Interview de Mme Nicole Belloubet, garde des sceaux, ministre de la justice, à BFMTV/RMC le 26 août 2019, sur le G7, les violences conjugales, la PMA, le budget de la justice, la retraite des avocats et les municipales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Nicole Belloubet, garde des sceaux, ministre de la justice, à BFMTV/RMC le 26 août 2019, sur le G7, les violences conjugales, la PMA, le budget de la justice, la retraite des avocats et les municipales.

Personnalité, fonction : BELLOUBET Nicole, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Garde des Sceaux, ministre de la justice;

ti :

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nicole BELLOUBET, bonjour.

NICOLE BELLOUBET
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous, Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Vous suivez évidemment comme nous tous le G7.

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai vu que qu'Emmanuel MACRON avait été traité de crétin, d'idiot par les Brésiliens. « Crétin » par un ministre, le ministre de l'Education du Brésil, « idiot » par le fils de BOLSONARO. Insupportable ?

NICOLE BELLOUBET
Ecoutez, il n'est ni l'un ni l'autre. .Moi, je ne commente pas ce type de bassesse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De bassesse ?

NICOLE BELLOUBET
Je ne commente pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Suppression… Pas suppression, suspension - j'allais dire suppression - suspension du Mercosur.

NICOLE BELLOUBET
Oui. Oui, pas suppression.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, suspension.

NICOLE BELLOUBET
L'idée c'est qu'évidemment ce traité, ces traités d'échange de commerce, ils sont liés à un certain nombre de conditions, notamment des conditions de respect de l'accord de Paris. Le président de la République l'a toujours dit. Lorsque vous regardez par exemple l'accord commercial Union européenne-USA, nous avons suspendu les négociations parce que précisément les USA ne respectaient pas l'accord de Paris. Donc le président de la République est très cohérent dans ce domaine-là. Et il semble, on le voit avec la question des feux en forêt amazonienne, il faut absolument agir, agir vite, agir plus fort sur ce sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, intervention internationale qui serait… Ce qui est demandé un peu partout aujourd'hui, Nicole BELLOUBET.

NICOLE BELLOUBET
Absolument. Avec des moyens techniques et des moyens financiers notamment en matière de reforestation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les GAFA ne seront pas taxées en France ?

NICOLE BELLOUBET
Nous n'avons pas dit cela. Il y a, vous le savez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que je ne comprends plus rien avec les GAFA !

NICOLE BELLOUBET
Ecoutez, il y a un texte que la France a voulu, qui est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, qui a été voté même.

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr, parce que cela montre à quel point pour nous c'est tout à fait essentiel que les GAFA respectent les obligations évidemment internationales et nationales. S'il y a une fiscalité autre qui peut se dégager au niveau international, alors les choses pourraient évoluer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourraient évoluer. Ça veut dire quoi « pourraient évoluer » ?

NICOLE BELLOUBET
Oui. Pourraient évoluer, c'est tout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
S'il y a des taxes qui évoluent au niveau international, nous supprimons… Nous oublions notre taxe nationale.

NICOLE BELLOUBET
C'est ce que nous avons toujours dit et c'est ce à quoi travaille Bruno LE MAIRE. Vous savez, il y a eu des contacts ce week-end. Nous allons voir comment est-ce que les choses évoluent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

NICOLE BELLOUBET
Voilà. Il me semble très logique, c'est à la fois l'idée vraiment de faire rentrer les GAFA dans un système équitable, dans un système de justice fiscale, mais c'est aussi la possibilité d'évoluer si internationalement des choses bougent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Si des choses bougent. Bien. Grenelle des violences conjugales. Là vous êtes directement concernée…

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr. Pas seule mais directement, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas seule mais directement concernée. Alors ouverture le 3 septembre donc la semaine prochaine.

NICOLE BELLOUBET
Oui, absolument. Marlène SCHIAPPA a monté cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, monté cela. C'est très important. Des décisions sont attendues, Nicole BELLOUBET.

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que les familles des victimes seront invitées au Grenelle ?

NICOLE BELLOUBET
Alors c'est Marlène SCHIAPPA qui a organisé le Grenelle. Ce qui importe me semble-t-il, c'est que l'ensemble des parties prenantes soient entendues. Nous le faisons lorsque je reçois les associations, lorsque mes collègues reçoivent également les associations. Les familles de victimes, leur parole doit être entendue puisqu'elles ont vécu dans leur chair des choses qui sont absolument inacceptables sur lequel nous devons vraiment travailler…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais non, mais elles seront entendues, d'accord. Mais est-ce qu'elles vont être invitées à participer ? Ce serait logique, elles ont beaucoup de choses à dire au Grenelle.

NICOLE BELLOUBET
Mais bien sûr. Il n'y a pas de difficulté…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un Grenelle, c'est ouvert à tout le monde. Enfin, tous ceux qui sont concernés.

NICOLE BELLOUBET
Il n'y a pas de difficulté mais vous entendez bien en même temps qu'elles puissent être représentées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elles le demandent.

NICOLE BELLOUBET
Il y a eu depuis le début de l'année à peu près 95 personnes qui ont été victimes de féminicide. Ces personnes sont représentées souvent par des associations et il me semble que nous pouvons entendre leur parole de différentes manières.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc elles pourraient être invitées à s'exprimer dans le cadre de ce Grenelle.

NICOLE BELLOUBET
Oui, moi je souhaite qu'elles soient entendues, bien entendu. Bien entendu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien entendu.

NICOLE BELLOUBET
Bien entendu. Dans le cadre, à côté, en même temps : il y a mille façons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la porte est ouverte.

NICOLE BELLOUBET
Mais bien sûr la porte est ouverte, évidemment. Et je suis prête à les recevoir moi-même. Je suis très impliquée dans ce dossier, vous l'imaginez bien, sur aspect justice et nous avons à progresser tant ce sujet est honteux pour notre pays. Notre incapacité à aboutir est vraiment une honte pour notre pays et donc je suis très impliquée sur ce sujet, comme ma collègue, comme mes collègues. Et vraiment, moi je suis prête à recevoir les familles de victimes, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors il y a des demandes. Introduction dans le code civil par exemple d'une définition claire et précise des violences conjugales.

NICOLE BELLOUBET
Oui. Alors le code civil prévoit, vous le savez, les meurtres et les assassinats. Aujourd'hui lorsque des violences de cette nature sont commises sur conjoint, il y a une peine complémentaire. Il y a une circonstance aggravante et donc cette circonstance aggravante d'ores et déjà montre que ce n'est pas quelque chose comme le reste. Il y a déjà une distinction par cette circonstance aggravante.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On peut aller plus loin ?

NICOLE BELLOUBET
Il faut en discuter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. Interdiction de la résidence alternée dans des situations de violence.

NICOLE BELLOUBET
Alors là aussi on ne peut pas… Enfin, il me semble qu'il faut traiter les choses au cas par cas. Il faut traiter les choses au cas par cas. Il y a des situations très graves effectivement où notamment les meurtres se commettent au moment de l'échange des enfants, et donc il faut éviter cela. Cela peut s'éviter de différentes manières. Soit de manière radicale, comme vous le dites, en interdisant la résidence alternée voire même, car cela est proposé, en supprimant l'autorité parentale ou en suspendant l'autorité parentale. Il y a d'autres hypothèses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est possible ou pas ?

NICOLE BELLOUBET
Oui, c'est possible. La loi prévoit d'ores et déjà de suspendre l'autorité parentale. Il y a eu d'autres… Il faut le faire quand c'est…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais interdire la résidence alternée s'il y a menace ?

NICOLE BELLOUBET
Dans certains cas évidemment. Il y a d'autres hypothèses où on pourrait imaginer qu'un tiers prenne les gamins chez le père et les amène chez la mère ou inversement. Il faut au cas par cas avoir des attitudes qui sont adaptées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Possibilité pour une femme menacée de dissimuler sa nouvelle adresse et de dissimuler même l'adresse de l'école de son enfant. Ça aussi, non ?

NICOLE BELLOUBET
Tout cela peut être envisagé. Moi ce que je peux vous dire là, c'est qu'il y a une proposition de loi qui a été déposée pour développer le bracelet anti-rapprochement qui est un outil extrêmement utile, je crois, pour protéger les femmes qui sont victimes de violence. Et vraiment, nous sommes absolument arc-boutés sur la volonté d'aller plus loin sur ce sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors c'est-à-dire « aller plus loin » ? Développer les bracelets…

NICOLE BELLOUBET
Développer les dispositifs anti-rapprochement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment ? Comment ?

NICOLE BELLOUBET
Il faut actuellement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On a les moyens ?

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr, on a les moyens. Mais oui, on a les moyens. Sauf qu'il nous faut un tout petit dispositif législatif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors lequel ? Lequel souhaitez-vous ?

NICOLE BELLOUBET
Eh bien, c'est tout simplement le dispositif qui nous permet de donner ce bracelet lorsque le conjoint violent… alors même qu'il n'a pas encore été condamné. Aujourd'hui, ce n'est possible que lorsqu'il a été condamné.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah, d'accord.

NICOLE BELLOUBET
Là, nous le ferions avant. C'est très important parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant ? C'est-à-dire imposer un bracelet à une personne qui menace sa femme soit là où sa conjointe.

NICOLE BELLOUBET
Voilà. C'est évidemment très difficile juridiquement. Nous avons besoin d'un texte de niveau législatif, c'est ce qui a été publié…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous appuyez ?

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr. Bien sûr, on le soutient.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et il sera présenté ?

NICOLE BELLOUBET
Là, très vite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Là, très, très vite ?

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc possibilité de munir cet homme menaçant d'un bracelet.

NICOLE BELLOUBET
Non, la femme. Enfin, peu importe, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Peu importe. Oui, c'est la femme qui porte… Attendez, mais on peut aussi imaginer… Ça existe aussi, on peut imaginer aussi un homme qui porterait un bracelet électronique…

NICOLE BELLOUBET
Tout est imaginable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui s'approcherait de sa conjointe.

NICOLE BELLOUBET
En termes de dispositifs techniques, tout est imaginable. Mais le plus simple, c'est tout de même que la femme puisse déclencher.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Déclencher, oui.

NICOLE BELLOUBET
Alors vous savez, c'est des choses très simples. Ça peut prendre la forme d'une montre ou d'autre chose. C'est très simple. Bien. Donc cela. Nous voulons également, j'ai eu l'occasion de le dire et j'ai donné des instructions en ce sens au parquet, nous voulons également développer ce qu'on appelle les ordonnances de protection. C'est-à-dire des textes juridiques qui permettent aux femmes d'être protégées, de bénéficier le cas échéant d'un logement de… Si vous laissez, c'est l'enveloppe qui va contenir toutes les mesures qui la protègent. Et cela, nous n'en délivrons que 3 000 en France alors que l'Espagne, qui est de ce point de vue-là un pays très modèle, en délivre 10 000.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ?

NICOLE BELLOUBET
Bien, parce que sans doute nous n'avions… Le gouvernement politiquement, les gouvernements n'avaient peut-être pas suffisamment manifesté leur souci d'aller plus loin sur ce sujet. C'est ce que nous voulons faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des problèmes financiers aussi ou pas ?

NICOLE BELLOUBET
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ? Enfin oui et non.

NICOLE BELLOUBET
Non mais du point de vue de la justice, ce n'est pas un problème financier. En revanche, il est vrai que si nous voulons que ces systèmes marchent, il faut mettre à la disposition des femmes ou des conjoints violents des lieux d'éloignement, des lieux de protection et cela ça suppose qu'il y ait des financements associatifs. Notre gouvernement a accru les financements de ce côté-là. Peut-être faut-il mieux faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais revenir sur le budget de la justice, Nicole BELLOUBET. Mais projet de loi sur la bioéthique.

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Là aussi c'est un texte auquel vous êtes associée évidemment.

NICOLE BELLOUBET
Capital, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les auditions débutent aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
72 députés qui siègent dans une commission spécifique, spéciale, qui vont entendre des médecins, etc etc. La PMA ouverte à toutes les femmes.

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord.

NICOLE BELLOUBET
Célibataire ou en couple avec une autre femme. Même prise en charge par la Sécurité sociale.

NICOLE BELLOUBET
Oui, absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'en parlais avec Agnès BUZYN la semaine dernière ici-même et je lui posais une question sur les noms des parents. Comment apparaîtront les noms des parents sur l'extrait d'acte de naissance d'un enfant né grâce à l'élargissement de la PMA à toutes les femmes ?

NICOLE BELLOUBET
Vous savez, je pense qu'il faut être très simple et donc je pense que - je ne pense pas, je suis sûre d'ailleurs - sur l'acte de naissance apparaîtra mère et mère quand nous avons des enfants qui sont issus d'une PMA pour un couple de femmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'Agnès BUZYN me disait : je n'ai pas la réponse, c'est Nicole BELLOUBET qui l'a. Donc vous nous la donnez ce matin.

NICOLE BELLOUBET
Je vous la donne. Mère et mère.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce sera mère et mère.

NICOLE BELLOUBET
Oui, c'est la réalité. C'est bien la réalité donc mère et mère. Sans doute mettrons-nous la mère qui accouche en premier et puis l'autre mère ensuite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La mère qui accouche sera inscrite en premier…

NICOLE BELLOUBET
Très vraisemblablement, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et l'autre mère ensuite.

NICOLE BELLOUBET
Oui. Enfin, en même temps, elles seront inscrites.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que certains avaient imaginé parent 1, parent 2.

NICOLE BELLOUBET
Non, non, non. Mère et mère.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mère et mère, d'accord.

NICOLE BELLOUBET
Vous imaginez parent 1, parent 2 ? Franchement ! Non, non, mère et mère.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La levée partielle de l'anonymat du donneur de sperme, oui ?

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ?

NICOLE BELLOUBET
Oui, c'est prévu dans le projet de loi. Nous considérons qu'au moment où le don de sperme sera effectué, la personne s'engagera, acceptera le fait que dix-huit ans plus tard on puisse lever l'anonymat de son don.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je reviens à mère et mère parce que ça me… J'y pense, je pense à l'enfant qui va se retrouver, on va dire « mère et mère »…

NICOLE BELLOUBET
Mais quelle est la réalité de ce qu'il vit tous les jours ? Vous n'allez pas dire que sa mère est un père, ça n'a pas de sens. La réalité, c'est celle-là. Cet enfant a deux mères, il aura deux mères à l'état civil.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il aura deux mères à l'état civil. Bien. Le budget…

NICOLE BELLOUBET
Ou une mère seule d'ailleurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou une mère seule. Le budget de votre ministère, il augmente mais moins que l'année dernière.

NICOLE BELLOUBET
Il augmente. On a, vous le savez, ce gouvernement a pris en compte vraiment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

NICOLE BELLOUBET
Non mais ne dites pas (elle l'imite) « oui »…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais je dis… Nicole BELLOUBET, je dis oui mais je dis qu'il augmente moins alors qu'il y a des urgences. Pardon mais dans votre domaine…

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr il y a des urgences.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a des urgences. Il faut construire des prisons…

NICOLE BELLOUBET
Oui. Enfin pour moi l'urgence des urgences, c'est quelque chose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelle est l'urgence des urgences ?

NICOLE BELLOUBET
Que l'ensemble des postes de magistrats et de greffiers soient pourvus. Mon budget, qui est en augmentation… Vous savez, nous sommes autour de 24 % sur 5 ans, ce budget-là me permet de résoudre cette urgence-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien cette année l'augmentation ?

NICOLE BELLOUBET
Vous le verrez lorsque…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non. Je ne verrai rien du tout, Nicole BELLOUBET.

NICOLE BELLOUBET
Ce n'est pas à moi d'annoncer le budget, c'est au Premier ministre d'annoncer le budget.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous le connaissez, vous le savez.

NICOLE BELLOUBET
Mais bien sûr, mais le Premier ministre dévoilera le budget dans sa globalité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il va augmenter mais moins que les années précédentes.

NICOLE BELLOUBET
Nous avons pris en compte le fait qu'un certain nombre de projets immobiliers, je pense notamment au projet de Cité judiciaire ou bien au projet de prisons, ces projets sont des travaux colossaux. Ils avancent parfois un peu moins vite que prévu et c'est donc… Evidemment, nous tenons compte de cela, de cette réalité-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De cette réalité-là. Bon, nous verrons.

NICOLE BELLOUBET
Oui, nous verrons. Mais nous tenons nos engagements et je tiendrai mes engagements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y en a qui sont en colère, ce sont les avocats.

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et le 16 septembre, il y a une grande…

NICOLE BELLOUBET
Enfin, ça dépend sur quel sujet en tout cas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur ce sujet, le sujet des retraites, ils sont en colère Nicole BELLOUBET. Pourquoi ? Parce qu'ils ont un régime de retraite spécifique, un régime très solidaire. Et avec le projet de loi de nouveau régime, régime universel, eh bien ils perdront leur régime spécifique.

NICOLE BELLOUBET
Alors nous ne sommes pas partis sur l'idée d'une perte de ce régime spécifique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah !

NICOLE BELLOUBET
Non, attendez. Nous ne sommes pas partis sur l'idée d'une perte de ce qu'ils ont construit. La question, c'est de savoir comment nous allons intégrer le régime qui a été construit par et pour les avocats, qui est un régime, vous le disiez à juste titre, très solidaire. Puisque si j'ai bien compris, les avocats à la retraite touchent un minimum de 1 400 euros…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Net ?

NICOLE BELLOUBET
Net. Ce qui est tout de même important, donc c'est vraiment la traduction d'une solidarité importante.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Même un avocat qui est a eu des difficultés, et il y en a beaucoup…

NICOLE BELLOUBET
C'est la solidarité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Touche 1 400 euros de retraite net.

NICOLE BELLOUBET
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est la solidarité entre avocats.

NICOLE BELLOUBET
Absolument, et donc la question est de savoir comment est-ce que nous pouvons intégrer cette solidarité-là dans le cadre du régime général tel que l'a imaginé DELEVOYE.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment allez-vous faire ?

NICOLE BELLOUBET
Je n'ai pas, là, complètement les réponses, ce que je peux vous dire c'est que je me suis engagée auprès des avocats, que j'ai déjà reçus, à avoir une rencontre avec Jean-Paul DELEVOYE et eux, enfin avec le Haut commissariat à la réforme des retraites, et eux, avant le 16 septembre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le futur ministre DELEVOYE.

NICOLE BELLOUBET
Jean-Paul DELEVOYE.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous fais sourire là !

NICOLE BELLOUBET
Avant le 16 septembre, c'est-à-dire avant la date qu'ils ont retenues pour manifester, et donc nous aurons cette rencontre pour voir, pour mesurer quels sont les points d'écart et les points sur lesquels nous pouvons progresser ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous ne pourrez pas garder ce régime autonome géré par la Caisse nationale des barreaux français.

NICOLE BELLOUBET
Le principe de la réforme des retraites a été acté, qui est un principe de retraite universel, à partir de là nous prenons en compte les situations telles qu'elles existent aujourd'hui, et c'est la raison pour laquelle je souhaite que nous ayons cet entretien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec une hausse des cotisations.

NICOLE BELLOUBET
Ça ne se fait pas comme ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord, mais c'est ce que craignent les avocats, c'est pour ça qu'ils seront dans la rue le 16.

NICOLE BELLOUBET
C'est ce que craignent les avocats, c'est la raison pour laquelle s'engage une très grande phase de concertation. Vous le savez, vous l'avez entendu, le Premier ministre va l'annoncer dans les jours qui viennent, ça a déjà été dit, et donc nous engageons cette phase de concertation. L'idée ce n'est pas, Monsieur BOURDIN, l'idée ce n'est pas de passer tout le monde sous une toise, l'idée c'est de faire un système plus juste et plus équitable, donc on part de ce qui existe aujourd'hui et on voit comment ensemble nous allons vers ce système-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'affaire EPSTEIN, enquête ouverte, ça y est ?

NICOLE BELLOUBET
Oui, le Parquet de Paris a décidé de l'ouverture d'une enquête.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il était temps, non ?

NICOLE BELLOUBET
Le Parquet de Paris est un Parquet comme tous les Parquets de France, c'est un Parquet indépendant. C'est ce que j'ai souhaité dire lorsque je me suis exprimée sur ce sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les insultes homophobes des supporters de foot, là il y a des sanctions judiciaires possibles…

NICOLE BELLOUBET
Scandaleux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui vont… ?

NICOLE BELLOUBET
Bien sûr. Vous le savez, j'ai pris, là aussi je donne des instructions aux Parquets pour que là-dessus il y ait vraiment une forme de rigueur qui s'impose.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment faire ?

NICOLE BELLOUBET
Eh bien, lorsque nous entendons, lorsque nous voyons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un groupe de supporters crie des insultes homophobes, que faites-vous ?

NICOLE BELLOUBET
Il peut y avoir une plainte qui est déposée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Par qui ?

NICOLE BELLOUBET
Par le club, par la fédération, par…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La Ligue.

NICOLE BELLOUBET
Voilà, toute personne intéressée peut déposer plainte et le Parquet, à ce moment-là, avise.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et le Parquet avise.

NICOLE BELLOUBET
Mais en tout cas, sur ce sujet-là, vous le savez, ma collègue ministre des Sports a eu, me semble-t-il, une attitude tout à fait digne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je termine avec les municipales, vous ne serez pas candidate…

NICOLE BELLOUBET
Je ne serai pas candidate.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez pensé être candidate, à Toulouse, dit-on ?

NICOLE BELLOUBET
Vous savez, Monsieur BOURDIN, on ne peut pas être et avoir été. Moi j'ai été élue à Toulouse, je pense que, voilà, on ne peut être et avoir été, en revanche je suis toujours très intéressée évidemment par les phénomènes d'élections que je considère être vecteur de légitimité important.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors cette élection municipale, est-ce que vous allez soutenir…

NICOLE BELLOUBET
Non, pas les municipales…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous allez soutenir… pas les municipales, c'est-à-dire ?

NICOLE BELLOUBET
Eh ben non, je ne serai pas candidate aux municipales.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas aux municipales, mais candidate à… ?

NICOLE BELLOUBET
Je ne sais pas, je vous dis ça, je suis toujours intéressée par les élections, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Par les élections, candidate. Vous aimeriez être candidate…

NICOLE BELLOUBET
Oui, ce n'est pas nouveau.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je ne dis pas à quoi, mais candidate, vous engager dans une campagne électorale.

NICOLE BELLOUBET
Non, je ne m'engage pas, puisque pour le moment nous sommes sur les municipales.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas là, vous ne vous engagez pas, mais dans le futur ?

NICOLE BELLOUBET
Nous verrons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon ! Ça pourrait être quoi ?

NICOLE BELLOUBET
Je ne sais pas. Vous savez, moi j'ai été candidate, à ma première élection municipale, j'avais 30 ans, ou quelque chose comme ça, j'ai toujours trouvé que c'était un vecteur démocratique formidable et que, au fond, les citoyens devaient s'engager, et notamment les femmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors à Toulouse, est-ce que vous soutiendrez le maire sortant Jean-Luc MOUDENC ?

NICOLE BELLOUBET
Je soutiendrai le candidat de la République en marche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eventuellement le maire sortant.

NICOLE BELLOUBET
Je soutiendrai le candidat porté par la République en marche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous souhaitez qu'il y ait un accord entre la République en marche et le maire sortant ?

NICOLE BELLOUBET
Il y a des discussions, vous le savez, donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous souhaitez qu'il y ait un accord ou pas ?

NICOLE BELLOUBET
Et donc cet accord, s'il a lieu, évidemment je le respecterai pleinement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais vous souhaitez qu'il ait lieu ?

NICOLE BELLOUBET
Il faut forcément qu'il y ait un accord à un moment donné parce que, je crois que sur les grandes villes, soit nous avons des candidats assez puissants pour porter l'étiquette de la République en marche, soit nous avons des accords avec les maires sortant.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est le cas à Toulouse.

NICOLE BELLOUBET
C'est sans doute le cas à Toulouse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un accord avec le maire sortant, que vous soutiendrez, Monsieur MOUDENC. Eh bien voilà, au moins les choses sont claires, Nicole BELLOUBET.

NICOLE BELLOUBET
C'est vous qui les dites.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, ce n'est pas moi, mais comme vous ne me contredisez pas.

NICOLE BELLOUBET
Oui, si, si, on va dire ça, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, vous ne me contredisez pas ?

NICOLE BELLOUBET
Non, non, je ne vous contredis pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il est 8h53, merci Nicole BELLOUBET d'être venue nous voir ce matin sur RMC et BFMTV.

NICOLE BELLOUBET
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 septembre 2019

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