Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec Sud Radio le 2 juillet 2019, sur les suppressions d'emploi dans le commerce, la protection des consommateurs et sur le libre-échange. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec Sud Radio le 2 juillet 2019, sur les suppressions d'emploi dans le commerce, la protection des consommateurs et sur le libre-échange.

Personnalité, fonction : PANNIER-RUNACHER Agnès, ROGER Patrick.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances;

ti :

CECILE DE MENIBUS
Bienvenue, c'est le « Petit déjeuner politique » d'Agnès PANNIER-RUNACHER, qui est secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances.

PATRICK ROGER
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour.

PATRICK ROGER
1 900 suppressions de postes chez CONFORAMA, alors qu'AMAZON recrute, plus d'un millier de postes sont prévus pour une ouverture au mois de septembre. Les magasins traditionnels ne sont plus adaptés, c'est ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Les magasins traditionnels font face effectivement à une transformation très profonde, et c'est vrai que la coïncidence des deux chiffres, 1 800 recrutements chez AMAZON, 1 900 suppressions d'emplois chez CONFORAMA, montre bien cette transformation. Après, la situation de CONFORAMA est particulière. D'abord, je veux dire que je suis aux côtés des 9 000 salariés Français, 14 000 au total, salariés dans le monde, donc ça reste une très grande enseigne.

PATRICK ROGER
Oui, parce que la maison-mère est une société Sud-africaine.

AGNES PANNIER-RUNACHER
La maison-mère est une société sud-africaine, mais qui vient de traverser beaucoup de difficultés, qui n'ont rien à voir d'ailleurs avec CONFORAMA, mais dont CONFORAMA finalement paie un peu les pots cassés. Nous on les a accompagnés pour éviter la cessation de paiement ces deux dernières années, et aujourd'hui le pouvoir a été repris par les créanciers, et effectivement ce plan, qui est une première étape, je tiens à dire les choses, dans le langage commun c'est la R zéro…

PATRICK ROGER
C'est-à-dire une première étape…

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est la première réunion…

PATRICK ROGER
Ça veut dire qu'il va y avoir une seconde vague de licenciements ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, pas du tout, c'est la première réunion où on évoque le plan social et donc c'est là où on peut commencer à négocier et à discuter. Et nous, l'objectif il est très clair, dans ce type de situation, c'est d'essayer de réduire le plan social lorsque cela est possible, et ensuite de s'assurer qu'il y a un accompagnement individualisé qui permette de requalifier, enfin de remettre dans d'autres emplois le maximum de personnes. Donc on sera extrêmement attentif à ça avec les équipes de Muriel PENICAUD, mais c'est une négociation qui s'entame, on ne va pas recevoir les lettres de licenciement cette semaine.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il y a d'autres secteurs comme ça du commerce traditionnel qui sont menacés en fait aujourd'hui, par la nouvelle forme de vente, via évidemment le digital ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
En fait, ce qu'on observe, c'est que les commerces traditionnels sont en train de basculer sur le numérique, et le chiffre que nous donnent les spécialistes du commerce, c'est que dans les 5 ans qui viennent il est absolument indispensable, d'ailleurs pour les indépendants comme pour les grandes enseignes, d'avoir un minima, un canal de communication sur Internet pour pouvoir attirer les clients. On est tous tellement habitués à aller pianoter sur notre téléphone pour savoir quelle heure, pour préserver une pièce quelconque, un livre, un vêtement, que l'on ne comprend plus de ne pas avoir cette offre-là. Donc il faut absolument accompagner les commerçants, et c'est ce qu'on fait, on a un dispositif qui s'appelle France Num, qui accompagne les petites entreprises, et au niveau des grandes enseignes, on le voit, il y a une transformation majeure, un des très grands acteurs de la vente en ligne c'est CARREFOUR aujourd'hui.

PATRICK ROGER
Oui mais c'est une inquiétude pour vous, parce que ça veut dire qu'il va quand même y avoir des emplois qui vont de nouveau disparaître dans le commerce ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est une transformation des emplois.

PATRICK ROGER
Oui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Donc ça veut dire qu'il faut accompagner des gens qui font un métier A, en personnes qui vont faire un métier B, et ce n'est pas quelque chose qu'on fait en claquant des doigts et effectivement avec un risque de casse sociale, et c'est pour ça qu'on est extrêmement attentif à pousser les entreprises à anticiper ces situations. Je vous donne un exemple. Dans le commerce aujourd'hui vous avez des systèmes où vous pouvez passer en caisse sans caissière, c'est-à-dire que vous posez votre sac sur une borne, elle enregistre toute l'intégralité de votre sac, vous mettez votre carte bleue et vous pouvez sortir. Evidemment ça change la commercialisation, ce qui ne veut pas dire qu'on pourra avoir des magasins physiques sont personnes, parce qu'on va avoir besoin de plus en plus de conseils et de contact humain. Donc c'est un changement fondamental…

PATRICK ROGER
Ce qui veut dire que le magasin physique n'est pas encore totalement menacé, qu'il a de l'avenir. Parce qu'il y a beaucoup d'auditeurs qui peuvent s'inquiéter, qui sont eux-mêmes commerçants ou d'autres.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, je ne pense que le magasin physique a de l'avenir, mais il doit transformer sa façon d'accueillir le client et il doit nécessairement avoir une continuité en ligne, c'est-à-dire a minima. Une chose toute simple que je veux dire aux indépendants : renseignez les horaires d'ouverture sur le Net, c'est-à-dire vous avez des sites qui référencent, des annuaires, eh bien il faut renseigner tout simplement ses horaires d'ouverture. C'est le B.a.-ba pour avoir une présence sur Internet.

PATRICK ROGER
Agnès PANNIER-RUNACHER, est-ce qu'il faut justement retravailler de nouveau et se pencher sur les horaires d'ouverture et de fermeture des magasins physiques, qui existent, pour qu'ils rendent un service supplémentaire, quoi ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, vous savez que William KOEBERLE et a été chargé d'une mission sur les horaires d'ouverture, à la fois le dimanche et en soirée. Des propositions ont été faites. On voit bien que par exemple sur l'ouverture le dimanche, au mois de décembre, il y a des habitudes qui se sont mises en place et qui paraissent adaptées en fait, à la fois aux modes de consommation des consommateurs et ce que peuvent faire les commerçants, qu'ils soient indépendants ou que ce soit des enseignes. Il y a aussi tout ce qui est zone de tourisme international, où il y a une logique économique à ouvrir un peu plus tard et le dimanche.

PATRICK ROGER
Là où il y a du tourisme notamment, bien sûr.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Là où il y a du flux. Maintenant, moi je ne suis pas pour une ouverture 24 heures sur 24, comme on le voit aux Etats-Unis, je crois que c'est à la fois très…

PATRICK ROGER
Mais ça on y viendra dans quelques zones, non ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je ne sais pas, je trouve que c'est très disruptif pour la vie des salariés, d'une part, et donc il faut être attentif à ça. Et deuxièmement, ce n'est pas forcément des bons modèles économiques, et en tout cas c'est des modèles économiques qui profitent plutôt aux grandes enseignes qu'aux petits commerçants. Et on le voit aujourd'hui on est en train de revenir de ces grandes zones commerciales qui sont en périphérie de villes, on a besoin de commerçants en centres villes, on a besoin d'animations en centres villes, c'est tout l'enjeu des plans Action coeur de ville qu'on a lancés…

PATRICK ROGER
Oui, dont nous avons beaucoup parlé.

AGNES PANNIER-RUNACHER
… et du Plan commerçants sur lequel moi je travaille aujourd'hui. Donc voilà, c'est l'animation, le lien social. La crise des Gilets jaunes le montre bien, il faut qu'au plus près du terrain on ait un petit peu de vie, un petit peu de plaisir quand même.

PATRICK ROGER
Agnès PANNIER-RUNACHER, dites-moi, qu'est-ce qu'il se passe en ce moment chez ENGIE et d'autres fournisseurs d'électricité ? Il y a une enquête, vous dirigez la répression en fait des fraudes, il y a une enquête qui est en cours, parce que visiblement certains sous-traitants auraient abusé, auraient forcé la main des clients pour des contrats ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
A ce stade on part d'un constat, c'est une multiplication par quatre du nombre de plaintes de consommateurs sur des contrats de fournisseurs d'énergie qui leur auraient été un peu imposés, sans qu'ils aient vraiment eu la capacité à prendre la mesure de ce qu'ils achetaient. Sur cette base-là on a lancé une enquête qui s'est traduite hier par des perquisitions dans… 73 agents et un certain nombre de sites. On ne peut pas qualifier aujourd'hui les responsabilités, parce qu'on est vraiment en milieu de l'enquête. Donc, est-ce que c'est le fournisseur qui est parfaitement au courant des pratiques de ses commercialisateurs, ou est-ce que ce sont des commercialisateurs zélés, qui vont au-delà de leur mandat, c'est ce qu'on essaie de qualifier. Mais ce qui est clair c'est qu'il y a une forme de tromperie à l'égard des clients, et le rôle du ministère de l'économie, c'est deux choses, sur la DGCCRF, sur la consommation et la répression des fraudes, c'est protéger le client, et en particulier les clients vulnérables, les plus âgés, et c'est faire en sorte qu'il y ait une concurrence égale entre les entreprises. Et ce type de situation, c'est vraiment contre la concurrence loyale et contre la protection des consommateurs.

PATRICK ROGER
Est-ce que vous avez une idée du préjudice, des escroqueries qui auraient pu avoir lieu ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
A ce stade, on est en train de collecter l'information. Les préjudices c'est un changement de fournisseur, donc vous n'avez pas forcément… vous avez de toute façon une fourniture d'énergie chez vous, la question c'est, est-ce que vous ne payez pas…

PATRICK ROGER
Oui, mais une fois que vous avez signé le contrat, vous êtes un peu coincé.

AGNES PANNIER-RUNACHER
… un peu plus cher, donc ce n'est pas forcément des montants qui sont considérables, mais c'est la manière de faire, et c'est surtout le fait qu'on vous fait croire que vous prenez tel fournisseur alors que ce n'est pas celui-là, ou que vous êtes sans engagement alors qu'il y a un engagement. Voilà, c'est la manière de faire qui est inadmissible. En terme de pouvoir d'achat il va falloir regarder de plus près, ce n'est pas nécessairement l'enjeu majeur.

PATRICK ROGER
Alors, que dire, comment se protéger justement, nous consommateurs face à ça, quand il y a des offres de services. Parce qu'il y en a de plus en plus, on nous appelle pour nous proposer de nouveaux fournisseurs d'énergie, pour changer.

AGNES PANNIER-RUNACHER
La première chose, le premier conseil, c'est que lorsqu'on vous demande un RIB, c'est-à-dire un Relevé d'Identité Bancaire, méfiance. Toute demande de coordonnées, que ce soit votre carte bleue ou votre compte en banque, c'est non. Parce qu'à un stade où vous êtes censé être dans un devis, dans une étude, eh bien il n'a pas besoin de ces éléments-là le vendeur. Donc vous refusez.

PATRICK ROGER
Une question de politique, Agnès PANNIER-RUNACHER. Donc on a beaucoup parlé avant des européennes et des alliances évidemment au niveau européen. Emmanuel MACRON a dit hier, il a un peu tapé du poing sur la table en disant que ce n'était plus possible, on ne peut pas offrir un tel spectacle, de ne pas réussir à se mettre d'accord. Quelle est votre réaction ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois qu'il a parfaitement raison. Aujourd'hui on est confronté à des Etats-Unis et une Chine qui sont extrêmement actifs, proactifs, que ce soit en matière commerciale, que ce soit en matière d'innovation. L'Europe doit donner un front uni, et c'est la seule manière où on jouera notre rôle et on tiendra notre place dans le concert des Nations au plan international. Donc effectivement ça ne doit pas être juste des intérêts de pays personnels, nationaux, qui doivent guider l'action, et on doit être capable de mettre en place une équipe compétente et qui est prête à porter le projet européen. Et je crois que c'est ce qu'attendent les Français et les Européens, de leur gouvernement.

PATRICK ROGER
Oui, alors voilà, qu'on se mette d'accord pour ensuite être capable de négocier, parce que là par exemple, votre secteur de l'industrie est-il concerné aussi par l'accord Mercosur, l'ensemble en fait des échanges ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
L'accord de Mercosur, c'est un accord de libre-échange. Par construction il touche tous les secteurs d'activité. Après aujourd'hui moi j'entends beaucoup de gens qui commentent cet accord et qui ne l'ont pas en main. Donc je suis tout à fait stupéfaite de leur capacité à anticiper ce qu'il y a dans un accord qu'ils n'ont pas négocié. Evidemment il faut regarder très précisément ce qu'il y a dans l'accord. Typiquement, sur le climat, nous avons obtenu l'insertion d'une clause de respect des accords de Paris, ce qui n'avait pas du tout été anticipé initialement. Donc, nous on ne le votera pas nécessairement cet accord, on va en faire une évaluation très précise, mais sur la base d'un texte. Dire : cet accord est bon et cet accord est mauvais, alors qu'on n'a pas le texte, c'est surréaliste objectivement.

PATRICK ROGER
Ce que vous dites, on crie au loup alors n'y a pas à crier au loup, c'est ce que vous dites ? Pourtant il y a quand même…

AGNES PANNIER-RUNACHER
On crie au loup alors qu'on n'a pas l'accord en main, et donc pour crier au loup il faut que ce soit fondé sur des faits et sur l'accord en main. Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on avait donné des orientations très claires à la Commission européenne en disant : voilà la ligne rouge qu'il ne faut pas dépasser, et tout l'enjeu maintenant c'est sur la base de l'accord, de regarder si ces lignes rouges ont été franchies ou pas. Et pour le moment, sur le sujet qui était notamment important, qui était le climat, eh bien typiquement on sait qu'il y a une clause qui est écrite, et il faut juste voir comment elle est écrite, pour s'assurer que c'est conforme à nos souhaits.

PATRICK ROGER
Il y a un secteur où il y a beaucoup d'inquiétude également, c'est l'industrie automobile. Est-ce que vous pouvez donner quelques assurances ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Sur l'industrie automobile, on est confronté à une transformation assez majeure aussi, puisqu'on passe du, grosso modo, on va passer d'une industrie avec des moteurs thermiques, vers des batteries électriques. Ça ne va pas faire non plus du jour au lendemain, je crois qu'il faut aussi rassurer les gens. C'est un processus qui va prendre une grosse vingtaine d'années…

PATRICK ROGER
Oui, d'autant qu'il peut y avoir aussi des changements pendant ces 20 ans, c'est-à-dire que l'hydrogène par exemple en Chine est en train de basculer, donc…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Exactement. C'est-à-dire que si on met au point des processus…

PATRICK ROGER
En France on est en retard.

AGNES PANNIER-RUNACHER
… de batteries électriques, on peut transformer assez sensiblement l'approche. C'est pour ça que nous on a lancé un Projet batteries électriques au plan européen, parce que les batteries électriques elles sont fabriquées en Chine, au Japon et en Corée du Sud, et on ne maîtrise pas cette technologie en Europe, alors que c'est à peu près 30 à 40 % de la valeur d'une voiture électrique. Donc c'est un vrai changement. Et cet investissement que nous faisons et qui a été lancé par la France, on a réussi à récupérer avec nous l'Allemagne, la Pologne est intéressée, l'Espagne pourra mettre un pied dans ce projet, et on est en train de le négocier avec la Commission européenne, c'est un vrai changement majeur pour notre industrie, et si on réussit, c'est aussi une très bonne nouvelle pour notre industrie.

PATRICK ROGER
Agnès PANNIER-RUNACHER, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, ce mot de la fin avec Cécile de MENIBUS.

CECILE DE MENIBUS
Vous parliez de fraude tout à l'heure, les Français vont partir en vacances, ils vont vouloir consommer forcément des produits français et des vins français. Comment lutter justement…

PATRICK ROGER
Avec modération, les vins.

CECILE DE MENIBUS
Oui, bien sûr, mais comment lutter contre la tromperie sur l'origine des produits, d'une part, parce qu'on ne sait jamais trop à qui s'adresser ? Et puis d'autre part, est-ce qu'il y a des compensations qui sont prévues pour les producteurs ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, nous on est extrêmement vigilants sur ces sujets-là. J'étais à Montpellier vendredi dernier, pour justement faire des contrôles en hypermarchés sur la façon dont les produits sont présentés.

CECILE DE MENIBUS
Et il y a beaucoup de fraudeurs ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il y a moins de fraudeurs qu'il y en a eu, c'est-à-dire qu'il y a deux, trois ans il y avait un flou assez artistiquement entretenu sur l'origine du vin par exemple, il faut toujours regarder sur un produit, même si le code couleur, la photo, le nom du vin…

CECILE DE MENIBUS
A l'air d'être très français.

AGNES PANNIER-RUNACHER
… donne le sentiment qu'on a du vin français, d'où est originaire le produit. Vous avez des vins d'origine espagnole, vous avez des vins d'origine de l'Union européenne, alors là c'est carrément très flou et ce n'est pas très acceptable, et ça on a fortement amélioré la lisibilité des étiquettes. Mais il faut toujours rester vigilant et vous savez que jeudi dernier, INTERMARCHE a été condamné à 15 000 € d'amende, précisément parce qu'il y avait une forme de tromperie sur la marchandise, c'est un arrêt qui fait…

CECILE DE MENIBUS
Mais c'est scandaleux !

AGNES PANNIER-RUNACHER
… qui fait foi et qui est très important pour la suite, puisque la jurisprudence reconnaît que le fait d'avoir des allégations un peu floues, est une forme de tromperie. Sur d'autres produits, par exemple le miel, on travaille dessus pour que l'on ait l'origine du miel. Parce que « origine Union européenne » et « hors Union européenne », là aussi c'est une plaisanterie, beaucoup de Français ne savent pas que le miel peut être d'origine chinoise par exemple, et que c'est le principal de leur bocal. Donc, après ils font leur choix, je veux dire, ce n'est pas parce que le miel est chinois qu'il n'est pas bon, mais en tout état de cause on a tous droit à une transparence et c'est dans ce sens-là que le gouvernement veut aller.

CECILE DE MENIBUS
Merci beaucoup.

PATRICK ROGER
Merci Agnès PANNIER-RUNACHER, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, qui était l'invitée ce matin de Sud Radio.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 juillet 2019

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