ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING A YORKTOWN, LE 19 MAI 1976 | vie-publique.fr | Discours publics

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ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING A YORKTOWN, LE 19 MAI 1976

Personnalité, fonction : GISCARD D'ESTAING Valéry.

FRANCE. PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

ti : 'POLITIQUE ETRANGERE ' RELATIONS FRANCO - AMERICAINES ' BICENTENAIRE' MONSIEUR LE VICE-PRESIDENT, MONSIEUR LE GOUVERNEUR, MONSIEUR LE SENATEUR, LADIES AND GENTLEMEN, DEVANT NOUS S'ETEND LE THEATRE D'UN DES PLUS GLORIEUX EXPLOITS DE LA GUERRE D'INDEPENDANCE AMERICAINE. ICI, SUR CETTE PLAINE LEGEREMENT ONDULEE, COUPEE ENCORE DE REDOUTES ET DE TRANCHEES, S'EST JOUE LE DESTIN DES ETATS-UNIS. QUAND S'OUVRE LE PRINTEMPS 1781 'DATE', SIX ANS ONT PASSE DEPUIS LEXINGTON, SIX LONGUES ANNEES PENDANT LESQUELLES LA GUERRE S'EST POURSUIVIE AVEC DES FORTUNES ALTERNEES SANS QU'AUCUN DES DEUX CAMPS AIT PU S'ASSURER UN AVANTAGE EXCLUSIF. LES ANGLAIS, MAITRES A NOUVEAU DE LA GEORGIE ET DES DEUX CAROLINES, MENACENT LA VIRGINIE ET TIENNENT SOLIDEMENT NEW-YORK. DANS BEAUCOUP D'ESPRITS LA LASSITUDE COMMENCE A INSINUER LA TENTATION D'UNE PAIX DE COMPROMIS. ET, POURTANT JAMAIS LES ALLIES FRANCO - AMERICAINS N'ONT ETE PLUS PRES DE LA VICTOIRE. AUX FAIBLES TROUPES DE LA FAYETTE QUI DISPUTENT A CORNWALLIS L'ACCES DE LA VIRGINIE ET A L'ARMEE DE WASHINGTON CAMPEE SUR LES BORDS DE L'HUDSON, S'AJOUTENT EN EFFET, LE CORPS EXPEDITIONNAIRE FRANCAIS DEBARQUE L'ETE PRECEDENT A NEWPORT ET MAINTENANT IMPATIENT D'ENTRER EN ACTION, ET AUSSI LA FLOTTE, FORTE DE TRENTE VAISSEAUX QUE L'AMIRAL DE GRASSE, PARTI DE BREST, EN BRETAGNE FRANCAISE, LE 22 MARS, VIENT D'AMENER A PIED D'OEUVRE DANS LA MER DES ANTILLESÕ¿
'POLITIQUE ETRANGERE ' RELATIONS FRANCO - AMERICAINES ' BICENTENAIRE' TOUS LES MOYENS DU SUCCES SONT DONC DESORMAIS DISPONIBLES, MAIS EPARS SUR UN IMMENSE THEATRE D'OPERATIONS, DISTENDU DE RHODE ISLAND, AU NORD A SAINT-DOMINGUE, AU SUD. RESTAIT, POUR ASSENER LE COUP DECISIF, A LES RASSEMBLER PAR UN MOUVEMENT D'UNE AMPLEUR PROBABLEMENT SANS PRECEDENT, ET A LES PORTER ENSEMBLE A L'ENDROIT ET AU MOMENT CHOISIS. C'ETAIT SUPPOSER REUNIES BIEN DES CONDITIONS QUI, A LA GUERRE, LE SONT RAREMENT. LE MIRACLE EST QU'ELLES LE FURENT. MIRACLE DE LA CHANCE, SANS DOUTE, MAIS BIEN PLUS ENCORE MIRACLE DES HOMMES DE LA FAYETTE DONT LA TENACITE RETIENT CORNWALLIS SUR LES BORDS DE LA CHESAPEAKE, DE WASHINGTON ET ROCHAMBEAU DONT L'ENTENTE PERMIT DE CONCEVOIR ET D'EXECUTER UNE STRATEGIE UNIFIEE, DE L'AMIRAL DE GRASSE QUI, SUR UN MESSAGE RECU DE WASHINGTON ET ROCHAMBEAU, N'HESITA PAS A INTERPRETER LARGEMENT SES INSTRUCTIONS - CE QUI N'EST PEUT-ETRE PAS UN BON EXEMPLE DE DISCIPLINE MILITAIRE A CITER ICI - ET A CINGLER, TOUTES VOILES REUNIES, VERS LA COTE AMERICAINE, DE LA FREGATE "CONCORDE" ENFIN, DONT LA RAPIDITE ASSURA SANS DEFAILLANCE LES LIAISONS INDISPENSABLES ENTRE LES PRINCIPAUX CHEFS MILITAIRESÕ
'POLITIQUE ETRANGERE ' RELATIONS FRANCO - AMERICAINES ' BICENTENAIRE' DES LORS, L'ETAU ALLAIT SE REFERMER SUR YORKTOWN OU CORNWALLIS S'ETAIT RESIGNE, AU DEBUT D'AOUT, A SE RETRANCHER, ET OU IL AVAIT ESPERE SE RENDRE INEXPUGNABLE. VAINQUEUR DU 5 AU 9 SEPTEMBRE AUX CAPS DE VIRGINIE, DE GRASSE LUI BLOQUE TOUTE RETRAITE PAR LA MER. DE LEUR COTE, AU TERME D'UNE LONGUE MARCHE DE 800 KILOMETRES, LES ARMEES FRANCO - AMERICAINES VIENNENT COMPLETER L'INVESTISSEMENT DE LA PLACE. UN MOIS ENCORE D'UN SIEGE VIGOUREUSEMENT MENE, ET YORKTOWN CAPITULE LE 19 OCTOBRE. COMME AU DENOUEMENT D'UN DRAME BIEN CONDUIT, LES PRINCIPAUX ACTEURS SE TROUVENT SUR LA SCENE : D'UNE_PART, WASHINGTON, LA FAYETTE, ROCHAMBEAU QUI, APRES AVOIR PARTAGE LES MEMES PERILS, SAVOURENT ENSEMBLE LA VICTOIRE, DE L'AUTRE CORNWALLIS QUI, MESURANT LA VANITE DE SES COURAGEUX EFFORTS POUR POURSUIVRE UNE LUTTE INEGALE, S'EST RESOLU A DEPOSER LES ARMESÕ
'POLITIQUE ETRANGERE ' RELATIONS FRANCO - AMERICAINES' LA FAYETTE PEUT ECRIRE A MAUREPAS QUI ETAIT MINISTRE DE LOUIS XVI "LA PIECE EST JOUEE, MONSIEUR LE COMTE, ET LE CINQUIEME ACTE VIENT DE FINIR". COMME LE SUGGERAIT L'AIR JOUE PAR LA MUSIQUE ANGLAISE LE JOUR DE LA REDDITION. "THE WORLD TURNED UPSIDE DOWN", UN MONDE VENAIT DE MOURIR, OU PLUTOT, UN NOUVEAU MONDE ETAIT EN-TRAIN DE NAITRE. CE SOIR, JE SERAI A MOUNT VERNON POUR RENDRE HOMMAGE A CELUI QUI FUT VOTRE PREMIER PRESIDENT, CE HEROS DE LA LIBERTE DONT CHATEAUBRIAND AFFIRME QU'IL A LAISSE LES ETATS-UNIS POUR TROPHEE SUR SON CHAMP DE BATAILLE". SI J'AI TENU A RAPPELER ICI CE HAUT FAIT D'ARMES, C'EST PARCE QUE LA BATAILLE DE WORKTOWN MARQUE UN MOMENT FONDATEUR DANS L'HISTOIRE DE LA NATION AMERICAINE, ET AUSSI PARCE QU'ELLE TEMOIGNE D'UNE RATERNITE EXEMPLAIRE ENTRE NOS DEUX PAYS. C'EST AU NOM DES MEMES PRINCIPES D'INDEPENDANCE ET DE LIBERTE QUE LE SACRIFICE DES SOLDATS AMERICAINS TOMBES EN PICARDIE, EN CHAMPAGNE, EN NORMANDIE DEVAIT REPONDRE PRES D'UN SIECLE ET DEMI PLUS TARD A LEUR HEROISME. C'EST DIRE LA SIGNIFICATION QUE LA FRANCE ATTACHE A CES HAUTS-LIEUX DE L'AMITIE FRANCO - AMERICAINE, ET POURQUOI ELLE A TENU A PARTICIPER A LEUR ILLUSTRATION EN CONCOURANT A L'ENRICHISSEMENT DE VOTRE MUSEE HISTORIQUE, ET AU JALONNEMENT DE LA ROUTE QU'EMPRUNTERENT, DE YORKTOWN A MOUNT VERNON, WASHINGTON ET ROCHAMBEAU. LES REGIMENTS FRANCAIS QUI DEBARQUERENT ICI PORTAIENT DES NOMS TRES CONNUS ; IL Y AVAIT LES REGIMENTS DE TOURAINE, D'AGENAIS, DE BOURBONNAIS, DE SAINTONGE, DE GATINAIS, D'AUXONNE ET DE METZ, ET CES NOMS SONT ENCORE AUJOURD'HUI LES NOMS D'ENDROITS TRES CONNUS DANS NOTRE PAYS ET DANS NOS VILLES, ET JE SUIS HEUREUX DE VOIR CES JEUNES GARCONS ET CES JEUNES FILLES - AMERICAINS, JE SUPPOSE - VETUS DES COSTUMES DES PROVINCES FRANCAISES DONT ETAIENT ORIGINAIRES LES SOLDATS DE CES REGIMENTS (APPLAUDISSEMENTS)¿
'POLITIQUE ETRANGERE ' RELATIONS FRANCO - AMERICAINES' MA DEMARCHE D'AUJOURD'HUI NE SE REDUIT PAS AU GESTE D'UN PELERIN SOUCIEUX D'HONORER LA MEMOIRE DES OFFICIERS, DES SOLDATS ET DES MARINS FRANCAIS MORTS POUR UNE CAUSE DONT ILS NE POUVAIENT SANS DOUTE QU'ENTREVOIR L'IMMENSE PORTEE. JE VERRAI, TOUT A L'HEURE L'HUMBLE CROIX QUI COMMEMORE LEUR SACRIFICE. EN CETTE ANNEE DU BICENTENAIRE, NOUS DEVONS, NOUS AUSSI, COMME VOUS VENEZ DE LE DIRE, M. LE VICE-PRESIDENT, AMERICAINS ET FRANCAIS, ENSEMBLE, COMME VOUS VENEZ DE LE DIRE, M. LE GOUVERNEUR, CONSIDERER LE SOUVENIR DE YORKTOWN COMME UNE SOURCE D'INSPIRATION POUR LE PRESENT ET POUR L'AVENIR. QUE CE SANCTUAIRE CELEBRE LES FRERES D'ARMES QUE NOUS FUMES ALORS POUR LA PREMIERE FOIS. QU'IL RAPPELLE A JAMAIS, AUX AMIS QUE NOUS DEMEURONS, CE QUE NOUS POUVONS ACCOMPLIR ENSEMBLE, AU NOM ET POUR LA CAUSE DE LA LIBERTEÕ

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