Interview de M. Adrien Taquet, Secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance à CNews le 26 juillet 2019, sur la situation dans les hôpitaux et la canicule. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Adrien Taquet, Secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance à CNews le 26 juillet 2019, sur la situation dans les hôpitaux et la canicule.

Personnalité, fonction : TAQUET Adrien.

FRANCE. Secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance

ti :

DAMIEN FLEUROT
Bienvenus sur Cnews, bonjour Adrien TAQUET.

ADRIEN TAQUET
Bonjour.

DAMIEN FLEUROT
Vous êtes secrétaire d'Etat en charge de la Protection de l'enfance auprès d'Agnès BUZYN, ministre des Solidarités et de la Santé. Quelle est la situation ce matin, dans les hôpitaux, notamment cette fréquentation, surfréquentation sans doute ? Hier, on dénombrait 400 situations d'urgence signalées par les autorités, 5 décès liés à la canicule. Quelle est la situation ce matin ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, globalement, déjà chaque Français je pense peut le constater, les températures sont redevenues à des niveaux un peu plus raisonnables, supportables peut être pour les organismes.

DAMIEN FLEUROT
Ce matin, oui.

ADRIEN TAQUET
On savait que cette période caniculaire serait plus courte que la précédente. Ecoutez, globalement ce que l'on peut constater, c'est que les Français, mais aussi les institutions, les centres de loisirs, bref toutes les institutions qui accueillent des personnes, ont intégré depuis 2003 les comportements qu'il faut adapter en période de canicule. Et l'effet que cela a, c'est que les services d'urgences sont moins sollicités qu'ils pouvaient l'être en 2003 par exemple. Alors il est vrai qu'hier les services d'urgences ont été un peu plus qu'au cours du mois de juin, et c'est pour moi l'occasion de féliciter, de rendre hommage au personnel des urgences. Les périodes estivales sont toujours des périodes compliquées pour les urgences, c'est pour ça d'ailleurs qu'Agnès BUZYN avait décidé, dès avant les périodes caniculaires, d'investir 15 millions d'euros afin que l'on puisse recruter du personnel temporaire pour cette période de l'année.

DAMIEN FLEUROT
Donc plus de fréquentation dans les services d'urgence, plus d'appels peut-être aussi au SAMU.

ADRIEN TAQUET
Un peu plus de fréquentations aux services d'urgences, plus d'appels au SAMU cette fois-ci et puis la dernière fois, mais ce que l'on constate c'est que la situation a été maîtrisée, il y avait une intensité dans les services d'urgences, mais la situation a été globalement maîtrisée.

DAMIEN FLEUROT
Hier vous vous êtes rendu dans le Val-d'Oise, sur une base de loisirs notamment, pour mettre en lumière ces risques liés à l'hydrocution des jeunes, mais aussi des moins jeunes. Christophe CASTANER, le ministre de l'Intérieur, a revu hier à la hausse le nombre de noyades mortelles, 60 depuis le début du mois. Comment est-ce qu'on fait pour endiguer cette tendance ? Alors on fait de la pédagogie, des déplacements comme vous le faites, mais est-ce qu'il y a des campagnes d'affichage peut-être, de communication, à mettre en place de façon… de plus grande ampleur ?

ADRIEN TAQUET
Alors, sur la question des hydrocutions, et peut-être plus particulièrement encore des noyades, parce que ça concerne en particulier les enfants, il y a 2 choses. Je pense qu'il y a le très court terme. Il faut rappeler en permanence qu'il faut avoir une vigilance accrue et ne jamais quitter les enfants des yeux, et ça, ça vaut pour les parents. Hier à la base nautique où je me suis rendu, effectivement à Cergy-Pontoise avec Roxana MARACINEANU, les professionnels nous ont dit d'une part qu'ils avaient augmenté leurs effectifs en période caniculaire, les personnels de surveillance notamment sont plus nombreux qu'en période normale, mais que pour autant c'était bien aussi de la responsabilité des parents de ne jamais quitter leurs enfants des yeux, ça il faut le rappeler. Et puis par ailleurs je pense que sur le plus long terme, et c'est un plan que Roxana MARACINEANU et moi-même sommes en train de mettre en place. Il y a tout un projet de développement de l'aisance aquatique, il faut que les générations de jeunes enfants soient à l'aise dans l'eau et puissent connaître les réflexes…

DAMIEN FLEUROT
Parce que c'est paradoxal, on apprend moins bien à nager aujourd'hui, il y a plus de piscines aussi peut-être.

ADRIEN TAQUET
Absolument, et vous avez raison de citer les piscines privées, elles sont effectivement plus nombreuses. On constate, sur l'épisode caniculaire de l'année dernière, on a constaté une hausse de 30 % des noyades par rapport à une période estivale normale. S'agissant des enfants de moins de 6 ans c'est une hausse de 96 %, donc il faut effectivement cette vigilance accrue. Et quand on passe dans un cercle privé, c'est-à-dire les piscines dans les maisons, c'est une hausse de 130 % des noyades. Donc oui, il faut que nous ayons un vaste plan, enfin c'est le plan de Roxana MARACINEANU, de développement de l'apprentissage de la natation. Il faut que les classes d'âges soient en mesure de toutes apprendre à nager ou en tout cas d'avoir une aisance aquatique qui leur permet, en cas de difficulté, de ne pas se noyer, de savoir rejoindre le bord et de ne pas paniquer.

DAMIEN FLEUROT
Un dernier mot sur la canicule, je l'ai dit, vous étiez dans le Val-d'Oise hier, un peu plus tôt dans la journée vous étiez du côté de Fontainebleau avec le Premier ministre, on a compté pas moins de 12 membres du gouvernement mobilisés sur cette actualité de la canicule, de la prévention de ces risques de fortes chaleurs. C'est quoi, c'est le syndrome de 2003, la précédente canicule, le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN qui n'avait peut-être pas pris suffisamment la mesure de cette canicule à l'époque ?

ADRIEN TAQUET
On se le disait en ouverture de ce journal, c'est la prévention qui compte, c'est que chaque personne adopte les bons comportements en prévention pour éviter les drames. Donc c'est de notre responsabilité d'être sur le terrain pour rappeler sans cesse ces messages de prévention aux Français. C'est ce que nous avons fait hier.

DAMIEN FLEUROT
Dans l'actualité du gouvernement à la rentrée, il y a ce projet de loi bioéthique, il a été examiné en Conseil des ministres, il sera examiné par les parlementaires, et d'ores et déjà une manifestation qui est prévue le 6 octobre, par la Manif pour tous, intitulée « Marchons enfants ». Vous redoutez à nouveau que l'on retrouve des dizaines de milliers de personnes dans la rue et peut-être aussi quelques excès au Parlement, de parlementaires opposés à ce texte ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, tout d'abord moi je respecte évidemment toutes les opinions, ce sont des sujets complexes, qui en appellent souvent à l'intimité. Moi je suis très confiant sur la façon dont vont se passer les débats, je crois en des débats apaisés, bien plus apaisés, que ceux qui ont pu avoir cours à l'occasion du Mariage pour tous.

DAMIEN FLEUROT
Lors du précédent quinquennat.

ADRIEN TAQUET
Voilà. Les Français ont été consultés, associés, depuis janvier 2018 il y a eu des consultations, des concertations avec les Français, il y a différents organismes, dont des organismes parlementaires, mais pas exclusivement qui ont mené des centaines d'auditions, il y a eu cinq rapports qui ont été remis, nous avons associé Agnès BUZYN, Nicole BELLOUBET, Frédérique VIDAL et moi-même avons associé l'ensemble des parlementaires à l'élaboration de ce projet de loi.

DAMIEN FLEUROT
Mais pourquoi ne pas associer les Français aussi ? Il y a eu cette consultation, vous l'avez, Jordan BARDELLA du Rassemblement national dit : « Il faut une consultation populaire sur ces questions essentielles », qui aussi ont lieu à la conscience de chacun d'entre nous.

ADRIEN TAQUET
Je crois que Jordan BARDELLA doit réviser un peu ce qui s'est passé l'année dernière, il y a eu cette grande consultation des Français, d'ailleurs c'est prévu dans le cadre des lois de bioéthique. Vous savez que la révision est prévue tous les 7 ans, c'est un modèle très français d'ailleurs et auquel nous sommes très attachés, dont nous devons être fiers, et l'association, la consultation des Français dans ce processus est prévue et a été réalisée. Et puis il y aura les débats parlementaires avec les représentations de la Nation.

DAMIEN FLEUROT
Voilà, et justement, au cours de ce débat parlementaire, eh bien certains députés de la majorité seraient favorables à présenter des amendements afin de débattre du sujet de la GPA. Je précise que ce sujet de la Gestation Pour Autrui n'est pas dans le texte tel qu'il est à l'ordre du jour du Parlement. Est-ce que vous dites à vos collègues de la majorité : ne jouez pas avec le feu, n'agitez pas des chiffons rouges et des peurs, cela risque justement de créer de plus fortes oppositions ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, moi je crois qu'il ne faut pas avoir peur du débat, une fois encore les débats seront sereins et raisonnables, j'en suis convaincu. La GPA, le président de la République, dès la campagne présidentielle, avait dit qu'il y était opposé, nous avons réaffirmé notre opposition, ça contrevient à un certain nombre de principes dont celui de la marchandisation du corps et de la dignité humaine qui sont des principes fondamentaux dans notre droit, nous sommes donc opposés à ce titre.

DAMIEN FLEUROT
Et ces opposants au texte de ce projet de loi de bioéthique qui disent que les juges pourraient y voir une discrimination entre les couples homosexuels femmes et hommes et que du coup cette PMA elle ouvre la voie à la GPA automatiquement.

ADRIEN TAQUET
Alors écoutez, enfin dans ces matières complexes il faut toujours rechercher un équilibre, et puis surtout il y a des grands principes fondamentaux qui souvent, qui peuvent s'opposer, s'entrechoquer, et les juges ont déjà eu l'occasion de dire que la dignité humaine était un principe fondamental et qui empêche, dans notre droit, et qui l'empêchera encore à l'avenir, la marchandisation du corps.

DAMIEN FLEUROT
C'est les vacances du gouvernement, les vacances du président. Il est arrivé hier dans au Fort de Brégançon dans le Var. Vous avez reçu des consignes particulières pour rester en alerte, en veille, je dirais notamment sur ce sujet par exemple de la canicule s'il devait y avoir un nouvel épisode, et puis sur d'autres sujets liés à vos portefeuilles respectifs ?

ADRIEN TAQUET
D'une part, connaissant un peu le président de la République, je ne doute pas que lui-même restera en alerte…

DAMIEN FLEUROT
L'entourage du président dit qu'il restera connecté, effectivement, en veille et en alerte.

ADRIEN TAQUET
Oui, le connaissant un peu je pense qu'il restera connecté et en alerte. Et s'agissant des membres du gouvernement, vous savez, quand on est ministre, on est toujours un peu en alerte, on a quelques difficultés peut-être à totalement déconnecter de ses responsabilités, et s'agissant effectivement du ministère des Solidarités et de la Santé, il y a une vigilance un peu plus particulière liée notamment à des épisodes caniculaires qui pourraient…

DAMIEN FLEUROT
Mais vous allez couper un peu.

ADRIEN TAQUET
Je vais couper un peu, oui, retrouver un peu ma famille.

DAMIEN FLEUROT
François de RUGY a déjeuné hier avec le Premier ministre, dans un restaurant du centre de la capitale. Alors forcément, eh bien les deux hommes ont parlé de l'avenir de l'ancien ministre de l'Environnement, même s'il n'y a pas eu de communication officielle de Matignon à l'issue de cette rencontre. Vous seriez favorable à ce qu'il revienne, François de RUGY, dans l'équipe gouvernementale, assez vite ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, ce n'est pas à moi de décider, c'est au Premier ministre et au président de la République de décider si François de RUGY doit revenir. Ce que je constate, c'est qu'il est parti suite à des articles de Presse. Moi ce que je constate quand même dans cette histoire, moi je me souviens de la jurisprudence Balladur, qui commence à remonter un petit peu, qui disait que quand un ministre était mis en examen il devait démissionner, ce qui déjà avait beaucoup interrogé à l'époque, puisque ça interrogeait la présomption d'innocence, qui est quand même un principe fondamental. Je constate qu'aujourd'hui on a un ministre qui a dû démissionner pour protéger, notamment se protéger lui et protéger sa famille, et ça je pense…

DAMIEN FLEUROT
Et il y a une pression trop forte de l'opinion sur ces questions de transparence ?

ADRIEN TAQUET
Je ne sais pas s'il y a une pression trop forte de l'opinion, je veux dire, le choix que nous avons fait d'exercer ces fonctions, nous l'avons fait et nous l'assumons. Et moi je comprends très bien, qu'à l'époque dans laquelle nous sommes, il y ait une envie, une exigence de transparence accrue de la part de nos concitoyens. Et…

DAMIEN FLEUROT
Et vous-même, Adrien TAQUET, vous avez fait une déclaration de votre patrimoine, c'est obligatoire, à la Haute Autorité de la transparence de la vie politique…

ADRIEN TAQUET
Comme tous les ministres.

DAMIEN FLEUROT
… et vous avez fait un rectificatif, vous avez sollicité les services de vous-même, c'était une pression, c'était une obligation ?

ADRIEN TAQUET
Ah non, ça me semble totalement naturel. Effectivement on fait des déclarations de patrimoine, qu'on soit député ou ministre, et effectivement à un moment il m'a semblé que mon patrimoine, ma résidence principale devait être réévaluée depuis le moment où j'étais député, puisque je vis à Paris et les prix de l'immobilier, on le sait, on le lit souvent dans la Presse, ont tendance à augmenter, donc je me suis rendu à la Haute Autorité pour leur dire qu'il fallait augmenter mon patrimoine. Je veux dire, depuis 20, 30 ans, il y a eu effectivement des excès, pas de tous les politiques, de certains politiques, et qu'aujourd'hui on soit obligé de pousser le curseur dans la transparence, un peu loin, peut-être au-delà même des exigences légales, mais pour aller plus sur le terrain de la morale, je le comprends, je l'admets, je pense qu'on l'admet tout. Si on doit en passer par là pour que les Français retrouvent confiance en leur personnel politique, je suis tout à fait d'accord pour que nous nous y soustrayions. Pour autant, attention à ne pas tomber dans la République de la délation, que chacun reste à sa place, fasse son travail, confirme ses informations et les choses se passeront pour le mieux.

DAMIEN FLEUROT
Adrien TAQUET, on sort un peu de votre champ ministériel. Vous êtes un ancien pensionnaire du Centre de formation du PSG, alors ce n'est pas encore la reprise de la Ligue 1, l'équipe est très loin je crois en Chine, peut-être que vous êtes un amateur de vélo, vous serez sur les Champs-Elysées s'il y a un bleu sur le podium dimanche ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, dimanche je crois que… Non, je serai encore là dimanche. Ecoutez, je n'ai pas prévu d'être sur les Champs-Elysées, j'espère qu'un bleu sera sur le podium, enfin sera même sur la plus haute marche du podium. Ça fait de bien nombreuses années qu'on attend ça. J'ai déjà eu la chance, dans ma vie antérieure, de faire la dernière étape du Tour de France, c'était un moment formidable d'être au plus près de ces coureurs, c'était inoubliable.

DAMIEN FLEUROT
Et dans 5 ans, est-ce que vous serez le vendredi 26 juillet 2024, peut-être au Stade de France ? Dans 5 ans ce sont les Jeux olympiques à Paris.

ADRIEN TAQUET
Je ne sais pas où je serai dans 5 ans, je ne sais pas si je serai au Stade de France, mais enfin je serai pleinement attentif et investi dans les Jeux olympiques.

DAMIEN FLEUROT
Les Français sont forcément est particulièrement intéressés par cette future manifestation sportive. Ils ont quand même une inquiétude sur un éventuel dérapage du budget de la manifestation. Est-ce que vous pouvez les rassurer, en leur expliquant eh bien que le Comité d'organisation est très vigilant ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, je vais être honnête, moi je ne connais pas le détail du dossier, mais ce que je sais, c'est que dès la présentation de la candidature, la dimension à la fois environnementale et budgétaire, justement la maîtrise financière de l'événement, était au coeur du dossier français, du dossier parisien, et donc je n'ai aucun doute…

DAMIEN FLEUROT
C'était important organise, continue d'organiser ces manifestations qui font partie du rayonnement mais qui peuvent aussi impacter, ou le budget même si on a des garanties du Comité d'organisation ou même la vie au quotidien de…

ADRIEN TAQUET
Mais ce sont des éléments de fierté immense pour les Français, pas que pour les Parisiens, pour l'ensemble des Français. Donc oui c'est le rayonnement international, mais je pense que c'est aussi un élément de fierté immense pour les Français, et je pense qu'un des problèmes français peut-être ces dernières années, dans ces époques un peu complexes, c'est la fierté des Français d'être français, et je pense que ce genre d'événement y contribue.

DAMIEN FLEUROT
Et le président de la République s'est particulièrement investi.

ADRIEN TAQUET
Absolument, c'était son rôle et sa responsabilité de le faire.

DAMIEN FLEUROT
Merci beaucoup Adrien TAQUET, secrétaire d'Etat donc en charge de la Protection de l'enfance auprès d'Agnès BUZYN, d'être venu sur le plateau de la Matinale de Cnews, et puis dans quelques jours on vous souhaite donc de bonnes vacances.

ADRIEN TAQUET
Bonnes vacances à vous et à vous tous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 août 2019

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