Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, sur les Forces aériennes stratégiques et la dissuasion nucléaire, à Saint-Dizier le 4 octobre 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, sur les Forces aériennes stratégiques et la dissuasion nucléaire, à Saint-Dizier le 4 octobre 2019.

Personnalité, fonction : PARLY Florence .

FRANCE. Ministre des armées

Circonstances : 55ème anniversaire des Forces aériennes stratégiques, le 4 octobre 2019

ti :
Monsieur le préfet,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le chef d'état-major de l'armée de l'air,
Monsieur le général commandant les Forces aériennes stratégiques,
Colonel,
Officiers, sous-officiers, aviateurs,
Mesdames et messieurs,


Dans la pénombre, le calme règne sur les avions en sommeil. Il vient d'entrer en service. C'est un tout nouveau piège que les équipages et les mécaniciens ont dû apprivoiser et ce, en très peu de temps. Et ils sont à quelques mètres de là, dans la chambre d'alerte. Tout comme le Mirage IV est déjà équipé d'une bombe nucléaire AN11, et le C135 surchargé du précieux kérosène, les équipages sont prêts, en tenue de vol. Prêts à décoller sur alerte.

Pilotes, navigateurs, mécaniciens, fusiliers commandos, cuisiniers, médecins et spécialistes du soutien, ils se sont entraînés ensemble, ils se sont relayés, en pionnier, ils se sont consacrés pleinement à l'apprentissage d'une nouvelle mission, s'imposant une discipline de fer. Ils savent qu'une fois l'ordre donné, ils auront moins de 15 minutes pour décoller. Moins de 15 minutes au cours desquelles il faudra, se saisir du dossier de mission précieusement conservé dans le coffre-fort qui contient toutes les données de l'objectif. Moins de 15 minutes pour que les mécaniciens aident le pilote et le navigateur à s'anarcher à leur monture d'acier, pour que le fier C135 ne s'élance, moins de 15 minutes pour prendre l'air et débuter la mission du grand soir. 15 minutes, c'est le temps imparti au commandant Caubel et au capitaine Caubert pour s'envoler à bord du Mirage IV. Nous sommes le 8 octobre 1964, sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, un équipage et une équipe de mécaniciens du Gascogne viennent de prendre la toute première alerte nucléaire française.

Depuis ce jour, pas un seul ne s'est écoulé sans que ne soit assurée la permanence de la mission de dissuasion. Pas un seul jour ne s'est écoulé sans que des hommes et des femmes des Forces aériennes stratégiques ne se relaient dans une zone d'alerte ou dans un centre d'opérations, au service de la Nation.

Depuis 55 ans, votre mission est un défi permanent, une prouesse couronnée de succès. Un défi technologique complexe, qui de toute évidence, ne cessera jamais. Un défi opérationnel, toujours plus exigeant.

Relever ce défi technologique, c'est toute l'ambition de l'organisation qui a fait le succès silencieux et la crédibilité reconnue de notre dissuasion : je veux parler de l'OEuvre commune. Nous savons pouvoir compter sur l'histoire et la vitalité de l'étroit partenariat entre le Commissariat à l'énergie atomique, la direction générale de l'armement et nos armées. Cette organisation est le fruit de l'expérience de plus de 50 années pendant lesquelles la France a bâti et opéré sa force de dissuasion nucléaire et ses deux composantes, océanique et aéroportée. Elle rassemble au service de cette mission garante de la survie de notre nation les meilleurs experts de notre pays.

C'est aussi et surtout un défi humain. Chacun de vos gestes compte. Chaque détail, chaque action, compte et importe. Votre engagement, c'est une vigilance intransigeante de tous les instants et une rigueur extrême. Et ensemble, des fusiliers commandos qui protègent, aux mécaniciens qui mettent en oeuvre avions et armements, des officiers renseignement qui préparent les missions aux équipages prêts à combattre, vous oeuvrez depuis 20 000 jours à protéger avec constance nos concitoyens. En permanence, il faut s'assurer de la fiabilité de chaque maillon de la chaîne, veiller au parfait état de chaque avion et de chaque missile, réaliser avec exactitude des procédures complexes gage de sécurité.

Cette crédibilité opérationnelle que vous démontrez chaque jour, vous l'avez encore prouvée en février dernier, lors du dernier tir d'évaluation des Forces couronné de succès après plus de 11 heures de vol en ambiance de guerre. Et c'est aussi cette crédibilité opérationnelle, et le savoir-faire acquis en vous entraînant à la mission nucléaire, qui ont grandement contribué au succès de l'opération Hamilton, conduite l'an dernier en réponse à une attaque chimique en Syrie.

La force de notre dissuasion repose également sur la crédibilité technique. Sur la qualité de nos équipements et de nos matériels. Et cette crédibilité technique est intimement liée à la crédibilité politique. Car une ambition politique forte est la condition de cette réussite collective. Le Président de la République en a parfaitement conscience, c'est pourquoi il a décidé de consacrer des moyens exceptionnels à nos Armées. C'est pourquoi la loi de programmation militaire a d'ores et déjà lancé le renouvellement des deux composantes de notre dissuasion.

Nous étions ensemble à Istres il y a presque un an pour accueillir le premier MRTT Phénix, qui a hier officiellement pris la suite du vaillant et loyal C135F. Les Rafale ont relayé les Mirage 2000N l'été dernier, les missiles ASMPA seront perfectionnés dans les prochaines années.

Et demain, je vois un brillant avenir pour les FAS. Un avenir que je veux audacieux, guidé par le courage, qui permette de forger la dissuasion de demain.

Un avenir que je vois s'incarner notamment dans le système de combat aérien du futur dont nous avons dévoilé la première maquette au salon du Bourget. Demain, ce n'est plus seulement un avion de combat que vous devrez mettre en oeuvre. C'est tout un système connecté, composé d'avions, de drones, de missiles de croisière et de remote carrier, taillé pour le combat collaboratif.

Le missile air-sol de 4ème génération remplacera l'ASMPA et nous pourrons toujours compter sur l'avion-ravitailleur MRTT qui sera amélioré au gré des différents standards.

J'ai à coeur de donner à nos Armées tous les moyens dont elles ont besoin pour assurer leurs missions. Mais j'ai aussi à coeur de vous donner les conditions de vie quotidienne à la hauteur de votre engagement. C'est tout le sens de mon action depuis deux ans, c'est tout le sens du plan Famille que nous continuons de déployer ; et je suis ravie de savoir qu'il trouve un écho dans la feuille de route FAS 2025. Une feuille de route qui décline également la vision stratégique du chef d'état-major des armées et l'ambitieux plan de vol que chef d'état-major de l'armée de l'air met en oeuvre avec beaucoup de détermination. J'y vois là le signe d'une armée dynamique et engagée, fière de ses valeurs, fière de sa vocation et c'est ce qui me donne confiance en l'avenir.


Officiers, sous-officiers, aviateurs,
Nous célébrons aujourd'hui les 55 ans des Forces aériennes stratégiques. 20 000 jours de prouesses réussies, d'une technologie maîtrisée, d'un effort, constant, pour l'excellence. 20 000 jours, mais une mission plus que jamais d'actualité, au service de la France et des Français.

Car la France a besoin de ses Armées. Elle a besoin de sa capacité de dissuasion pour lui offrir l'ultime protection. Et grâce à vous, aux côtés de vos frères d'armes, la France sait que ses intérêts vitaux sont protégés, que sa parole partout dans le monde est respectée.


Vive les FAS !
Vive la République ! Vive la France !


Source https://www.defense.gouv.fr, le 8 octobre 2019

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