Interview de Mme Christelle Dubos, secrétaire d'Etat à la santé à RMC le 25 juillet 2019, sur les conséquences et les effets de la canicule sur les urgences médicales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Christelle Dubos, secrétaire d'Etat à la santé à RMC le 25 juillet 2019, sur les conséquences et les effets de la canicule sur les urgences médicales.

Personnalité, fonction : DUBOS Christelle, MALHERBE Apolline (de).

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la santé;

ti :


APOLLINE DE MALHERBE
Bonjour Christelle DUBOS.

CHRISTELLE DUBOS
Bonjour.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci d'être avec nous, vous êtes secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé. On va évidemment parler de la canicule, quelles préconisations, quel point d'étape et j'aimerais d'ailleurs qu'on commence par ce point d'étape, BFMTV évoquait hier 5 décès, 27 urgences absolues et de 371 urgences relatives qui seraient imputables à cette chaleur, est-ce que c'est des chiffres que vous confirmez ? Est-ce que vous avez un état des lieux à nous donner ?

CHRISTELLE DUBOS
Ce sont des chiffres que l'on ne confirme pas parce qu'ils ne sont pas encore consolidés. Nous donnerons les chiffres à la fin de l'épisode de canicule, comme nous le faisons tous les ans, parce que ces chiffres nous devons en tirer aussi les conclusions. Il est parfois difficile de savoir lorsqu'il y a un décès qui arrive, si c'est lié à la chaleur ou si c'est lié à une santé qui était plus fragile, donc nous devons travailler et c'est toute la remontée que nous faisons avec les ARS, les centres hospitaliers, les urgences. Donc nous donnerons les chiffres dés que nous les aurons.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais est-ce que vous redoutez une mortalité accentuée ?

CHRISTELLE DUBOS
On ne peut pas avoir zéro mort lorsqu'on a des plans de canicule qui se répètent, qu'ils sont aussi intensifs, tels que nous avons vécu en juin et tel que nous les vivons aujourd'hui. Aujourd'hui ce qui peut être, peut-être rassurer les Français, c'est que certes elle est intense, mais c'est une période qui va être courte, donc d'ici quelques jours nous allons certainement enlever la vigilance rouge. Et donc nous allons avoir des températures ou des nuits beaucoup plus fraîches qui vont permettre aussi aux corps de se reposer, aux Français de se reposer, parce que c'est ça en fait la difficulté, c'est intensité qui fait que même la nuit où on pourrait avoir des temps plus frais pour pouvoir se reposer ou pour bien dormir, on a les corps qui s'éprouvent et qui de fait ne peuvent pas se reposer. Et donc nous devons avoir cette vigilance, c'est pour ça que nous avons placé 20 départements en vigilance rouge, attention tous les Français qu'ils soient en bonne santé ou en position de fragilité, doivent faire attention à leur santé, doivent faire attention aux proches.

APOLLINE DE MALHERBE
Christelle DUBOS, précisément cette vigilance rouge, elle touche d'aborder des départements qui y étaient moins habitués, alors certes l'Ile-de-France mais aussi notamment les départements du Nord, qui ne sont pas forcément des départements qui ont les infrastructures les plus adaptées aux fortes chaleurs.

CHRISTELLE DUBOS
Tout à fait, exactement, c'est l'un des premiers constats qu'on a fait après la période de juin, dans le sud on s'adapte plus facilement que dans le nord et donc nous devons en tirer les conclusions. C'est l'acte 2 que nous lançons avec le quinquennat sur la transition écologique qui sont des mesures qui sont portées par mes collègues ministres au niveau de la transition écologique, mais c'est aussi comment est-ce qu'on aménage nos villes, comment est-ce qu'on pense à avoir des îlots de fraîcheur, à avoir de la verdure en ville de façon à adapter l'environnement.

APOLLINE DE MALHERBE
Et en attendant concrètement cette vigilance rouge, ça implique quoi, à la fois en termes d'interdictions éventuelles et de conseils ?

CHRISTELLE DUBOS
Alors cette vigilance rouge, mais aussi peut-être pour l'ensemble des départements orange pour les personnes les plus fragiles et pour les rouges pour tous les publics, c'est éviter les activités sportives, éviter les transports et on voit la ministre des Transports qui a mené et a demandé à ce que les transports soient reportée si besoin, éviter des transports parce qu'il fait chaud dans les transports et que ça génère aussi de la chaleur. Donc il faut pouvoir limiter. C'est faire attention, c'est permettre aux personnes les plus vulnérables de pouvoir se signaler auprès de leur mairie, parce que quand elles sont connues, les mairies vont pouvoir les appeler tous les jours, peut-être 2 ou 3 fois par jour.

APOLLINE DE MALHERBE
Aller prendre des nouvelles, aller voir s'ils vont bien.

CHRISTELLE DUBOS
Aller prendre des nouvelles, apporter de l'eau si besoin ou s'assurer qu'ils aient accès à une pièce rafraîchie. Et donc c'est le principe évidemment classique, c'est boire, rester au frais, aérer sa maison au moment où on le peut quand les températures de nuit sont plus fraîches, mais on l'a bien vu cette nuit sur Paris ou sur d'autres grandes villes, on était à 26, 27 degrés, donc il est difficile de pouvoir avoir… de rafraîchir sa maison ou son appartement. Et donc c'est tous ces points de vigilance là, c'est la vigilance pour soi, mais la vigilance pour les autres qui est importante.

APOLLINE DE MALHERBE
Un mot sur les personnes âgées, mais aussi sur les enfants et les risques de noyade.

CHRISTELLE DUBOS
Tout à fait, donc personnes âgées vulnérables, isolées et handicapées aussi sur lesquels on doit avoir un point de violence. J'entendais ce que vous disiez par rapport à l'aide à domicile qui faisait son travail au quotidien, c'est aussi avec ces personnes-là, dont elles peuvent être présentes au quotidien de ces personnes et s'assurer que tout se passe bien et leur apporter l'eau. Elles ont les process, je dirais, les consignes, elles savent très bien faire, ce sont des professionnels qui ont l'habitude d'accompagner les personnes âgées. Par rapport aux enfants, c'est lunettes, casquettes, crème solaire, hydrater et faire attention aux noyades en effet, parce que quand il fait très chaud les enfants ont tendance à passer beaucoup de temps dans la piscine et les parents à beaucoup moins les surveiller que quand ils restent un temps court. Donc on demande à bien avoir toujours un oeil sur les enfants dans une piscine ; mais aussi dans les endroits où quand il fait chaud, on peut aller se baigner dans des endroits qui ne sont pas surveillés, donc un point de vigilance avec la différence de température entre l'eau et l'air où il peut y avoir des chocs thermiques.

APOLLINE DE MALHERBE
U dernier mot Christelle DUBOS sur l'état des urgences, est-ce que les urgences à l'hôpital sont prêtes, sont équipées, est-ce qu'on a les moyens de faire face ?

CHRISTELLE DUBOS
La ministre, Agnès BUZYN a anticipé de la période de canicule puisqu'elle a annoncé 15 millions et les 15 millions sont distribués à l'ensemble des ARS qui viennent en renfort et apporter des personnels et des moyens supplémentaires aux urgences qui seraient sous tension, ceux sous tension et qui en auraient besoin, donc ça c'est une première chose. Et la ministre aussi à apporter une prime personnelle à l'ensemble des soignants, sauf les urgentistes, l'ensemble des soignants des urgences de 100 euros net par mois et elle n'est pas que pour la période du mois de juillet ou d'août, elle est à partir du mois de juillet pour tout le temps. Donc nous avons bien pris en compte les difficultés, qu'il s'agisse d'incivilité mais aussi parfois de surcroît d'activité.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci beaucoup Christelle DUBOS, d'avoir été avec nous ce matin, je rappelle que vous êtes la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 31 juillet 2019

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