Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le Plan de développement de l'enseignement français à l'étranger, à Paris le 3 octobre 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le Plan de développement de l'enseignement français à l'étranger, à Paris le 3 octobre 2019.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Conférence de presse conjointe avec MM. Jean-Michel Blanquer et Jean-Baptiste Lemoyne sur le Plan de développement de l'enseignement français à l'étranger, à Paris le 3 octobre 2019

ti :
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Secrétaire d'Etat,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Monsieur le Président de l'Assemblée des Français de l'étranger,
Monsieur le Directeur de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger,
Monsieur le Président de la Mission laïque française,
Mesdames et Messieurs,


Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui au Quai d'Orsay, avec Jean-Michel Blanquer et Jean-Baptiste Lemoyne à mes côtés, pour vous présenter notre nouveau Plan de développement de l'enseignement français à l'étranger.

L'enseignement français à l'étranger, c'est un réseau universel qui compte aujourd'hui 522 établissements dans 139 pays, animés par des acteurs publics, privés et associatifs qui travaillent de concert.

C'est, pour les enfants de nos compatriotes expatriés comme pour les jeunes francophiles du monde entier - car, je le rappelle, 65% de nos 370.000 élèves ne sont pas français -, la chance de bénéficier de l'excellence de notre modèle éducatif là où ils vivent.

C'est, enfin - je ne résiste pas au plaisir de vous donner ce chiffre, - 97,2% de réussite au bac l'an dernier et 76,7% de mentions.

Cet instrument stratégique de notre diplomatie d'influence, il est essentiel de le consolider et de le développer. Car la bataille de l'éducation est l'une des batailles nouvelles que nous avons à livrer pour défendre nos intérêts et nos valeurs dans le monde d'aujourd'hui. Un monde marqué par l'intensification de la compétition internationale, par l'extension de cette compétition, au-delà des champs traditionnels de la rivalité politique à tous les domaines de la vie sociale et culturelle.

Parfois, la compétition a du bon. Comme lorsqu'elle crée une saine émulation entre des partenaires. Je pense en particulier aux modèles éducatifs anglo-saxons ou allemands.

Parfois, elle nous confronte à ce qu'il y a de dur dans ce qu'on appelle sans doute un peu vite le "soft power". Comme lorsque nos concurrents ne partagent pas l'idéal d'émancipation qui est au fondement de notre conception de l'éducation : non seulement instruire, mais aussi guider sur la voie de l'autonomie.

C'est pourquoi l'éducation, qui a toujours été au coeur du projet républicain, est aujourd'hui au coeur de nos politiques d'influence et de développement.

Disons le franchement : l'éducation est un véritable enjeu géopolitique, parce qu'elle demeure le meilleur rempart contre toutes les formes d'obscurantisme et d'intégrisme.

Ce n'est donc pas seulement au nom de la France et de son rayonnement que nous voulons livrer cette bataille, mais aussi au nom d'une certaine idée de la culture et du savoir et au nom de certaines valeurs : la liberté, le pluralisme, la démocratie.

Ces idées, ces valeurs, sont aujourd'hui contestées, menacées. S'il nous revient de les défendre, ce n'est pas parce que nous en avons le monopole, mais parce le modèle humaniste dans lequel nous nous reconnaissons n'a de sens que si nous le portons comme une exigence universelle. Et c'est parce que notre pays dispose de leviers sans pareils pour le promouvoir partout dans le monde que nous voulons donner un nouveau départ à l'enseignement français à l'étranger, ce sont ces leviers que nous voulons renforcer.

Le président de la République, dans son discours à l'Académie française, a fixé un cap ambitieux : doubler le nombre d'élèves accueillis dans nos lycées et écoles à l'étranger d'ici à 2030.

Et je tiens à saluer toutes celles et tous ceux qui, depuis un an et demi, sont mobilisés pour que nous nous donnions collectivement les moyens de parvenir à cet objectif.

Je voudrais saluer les élus des Français de l'étranger et tout particulièrement Mme Cazebonne, qui nous a remis au printemps dernier un rapport extrêmement précieux, je la salue.

Je voudrais saluer aussi l'Assemblée des Français à l'étranger, qui se réunit cette semaine à Paris.

Saluer aussi les directions et inspections de nos deux ministères, et singulièrement les équipes autour de Jean-Michel Blanquer qui nous ont apporté un soutien particulièrement précieux.

Et enfin, saluer le travail très important qui a été accompli par Jean-Baptiste Lemoyne, qui a fourni un formidable travail de consultation et de concertation avec l'ensemble des forces vives de l'enseignement français à l'étranger. Il a consulté, mais il vous le dira dans un instant, à la fois l'administration, les élus, les opérateurs, les partenaires, les parents d'élèves, les organisations syndicales et les entreprises.

Plus d'élèves, plus d'écoles, une meilleure association des familles à la vie des établissements, un soutien renforcé au réseau : voilà les quatre piliers de notre plan, dont je crois que nous pouvons être aujourd'hui très fiers.

Jean-Baptiste Lemoyne vous présentera en détail ce plan. Mais il y a encore un point sur lequel je voudrais insister : c'est notre détermination à accompagner le réseau, tout le réseau, dans son développement. Et à le faire avec à la fois de l'humilité mais aussi dans un esprit aussi inclusif que possible.

Nous savons en effet que nous ne réussirons que si nous parvenons à agréger toutes les bonnes volontés et toutes les compétences. La force de l'enseignement français à l'étranger tient à la synergie que nous avons pu créer ensemble au service de nos élèves. Nous devons encore la renforcer.

Au plus près du terrain et des réalités locales, nos ambassades doivent permettre de réguler, de constituer des coalitions d'intérêts entre les établissements, les associations, les entreprises et les élus. Elles doivent aussi contribuer à l'ingénierie complexe des projets. Car, pour doubler nos effectifs, la mobilisation de notre réseau diplomatique est essentielle. J'ai eu l'occasion de le dire au moment de la conférence des ambassadeurs.

Je compte aussi, nous comptons aussi sur la mobilisation de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, "colonne vertébrale" du réseau, qui est appelée à jouer un rôle clef dans la mise en oeuvre de notre plan. Je tiens à remercier Olivier Brochet et ses équipes pour leur engagement. Tout en continuant à veiller au développement du réseau existant, l'AEFE doit accompagner les nouveaux établissements, garantir la qualité de l'enseignement qu'on y délivre et sa conformité aux valeurs que nous portons et renforcer aussi le dispositif de formation pour tous les enseignants. C'est eux qui, au quotidien, font vivre l'enseignement français à l'étranger : je veux leur dire à la fois notre admiration et notre reconnaissance. Et puisqu'"il n'y a pas d'amour sans preuves d'amour", je voudrais dire à l'AEFE, mais je l'ai déjà annoncé hier à la Commission des affaires étrangères, que la subvention du Quai d'Orsay à l'AEFE augmentera dès 2020 de 25 millions d'euros.

Enfin, je compte aussi, nous comptons aussi sur la mobilisation de nos partenaires. Je pense en particulier à la Mission laïque française, particulièrement engagée au Liban et au Maroc. Je salue son président, François Perret, et son directeur général, Jean-Christophe Deberre.

Je passe maintenant, Mesdames et Messieurs, la parole à Jean-Baptiste Lemoyne, en le remerciant encore une fois de son implication personnelle sur ce dossier dont il est le porteur principal.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 4 octobre 2019

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