Point de presse de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur le nucléaire iranien, le commerce international et les incendies en Amazonie, à Biarritz le 25 août 2019. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse de M. Emmanuel Macron, Président de la République, sur le nucléaire iranien, le commerce international et les incendies en Amazonie, à Biarritz le 25 août 2019.

Personnalité, fonction : MACRON Emmanuel.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Sommet du G7, à Biarritz du 24 au 26 août 2019

ti :

Très bien on a eu une discussion hier extrêmement utile, enfin je crois vraiment dans l'esprit de ce que doit être le G7 c'est-à-dire une discussion informelle, libre, intense, extrêmement longue où on a couvert essentiellement trois sujets : l'Amazonie, l'Iran, la crise ukrainienne et la question de la Russie. Et donc j'aurai l'occasion évidemment à la fin de ce G7 de rendre compte de l'ensemble de nos discussions mais je trouve qu'hier l'échange a permis de vraiment voir les sujets de convergence, les points sur lesquels on veut se mobiliser ensemble sur ces trois points, de lever parfois les malentendus qu'il y avait, de voir parfois aussi nos différences et en quoi ce collectif peut être utile et il y a une vraie volonté de se mobiliser sur ces trois sujets qui ont été évoqués longuement. Et ce matin on a parlé du commerce international, des sujets de taxation, de la croissance mondiale et là aussi on sait les tensions qu'il y a pu y avoir mais je crois aussi, chacun a pu s'expliquer, la discussion a été très libre parce qu'informelle mais je crois aussi que chacun a clairement redit sa volonté de, on a une croissance mondiale qui reparte de l'avant et donc qui a besoin d'apaisement, d'un travail multilatéral sans naïveté où il nous faut protéger la propriété intellectuelle, où i nous faut protéger nos pays contre toute forme de concurrence déloyale mais dans un cadre concerté et pour cela sans doute transformer en profondeur l'Organisation mondiale du commerce avec une volonté aussi de trouver de manière concertée au moins nous 7 et si possible plus largement les voies et moyens de moderniser la fiscalité internationale dans le cadre de l'OCDE. Donc pour moi ce sont des très bonnes discussions, on va les poursuivre ce midi sur le sujet des inégalités, cet après-midi sur l'Afrique et je vous rendrai compte aussi de ces avancées évidemment à la fin de ce sommet.


Intervenante non identifiée
(inaudible) le président TRUMP dit qu'il n'est pas d'accord pour que, qu'il s'était mis d'accord avec vous, que vous puissiez envoyer un message en tant que président du G7. Il dit vous parlez pour la France, je parle pour les États-Unis.

Emmanuel MACRON
Non… Mais il a parfaitement raison et je pense que c'est totalement ce qu'il faut collectivement éviter c'est-à-dire d'avoir des espèces de spin comme on dit où les messages de presse se répondent les uns des autres. On a eu hier une discussion, cette discussion sur l'Iran a dégagé deux lignes de force commune : premièrement aucun membre du G7 ne veut que l'Iran ne puisse jamais avoir l'arme nucléaire ; deuxièmement tous les membres du G7 sont profondément attachés à la stabilité et la paix de la région et donc ne veulent pas engager des actions qui puissent nuire à celle-ci. Dans ce cadre là, on a évoqué nos différentes initiatives : Shinzo Abe a pris des initiatives à l'égard de l'Iran, j'ai pris plusieurs initiatives et nous en avons rendu compte. Le G7 est un club informel, il n'y a pas de mandat qui est donné dans le cadre du G7 formel à l'un ou à l'autre et donc il y a des initiatives qui continueront d'être prises par les uns et les autres pour parvenir à ces deux objectifs. C'est ça qui est très important. Et ce que nous avons conclus de nos discussions d'hier c'est qu'on va continuer à agir les uns les autres chacun dans son rôle. Évidemment quand je parle je parle au nom de la France mais je parle à la lumière de l'échange d'hier en disant pour arriver à ces deux objectifs on fait une action utile. Mais le G7 ce n'est pas une instance où on donne un mandat formel nous ne sommes pas une organisation structurée où il y a des mandats et des compétences. On est 7 pays souverains, 7 puissances souveraines qui se mettent d'accord autour de la table.

Intervenante non identifiée
Est-ce que les 7 étaient vraiment d'accord que la politique de pression maximale des États-Unis est en train de donner des résultats ? C'est ce que les Américains nous disent.

Emmanuel MACRON
Ce qui est important c'est qu'on arrive à ce résultat final et je pense que nous sommes tous utiles dans cet échange. S'il n'y avait pas eu les Européens pour rester dans le cadre du JCPOE l'Iran en serait sorti. Donc c'était utile que certains y restent. S‘il n'y avait pas eu politique de sanctions et une pression il y aurait peut-être moins de volonté de bouger sur d'autres sujets de la part des Iraniens. Donc vous savez ce qui compte aujourd'hui c'est d'arriver à ces deux effets finaux. Moi j'essaie d'être le plus humble et pragmatique possible, : on veut quoi ? Plus de visibilité pour pas qu'il y ait de nucléaire en Iran et la stabilité. La situation est fragile, on doit tous être mobilisés et à la fin de la partie ce sera une très bonne discussion de savoir qui a fait quoi et c'est grâce à qui. Moi je suis même prêt à dire que c'est grâce à qui on veut, il n'y a pas de droit de propriété, mais qu'on ait réussi à obtenir à atteindre ces deux objectifs, c'est le plus important.

Intervenant non identifié
Et sur les sanctions est-ce que le président TRUMP est d'accord pour les alléger (inaudible) ?

Emmanuel MACRON
Nan écoutez on n'est pas du tout à ce niveau-là. Je pense que c'est très important que sur ces sujets-là on n'aille ni trop vite ni on ne fasse dire aux uns aux autres des choses parce que ces commentaires peuvent avoir un effet inutile. Donc là-dessus je serai très prudent, je vous dis il y a un consensus sur ces deux objectifs et puis non on va continuer à agir, parfois y compris d'ailleurs de manière très discrète pour que ce soit efficace

Intervenant non identifié
(inaudible) Qu'est-ce que vous allez faire dans les prochaines semaines ?

Emmanuel MACRON
Continuer à discuter.

Intervenant non identifié
Et vous allez vous rendre sur place ?

Emmanuel MACRON
Non, il s'agit de, il y a des échanges téléphoniques, le ministre comme vous le savez ZARIF est venu à Paris vendredi donc on va continuer les échanges sous cette forme. On va continuer mais je veux être très clair : le président TRUMP a raison, il n'y a pas de mandat formel qui est donné dans le cadre du G7, ça n'existe pas.

Intervenante non identifiée
Vous vouliez des avancées concrètes sur le commerce international, est-ce que vous en avez eu ce matin ?

Emmanuel MACRON
Je souhaite, alors on a eu une très bonne discussion et j'espère qu'on pourra dans les prochaines heures, dans les prochains jours réussir vraiment à finaliser notre volonté claire de moderniser en profondeur l'organisation mondiale du commerce et d'agir ensemble sur la taxation dans le cadre de l'OCDE, ça je pense que c'est vraiment deux choses utiles. Mais je souhaite aussi qu'on puisse avoir un message très clair et positif, qui d'ailleurs était vraiment ce qui ressortait de nos discussions ce matin, sur la nécessité de stabiliser la situation mondiale, de pacifier la situation mondiale. Je crois que tout le monde, tout le monde est attaché à ça. Et donc c'est deux sujets très concrets sur l'OMC et la taxation en tête de l'OCDE parce que comme vous savez c'était aussi un sujet de contentieux : comme on n'arrivait pas à se mettre d'accord à l'OCDE, l'Union européenne a essayé de trouver une taxation sur les activités numériques. Il y a eu ces tensions et c'est d'ailleurs pour ça qu'une dizaine de pays, dont la France, ont pris cette décision d'avoir une taxe qui a à un moment heurtait certaines entreprises américaines. J'ai très clairement dit hier au président TRUMP si on trouve une solution ensemble dans le cadre de l'OCDE nous on ne souhaite pas pas garder notre taxe, elle est très imparfaite notre taxe. C'est beaucoup plus intelligent d'avoir une taxation internationale mais aujourd'hui notre système de fiscalité internationale il n'est pas bon. Si on arrive à enclencher cette dynamique internationale c'est la meilleure des solutions possibles : elle est bonne par rapport à ce que veut le président Trump et à ce qu'il a dit, c'est-à-dire “un pays ne peut pas taxer mes entreprises, je veux que ce soit fait à l'international ou que ce soit moi” et elle sera bonne pour nous parce qu'elle obtient le même objectif.

Intervenante non identifiée
Monsieur le président, concernant l'Amazonie s'il-vous-plaît puisque vous en avez parlé je crois hier soir avec vos homologues, est-ce qu'il y a eu des convergences, des divergences t si oui lesquelles ?

Emmanuel MACRON
Alors il y a une vraie convergence pour dire on se met tous d'accord pour aider au plus vite possible les pays qui sont frappés par ces feux. Il y en a plusieurs ce matin — la Colombie a fait appel à la communauté internationale — et donc on doit se montrer présent donc on va finaliser cela. Il y a des contacts qui sont en train d'être pris avec tous les pays de l'Amazonie par nos équipes pour qu'on puisse finaliser des engagements très concrets de moyens techniques et financiers. Ensuite il y a la question de la reforestation de l'Amazonie. Il y a plusieurs sensibilités qui se sont exprimées autour de la table parce que tout ça aussi dépend des pays de l'Amazonie. On sait l'attachement à la souveraineté nationale qu'ont ces pays qui est tout à fait légitime, la France au demeurant je le rappelle en fait partie : nous sommes un des 9 pays amazoniens par la Guyane. Mais il faut être très clair : respectant la souveraineté on doit avoir un objectif de reforestation et on doit aider chaque pays à se développer économiquement. Mais l'enjeu de l'Amazonie, pour ces pays comme pour la communauté internationale, est tel en termes de biodiversité, d'oxygène, de lutte contre le réchauffement climatique qu'il nous faut procéder à cette reforestation. Et donc là ce que nous sommes en train de travailler eh bah c'est un mécanisme de mobilisation internationale pour pouvoir justement aider de manière plus efficace ces pays mais avec eux. Voilà et donc c'est ce qui est ressorti de la discussion d'hier et sur laquelle nous continuons à travailler efficacement. Je vais devoir vraiment

Intervenante non identifiée
Est-ce que Monsieur TRUMP (inaudible) pour pouvoir faire des accords avec lui (inaudible) ne change pas d'avis le lendemain ?

Emmanuel MACRON
Monsieur TRUMP est président des États-Unis d'Amérique.

Intervenante non identifiée
C'est-à-dire ?

Emmanuel MACRON
C'est-à-dire la première puissance mondiale et nos alliés. Et donc de manière très claire, c'est pour ça que quand il est arrivé hier après-midi à Biarritz la première chose que je souhaitais faire c'est pouvoir passer du temps avec lui, on a eu un formidable moment, pendant deux heures on a déjeuné, on n'a parlé de tous les sujets de manière très utile. Et je pense que c'est ce dialogue direct qui vraiment nous permet d'avancer efficacement. La discussion d'hier soir était aussi extrêmement concrète et a permis d'avancer et donc moi je suis confiant. Je sais quels sont ses objectifs, il est très clair et d'ailleurs c'est quelqu'un qui fait ce qu'il a dit à ses électeurs. Il est normal qu'il veuille défendre les intérêts de l'économie, des travailleurs et de la population américaine et il est aussi pleinement conscient de ses responsabilités en tant que première puissance mondiale. Et donc dans ce cadre-là on avance utilement et ça sert à ça le G7. Voilà, on y retourne, merci beaucoup.

Intervenante non identifiée
(Inaudible) Vous avez parlé d'une nouvelle taxe cut. (inaudible)

Emmanuel MACRON
Mais c'est ce qu'a décidé les États-Unis et ce qu'ils s'engagent à faire.

Intervenante non identifiée
(Inaudible) Donc rien de nouveau alors..(inaudible)

Emmanuel MACRON
Ce n'est pas au niveau du G7 qu'on décide de faire des coupes budgétaires ou des coupes fiscales. Mais on a clairement dit que dans cet agenda on devait se coordonner pour réfléchir aux mécanismes de relance de la croissance. Ça peut être des baisses d'impôts chez les uns, ça peut être des simplifications réglementaires, ça peut être de la relance budgétaire mais on a besoin de booster pour notre économie mondiale. J'y retourne. Merci à vous.

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