER
Et donc vous avez une idée précise de ça.

DIDIER GUILLAUME
J'étais même comme sénateur, j'étais dans la commission que le président LARCHER avait mise en place.

CYRIL VIGUIER
Donc votre avis là-dessus ? Votre avis à vous en tant qu'ancien sénateur ?

DIDIER GUILLAUME
Moi je pense qu'il faudrait faire des choses en une fois parce que les choses seraient plus claires. Parce qu'après, on a un déséquilibre. Il y aura des sénateurs à deux niveaux : ceux qui auront été élus avec le nouveau système et ceux qui restent à l'ancien système.

CYRIL VIGUIER
Mais vous serez entendu au sein du gouvernement ?

DIDIER GUILLAUME
Mais je ne sais pas mais ça fait partie de la discussion. Nous verrons bien ce qui se passera. S'il est possible de rester en deux fois et à réduire à trois ans d'intervalle, pourquoi pas.

MARCELO WESFREID
On entend votre préférence.

DIDIER GUILLAUME
Non. Ça s'appelle une discussion et une négociation. Moi je n'ai pas de préférence. Moi je suis un acteur politique qui essaye de raisonner pour faire avancer notre pays.

PASCAL JALABERT
Justement la réforme constitutionnelle, ça va prendre du temps, du temps parlementaire donc ça arrive. Il y a la décentralisation, il y a les retraites, il y a l'économie circulaire, il y a sans doute quelques lois écologiques, il y a la bioéthique. Comment vous allez rentrer tout ça dans le calendrier ? Par quoi il faut commencer ?

DIDIER GUILLAUME
Alors je ne sais pas comment on va faire pour faire rentrer tout ça dans le calendrier. Vous avez quand même oublié le projet de loi de finances…

PASCAL JALABERT
Pardon, oui.

DIDIER GUILLAUME
C'est important. Qui va occuper les trois derniers mois de l'année. Après ça s'appelle des priorités politiques.

PASCAL JALABERT
Alors c'est lesquelles ?

MARCELO WESFREID
Vos priorités au gouvernement ?

DIDIER GUILLAUME
Moi, c'est de mettre en place la deuxième phase du quinquennat avec humilité mais détermination comme nous avons accueilli le résultat avec humilité et détermination.

MARCELO WESFREID
Concrètement. On commence par la bioéthique par exemple.

DIDIER GUILLAUME
Moi il y a un sujet qui m'importe beaucoup, c'est celui de la bioéthique et de la PMA. Et je souhaite vraiment que nous puissions, que le Parlement puisse délibérer. Les Français y sont favorables. Ce n'est pas une loi de division, c'est une loi de progressisme, c'est une loi de progression.

PASCAL JALABERT
Donc cet été ? A la rentrée ?

DIDIER GUILLAUME
Peu importe cet été ou à la rentrée. Je propose, moi, que les choses soient mises, se fassent le plus rapidement possible pour qu'on ne porte pas dessus. Vous savez, je crois que dans la vie politique il y a des décisions qui doivent être prise. La loi doit être débattue, votée et on passe à autre chose si je puis m'exprimer ainsi. Parce que laisser traîner des sujets ouverts comme ceux-là, c'est bon. Le temps passe, il y a eu les élections européennes.

PASCAL JALABERT
Oui, bien sûr.

DIDIER GUILLAUME
Donc il y a la loi de bioéthique, moi, qui m'importe beaucoup et j'aimerais qu'elle puisse se passer. Vous savez, on ne gère pas par rapport aux élections municipales.

PASCAL JALABERT
Non, non, bien sûr.

DIDIER GUILLAUME
Il y a la loi constitutionnelle, la différenciation. On ne peut pas gérer les ruralités comme les métropoles, et puis la loi sur les retraites que moi je soutiens de toutes mes forces. Parce qu'enfin un euro cotisé sera le même pour tout le monde.

MARCELO WESFREID
La réforme institutionnelle, il faut la faire en priorité cet été vous pensez ? Parce que ça va vous prendre deux mois et vous n'êtes pas sûrs d'arriver à un accord avec le Sénat.

PASCAL JALABERT
Puis il y a plusieurs lois en plus.

DIDIER GUILLAUME
Oui mais ça… Dans la réforme constitutionnelle, il y a plusieurs lois. Je pense que les Français sont loin de tout ça. Ce qu'ils veulent les Français, c'est que l'on supprime la Cour de justice de la République. Je pense que…

MARCELO WESFREID
Sauf que c'est constitutionnel, il faut un accord avec le Sénat.

DIDIER GUILLAUME
Je pense que le Sénat sera d'accord pour ce genre de sujet. Les points de désaccord, ça peut être quoi ? Ça peut être le nombre de sénateurs et ça peut être la proportionnelle. Tout ça, ça fait partie de la discussion mais ça fait partie aussi de la campagne d'Emmanuel MACRON et je pense que c'est ce que souhaitent nos concitoyens. Il faut écouter le peuple, il faut écouter les Françaises et les Français et non pas… Le populisme, c'est aller à droite, à gauche, zigzaguer pour aller toucher des électorats particuliers. Non. Nous travaillons pour la France, pour les Françaises et les Français, pas pour une catégorie d'entre eux.

CYRIL VIGUIER
C'est Didier GUILLAUME, le ministre de l'Agriculture, qui est notre invité politique en direct ce matin dans Territoires d'infos. Mercredi, déclaration de politique générale du Premier ministre Edouard PHILIPPE. Acte 2 du quinquennat. Qu'est-ce que vous attendez des grandes lignes de ce discours ?

DIDIER GUILLAUME
Mais moi, j'attends qu'après une situation inédite… Enfin quand même, pendant six mois des manifestations tous les samedis, les gilets jaunes. Nous n'avions jamais vu cela en France. Jamais. Le président de la République a décidé de mettre en place un grand débat national qui a été fustigé. Ça ne marchera pas et cætera. Bref, ça a été un vrai succès. Des salles pleines, des milliers de réunions, beaucoup de contributions. Maintenant, il a entendu cela, il a fait sa conférence de presse au mois d'avril et il dit : nous allons passer à l'acte 2 du quinquennat. Moi ce que j'attends de la conférence de presse… De la déclaration de politique générale du Premier ministre à l'Assemblée et au Sénat, c'est qu'il propose au Parlement et aux Français l'acte 2 du quinquennat. Proximité, écoute de terrain, plus de services publics et que nous avancions en termes…

MARCELO WESFREID
Et coup de barre à gauche ou pas ?

DIDIER GUILLAUME
Non mais il ne s'agit pas de mettre des coups de barre à gauche ou à droite. Vous savez, un navire gouvernemental ça ne se met pas en faisant des coups de barre parce qu'un bateau, il est dur à faire bouger.

MARCELO WESFREID
Parce que le gouvernement envoie quand même beaucoup de signaux en direction de la droite et on voit bien qu'il y a une partie… L'aile gauche de l'exécutif qui commence à se hérisser en disant / il faut rester dans le « en même temps », il faut aussi parler à la gauche.

DIDIER GUILLAUME
Oui mais là, je pense que vous avez raison. Il faut rester dans le « en même temps ». Le macronisme, c'est et droite et gauche. C'est des gens de droite et de gauche qui se rassemblent sur un objectif commun. C'est comme pour une liste municipale. Dans une élection municipale, il n'y a pas de droite et de gauche. On a un projet municipal et ceux qui sont d'accord travaillent ensemble. Et donc là, sur l'acte 2 du quinquennat, il faut évidemment que la majorité marche sur ses deux pieds. Le « en même temps » d'Emmanuel MACRON est plus que jamais d'actualité.

PASCAL JALABERT
Alors justement, Sébastien LECORNU a lancé un appel aux maires de droite pour les municipales. Est-ce que vous, vous en lancez aux maires de gauche ? Nantes, Rennes, Metz, Strasbourg, Bourg-en-Bresse. Il y a encore pas mal de municipalités de gauche. Clermont-Ferrand, j'en oublie. Est-ce que vous lancez un appel à ces maires pour travailler avec eux et constituer des listes avec eux ?

DIDIER GUILLAUME
Non mais moi, je ne lance pas d'appel aux maires…

PASCAL JALABERT
Mais Sébastien LECORNU…

DIDIER GUILLAUME
Sébastien LECORNU a bien fait de faire ce qu'il a fait et je trouve que c'était intelligent, c'était courageux. Il faut que dans la crise que traverse la droite aujourd'hui, les élus de droite se positionnent mais, je dirais, ce n'est pas mon problème.

MARCELO WESFREID
Est-ce qu'on fait la même chose avec la gauche ?

DIDIER GUILLAUME
Moi ce que je souhaite, et le président de la République est dans cet état d'esprit, c'est que les élus socio-démocrates, les maires de gauche progressistes viennent travailler avec le gouvernement, viennent travailler avec la majorité. C'est évident. Le positionnement d'opposition systématique et stérile n'a pas de sens. N'a pas de sens : les électeurs nous l'ont montré aux élections européennes.

MARCELO WESFREID
Comment on le matérialise ? Il y a un nouveau parti ? Vous créez un courant ? On dit que vous créez actuellement avec Jean-Yves LE DRIAN, le ministre des Affaires étrangères, un Agir de gauche. C'est-à-dire un parti, une formation, des constructifs de gauche ; c'est vrai ?

DIDIER GUILLAUME
Enfin, c'est vrai et ce n'est pas vrai. Jean-Yves LE DRIAN avec un certain nombre de ministres, avec un certain nombre d'élus…

MARCELO WESFREID
Vous allez vous structurer ?

DIDIER GUILLAUME
Oui, oui. Travaille à ce que l'on puisse se retrouver, les socio-démocrates, les progressistes, toutes celles et tous ceux qui avaient voté à gauche ces vingt dernières années et qui aujourd'hui sont totalement seuls. Qui ne se reconnaissent pas du tout dans les partis politiques traditionnels et qui doivent travailler avec nous pour préparer les municipales, les départementales, les régionales et les présidentielles. Et aujourd'hui, je pense que nous devons créer… Ce n'est pas vouloir refaire tel ou tel parti, ça n'aurait pas de sens. Je vous le disais tout à l'heure, la droite et la gauche ça existe toujours, mais aujourd'hui c'est plus que cela. Les Français ne veulent pas se retrouver dans des partis politiques. Ils veulent être entraînés pour la France. Nous allons commémorer là, les deux jours qui viennent, le 75ème anniversaire. Ce n'est pas rien de penser à cela.

MARCELO WESFREID
Le Débarquement, oui.

DIDIER GUILLAUME
Le Débarquement. Donc il ne faut jamais oublier ce qui s'est passé derrière mais il faut aussi regarder devant. Et devant le danger, c'est que le populisme et le nationalisme prennent le pouvoir.

CYRIL VIGUIER
Mais la vraie question, Didier GUILLAUME, est-ce que vous êtes à l'aise dans ce gouvernement où la plupart des ministres régaliens sont de droite ?

DIDIER GUILLAUME
Mais moi je suis très à l'aise dans ce gouvernement parce que la politique qui est menée par ce gouvernement…

CYRIL VIGUIER
Bruno LE MAIRE, Gérald DARMANIN, Sébastien LECORNU.

DIDIER GUILLAUME
Oui. Mais moi, je ne joue plus à cela.

CYRIL VIGUIER
Oui, mais vous êtes dans une réalité.

DIDIER GUILLAUME
Mais la réalité… Mais je pourrais vous citer Jean-Yves LE DRIAN, je pourrais vous en citer beaucoup d'autres, Olivier DUSSOPT où beaucoup d'autres. La question n'est pas là. Moi je suis très à l'aise de travailler avec Bruno LE MAIRE pour sauver ASCOVAL. Je suis très à l'aise de travailler avec Bruno LE MAIRE pour dire : le développement économique, il doit se faire en chargeant moins les entreprises. Parce que c'est la réalité. La première loi Travail qui a été mise en place, elle a été mise en place par François HOLLANDE, Manuel VALLS et Myriam EL KHOMRI. La deuxième loi Travail, la suite de la première, elle a été mise en place par Emmanuel MACRON, par Edouard PHILIPPE et par Muriel PENICAUD. Or ceux qui ont soutenu la première pas soutenu la deuxième. C'est fini toutes ces postures, c'est fini. Donc avançons, travaillons pour la France. Donc oui, il faut que la gauche de gouvernement se structure pour soutenir la majorité présidentielle. C'est ce sur quoi nous travaillons. Ce n'est pas en opposition du tout avec la droite parce que ce que nous voulons faire, ce que nous voulons dire, c'est que les uns et les autres nous sommes capables de travailler ensemble. Je vous parlais de Bruno LE MAIRE à l'instant. Sébastien LECORNU sur la décentralisation, sur le fait territorial, sur donner plus de pouvoir aux maires, sur donner de nouvelles compétences, nous travaillons ensemble et nous sommes en phase. Donc c'est que ces vieux clivages… Ce n'est pas parce que je suis de gauche et untel de droite ou l'inverse que nous allons nous opposer sur tout. Lorsqu'il s'agit de faire baisser le chômage, de donner du travail de faire une loi sur la retraite qui soit la plus juste, la plus équitable alors que ce n'est pas le cas aujourd'hui, cela va dans le bon sens. C'est la volonté du président de la République.

PASCAL JALABERT
Oui. Ecoutez, on va passer à l'agriculture avec notamment le bio. Donc hier, l'agence du bio qui nous dit qu'il y a une explosion, je crois que c'est plus 7,5 % pour les cultures, et ce matin 60 millions de consommateurs qui nous dit : attention, tout n'est pas si bio que ça. Comment vous réagissez ?

DIDIER GUILLAUME
Oui mais ça, c'est le débat permanent, c'est la controverse permanente dans notre pays. Moi, je suis très fier et très heureux qu'aujourd'hui on ait eu en 2018 cinq mille fermes de plus qui passent en bio, que l'on soit à 7,5 % de la surface agricole utile, qu'il y ait 10 % des exploitations qui soient en bio. LA transition agro écologique, elle est indispensable. Il y a toujours de la controverse. On va trop vite ou pas assez vite pour sortir des pesticides ; est-ce que le bio est vraiment bio ; tout ça n'a pas de sens.

MARCELO WESFREID
Il y a une étude aujourd'hui justement sur ça. 60 millions de consommateurs a analysé les produits bio et qui se rend compte que par exemple dans les oeufs et dans le lait, il y a quand même pas mal de choses qui sont néfastes pour la santé. Qu'est-ce que vous dites aux consommateurs ?

DIDIER GUILLAUME
Mais moi je vais dire aux consommateurs : néfastes pour la santé, ce n'est pas vrai. Moi ce que je dis aux consommateurs, c'est que l'alimentation française elle est saine, elle est sûre et elle est durable. Tout le monde nous l'envie. Et l'alimentation française issue des produits de l'agriculture, l'industrialisation, les produits transformés sont des produits de grande qualité. Et moi, je ne veux pas faire peur à nos consommateurs. Il y a toujours des oiseaux de malheur qui vont nous dire : on va tous mourir. Oui, on mourra tous un jour sans aucun doute. Mais aujourd'hui, notre alimentation elle est saine, elle est sûre et elle est tracée et nous avons beaucoup de chance. Et il faut continuer à transformer notre agriculture dans le cadre de la transition agro écologique. Il faut continuer évidemment à faire du bio mais il faut contrôler tout cela évidemment.

CYRIL VIGUIER
Didier GUILLAUME, vous aimez le rugby, on le sait.

DIDIER GUILLAUME
Oui.

CYRIL VIGUIER
Vous avez failli prendre la tête de la Coupe du monde de rugby. Vous vous êtes beaucoup rapproché du Pays basque, vous y allez souvent, vous aimez le Pays basque. Vous étiez sénateur de la Drôme, je rappelle. Est-ce que vous ne seriez pas un petit peu intéressé par l'élection sénatoriale dans les Pyrénées par hasard ?

DIDIER GUILLAUME
Alors absolument pas.

CYRIL VIGUIER
Parce qu'on vous voit beaucoup du côté du Pays basque. Qui est aussi un pays d'ovalie.

DIDIER GUILLAUME
On me voit beaucoup là-bas parce que j'adore ce pays, j'adore cette région. Mais il est évidemment … Enfin je veux dire, cette question n'a pas de sens. Je ne me présenterai jamais aux élections sénatoriales là-bas, c'est bien évident.

CYRIL VIGUIER
D'accord.

DIDIER GUILLAUME
C'est bien évident.

CYRIL VIGUIER
Les prochaines, ce sera où ?

DIDIER GUILLAUME
Comment ?

CYRIL VIGUIER
Pour vous, les prochaines élections.

DIDIER GUILLAUME
Non, non, mais moi il n'y a pas de prochaines. Moi je travaille aujourd'hui dans le cadre de ce gouvernement sous la houlette d'Emmanuel MACRON pour faire réussir le progressisme et pour faire réussir l'agriculture.

CYRIL VIGUIER
Merci Didier GUILLAUME, ministre de l'Agriculture, d'avoir été notre invité politique.

DIDIER GUILLAUME
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 juin 2019

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