Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec BFM TV le 30 juillet 2019, sur le CETA et les agriculteurs, la violence contre les politiques, la sécheresse et sur la menace américaine de taxer le vin français. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec BFM TV le 30 juillet 2019, sur le CETA et les agriculteurs, la violence contre les politiques, la sécheresse et sur la menace américaine de taxer le vin français.

Personnalité, fonction : GUILLAUME Didier, MALHERBE Apolline (de).

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation;

ti :

APOLLINE DE MALHERBE
Bonjour Didier GUILLLAUME.

DIDIER GUILLLAUME
Bonjour.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci d'être avec nous, vous êtes ministre de l'Agriculture. Violences qui se multiplient à l'endroit des permanences des députés ayant voté pour le CETA, permanences murées, visées par des pêches pourries, des ballots de paille, des oeufs. Hier, c'est la permanence de la député de l'Oise qui a été visée. Le porte-parole des Jeunes Agriculteurs de l'Oise l'a parfaitement assumé, revendiqué presque, disant qu'au fond « elle a voté pour le CETA - je le cite - c'est donc logique qu'elle soit visée », est-ce que ça vous choque ?

DIDIER GUILLLAUME
Oui et ce ne sont pas des méthodes, moi je veux lutter tous les jours contre l'« agri-bashing », je veux lutter tous les jours contre…

APOLLINE DE MALHERBE
L' « agri-bashing » dîtes-vous…

DIDIER GUILLLAUME
L'« agri-bashing » contre ceux qui critiquent les agriculteurs, l'agriculture, contre celles et ceux qui rentrent dans les élevages, qui prennent des photos, qui sont toujours en train de montrer du doigt, à déconsidérer les agriculteurs. Je lutte contre l'« agri-bashing » mais je lutte aussi contre l'antiparlementarisme et je pense que ces méthodes ne sont pas acceptables. On connaît les manifestations des agriculteurs, ça a toujours eu lieu, le fumier déversé, des pêches pourries devant les préfectures, oui, ça peut arriver, ce sont des méthodes. Mais ce que je demande vraiment à la FNSEA, aux JA, aux agriculteurs, c'est, certes, de revendiquer, c'est leur rôle, c'est, certes, de pouvoir avoir des divergences avec le Gouvernement, c'est la démocratie. C'est évidemment de pouvoir être contre le CETA mais s'en prendre à des parlementaires parce qu'ils auraient voté ceci ou cela ça ce n'est pas de la démocratie et c'est cela que je condamne.

APOLLINE DE MALHERBE
La présidente de la FNSEA, Christiane LAMBERT, était à ce même micro, hier elle était mon invitée sur RMC, elle a quand même une forme de compréhension pour cette colère dont elle estime qu'à un moment il faut qu'elle s'exprime.

DIDIER GUILLLAUME
Oui, je l'ai rencontrée hier après-midi pendant deux heures madame LAMBERT, évidemment elle est présidente du syndicat, elle ne peut pas condamner ces actions, mais en même temps j'ai compris qu'elle voulait apaiser, qu'on ne peut pas arriver dans une confrontation entre les agriculteurs et les députés. Que serait un pays si chaque fois qu'un député votait un texte qui ne correspondait pas à untel ou untel, à telle catégorie, il était attaqué, il était montré du doigt ? Non, c'est impensable ! Moi je veux amener ma solidarité aux députés qui ont été visés notamment quand même à Romain GRAU à Perpignan, là ce n'est pas du tout des agriculteurs mais là, c'est pareil, on attaque, on fracasse la permanence, on met le feu, ce ne sont pas des méthodes, il faut respecter la démocratie ! Moi j'accepte le débat, j'accepte d'être combattu politiquement, verbalement, etc., ça ce n'est pas le sujet, mais quand on s'en prend directement à un outil de travail, quand on vise directement un parlementaire ça ce n'est pas acceptable.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais vous comprenez leurs inquiétudes sur le CETA, que le doute se soit installé ?

DIDIER GUILLLAUME
Mais moi je comprends les inquiétudes des agriculteurs, j'ai essayé de leur expliquer que leurs inquiétudes pouvaient être fondées de leurs côtés, que nous on pensait que les choses ne pouvaient pas l'être. Je vais vous citer par exemple deux exemples, le CETA a été ratifié la semaine dernière mais ça fait plus d'un an qu'il est entré en application et depuis un an que s'est-il passé ? Il s'est passé que les importations de viande bovine en France ont été très, très faibles par rapport à cela. Le vrai sujet de concurrence pour les éleveurs bovins c'est en Europe, 97 à 98 % de la viande bovine importée en France est importée de l'Europe mais je comprends leurs inquiétudes !

APOLLINE DE MALHERBE
Donc pour vous le Canada ce n'est pas une menace.

DIDIER GUILLLAUME
Ce n'est pas une menace mais je comprends leurs inquiétudes, c'est pour ça que le président de la République a voulu mettre une commission indépendante pour vérifier les choses, que je mets en place, nous avons mis en place avec le Gouvernement un comité de suivi pour vérifier s'il n'y a pas de la concurrence déloyale, si on n'importait pas des produits que nous ne voulions pas. La France n'importera pas l'agriculture qu'elle ne veut pas.

APOLLINE DE MALHERBE
Sauf que, deux choses, d'abord une première sur les modalités, quand vous dîtes au fond c'est déjà appliqué depuis 18 mois c'est l'Europe qui l'a voulu mais avouez que c'est quand même absurde, on vous demande à vous politiques, représentants des Français de voter oui ou non la ratification d'un traité qui est déjà en application !

DIDIER GUILLLAUME
Mais c'est un vrai problème et moi ça me choque cela, c'est pour ça que ça ne se passera pas comme ça pour l‘accord du Mercosur parce que tout a été mélangé en fait, l'accord sur le Mercosur peut avoir aujourd'hui des conséquences beaucoup plus néfastes, ça sera à vérifier là encore. Le Mercosur c'est les quatre pays, l'Uruguay, le Brésil, etc.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est le prochain traité en discussion.

DIDIER GUILLLAUME
C'est le prochain qui est en discussion, ça fait 20 ans qu'il est en discussion, il sera peut-être ratifié dans trois, quatre ans, nous verrons bien. Mais sur le CETA moi ce que je veux dire aux agriculteurs c'est que nous allons faire des vérifications, il faut y croire, nous allons faire des contrôles sanitaires !

APOLLINE DE MALHERBE
Didier GUILLLAUME, vous allez faire ces contrôles sanitaires…

DIDIER GUILLLAUME
Bien sûr !

APOLLINE DE MALHERBE
…mais les ministres canadiens eux-mêmes juste avant la ratification ont avoué qu''il y avait quand même des zones sur lesquelles les vérifications n'étaient pas véritablement appliquées !

DIDIER GUILLLAUME
Je ne sais pas ce que disent les Canadiens, moi je vous parle au nom des Français. Vous savez, la viande bovine…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous pouvez nous assurer à 100 % qu'il n'y aura jamais de viande de boeufs qui ont été nourris de farines faites à partir de poils, faites à partir de sang séché qui arrivera dans nos assiettes ?

DIDIER GUILLLAUME
Mais je ne peux pas vous le dire pour la bonne et simple raison, quand on a vu la viande frauduleuse entrer de Pologne…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous ne pouvez pas nous le dire ?

DIDIER GUILLLAUME
Mais bien sûr que non parce que s'il y a des fraudes, il y a des fraudes, on les constate ou on ne les constate pas ! Quand la viande polonaise est…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais quel aveu d'impuissance quand même !

DIDIER GUILLLAUME
Au contraire, je vais vous expliquer, quand la viande polonaise est entrée en France de façon frauduleuse nous avons mis trois jours pour la récupérer et nous avons récupéré 800 tonnes de viande, c'est pour vous dire que les services sanitaires français sont les plus efficaces du monde. Ce que je peux vous dire c'est que nous ne laisserons pas entrer en France des viandes qui ne correspondent pas aux normes de la France, qui ne correspondent pas aux normes de l'Europe, c'est cela que nous avons engagé ! Vous savez, il y a seulement 23 fermes…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous nous dîtes que vous ne les laisserez pas rentrer mais en même temps vous nous dîtes « je ne peux pas vous garantir à 100 % » !

DIDIER GUILLLAUME
Oui parce que s'il y a des fraudes il y a des fraudes, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?! Moi je suis un pragmatique, la viande polonaise en trois jours on l'a récupérée, elle ne devrait pas entrer, c'est pour ça qu'on demande de mettre en place…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais il y a eu d'autres scandales de viande, vous le savez bien.

DIDIER GUILLLAUME
..une task force en Europe pour éviter cela. Sur la viande canadienne aujourd'hui le boeuf canadien, aucun boeuf canadien n'est nourri avec des farines animales de ruminants qui sera importé en France.

APOLLINE DE MALHERBE
De ruminants.

DIDIER GUILLLAUME
De ruminants.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais d'autres farines animales éventuelles !

DIDIER GUILLLAUME
D'autres farines animales éventuelles, c'est l'accord que nous avons dans le…

APOLLINE DE MALHERBE
Pour des animaux qui sont herbivores !

DIDIER GUILLLAUME
Mais, attendez, ne cherchez pas la petite bête là où peut-être il n'y en a pas ! Nous ce que nous disons c'est qu'aujourd'hui il y a seulement 23 fermes qui peuvent exporter de la viande en France, seulement 23 fermes.

APOLLINE DE MALHERBE
Au Canada.

DIDIER GUILLLAUME
Voilà, la France importe 1,5 million de tonnes de viande bovine, nous en avons importée en 2018 12 tonnes du Canada.

APOLLINE DE MALHERBE
On l'apprend à l'instant, il y a eu une autre permanence de La République en Marche qui a été dégradée à nouveau cette nuit dans l'Ariège, à, Foix, avec des jets de peinture et des inscriptions sur cette permanence. Un mot encore sur ces permanences précisément, est-ce que ceux qui revendiquent, on l'a vu, il y a eu le porte-parole des Jeunes Agriculteurs de l'Oise, le porte-parole des Jeunes Agriculteurs du Lot-et-Garonne qui ont revendiqué ces actions, est-ce qu'ils seront condamnés ?

DIDIER GUILLLAUME
Ca je ne peux pas vous dire, ça c'est la justice, mais…

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que vous vous estimez qu'ils devraient être condamnés ?

DIDIER GUILLLAUME
J'ai compris que Jean-Baptiste MOREAU, le député de la Creuse, allait porter plainte, on verra bien comment les choses se passent. Moi ce qui m'importe c'est que…

APOLLINE DE MALHERBE
On sait de qui il s'agit puisque les revendications sont là !

DIDIER GUILLLAUME
Oui, absolument, c'est que l'on apaise ce débat, aujourd'hui on ne peut pas continuer à avoir une coupure comme cela entre l'agriculture et la société, on ne peut pas avoir une coupure complètement entre les citoyens et les agriculteurs et ce genre d'action y contribue. Alors moi je peux comprendre, je le dis très tranquillement, la détresse des agriculteurs, le vrai sujet aujourd'hui c'est que la plupart des agriculteurs ne gagne pas leur vie, les revenus sont beaucoup trop bas, c'est inacceptable ! C'est pour ça que suite aux Etats généraux de l'alimentation nous devons encore forcer la dose et moi je vais continuer à pousser pour faire en sorte que les agriculteurs gagnent de l'argent, vivent du revenu de leur travail ! Sur la filière bovine par exemple en exportant encore plus, en réorganisant le marché. Sur Paris, Apolline de MALHERBE, il n'y a pas 20 % des restaurants où on mange de la viande française, c'est inacceptable, on mange de la viande qui vient de Pologne, on mange de la viande qui vient du Royaume-Uni, pas de la viande française, tout cela ce n'est plus possible ! le marche est fort en France et il est fort à l'extérieur.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est donc de la responsabilité de tous.

DIDIER GUILLLAUME
De tous bien sûr !

APOLLINE DE MALHERBE
Sur la détresse des agriculteurs, il y a une nouvelle source d'inquiétude qui est celle de la sécheresse. Hier vous avez commencé à donner les grandes lignes de la lutte contre la sécheresse, ce plan, on va les développer, plusieurs points, la jachère, les retenues d'eau. D'abord sur les jachères, expliquez-nous précisément, c'est donc 60 départements qui vont être autorisés à prendre le foin là où il est et notamment dans les jachères qu'ils n'ont d'habitude pas le droit d'utiliser à cette période de l'année.

DIDIER GUILLLAUME
Au 1er juillet j'avais ouvert à 24 départements, neuf la semaine dernière et 33 nouveaux, on est à 60. Mais, vous savez, c'est une bataille terrible avec l'Union européenne, nous avons passé des heures et des heures et tout le week-end à obtenir parce que ce sont des décisions européennes, on na pas le droit de faucher des jachères, pourquoi ? Tout simplement pour que le sol se reconstitue, on ne laisse pas des sols nus pour capter du carbone, l'azote, c'est dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et tout le monde le comprend bien et personne n'a envie de faucher des jachères en temps utile, aucun paysan ne le fait. Sauf qu'à situation exceptionnelle réponse exceptionnelle, avec cette sécheresse comme on n'a jamais vu qui fait suite à celle de l'année dernière aujourd'hui les agriculteurs, les éleveurs tapent ce qu'on appelle dans leurs stocks de fourrage qu'ils ont déjà engrangés pour l'hiver et à cette époque-là de l'année les animaux doivent être dans les prés, pas dans les étables ! Et ce que j'ai constaté encore dans ce déplacement la semaine dernière c'est que les trois quarts du troupeau chez l'éleveur où je suis allé étaient à la maison et pas en train de pâturer, il n''y a rien à pâturer ! Donc on va donner l'autorisation de faucher toutes les jachères afin de pouvoir nourrir les animaux. On a autorisé aussi, ce qui est absolument exceptionnel, c'est une mesure exceptionnelle, pour les céréaliers. Les céréaliers viennent de faire leurs moissons, plutôt que de broyer et de mettre dans des méthaniseurs aujourd'hui on a autorisé à faucher des jachères de céréaliers pour faire de la solidarité entre les paysans. C'est ça moi les paysans que j''aime, les agriculteurs que j'aime, c'est ceux qui sont solidaires, qui entre eux font le travail pour s'en sortir et ils vont s'en sortir !

APOLLINE DE MALHERBE
Sauf que, Didier GUILLLAUME, vous-même au fond vous montrez le paradoxe, vous le dîtes, pourquoi c'est interdit habituellement d'utiliser les jachères, c'est parce que ces jachères sont nécessaires pour pouvoir renouveler la terre, pour pouvoir garder l'équilibre de la terre. Sauf que c'est un engrenage, chaque année avec plus de sécheresse on coupe ces jachères et donc on met encore plus en danger la terre, comment faire ?

DIDIER GUILLLAUME
Non, je ne crois pas, nous avons quand même, disons-le, en France des sols qui sont robustes mais c'est de la précaution ! Vous savez, l'agriculture n'est pas un handicap contre le réchauffement climatique.

APOLLINE DE MALHERBE
Non mais on empire, on empire !

DIDIER GUILLLAUME
Non, on n'empire pas, on n'empire pas, l'agriculture n‘est pas un handicap pour le réchauffement climatique, c'est une chance parce qu'elle capte beaucoup du carbone, les forêts. Simplement on fait ça de façon transitoire mais moi ce que j'ai proposé depuis plusieurs mois déjà, depuis le printemps, et ce qu'on a vu hier en discutant avec la présidente de la FNSEA c'est qu'on ne peut plus faire que du conjoncturel, il faut faire du structurel ! C'est pour ça que j'ai proposé deux mesures, une mesure à très long terme, à très long terme c'est changer nos pratiques culturales, on voit bien qu'il faudra trouver demain, ça c'est la profession qui devra le faire, dans le cadre de la transition agro-écologique…

APOLLINE DE MALHERBE
De nouvelles cultures, sans doute moins de maïs très consommateur d''eau.

DIDIER GUILLLAUME
Exactement, peut-être mais nous verrons bien, peu importe, des cultures qui consomment moins d'eau. Mais parallèlement parce que nous sommes en période de sécheresse et que vraisemblablement ça se reproduira nous avons besoin d'irriguer. Alors vous allez me dire c'est tellement schizophrénique, il y a moins d'eau et vous en voulez !

APOLLINE DE MALHERBE
C'est exactement ça, vous vous retrouvez quand même pris dans un paradoxe !

DIDIER GUILLLAUME
Mais pas du tout, Apolline de MALHERBE, c'est là toute l'objectivité du sujet, c'est parce qu'il y a de moins en moins d'eau qu'il va falloir en stocker pour en restituer à la terre, sans ça la terre ne s'en sortira pas, on ne polluera pas.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous allez donc autoriser la construction de retenues d'eau, autrement dit des barrages.

DIDIER GUILLLAUME
Non, des retenues collinaires, on ne va plus faire des barrages, des débats de Sivens, etc., vous vous rendez compte ce que ça a donné ! Mais aujourd'hui on ne peut pas regarder l'eau tomber pendant six mois du ciel et puis la chercher les six autres mois, c'est du bon sens paysan ! Donc l'eau qui tombe l'hiver il faut la retenir dans des retenues collinaires. Aujourd'hui l'agriculture française utilise 30 % de moins d'eau qu'elle n'en utilisait il y a 110 ou 15 ans, donc les agriculteurs utilisent beaucoup moins d'eau, ils ont des appareils qui font du goutte-à-goutte. Moi j'ai vu dans des vignes du goutte-à-goutte, dans des vergers du goutte-à-goutte, donc ils utilisent moins d'eau. Mais il faut en retenir de celle qui tombe du ciel pour en restituer l'été. Parce que si pour certains endroits où il y a beaucoup de sécheresse nous avions pu irriguer un peu un certain nombre de choses il y aurait encore de l'agriculture !

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que vous n'avez pas peu d'avoir un impact négatif sur la faune, la flore et sur l'environnement ?

DIDIER GUILLLAUME
Justement, on a vu ça dans le cadre des Assisses de l'eau, nous avons retravaillé ça avec les ONG, avec évidement le ministère de la Transition écologique et solidaire, on ne va pas faire cela comme on appelle en delà de la substitution, c'est-à-dire évidemment on ne va pas profiter de cela pour pomper l'eau, il ne s'agit pas de pomper l'eau dans les nappes phréatiques, il s'agit de récupérer celle qui tombe du ciel et de la restituer…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais qui n'ira pas de fait dans les nappes phréatiques.

DIDIER GUILLLAUME
Elle n'ira pas en hiver mais elle ira au printemps et en été ! L'eau qui tombe du ciel aujourd'hui elle tombe et puis elle est perdue j'allais dire l''hiver.

APOLLINE DE MALHERBE
Elle va dans les nappes phréatiques.

DIDIER GUILLLAUME
Elle va dans les nappes phréatiques, nous allons les retenir et puis quand on arrosera on irriguera, elles iront dans les nappes phréatiques, il n'y a aucun problème.

APOLLINE DE MALHERBE
Didier GUILLLAUME, menace…

DIDIER GUILLLAUME
C'est très important ce sujet-là parce que je sais que c'est un sujet d'inquiétude, il est hors de question de réduire l'eau et d'enlever de l'eau dans les sols, dans les nappes phréatiques, il s'agit simplement de la retenir un peu et plutôt qu'elle tombe par exemple jamais en février elle ira dans les nappes plus tard.

APOLLINE DE MALHERBE
Plus progressivement.

DIDIER GUILLLAUME
Voilà.

APOLLINE DE MALHERBE
Didier GUILLLAUME, je voudrais qu'on parle du vin, menace d'une taxe, Donald TRUMP en réponse à la taxe qui a été mise en place par la France sur les GAFA a promis, je le cite, « une mesure réciproque importante pour répondre à la bêtise de MACRON - ce sont les mots de Donald TRUMP -, j'ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français ». Est-ce que vous redoutez une véritable taxe de Donald TRUMP sur le vin français ?

DIDIER GUILLLAUME
Deux choses d'abord, le vin américain n'est pas meilleur que le vin français, ça je dois le dire, que quand le président d'Amérique parle de « la bêtise de MACRON » c'est inacceptable, je pense qu''on aura l'occasion d'en parler, c'est peut-être déjà fait ou ils le feront au plus tard au G7, que Bruno LE MAIRE, ministre de l'Economie, travaille pour éviter cela. Mais ça fait la troisième fois que le président américain menace d'une taxe, troisième fois en un an, on verra bien s'il le fait maintenant. Bien sûr que je redoute d'une taxe mais c'est absurde, c'est absurde comme débat politique et économique de dire « vous taxez les GAFA, on va taxer votre vin », c'est complètement débile, pourquoi ? Parce qu'on taxe les GAFA tout simplement parce qu'ils font des bénéfices énormes, des millions, des milliards d'euros ou de dollars et chez nous en faisant travailler les gens de chez nous il n'y aurait pas de raison qu'ils ne payent pas d'impôts. Le vin c'est totalement différent, c'est un échange, les échanges commerciaux ils y sont ! Vous savez, on parlait du CETA, accord ou pas accord, le vin est vendu, le fromage est vendu, le lait est vendu, toutes nos IGP sont vendues, ces filières-là sont contentes de vendre au Canada ! Sur le vin aujourd'hui…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais le fait de dire que c'est absurde et que c'est une bêtise, est-ce que ça va suffire à calmer Donald TRUMP ?

DIDIER GUILLAUME
Calmer Donald TRUMP c'est un vaste sujet, en tout cas on va essayer de négocier, aujourd'hui en gros une bouteille de vin français exportée au Canada est taxée à 0,14 dollar, c'est-à-dire environ 16 centimes. Et le vin américain qui entre en France est taxé à 24 centimes. S'il double comme il l'a dit, ce sera taxé au lieu d'être taxé à 16 centimes, ce sera taxé à 36 centimes, oui ce n'est pas bien mais enfin je pense qu'on vendra quand même nos grands crus de Bordeaux, de Bourgogne ou d'Hermitage aux Etats-Unis.

APOLLINE DE MALHERBE
Didier GUILLAUME, un dernier mot sur François de RUGY, il s'exprimait hier soir à mon micro sur BFM TV, il s'estime victime, il estime que c'est injuste, au fond est-ce que vous estimez qu'il devrait revenir au gouvernement ?

DIDIER GUILLAUME
Non, mais ça je ne vais pas répondre à votre question, je n'ai pas à estimer quoi que ce soit sur son retour au gouvernement. Je veux d'abord rappeler à nouveau ma solidarité avec François de RUGY. Il a fait un acte fort en démissionnant. Aujourd'hui la demande de nos concitoyens, elle est tellement forte d'exemplarité, de transparence etc, que quand on est dans une situation comme ça, il n'avait pas, je crois, d'autre solution, il a montré sa grandeur d'âme, sa grandeur politique de le faire.

APOLLINE DE MALHERBE
Ca vous a arrangé tous qu'il s'en aille ?

DIDIER GUILLAUME
Non, ça n'a rien arrangé du tout parce que moi je pense, je vais vous dire, la dictature du populisme, il y en a un petit peu ras le bol. Donc s'il y a des faits délictueux…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous dites la dictature du populisme, mais en même temps vous soulignez que c'est très bien qu'il soit parti, qu'il n'avait pas le choix.

DIDIER GUILLAUME
Je ne dis pas que c'est très bien, je dis simplement que les Français n'auraient pas compris. A l'époque de BALLADUR, on était mis en examen, une fois qu'on était mis en examen on partait, on n'a jamais fait autant de loi avec François HOLLANDE, avec Emmanuel MACRON pour la transparence de la vie publique e là on est arrivé à un moment où il n'y avait pas une émission de radio, une émission de télévision, un journal sans qu'on parle de cela. Il s'est mis en retrait pour ne pas gêner l'action du gouvernement et aujourd'hui on s'aperçoit qu'il est blanchi…

APOLLINE DE MALHERBE
Donc est-ce que la logique ne serait pas si je suis bien ce que vous dites, retrait, blanchi, retour ?

DIDIER GUILLAUME
Ce n'est pas à moi de répondre à cette question, ça ne me concerne pas, ça ne me regarde pas, c'est au président de la République…

APOLLINE DE MALHERBE
Ca vous concerne un peu quand même, c'est-à-dire que c'est votre collègue, on n'a pas le sentiment que le soutien soit réel.

DIDIER GUILLAUME
Si le soutien est réel, moi je l'ai appelé, enfin bref peu importe, mais en tout cas ce que je veux vous dire, c'est que ce n'est pas à moi de répondre à votre question. Par contre je suis très heureux, qu'on en soit arrivé là et qu'il soit blanchi.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci beaucoup Didier GUILLAUME d'avoir été notre invité sur BFM TV. Je rappelle que vous êtes le ministre de l'Agriculture.

DIDIER GUILLAUME
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er août 2019

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