Interview de M. François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, avec France Bleu Gard le 5 juin 2019, sur la politique de l'environnement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, avec France Bleu Gard le 5 juin 2019, sur la politique de l'environnement.

Personnalité, fonction : RUGY François de.

FRANCE. Ministre de la transition écologique et solidaire

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JOURNALISTE
Deux ministres en visite dans le Gard aujourd'hui, celui de l'Intérieur à Nîmes-Garons, et puis le ministre de la Transition écologique et solidaire à Bellegarde, François de RUGY est l'invité de France Bleu Gard Lozère, Jérôme PLAIDI.

JEROME PLAIDI
Bonjour Monsieur le ministre.

FRANÇOIS DE RUGY
Bonjour.

JEROME PLAIDI
Deux membres du gouvernement aujourd'hui dans le Gard, en effet on a l'impression que la campagne des européennes se poursuit pour le gouvernement.

FRANÇOIS DE RUGY
C'est surtout que nous n'avons jamais arrêté d'aller sur le terrain, et nous étions obligés, pendant trois semaines avant les élections, de faire preuve de retenue, de réserve, par rapport à la campagne justement, et donc évidemment nous revenons avec plaisir sur tous les territoires, et moi je suis déjà venu d'ailleurs dans l'Hérault, dans le Gard, ces derniers mois, et j'y reviens pour évidemment valoriser ce qui se fait de positif, et aujourd'hui sur le solaire photovoltaïque, cette énergie d'avenir.

JEROME PLAIDI
Oui, avec le résultat tout de même des européennes, justement, ce score réalisé par les écologistes, pas trop de pression sur le ministre de la Transition écologique que vous êtes ? Vous êtes vraiment attendu au tournant, l'enjeu est important.

FRANÇOIS DE RUGY
Oui, je vois dans ce vote plutôt un point d'appui, je vois dans ce vote, en effet, une exigence, une demande, peut-être aussi une forme d'impatience de beaucoup de nos concitoyens qui voudraient que ça aille plus vite en matière d'écologie, je partage cette volonté d'agir plus vite et plus fort pour l'écologie, c'est ce que je porte au sein du gouvernement. Le président de la République, d'ailleurs, nous demande d'aller plus vite dans la mise en oeuvre des changements, et en matière écologique il y a beaucoup de changements à mener.

JEROME PLAIDI
« On avance à trop petits pas » avait dit Nicolas HULOT en quittant le gouvernement. Les écologistes, c'est un reproche qu'ils vous font régulièrement, de ne pas aller suffisamment rapidement dans cette lutte pour le climat.

FRANÇOIS DE RUGY
Moi je comprends l'impatience des Français, pour ce qui est des responsables politiques, le parti des Verts est dans l'opposition à Emmanuel MACRON, depuis 2 ans, de façon systématique, et un peu caricaturale d'ailleurs, moi je demande simplement à être jugé sur les résultats. Je suis dans l'action, je défends l'écologie qui agit depuis toujours, et à la tête de ce ministère je demande à être jugé sur les résultats. Vous savez, par exemple, qu'en 2018 nos émissions de gaz à effet de serre, en France, ont baissé, en 2017 elles avaient un petit peu remonté, donc certains avaient immédiatement saisi le chiffre de 2017 pour dire que la politique n'allait dans le bon sens. Sur la durée, notre politique pour le climat c'est un combat, moi mon combat c'est le climat, eh bien, petit à petit, nous gagnons des batailles, nous sommes encore loin d'avoir gagné la guerre, mais il faut continuer à mener, bataille après bataille, cette politique de réduction de la pollution, de réduction des gaz à effet de serre, pour tout simplement vivre dans un monde vivable et plus agréable.

JEROME PLAIDI
Alors, vous le disiez, vous venez ce matin pour inaugurer des serres photovoltaïques sur une exploitation biologique. Les agriculteurs, ils sont parfois accusés d'être des pollueurs, par les écologistes justement, il faut qu'ils soient plus en pointe dans la défense du climat, eux aussi ?

FRANÇOIS DE RUGY
Les agriculteurs doivent être des acteurs de cette transformation écologique, ils sont déjà très nombreux à être engagés, de diverses façons, dans ce qu'on pourrait appeler l'agroécologie, en tout cas moi je défends la transformation de l'agriculture vers l'agroécologie. C'est vrai, bien sûr, pour le bio, là aussi nous battons des records, l'année 2018 a été un record absolu, plus de 5000 exploitations, en France, sont passées au bio, et nous avons aujourd'hui 10 % des exploitations françaises, 100.000 emplois directs, 100.000 emplois directs, dans l'agriculture biologique, qui aurait cru cela il y a quelques années, où on nous disait « ça ne marchera pas. » Et la demande des citoyens en produits biologiques, en produits alimentaires biologiques, est de plus en plus forte, au point que nous continuons à devoir importer, et donc nous allons continuer à développer cette agriculture biologique et aussi réduire l'utilisation des pesticides dans l'agriculture conventionnelle.

JEROME PLAIDI
Mais le bio Monsieur le ministre… avec cette affaire, tout de même, des serres chauffées avec ces questions qui se posent autour du bio justement, est-ce qu'il n'y a vraiment pas quelque chose à faire dans ce domaine, plus de contrôles peut-être ?

FRANÇOIS DE RUGY
Oui, alors il faut faire attention à ce que tout ne devienne pas un sujet de polémique, ou qu'on ne remette pas en cause tout, tout le temps. Les bienfaits de l'agriculture biologique ils sont démontrés, ils sont démontrés pour l'environnement, ils sont aussi démontrés pour le consommateur. Evidemment que nous sommes toujours très vigilants, c'est une agriculture très surveillée, l'agriculture biologique, les produits français biologiques sont parmi les plus surveillés en Europe et dans le monde, donc nous allons poursuivre, et nous allons surtout poursuivre le développement, le développement de ces exploitations agricoles, qui font des produits de qualité et qui respectent l'environnement. Et ce que je vais aujourd'hui inaugurer dans le Gard est un bel exemple d'innovation, puisqu'on va à la fois avoir des panneaux solaires photovoltaïques qui produisent de l'électricité, mais qui vont aussi protéger des abricotiers, et c'est ce qui va permettre à l'agriculteur de passer progressivement en agriculture biologique également.

JEROME PLAIDI
60 Millions de consommateurs qui publient un dossier spécial aujourd'hui sur ce thème de l'agriculture biologique ne semble pas d'accord avec votre analyse, il y a de nombreux produits qui posent question, et notamment en matière de défense du climat.

FRANÇOIS DE RUGY
Oui, mais c'est vrai qu'on peut retrouver, malheureusement, dans les produits issus de l'agriculture biologique, des éléments de pollution diffuse, nous sommes là aussi pour réparer beaucoup d'erreurs du passé, et parfois les sols ont été pollués, et ils ne sont pas dépollués, comme ça, en un jour. L'air peut être pollué même dans une exploitation d'agriculture biologique, c'est pour ça que, là aussi, la guerre à la pollution de l'air elle doit être permanente, et cela passe, là aussi, par des transformations sur les voitures, nous avons des normes de plus en plus strictes, antipollution, sur les voitures, cela passe aussi par, parfois des mesures d'urgence, quand il y a des pics de pollution, pour réduire la circulation. Nous avons lancé une politique de zones à faibles émissions, avec 15 villes de France, et nous allons la généraliser dans le cadre de la loi d'orientation des Mobilités, qui passe actuellement à l'Assemblée nationale.

JEROME PLAIDI
Où il sera beaucoup question effectivement de la place de la voiture. Dans un territoire, comme le département du Gard, où on est obligé quasiment d'utiliser sa voiture, comment faire passer justement ces mesures qui vont être particulièrement contraignantes pour les automobilistes, non ?

FRANÇOIS DE RUGY
C'est aussi une opportunité, c'est aussi une chance. Nous avons développé la prime à la conversion, qui est une prime qui va de 1000 à 4000 euros selon les conditions de revenus des Français qui demandent à avoir cette aide pour changer de voiture, et qui font le choix de mettre à la casse une vieille voiture, qui est plus polluante, et qui la remplace par une voiture neuve, ou d'occasion, donc une voiture à prix abordable, et qui peut être bien sûr un véhicule électrique, ou un véhicule hybride, mais qui peut être un véhicule tout simplement moins polluant, parce que plus récent. C'est une approche pragmatique, mais qui permet de concilier l'écologie et aussi une approche économique et sociale. Les Français, évidemment, sont préoccupés par le pouvoir d'achat, par la question du bouclage de leur budget, et c'est pourquoi nous développons des aides, des mesures, d'accompagnement, qui leur permettent de participer à cette transformation écologique, mais d'y être aidés.

JEROME PLAIDI
François de RUGY, une dernière question, qui n'a rien à voir, mais la Féria de Pentecôte arrive, ici à Nîmes, vous aviez pris position, en tant que député, pour l'abolition des corridas, c'est toujours votre avis en tant que ministre ?

FRANÇOIS DE RUGY
A titre personnel je ne suis pas fan, en effet, de la corrida, j'avais surtout cosigné une proposition de loi qui proposait que ce ne soit pas ouvert aux enfants de moins de 16 ans. Je crois que c'est une vieille tradition dans certaines régions de France, il y a des traditions qui évoluent, en l'occurrence ce n'est pas aujourd'hui une des priorités de mon ministère, ou du gouvernement, je sais qu'il y a un débat citoyen, il y a des associations qui sont contre, mais il y a aussi beaucoup de citoyens qui y participent, des élus locaux qui parfois soutiennent le financement des arènes, etc., c'est aussi au niveau local que cela doit se faire et évoluer.

JEROME PLAIDI
François de RUGY, je retiens ce matin qu'il faut défendre, accentuer aussi cette agriculture biologique, qui est en pointe ici dans le Gard, merci d'avoir accepté l'invitation de France Bleu Gard Lozère pour le dire.

FRANÇOIS DE RUGY
Merci. Bonne journée.

JEROME PLAIDI
Vous êtes le ministre de la Transition écologique et solidaire. Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 juin 2019

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