ANTENNE 2 : "QUESTIONS DE TEMPS", UNE EMISSION ANIMEE PAR JEAN-PIERRE ELKABBACH REALISEE PAR PIERRE SABBAGH, 25 LYCEENS CHEZ LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, LE MERCREDI 8 JUIN 1977 A 20 H 30 | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

ANTENNE 2 : "QUESTIONS DE TEMPS", UNE EMISSION ANIMEE PAR JEAN-PIERRE ELKABBACH REALISEE PAR PIERRE SABBAGH, 25 LYCEENS CHEZ LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, LE MERCREDI 8 JUIN 1977 A 20 H 30

Personnalité, fonction : GISCARD D'ESTAING Valéry, ELKABBACH JEAN Pierre.

FRANCE. PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE; FRANCE. JOURNALISTE

ti : J.P. ELKABBACH.- NOUS SOMMES DONC AU PALAIS DE L'ELYSEE, DANS UN DECOR DU PALAIS, LA SALLE DES FETES, SPECIALEMENT AMENAGEE POUR UNE RENCONTRE EXCEPTIONNELLE, A MA CONNAISSANCE UNIQUE AU MONDE. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A ACCEPTE, A L'INITIATIVE D'ANTENNE_2, LE PRINCIPE D'UNE RENCONTRE AVEC UNE CLASSE DE LYCEENS. VOUS LA VERREZ ET L'ENTENDREZ DANS UN QUART D'HEURE. ELLE EST VENUE ICI A PARIS POUR DIALOGUER EN DIRECT AVEC M. VALERY GISCARD D'ESTAING QUI NOUS REJOINDRA DANS QUELQUES MINUTES. JE PEUX DIRE QUE CETTE CLASSE EST LA CLASSE TERMINALE C2 DU LYCEE SAINT-EXUPERY DE LYON. ILS SONT VINGT-CINQ. CE N'EST EN AUCUNE FACON UN ECHANTILLON SCIENTIFIQUE. ILS NE PRETENDENT D'AILLEURS PAS PARLER AU NOM DE TOUTE LA JEUNESSE FRANCAISE. MAIS C'EST UNE CLASSE QUI EST PROCHE DE LA MOYENNE NATIONALE. ILS ONT LES MEMES PROBLEMES, LES MEMES INQUIETUDES OU ASPIRATIONS QUE LES GARCONS ET LES FILLES DE CET AGE, ET JE NE LEUR FERAI PAS L'OFFENSE DE CROIRE QUE, TOUT SEULS, ILS NE SAVENT PAS CE QUE C'EST QUE D'AVOIR AUJOURD'HUI DIX-HUIT ANS. LA VEME REPUBLIQUE AVAIT DEUX ANS A LA NAISSANCE DE CES TREIZE GARCONS ET DOUZE FILLES ISSUS DE MILIEUX DIVERS ET DE CONDITION DISONS MOYENNE. JE PEUX DIRE AUSSI QUE NOUS COMMENCONS A BIEN NOUS CONNAITRE ; ILS AVAIENT EN EFFET ACCEPTE D'EMBLEE ET A L'UNANIMITE L'IDEE DE VENIR ICI DEVANT VOUS PARTICIPER A UNE TELLE EMISSION. MAIS AUPARAVANT, ILS ONT DELEGUE TROIS D'ENTRE EUX POUR VENIR A PARIS : CHRISTINE HULARD, EMMANUEL COLLOD ET PHILIPPE MUTZIG ONT DONC PASSE DANS CETTE MAISON, DANS CE PALAIS DE L'ELYSEE, HUIT JOURS TOUT A FAIT LIBREMENT POUR VOIR FONCTIONNER LES MECANISMES DE L'INSTITUTION PRESIDENTIELLE. ILS L'ONT FAIT, JE LE REPETE, EN TOUTE LIBERTE. C'EST CE QUI VA RESSORTIR DU FILM-REPORTAGE QU'ILS ONT REALISE AVEC PHILIPPE HARROUARD ET JEAN-CLAUDE DE LA TREMBLAYE. ILS ETAIENT EN QUELQUE SORTE LES ENVOYES SPECIAUX DU LYCEE SAINT-EXUPERY DE LYON. JE VOUS PROPOSE DE REGARDER ENSEMBLE CE REPORTAGE. (PROJECTION DU FILM REPORTAGE)
-
JEAN-PIERRE ELKABBACH.- A LEUR RETOUR A LYON, LES TROIS DELEGUES ONT RACONTE LEUR SEMAINE PASSEE ICI A ESSAYER DE DECOUVRIR LE FONCTIONNEMENT DE L'INSTITUTION PRESIDENTIELLE. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE NE LES A ENCORE JAMAIS VUS. IL VA ARRIVER ; JE VAIS VOUS LES PRESENTER ; LE TELESPECTATEUR LES DECOUVRIRA ET DECOUVRIRA LA CLASSE EN MEME TEMPS QUE LE PRESIDENT. LES JEUNES VIENNENT DE SUIVRE EN DIRECT LE FILM QU'ILS N'AVAIENT PAS ENCORE VU ET QUI A ETE TOURNE AU-COURS DE LA SEMAINE. (M. LE PRESIDENT PREND PLACE DANS LA SALLE). JEAN-PIERRE ELKABBACH.- MONSIEUR LE PRESIDENT, MERCI DE NOUS AVOIR ACCUEILLIS CHEZ VOUS. M. LE PRESIDENT.- BONJOUR. ASSEYEZ-VOUS. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- C'EST DONC UNE CLASSE DE LYCEE, UNE CLASSE TERMINALE DE MATHEUX, C2, DU LYCEE SAINT-EXUPERY DE LYON. VOUS CONNAISSEZ TROIS D'ENTRE EUX ; ILS ONT PASSE CETTE SEMAINE ICI. JE LEUR AI DEMANDE D'ETRE LE PLUS NATUREL POSSIBLE DANS LA MESURE OU ON PEUT LE FAIRE, D'ETRE LIBRE, ET D'ESSAYER DE VOUS POSER LE PLUS DE QUESTIONS AVEC BEAUCOUP DE NATUREL, SI VOUS VOULEZ BIEN. J'ESPERE QU'ILS LE FERONT. VOUS VOULEZ PEUT-ETRE LEUR DIRE QUELQUE CHOSE, OU VOULEZ-VOUS QU'ON PASSE TOUT DE SUITE AUX QUESTIONS ?
-
M. LE PRESIDENT.- JE VAIS LEUR DIRE QUELQUE CHOSE. JE VAIS D'ABORD LEUR DIRE POURQUOI J'AI ACCEPTE, A VOTRE DEMANDE, DE FAIRE CETTE EMISSION. LES DEUX DERNIERES ANNEES, J'AI PARTICIPE A DES EMISSIONS CONCERNANT LA FONCTION PRESIDENTIELLE ; C'ETAIT D'AILLEURS SUR ANTENNE_2 ; C'ETAIT DES QUESTIONS DE JACQUES CHANCEL SUR LA MANIERE DONT JE CONCEVAIS L'EXERCICE DE LA FONCTION PRESIDENTIELLE. JE ME SUIS DIT QUE CETTE ANNEE IL ETAIT UTILE DE LE FAIRE ENCORE PARCE QUE, A COTE DES INFORMATIONS QU'IL FAUT DONNER SUR L'ACTUALITE, IL Y A DES INFORMATIONS QU'IL FAUT DONNER SUR SA MANIERE DE REFLECHIR, DE SE DECIDER, DE CONDUIRE LA POLITIQUE DE LA FRANCE. ET LA PROPOSITION QUE VOUS M'AVEZ FAITE, C'EST-A-DIRE DE REPONDRE A CES QUESTIONS EN PROVENANCE NON PAS DE PROFESSIONNELS MAIS DE JEUNES FRANCAISES ET DE JEUNES FRANCAIS, M'A PARU UNE TRES HEUREUSE IDEE. SECONDE REFLEXION. QUAND ON FAIT UN CALCUL SIMPLE, ON S'APERCOIT QU'IL DOIT Y AVOIR, A L'HEURE ACTUELLE, AU MOINS CINQ JEUNES FRANCAISES OU FRANCAIS QUI SERONT UN JOUR PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET QUI VIVENT PARMI NOUS, CHEZ EUX, ET VRAISEMBLABLEMENT PLUSIEURS D'ENTRE EUX CE SOIR VONT REGARDER CETTE EMISSION ; C'EST-A-DIRE DES JEUNES FRANCAISES ET DES JEUNES FRANCAIS QUI HABITERONT L'ELYSEE ET QUI PRENDRONT LES DECISIONS QUE J'AI ACTUELLEMENT LA RESPONSABILITE DE PRENDRE. ET SOUVENT JE PENSE A EUX, PARCE QUE LA FONCTION DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE N'EST PAS UNE PROPRIETE PERSONNELLE, C'EST UNE FONCTION QU'ON ASSUME PENDANT UN CERTAIN TEMPS, ET JE VOUDRAIS QUE NOUS DEDIIONS CETTE EMISSION A CES FUTURS PRESIDENTS DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
-
'REPONSE' IL Y AVAIT NATURELLEMENT UN DANGER, JE LE DIRAI FRANCHEMENT A JEAN-PIERRE ELKABBACH, DANS CETTE EMISSION, C'EST QU'ELLE VERSE SOIT DANS LE PATERNALISME, SOIT DANS LA PROPAGANDE. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- NOUS L'AVIONS BIEN SENTI. M. LE PRESIDENT.- A MON AVIS, IL NE FAUT NI PATERNALISME, NI PROPAGANDE. POUR CELA, IL Y A UNE RECETTE SIMPLE. DANS MES REPONSES, JE NE VAIS PAS ESSAYER DE VOUS CONVAINCRE MAIS DE VOUS INFORMER POUR QUE VOUS SACHIEZ CE QUE JE PENSE SUR UN CERTAIN NOMBRE DE SUJETS. ET EN SENS INVERSE CE QUE JE SOUHAITERAIS DE VOTRE COTE C'EST QUE VOUS M'ECOUTIEZ POUR RECEVOIR CETTE INFORMATION ET QU'ENSUITE, COMME CHACUN, VOUS JUGIEZ PLUS TARD. ALORS, SI NOUS VOULONS QU'IL Y AIT CETTE INFORMATION, JE CROIS QUE LA RECETTE C'EST D'ETRE AUSSI NATUREL QUE POSSIBLE VOUS ET MOI. ET JE SUIS PRET POUR LA PREMIERE QUESTION. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- ELLE EMERGE DE LEUR PROPRE DISCUSSION SELON LES THEMES ET LES QUESTIONS QU'ILS ONT PREPARES AU-COURS DE LEUR SEJOUR A LYON. LA PREMIERE QUESTION C'ETAIT MYRIAM MEIN QUI VOULAIT LA POSER SUR LES CONDITIONS, LE CLIMAT GENERAL DANS LE PALAIS DE L'ELYSEE. MYRIAM MEIN.- MONSIEUR LE PRESIDENT, DEVANT LA POLITIQUE NOUS EPROUVONS COMME UN DEGOUT. POUR NOUS, CE N'EST QU'UNE VASTE COMEDIE. NOUS SOMMES VENUS CE SOIR AVEC NOS QUESTIONS ET NOUS N'AVONS PAS ENVIE D'ENTENDRE LE LANGAGE DE LA POLITIQUE. NOUS AVONS UNE EXIGENCE DE VERITE. EST-CE QUE VOUS ETES PRET A NOUS REPONDRE FRANCHEMENT CE SOIR ? M. LE PRESIDENT.- REPONSE : OUI. MYRIAM MEIN.- MERCI
-
M. LE PRESIDENT.- VOUS AUREZ PEUT-ETRE D'AUTRES QUESTIONS SUR LA VERITE DANS L'EXERCICE DES FONCTIONS PRESIDENTIELLES, MAIS JE REPONDRAI AUSSI FRANCHEMENT QUE POSSIBLE. UN LYCEEN.- SUR L'EXERCICE DE LA FONCTION PRESIDENTIELLE, VOUS, CHEF_D_ETAT, VOUS POUVEZ GOUVERNER SANS MENTIR. EST-CE QUE A VOTRE AVIS, MORALE ET POLITIQUE ONT QUELQUE CHOSE A FAIRE ENSEMBLE ? M. LE PRESIDENT.- IL Y A DEUX QUESTIONS. D'ABORD, EST-CE QU'ON PEUT GOUVERNER SANS MENTIR ? MA REPONSE EST OUI. ON PEUT GOUVERNER SANS MENTIR, ET QUAND JE REFLECHIS A CE QUE J'AI PU DIRE DEPUIS MAINTENANT TROIS ANS 'DUREE', JE CROIS QUE JE N'AI JAMAIS MENTI. VOUS SOULEVEZ UN PROBLEME QUI EST DE SAVOIR SI ON PEUT TOUT DIRE. JE VOUS DIRAI QUE SI ON PEUT GOUVERNER SANS MENTIR, PAR CONTRE C'EST UN FAIT QU'ON NE PEUT PAS TOUT DIRE, ET QU'IL Y A, DANS UNE FONCTION COMME CELLE-LA, LA NECESSITE D'UN SECRET. JE CITERAI QUELQUES EXEMPLES. SI PAR EXEMPLE, CE N'EST PAS DU TOUT LE CAS EN FRANCE A L'HEURE ACTUELLE MAIS CE QUI S'EST PRODUIT, SI ON DOIT FAIRE UNE DEVALUATION, ON NE PEUT PAS LE DIRE, PARCE QUE SI ON LE DIT ON DECLENCHE DES SPECULATIONS MONETAIRES FORMIDABLES. SI, DANS CERTAINS PAYS, PAR EXEMPLE EN ANGLETERRE, ON DECIDE DE FAIRE DES ELECTIONS ANTICIPEES, ON NE PEUT PAS LE DIRE CAR, NATURELLEMENT, TOUTE LA TACTIQUE POLITIQUE CHANGE. PRENEZ LE CAS DES RELATIONS INTERNATIONALES. EH BIEN, ON NE PEUT PAS DIRE TRES FRANCHEMENT, ON NE PEUT PAS EXPRIMER SON JUGEMENT PERSONNEL SUR LES CHEFS_D_ETAT QU'ON RENCONTRE PUBLIQUEMENT PARCE QU'ON ALTERERAIT, OU RISQUERAIT D'ALTERER LES RELATIONS INTERNATIONALES
-
'REPONSE' DONC, ON PEUT GOUVERNER SANS MENTIR MAIS IL Y A UN CERTAIN NOMBRE DE SECRETS, DE CHOSES QU'ON NE PEUT PAS DIRE. NEANMOINS, IL FAUT SAVOIR QU'IL Y A BEAUCOUP MOINS DE SECRETS QU'ON NE CROIT. TOUT A L'HEURE, PAR EXEMPLE, VOUS EPROUVIEZ, VOUS L'AVEZ DIT, UN CERTAIN DEGOUT POUR LA POLITIQUE PARCE QUE VOUS AVEZ LE SENTIMENT QUE C'EST QUELQUE CHOSE QUI EST BAS. ON PEUT LA CONSIDERER SOUS CET ANGLE, MAIS C'EST EGALEMENT LA CONDUITE DE LA VIE COLLECTIVE ; CE N'EST PAS UNE CHOSE BASSE ; C'EST COMME CELA QUE FINALEMENT TOUS LES PROGRES SE REALISENT. IL Y A MOINS DE SECRETS QU'ON NE CROIT. JE VOUS DIRAI QU'A L'HEURE ACTUELLE, JE ME SUIS POSE LA QUESTION, PROBABLEMENT JE DOIS ETRE DETENTEUR DE TROIS OU QUATRE 'NOMBRE' SECRETS IMPORTANTS, MAIS PAS PLUS, PAS CINQUANTE, SOIXANTE, ETC. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- QUI NE RESTENT PLUS DES SECRETS ? OU QUI RESTENT TOUJOURS SECRETS ? M. LE PRESIDENT.- NON. PAR EXEMPLE, DANS CEUX AUXQUELS JE PENSE, IL Y A DEUX SECRETS INTERESSANT L'INTERIEUR 'POLITIQUE INTERIEURE', DES EVENTUALITES POSSIBLES, DES DECOUVERTES POSSIBLES, LE MOMENT VENU NATURELLEMENT ILS SONT CONNUS. EN CE QUI CONCERNE L'EXTERIEUR 'POLITIQUE ETRANGERE', CE SONT DES EVENEMENTS QUI SE PRODUIRONT ET SUR LESQUELS ON EST RENSEIGNE A L'AVANCE ET QU'ON NE PEUT PAS DIRE, QUI, LE MOMENT VENU, NATURELLEMENT SERONT CONNUS. ALORS, MORALE ET POLITIQUE. JE CROIS QUE TOUTES LES ACTIVITES HUMAINES, C'EST PAREIL. IL Y A UNE FACON D'AVOIR UNE ACTIVITE ECONOMIQUE QUI EST MORALE OU IMMORALE ; IL Y A UNE FACON D'ETRE COMMERCANT QUI EST MORALE OU IMMORALE ; IL Y A UNE FACON D'ETRE AVOCAT QUI EST MORALE OU IMMORALE, DONC LA POLITIQUE C'EST PAREIL ; MAIS IL N'Y A PAS UNE CONTRADICTION ET J'ESTIME QU'ON PEUT PARFAITEMENT, ET EN TOUT CAS PERSONNELLEMENT JE M'Y EFFORCE, CONCEVOIR SON ACTION POLITIQUE DANS-LE-CADRE DE CERTAINS PRINCIPES MORAUX
-
UN LYCEEN.- MONSIEUR LE PRESIDENT, VOUS AVEZ ETE ELU A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE IL Y A DEJA TROIS ANS. LORS DE VOTRE CAMPAGNE, VOUS NOUS AVIEZ PROMIS UN CERTAIN NOMBRE DE REFORMES, ET SOUVENT CES REFORMES SOIT NE VIENNENT PAS, SOIT SONT VRAIMENT LONGUES A VENIR. POURRIEZ-VOUS NOUS DIRE, S'IL VOUS-PLAIT, QU'EST-CE QUI VOUS EMPECHE D'ALLER PLUS VITE ET PLUS LOIN ? M. LE PRESIDENT.- C'EST QUE JE NE DECIDE PAS TOUT SEUL, ET QUAND VOUS PRENEZ UNE DECISION, CETTE DECISION ENSUITE SUPPOSE UN CERTAIN NOMBRE D'ECHELONS D'EXECUTION. D'ABORD, L'ECHELON GOUVERNEMENTAL QUI DOIT CONCEVOIR LES PROJETS ; ENSUITE, LE PLUS SOUVENT, IL Y A LE PARLEMENT QUI DOIT LES VOTER ; ENSUITE, L'ADMINISTRATION QUI DOIT LES APPLIQUER. OR, TOUT CECI EST NECESSAIREMENT ASSEZ LONG. D'AUTRE_PART, VOUS AVEZ OBSERVE QUE LE CORPS SOCIAL FRANCAIS ETAIT EXTREMEMENT CONTRACTE DEVANT LES REFORMES. PRENEZ PAR EXEMPLE, SUJET QUE VOUS CONNAISSEZ, L'EDUCATION. SI ON ANNONCE UNE REFORME DANS UN DOMAINE QUELCONQUE DE L'EDUCATION, LE PREMIER REFLEXE EST CONTRE, DE TOUTE FACON. NOUS AURONS A PARLER PEUT-ETRE, TOUT A L'HEURE, DE QUESTIONS DE FORMATION. IL Y A UN PEU PLUS D'UN AN, EN-MATIERE D'EDUCATION, VOUS VOUS SOUVENEZ QU'ON A REFORME LE SECOND CYCLE DE L'ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE, ET QU'A CE MOMENT-LA, IL Y A EU DES MANIFESTATIONS D'ETUDIANTS, ET JE CROIS D'AILLEURS DE LYCEENS, CONTRE CETTE REFORME DU SECOND CYCLE. ON APPELAIT CA, JE CROIS, L'ARRETE SOISSON. IL Y A EU DES MANIFESTATIONS POUR FAIRE ANNULER CETTE REFORME. OR, DEPUIS, ON N'A PAS ANNULE CETTE REFORME ; ON EST EN-TRAIN DE COMMENCER A L'APPLIQUER DANS LA PLUPART DES UNIVERSITES, ET PLUS PERSONNE N'EN PARLE. IL N'Y A PAS LA MOINDRE MANIFESTATION. DONC, VOYEZ QU'IL Y A EN FRANCE UNE ESPECE D'ATTITUDE DE CRAINTE VIS-A-VIS DES REFORMES, ET C'EST POUR CELA QUE CA SUPPOSE DU TEMPS
-
'REPONSE' ALORS, SUR TOUS LES SUJETS DONT J'AVAIS PARLE AU MOMENT DE MON ELECTION PRESIDENTIELLE, DES REFORMES ONT ETE ENGAGEES. IL EST VRAI QU'ELLES N'ONT PAS PU ALLER NI TOUJOURS AUSSI VITE, NI FRANCHEMENT TOUJOURS AUSSI LOIN QUE JE L'AURAIS SOUHAITE. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- GERARD WOLKO VOULAIT DIRE : EST-CE QU'IL A DES FORCES SOCIALES OU POLITIQUES QUI FREINENT. M. LE PRESIDENT.- OUI, IL Y A DES FORCES SOCIALES ET POLITIQUES QUI FREINENT ET QUI TROUVENT TOUJOURS DE TRES GRANDS _CONCOURS. C'EST UNE CHOSE FRAPPANTE. CAR, REGARDEZ, CHAQUE FOIS QU'ON PROPOSE UNE REFORME, MEME UNE REFORME QUI EST EQUITABLE, IL Y A AUSSITOT UNE PARTIE DE L'OPINION QUI SE MET EN MOUVEMENT CONTRE LA REFORME ; TOUTES LES FORCES NEGATIVES FRANCAISES SE COALISENT POUR FAIRE LA CRITIQUE DE LA REFORME. NEANMOINS, LORSQU'ON LA FAIT, EH BIEN, DEUX ANS APRES, OU TROIS ANS APRES, ELLE EST CONSIDEREE COMME ADMISE ET PLUS PERSONNE N'EN PARLE. UN LYCEEN.- QUELLES SONT JUSTEMENT CES FONCTIONS SOCIALES ? M. LE PRESIDENT.- CE SONT DES INTERETS QUELQUEFOIS PUISSANTS, QUELQUEFOIS PETITS, MAIS C'EST TOUS CEUX QUI ONT LE SENTIMENT QUE LEUR SITUATION OU LEURS HABITUDES VONT ETRE DERANGEES OU MODIFIEES - ET SI VOUS PRENEZ TOUTES LES PROFESSIONS, PRATIQUEMENT TOUS LES SECTEURS, C'EST LA CRAINTE QUE LEUR SITUATION SOIT MODIFIEE - PARCE QU'ILS NE VOIENT PAS QU'ENSUITE, PROBABLEMENT, LA SITUATION SERAIT MEILLEURE. DONC CE NE SONT PAS DE GRANDS INTERETS, AU SENS NOIR DU TERME SI VOUS VOULEZ, CE N'EST PAS UNE ESPECE DE CONJURATION, C'EST UNE RESISTANCE, UNE OPPOSITION AUX CHANGEMENTS OU A LA REFORME
-
GHISLAINE PHLIX.- ON DIT PARTOUT DANS LE MONDE QUE LES DROITS DE L'HOMME SONT BAFOUES. A QUEL SEUIL FAUT-IL QU'ON ARRIVE POUR QUE VOUS PUISSIEZ INTERVENIR. POUR QUE VOUS INTERVENIEZ EFFICACEMENT ET VIGOUREUSEMENT, EN TANT QUE CHEF_D_ETAT OU BIEN ALORS EST-CE QUE LES INTERETS ECONOMIQUES, PAR EXEMPLE LE COMMERCE DES ARMES AUQUEL SE LIVRE LA FRANCE OU LE COMMERCE DU PETROLE VOUS LIENT LES MAINS ET VOUS RENDENT EN QUELQUE SORTE COMPLICE DE CEUX QUI BAFOUENT CES DROITS PUISQUE CELA VOUS EMPECHE D'INTERVENIR. M. LE PRESIDENT.- JE VAIS PRENDRE POUR EXEMPLE LA SITUATION DE LA FRANCE. ELLE EST A L'HEURE ACTUELLE UN DES TRES RARES PAYS DU MONDE OU LES DROITS DE L'HOMME SOIENT INTEGRALEMENT RESPECTES. ALORS QU'IL Y A DES SUJETS QUI SONT EN DISCUSSION DANS LA SOCIETE FRANCAISE COMME LA PEINE_DE_MORT, LES DROITS DE L'HOMME SONT INTEGRALEMENT RESPECTES ET J'Y VEILLE MOI-MEME. JE VOUS RAPPELLERAI EGALEMENT QUE LE DROIT D'ASILE POLITIQUE, EN FRANCE, EST ABSOLU ET IL FAUT SAVOIR QUE NOTRE PAYS A RECU PLUS DE REFUGIES POLITIQUES DEPUIS 1974 'ANNEE' QU'AUCUN AUTRE PAYS COMPARABLE ET QUE NOUS N'AVONS JAMAIS EXPULSE AUCUN REFUGIE POUR DES MOTIFS POLITIQUES
-
'REPONSE' DEUXIEME EXEMPLE : VOUS VOUS RAPPELEZ QUE L'ON A BEAUCOUP PARLE DES ECOUTES TELEPHONIQUES. PLUS PERSONNE N'EN PARLE ET DEPUIS QUE JE SUIS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE JE N'AI JAMAIS VU OU RECU UNE ECOUTE TELEPHONIQUE. D'AILLEURS CECI MONTRE QU'ELLES NE SERVENT A RIEN. LA FRANCE EST DONC ESSENTIELLEMENT UN PAYS OU LES DROITS DE L'HOMME SONT RESPECTES AUSSI COMPLETEMENT QUE POSSIBLE. MAIS IL Y A LES AUTRES. DANS LE MONDE NATURELLEMENT LES PAYS OU LES DROITS DE L'HOMME SONT INTEGRALEMENT RESPECTES SONT TRES PEU NOMBREUX POUR DES RAISONS DIVERSES. POUVONS-NOUS INTERVENIR ? IL FAUT D'ABORD SE RENDRE_COMPTE QUE NOUS NE POUVONS PAS INTERVENIR A L'INTERIEUR DE LA VIE DES AUTRES ETATS, PAS PLUS D'AILLEURS QUE NOUS N'ACCEPTERIONS QUE LES AUTRES ETATS INTERVIENNENT DANS NOTRE PROPRE VIE. CE QUE L'ON PEUT MENER C'EST UNE ACTION INTERNATIONALE. ALORS LA FRANCE PARTICIPE A TOUTES LES ACTIONS INTERNATIONALES EN_FAVEUR DES DROITS DE L'HOMME OU QU'ELLES SE PASSENT. NOTAMMENT, NOUS AVONS ETE TRES ACTIFS DANS LA SIGNATURE DES ACCORDS D'HELSINKI. A L'EPOQUE ON A DIT : CA NE SERT A RIEN. C'ETAIT UTILE, CAR C'ETAIT POSER UN CERTAIN NOMBRE DE PRINCIPES CONCERNANT LE RESPECT DES DROITS DE L'HOMME. ALORS VOUS ME DEMANDEZ S'IL Y A DES INTERETS ECONOMIQUES CONTRADICTOIRES. JE PEUX VOUS DIRE QU'EN CE QUI ME CONCERNE - JE L'AI DIT AUX MEMBRES DU GOUVERNEMENT, A MES COLLABORATEURS DONT VOUS AVEZ VU CERTAINS SUR LE FILM QUI A ETE PRESENTE - JE N'AI JAMAIS ACCEPTE CE GENRE DE RAISONNEMENT ET, PAR EXEMPLE, LORSQUE J'AI PRIS SUCCESSIVEMENT LA DECISION D'INTERDIRE LES VENTES D'ARMES, ENSUITE LES LIVRAISONS D'ARMES A L'AFRIQUE_DU_SUD, IL FAUT SAVOIR QUE C'ETAIT POUR NOUS UN CLIENT TRES IMPORTANT AU POINT DE VUE DE NOS VENTES ET DE NOS LIVRAISONS MAIS J'ESTIME QUE, LORSQU'IL S'AGIT DE QUESTIONS DE PRINCIPE, ET LA C'ETAIT LA QUESTION DE L'APARTHEID EN AFRIQUE_DU_SUD, ON NE DOIT PAS CEDER DEVANT LES CONSIDERATIONS ECONOMIQUES
-
UN LYCEEN.- MAIS MONSIEUR LE PRESIDENT EST-CE QU'UN CHEF_D_ETAT QUI VEUT PUBLIQUEMENT ET LONGTEMPS DEFENDRE LES DROITS DE L'HOMME ET UNE NOTION MORALE, PUBLIQUEMENT ENCORE UNE FOIS, PEUT LE FAIRE LONGTEMPS ? JE PRENDS L'EXEMPLE DE M. CARTER. M. LE PRESIDENT.- CA DEPEND DE LA MANIERE DONT ON LE FAIT, N'EST-CE PAS. JE TROUVE QUE LE FAIT QUE LE PRESIDENT CARTER - JE LE LUI AI DIT A LONDRES - AIT PRIS UNE ATTITUDE COMPORTANT UNE CERTAINS SUBSTANCE IDEOLOGIQUE ET NOTAMMENT LA DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME, C'EST UNE BONNE CHOSE ET LA FRANCE EST PRETE EN CE QUI LA CONCERNE A PRENDRE DES ATTITUDES DE MEME _NATURE. LA QUESTION QUI SE POSE EST DE SAVOIR COMMENT PRENDRE DES MESURES D'APPLICATION, ET INTERVENIR DANS DES CAS PARTICULIERS A L'INTERIEUR DES FRONTIERES D'AUTRES PAYS N'EST PAS A MON AVIS L'ATTITUDE LA PLUS EFFICACE. ON N'OBTIENT PAS DE RESULTAT ET ON RISQUE AU CONTRAIRE DE CREER UNE SITUATION DE CRISPATION. MAIS JE PEUX VOUS DIRE QUE CHAQUE FOIS QUE NOUS AVONS CONNAISSANCE DE CAS PARTICULIERS ET QUE NOUS RECEVONS LA VISITE DE TEL OU TEL DIRIGEANT ETRANGER, NOUS REGLONS TOUJOURS DES SITUATIONS PARTICULIERES CONCERNANT LES DROITS DE L'HOMME. PAR EXEMPLE LORS DE LA DERNIERE VISITE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU VIETNAM M. PHAM VAN DONG JE LUI AI SIGNALE UN CAS - C'ETAIT UN CAS HUMANITAIRE DE REUNION D'UNE FAMILLE - CE CAS, JE LE LUI AI SIGNALE LE SOIR ET, LE LENDEMAIN, QUAND JE L'AI REVU IL AVAIT REGLE LA QUESTION PAR TELEGRAMME AVEC HANOI. UN LYCEEN.- EST-CE QUE C'EST PLUS DIFFICILE AVEC LES SOVIETIQUES ? M. LE PRESIDENT.- LES SOVIETIQUES, C'EST DIFFERENT CAR CE SONT TRES RAREMENT DES SITUATIONS INTERESSANT DES CITOYENS FRANCAIS. C'EST A L'INTERIEUR DE L'UNION SOVIETIQUE 'URSS' QUE LE PROBLEME SE POSE
-
UN LYCEEN.- PAR EXEMPLE, IL Y A DES PAYS QUI ONT SIGNE LES ACCORDS D'HELSINKI ET QUI BAFOUENT CES ACCORDS JUSTEMENT. VOUS NE VOUS SENTEZ PAS RESPONSABLE ? EST-CE QUE VOUS NE DEVRIEZ PAS AGIR, JUSTEMENT, SUR CES PAYS. M. LE PRESIDENT.- NOUS AGISSONS ; LA QUESTION EST DE SAVOIR COMMENT. AU-COURS DES ANNEES J'ESTIME QU'IL Y A EU TOUT DE MEME DANS LE MONDE UNE PRISE DE CONSCIENCE PLUS GRANDE DES DROITS DE L'HOMME. IL Y A DES CHOSES QU'ON A FAITES IL Y A QUELQUES ANNEES, DES PROCES ET DES EXECUTIONS, QUI NE SONT PLUS CONCEVABLES A L'HEURE ACTUELLE. IL FAUT CONTINUER A AVANCER DANS CETTE DIRECTION, C'EST-A-DIRE CREER UN CLIMAT INTERNATIONAL FAVORABLE A L'APPLICATION ET A LA RECONNAISSANCE DES DROITS DE L'HOMME. MAIS CELA NE VEUT PAS DIRE QUE NOUS PUISSIONS, NOUS, INTERVENIR DANS LES CAS PARTICULIERS QUI CONCERNENT D'AUTRES PAYS PARCE QUE JE VOUS REPETE QUE C'EST POLITIQUEMENT ET JURIDIQUEMENT IMPOSSIBLE. UN LYCEEN.- MAIS EST-CE QUE CES PAYS NE RISQUENT PAS DE PASSER OUTRE. M. LE PRESIDENT.- ILS PASSENT OUTRE DANS UNE CERTAINE MESURE ET PUIS, PEU A PEU CETTE PRESSION EXERCE UN CERTAIN EFFET. IL NE FAUT PAS SOUS-ESTIMER L'EFFET DE LA PRESSION DE L'OPINION INTERNATIONALE CAR TOUT DE MEME CELA CREE POUR LES DIRIGEANTS, POUR LES MOYENS D'INFORMATION DES PAYS, UNE INCITATION QUI EST ASSEZ PUISSANTE
-
JEAN-PIERRE ELKABBACH.- CHRISTINE HULARD A PASSE UNE SEMAINE ICI AVEC DEUX DE SES CAMARADES ET JE CROIS QUE CE SEJOUR LUI A INSPIRE UN CERTAIN NOMBRE DE REMARQUES QUE VOUS AVEZ PEUT-ETRE SENTIES A TRAVERS LE FILM QUE NOUS VOUS AVONS PRESENTE TOUT A L'HEURE. CHRISTINE HULARD.- OUI EFFECTIVEMENT PENDANT NOTRE SEMAINE A L'ELYSEE NOUS AVONS EU D'ABORD L'IMPRESSION QUE VOUS ETES SEUL A PRENDRE LES GRANDES DECISIONS, D'AUTRE_PART QUE LES PROBLEMES VERITABLES DES FRANCAIS VOUS ARRIVENT FEUTRES PAR DES DOSSIERS. ALORS NE VOUS SENTEZ VOUS PAS TRES ISOLE ET COUPE DU MONDE EXTERIEUR. M. LE PRESIDENT.- CE QUE VOUS DITES EST TOUT A FAIT VRAI. PAR EXEMPLE PUISQUE VOUS ETIEZ LA CETTE SEMAINE VOUS AVEZ VU QUE J'AI RECU PAR EXEMPLE MME ALLENDE. EH BIEN JE PEUX VOUS DIRE QUE MME ALLENDE DONT J'AVAIS CONNU LE MARI 'SALVATOR ALLENDE' - JE LUI AI MONTRE QUAND ELLE EST VENUE UNE CARTE D'INVITATION PUISQU'IL M'AVAIT RECU QUAND J'ETAIS ALLE AU CHILI ET QU'IL ETAIT ENCORE PRESIDENT - EH BIEN MME ALLENDE M'A REMERCIE POUR L'ACTION DE LA FRANCE EN CE QUI CONCERNE LES DROITS DE L'HOMME ET POUR LA SITUATION FAITE AUX REFUGIES POLITIQUES CHILIENS PUISQUE C'EST LA FRANCE QUI EN A ACCUEILLI LE PLUS GRAND NOMBRE. MAIS JE LUI AI DIT QUE CE N'ETAIT PAS LA PEINE DE FAIRE DE DECLARATION A CET EGARD ; L'ESSENTIEL POUR NOUS EST QUE NOUS CONTINUIONS CETTE ACTION
-
'REPONSE' VOUS ME DITES QUE JE SUIS SEUL A PRENDRE DES DECISIONS ICI, OUI MAIS POUR UNE RAISON SIMPLE C'EST QUE J'AI ETE LE SEUL ELU. MA RESPONSABILITE EST UNE RESPONSABILITE QUI VIENT DE L'ELECTION. LES AUTRES SONT DES GENS COMPETENTS, TRES COMPETENTS CAR JE CROIS VRAIMENT AVOIR LES MEILLEURS COLLABORATEURS QUI EXISTENT DANS LEUR SPECIALITE MAIS ILS NE SONT PAS ELUS ; C'EST DONC A MOI DE PRENDRE LES DECISIONS. D'AILLEURS, DE TOUTE FACON, LA RESPONSABILITE OU LES CRITIQUES NE S'ADRESSENT PAS AUX COLLABORATEURS MAIS AU PRESIDENT CAR C'EST TOUT DE MEME LUI QUI PREND LES DECISIONS. ALORS VOUS AVEZ MOINS VU FONCTIONNER LE GOUVERNEMENT MAIS IL FAUT TOUT DE MEME SAVOIR QUE BEAUCOUP DE DECISIONS SONT PRISES A L'ECHELON DU GOUVERNEMENT ET DANS LESQUELLES JE N'INTERVIENS PAS. SI VOUS ALLIEZ PASSER UN SEJOUR A MATIGNON CHEZ RAYMOND BARRE VOUS VERRIEZ QUE DES QUANTITES DE DECISIONS SONT PRISES A SON ECHELON. ALORS NATURELLEMENT TOUT CECI CREE UN SENTIMENT DE SOLITUDE PARCE QUE C'EST UNE FONCTION DANS LAQUELLE IL N'Y A PLUS PERSONNE DERRIERE. DANS TOUTES LES AUTRES FONCTIONS N'EST-CE PAS IL Y A TOUJOURS QUELQU'UN A QUI ON PEUT DEMANDER UN AVIS OU AVEC LEQUEL ON PEUT PARTAGER UNE RESPONSABILITE ; LA IL N'Y A PLUS PERSONNE DERRIERE, CA S'ARRETE A VOUS ET C'EST CE QUI DONNE CE SENTIMENT PHYSIQUE DE SOLITUDE
-
'REPONSE' ALORS VOUS DITES ENFIN : LES PROBLEMES DES FRANCAIS VOUS ARRIVENT A TRAVERS LES DOSSIERS. C'EST VRAI ET C'EST MONDIALEMENT VRAI. C'EST POURQUOI J'ESSAIE DE M'INFORMER AUSSI COMPLETEMENT QUE POSSSIBLE MAIS NATURELLEMENT C'EST UN DES GRANDS PROBLEMES CAR L'INFORMATION QUI VOUS ARRIVE, ELLE EST FILTREE, ELLE EST CLASSEE, JE DIRAI QUE DANS UNE CERTAINE MESURE ELLE EST RENDUE PLUS OPTIMISTE PARCE QU'ON A L'IMPRESSION QUE LES PROBLEMES ONT ETE BIEN ANALYSES, DONC QU'ILS SONT PLUTOT FACILES A RESOUDRE, ET ON VOIT MOINS LA DIFFICULTE DU QUOTIDIEN ET DE LA VIE REELLE. ET C'EST POURQUOI J'ESSAIE D'AVOIR UN CERTAIN NOMBRE DE CONTACTS DIRECTS
-
UNE LYCEENNE.- (VOUS DITES QUE VIS-A-VIS DES FRANCAIS VOUS ETES LE SEUL ELU...) (INAUDIBLE). M. LE PRESIDENT.- JUSTEMENT, PERSONNE ET CA FAIT UNE TRES GRANDE DIFFERENCE. J'AI OCCUPE DEUX FONCTIONS DANS LA VIE PUBLIQUE, J'AI ETE MINISTRE DES FINANCES PENDANT UN CERTAIN TEMPS ET PUIS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ; CE SONT LES DEUX FONCTIONS QUE J'AI EXERCEES ET CA FAIT UNE DIFFERENCE CONSIDERABLE PARCE QUE LORSQUE J'ETAIS MINISTRE DES FINANCES ET QU'IL Y AVAIT UNE DECISION VRAIMENT DIFFICILE A PRENDRE, J'ALLAIS EN PARLER AU GENERAL DE GAULLE OU A M. POMPIDOU QUAND C'ETAIT M. POMPIDOU ET J'AVAIS LE SENTIMENT QUE LA RESPONSABILITE SERAIT PARTAGEE OU MEME ASSUMEE PAR D'AUTRES. ET LA EVIDEMMENT, CA S'ARRETE, ET DERRIERE COMME JE VOUS LE DISAIS TOUT A L'HEURE IL N'Y A PERSONNE
-
UN LYCEEN.- ET VOUS VOUS SENTEZ INFLUENCE PAR UN HOMME ? UNE DOCTRINE ? M. LE PRESIDENT.- NON... JE VOUS DIRAI NON. J'AI ETE FORME - J'AI UNE QUALITE QUI EST LE GOUT D'APPRENDRE ; JE NE SAIS PAS SI C'EST VOTRE CAS MAIS J'AIME APPRENDRE ET PAR EXEMPLE J'AIMAIS BEAUCOUP LA PERIODE DES CONCOURS, CA M'INTERESSAIT, JE L'AI BEAUCOUP FAIT TOUTE MA VIE J'AI EU LE GOUT D'APPRENDRE ET QUAND J'ETAIS JEUNE... ENFIN RELATIVEMENT JEUNE SECRETAIRE_D_ETAT ET JEUNE MINISTRE C'ETAIT DE GAULLE QUI ETAIT PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET JE LE REGARDAIS POUR APPRENDRE MON METIER, VOUS SAVEZ CE METIER AMBIVALENT CA S'APPREND D'UNE CERTAINE FACON, ALORS CERTAINEMENT, DANS L'EXERCICE DE LA FONCTION, C'EST DU GENERAL DE GAULLE QUE J'AI EU LA PLUS GRANDE FORMATION. QUANT A L'INSPIRATION SI VOUS VOULEZ, JE TROUVE QUE LE MONDE MODERNE EST TELLEMENT NOUVEAU A BEAUCOUP D'EGARDS QU'IL FAUT REGARDER LES PROBLEMES SOI-MEME, JE LES REGARDE DONC A LA LUMIERE DE CE QUE J'OBSERVE
-
JEAN DOUVRE.- VOUS NOUS AVEZ DONNE LA MAJORITE A 18 ANS 'AGE'. NOUS ALLONS VOTER EN 1978 'ELECTIONS LEGISLATIVES', C'EST-A-DIRE BIENTOT ET DISONS QUE, QUEL QUE SOIT LE RESULTAT QUI EN SORTIRA, JE PENSE QUE LES JEUNES N'Y ACCORDERONT PAS UNE IMPORTANCE TROP GRANDE, C'EST-A-DIRE QUE NOUS N'ALLONS PAS PRENDRE CE RESULTAT COMME UN DRAME. PAR CONTRE LES ADULTES ONT TENDANCE A PRENDRE LES RESULTATS DES ELECTIONS BEAUCOUP PLUS COMME UNE TRAGEDIE. ALORS, MONSIEUR LE PRESIDENT, APRES 1978, LE DELUGE OU PAS ? M. LE PRESIDENT.- ALORS LA, VOUS ALLEZ UN PEU DANS LA POLITIQUE ET JE NE SOUHAITE PAS, SI VOUS VOULEZ, QUE NOUS Y ALLIONS TROP. D'ABORD, LE VOTE A 18 ANS 'AGE ' MAJORITE ELECTORALE', POURQUOI L'AI-JE PROPOSE ? POUR DES RAISONS TOUT A FAIT SIMPLES : C'EST QUE C'ETAIT NORMAL. JE NE L'AI PAS PROPOSE PAR CALCUL POLITIQUE PARCE QUE LES INDICATIONS, LES SONDAGES NE MONTRAIENT PAS QU'IL Y AVAIT NECESSAIREMENT SI VOUS VOULEZ, UN RESULTAT POLITIQUE FAVORABLE A EN ATTENDRE. CE N'EST DONC PAS PAR CALCUL POLITIQUE MAIS PARCE QUE C'EST NORMAL
-
'REPONSE ' MAJORITE ELECTORALE' JE TROUVE QUE DANS UN PAYS OU MAINTENANT L'AGE DE LA SCOLARITE OBLIGATOIRE S'ARRETE A 16 ANS ET OU L'ON CONSIDERE PAR CONSEQUENT QUE LES FRANCAIS ONT RECU LEUR FORMATION DE BASE JUSQU'A 16 ANS ET QUE DEUX ANS APRES, A-PARTIR DE 18 ANS, ON PEUT OU NON FAIRE SON SERVICE MILITAIRE, ET ON SAIT TRES BIEN QU'AVEC LES MOYENS D'INFORMATION ET D'EDUCATION ACTUELS, A 18 ANS TOUT LE MONDE A UNE CONNAISSANCE OU UNE INFORMATION SUR LA PLUPART DES PROBLEMES. C'ETAIT DONC JE LE REPETE UNE CHOSE NORMALE. ET PUIS J'AJOUTE QUE LE VOTE A 18 ANS 'AGE' EXISTE DANS LA QUASI TOTALITE DES PAYS D'EUROPE ET DU MONDE MAINTENANT. ET JE ME DISAIS : C'EST UNE ATTITUDE... ENFIN DE DEFIANCE VIS-A-VIS DE LA JEUNESSE FRANCAISE QUE DE CONSIDERER QUE LES JEUNES ALLEMANDS 'RFA' PEUVENT VOTER A 18 ANS, OU LES BRITANNIQUES 'GRANDE-BRETAGNE', OU LES AMERICAINS 'ETATS-UNIS' ET QUE LES FRANCAIS NE PEUVENT PAS. POURQUOI ? DONC CE N'ETAIT PAS UN CALCUL POLITIQUE, C'ETAIT PARCE QUE C'EST NORMAL. APRES ON VERRA BIEN COMMENT LES JEUNES EXERCERONT CE DROIT DE VOTE. CE QUE JE SOUHAITE, SI VOUS VOULEZ, C'EST QU'ILS REALISENT LA RESPONSABILITE QUE CELA COMPORTE CAR C'EST QUAND MEME UNE ORIENTATION IMPORTANTE. VOUS DISIEZ TOUT A L'HEURE : ILS N'EN FERONT PAS UN DRAME. BON, MAIS CA AFFECTERA UNE CERTAINE ORIENTATION DE LA VIE NATIONALE. IL FAUT DONC BIEN VOIR QUELLE ORIENTATION ET QUELLE EST CELLE QUE L'ON SOUHAITE. VOUS ME DITES, QU'EST-CE QUI SE PASSERA APRES LES ELECTIONS 'LEGISLATIVES' DE 1978 ? CA C'EST UNE QUESTION DE POLITIQUE DANS LAQUELLE JE NE SOUHAITE PAS ENTRER
-
JEAN-PIERRE ELKABBACH.- EST-CE QUE VOUS RESSENTIREZ COMME UNE DECEPTION PERSONNELLE - SI JE PEUX ME PERMETTRE DE TEMPS EN TEMPS DE POSER UNE QUESTION - QUE LES JEUNES NE VOUS SUIVENT PAS FORCEMENT ? M. LE PRESIDENT.- OUI... ON NE LE SAURA PAS PARCE QUE COMME ON N'ISOLE PAS, DANS NOS STATISTIQUES DE VOTE 'ELECTIONS', LES JEUNES EN-FONCTION DE LEUR AGE, EN REALITE ON NE SAURA PAS QUEL A ETE LE COMPORTEMENT DES JEUNES. MAIS, ENFIN, NATURELLEMENT, POUR QUELQU'UN QUI CROIT A L'ACTION QU'IL CONDUIT, IL SOUHAITE AVOIR LE _CONCOURS LE PLUS LARGE POSSIBLE ET EN-PARTICULIER CELUI DE LA JEUNESSE
-
UN LYCEEN.- ET COMMENT INTERPRETEZ-VOUS LE FAIT QUE DE NOMBREUX JEUNES RESTENT ABSTENTIONISTES ? M. LE PRESIDENT.- VOUS SAVEZ, VOUS POURRIEZ Y REPONDRE MIEUX QUE MOI. JE CROIS D'ABORD, POUR REPONDRE A LA PREMIERE QUESTION, QUE CERTAINS S'IMAGINENT QUE LA POLITIQUE OU L'ACTION POLITIQUE EST QUELQUE CHOSE D'ASSEZ SORDIDE OU D'ASSEZ CYNIQUE ET DONT ILS NE VEULENT PAS SE MELER. JE CROIS QUE CECI DOIT PROBABLEMENT JOUER UN CERTAIN ROLE. D'AUTRE_PART, CERTAINS CONSIDERENT QUE LE RESULTAT EST TRES INDIRECT PARCE QU'ILS ELISENT LOCALEMENT QUELQU'UN DONT ILS NE CONNAISSENT PAS BIEN LE POUVOIR ET DONT ILS SE DISENT QU'UNE FOIS ELU IL ADOPTERA PEUT-ETRE UNE ATTITUDE DIFFERENTE DE CELLE SUR LAQUELLE ILS _COMPTAIENT, DONC UNE ESPECE DE SCEPTICISME. MAIS AU TOTAL, DANS LES SONDAGES ACTUELS - JE SAIS BIEN QU'IL FAUT S'EN MEFIER - IL SEMBLE QUE LES TROIS QUARTS DES JEUNES DE 18 A 21 ANS 'AGE' AIENT L'INTENTION DE PARTICIPER EFFECTIVEMENT AUX ELECTIONS. OR, LES TROIS QUARTS, SI VOUS VOULEZ, CA REPRESENTE DEJA UN POURCENTAGE, UNE PARTICIPATION ELEVEE, TRES SUPERIEURE PAR EXEMPLE A LA PARTICIPATION AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES
-
UNE LYCEENNE.- NE CROYEZ-VOUS PAS QU'IL FAUDRAIT, DANS LES LYCEES, UNE INFORMATION POLITIQUE POUR QUE NOUS PUISSIONS VOTER EN CONNAISSANCE DE CAUSE ? POURQUOI NE L'AVONS-NOUS PAS ? M. LE PRESIDENT.- LA, VOUS TOUCHEZ UN AUTRE PROBLEME CAR L'INFORMATION, VOUS L'AVEZ LARGEMENT. IL Y A TROIS JOURNAUX TELEVISES PAR JOUR, IL Y A TOUTE LA PRESSE ECRITE, SOIT NATIONALE, SOIT LOCALE, QUI EST CONSIDERABLE. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- ONT-ILS LE TEMPS DE LES REGARDER ? UNE LYCEENNE.- NOUS SOMMES AU LYCEE. M. LE PRESIDENT.- C'EST CELA, VOUS ETES AU LYCEE. NEANMOINS, LE LYCEE DOIT ETRE LE LIEU D'UNE ACTION DE FORMATION ET D'EDUCATION ET IL SERAIT TRES DIFFICILE D'EN FAIRE LE LIEU DE L'ANALYSE DES CHOIX POLITIQUES - ET JE NE LE SOUHAITE PAS - CE QUI FAIT QU'IL FAUT QUE VOUS PROFITIEZ DES MOYENS D'INFORMATION NOMBREUX, MAIS COMPTE_TENU DE VOTRE EMPLOI DU TEMPS, JE RECONNAIS QUE C'EST DIFFICILE. UN LYCEEN.- JUSTEMENT, POURQUOI N'EST-IL PAS POSSIBLE D'AVOIR UNE FORMATION POLITIQUE AU LYCEE ? UNE LYCEENNE.- CELA FAIT PARTIE DE LA FORMATION GENERALE. UN LYCEEN.- LA FORMATION DE BASE. M. LE PRESIDENT.- CE NE SERAIT PAS UNE FORMATION POLITIQUE. ON A ESSAYE DE CREER CE QU'ON A APPELE L'EDUCATION CIVIQUE, C'EST-A-DIRE LA DESCRIPTION DES INSTITUTIONS, DE LEURS FONCTIONS, MAIS FINALEMENT, CELA N'A JAMAIS EU UN TRES GRAND DEVELOPPEMENT DANS NOTRE SYSTEME EDUCATIF
-
D'AUTRE_PART, JE CROIS QUE L'INTRODUCTION DU DEBAT POLITIQUE A L'INTERIEUR DE L'ENSEIGNEMENT, NOTAMMENT AVANT LA TERMINALE, N'EST PAS DU TOUT SOUHAITABLE, CAR DONNER L'OBJECTIVITE A UN DEBAT POLITIQUE EST HORRIBLEMENT DIFFICILE, IL Y FAUT BEAUCOUP DE SCRUPULES, BEAUCOUP DE PRECAUTIONS ET, ETANT DONNE L'EFFORT DE FORMATION QUI EST LE VOTRE - ET L'ON PARLERA PEUT-ETRE TOUT A L'HEURE DES PROBLEMES DE FORMATION - COMPLIQUER LA VIE DU SYSTEME EDUCATIF PAR L'INTRODUCTION DU DEBAT POLITIQUE SERAIT A MON AVIS UN AFFAIBLISSEMENT DE CE SYSTEME. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- PENSEZ-VOUS QUE CE SOIT DEJA LE CAS ? M. LE PRESIDENT.- NON, A L'HEURE ACTUELLE, IL N'Y A PAS DE DEBATS POLITIQUES - JE NE VEUX PAS ENTRER DANS CE DEBAT DONT JE PARLERAI D'AILLEURS PROCHAINEMENT - IL Y A PARFOIS DANS TEL OU TEL ETABLISSEMENT DES ORIENTATIONS POLITIQUES, CE QUI EST TOUT A FAIT AUTRE CHOSE. CE A QUOI VOUS PENSEZ, SANS DOUTE, C'EST A UNE PREPARATION AUX CHOIX POLITIQUES. SI CETTE PREPARATION ETAIT POSSIBLE ET N'EMPIETAIT PAS TROP SUR LES AUTRES FORMATIONS, ON POURRAIT IMAGINER DE LA DONNER, SANS TOMBER DANS L'ORIENTATION POLITIQUE OU DANS L'ENDOCTRINEMENT QUI SONT, A MON AVIS, TOUT A FAIT A EXCLURE DE NOTRE SYSTEME EDUCATIF
-
UN LYCEEN.- DANS LES LYCEES ET FACULTES, IL Y A TRES PEU DE FILS D'OUVRIERS. OU EST LA DEMOCRATIE SI TOUS LES JEUNES N'ONT PAS LES MEMES CHANCES DE SUIVRE DES ETUDES ? JEAN-PIERRE ELKABBACH.- IL N'Y A PAS DE FILS D'OUVRIERS DANS VOTRE LYCEE ? UN LYCEEN.- DANS NOTRE CLASSE, IL N'Y EN A PAS. M. LE PRESIDENT.- C'ETAIT, VOUS LE SAVEZ, TOUT A FAIT VRAI. CHACUN SAIT QUE, DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR FRANCAIS LA PROPORTION DE FILS D'OUVRIERS ETAIT EXTREMEMENT FAIBLE, ET MEME DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, ET IL Y A UN GRAND COURANT, TOUT A FAIT JUSTIFIE, EN_DIRECTION DE L'EGALITE DES CHANCES POUR QU'ON RETROUVE A TOUS LES NIVEAUX DE FORMATION DES JEUNES ISSUS DE TOUS LES MILIEUX. UNE REFORME EST EN-TRAIN QUI, COMME TOUTES LES REFORMES - J'EN REVIENS A CE QUE VOUS DISIEZ TOUT A L'HEURE - EST NATURELLEMENT CRITIQUEE ET CONTESTEE, MAIS QUI VA TOUT A FAIT DANS CE SENS, C'EST L'AFFAIRE DU COLLEGE UNIQUE 'REFORME HABY'. POURQUOI N'Y A-T-IL PAS DE FILS D'OUVRIERS, OU PEU DE FILS D'OUVRIERS, DANS L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE, TERMINAL OU UNIVERSITAIRE ? C'EST PARCE QU'ILS BIFURQUENT AVANT, SOUVENT A CAUSE DE LEUR ENVIRONNEMENT CULTUREL, OU MEME D'UNE CERTAINE DIFFICULTE A ABORDER TEL OU TEL TYPE DE DISCIPLINE, QUI LES CONDUIT A S'ORIENTER VERS DES ENSEIGNEMENTS NE PERMETTANT PLUS DE RATTRAPER ENSUITE LA FILIERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
-
'REPONSE' LA REFORME 'REFORME HABY' QUE L'ON VA FAIRE - ET JE PREFERERAIS QU'ON L'APPELLE LA REFORME DU COLLEGE UNIQUE, AU_LIEU DE LUI DONNER LE NOM DE TEL OU TEL MINISTRE DE L'EDUCATION - LE FAIT D'AVOIR UN COLLEGE UNIQUE POUR TOUS LES JEUNES FRANCAIS ASSURERA L'IDENTITE DE FORMATION, NOTAMMENT CULTURELLE, JUSQU'A SEIZE ANS 'AGE'. IL EST PREVU QU'IL Y AURA UN PROGRAMME UNIQUE, C'EST-A-DIRE QUE, QUELLE QUE SOIT LA FUTURE ACTIVITE, TOUS LES ELEVES SERONT DANS LES MEMES CLASSES ET RECEVRONT LE MEME ENSEIGNEMENT JUSQU'A SEIZE ANS, ALORS QU'ACTUELLEMENT, COMME VOUS LE SAVEZ, ILS BIFURQUENT BIEN AVANT ET VONT DANS DES ENSEIGNEMENTS DE TYPES DIFFERENTS. DEJA, CELA EGALISERA BEAUCOUP LES CHANCES. UN LYCEEN.- A-PARTIR DE QUAND ? M. LE PRESIDENT.- CELA SE FAIT PROGRESSIVEMENT, PUISQU'ON COMMENCE A-PARTIR DE LA SIXIEME A LA PROCHAINE RENTREE, PUIS DE LA CINQUIEME, DE LA QUATRIEME ETC, AU_FUR_ET_A-MESURE QU'ON AVANCERA. L'IDEE-FORCE, SI VOUS VOULEZ, C'EST LE COLLEGE UNIQUE POUR TOUS LES FRANCAIS. LA DEUXIEME SERIE D'ACTIONS QUI SONT NECESSAIRES CONSISTE A FAIRE EN SORTE QUE CEUX QUI CHOISISSENT L'ENSEIGNEMENT TECHNIQUE PUISSENT ENSUITE RETROUVER L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET LES GRANDES ECOLES. PEUT-ETRE NE L'AVEZ-VOUS PAS APPRIS, PARCE QUE VOUS AVEZ D'AUTRES PREOCCUPATIONS, MAIS NOUS AVONS DECIDE D'OUVRIR LES GRANDES ECOLES AUX ELEVES DE L'ENSEIGNEMENT TECHNIQUE, ET MEME D'INSTITUER UN POURCENTAGE OBLIGATOIRE, SI BIEN QU'UN FILS D'OUVRIER, PAR EXEMPLE, OU DE PARENTS AYANT D'AUTRES ACTIVITES, QUI AURA CHOISI L'ENSEIGNEMENT TECHNIQUE, S'IL REUSSIT DANS CET ENSEIGNEMENT, SI SES ETUDES MARCHENT BIEN, POURRA ENSUITE REJOINDRE LA VOIE UNIVERSITAIRE OU LA VOIE DES GRANDES ECOLES. C'EST CE QUI PERMETTRA DE CORRIGER CE QUE VOUS DITES
-
UN LYCEEN.- EXCUSEZ-MOI, MAIS VOUS NE SEMBLEZ PAS ENVISAGER QUE LES FILS D'OUVRIERS PUISSENT AVOIR DES PROBLEMES FINANCIERS ET N'AIENT PAS LES MOYENS DE FAIRE DES ETUDES. M. LE PRESIDENT.- C'EST UN AUTRE PROBLEME. A L'HEURE ACTUELLE, IL Y A LA LIMITE FINANCIERE ; NEANMOINS, A-PARTIR DU MOMENT OU UN ENSEIGNEMENT EST GRATUIT, NOTAMMENT L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR - NOUS SOMMES UN DES RARES PAYS DU MONDE OCCIDENTAL OU L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR SOIT COMPLETEMENT GRATUIT - A-PARTIR DU MOMENT EGALEMENT OU L'ON VA PROLONGER LA GRATUITE DES FOURNITURES SCOLAIRES, PUISQU'A-PARTIR DE CETTE ANNEE LES LIVRES VONT ETRE FOURNIS GRATUITEMENT EN SIXIEME ET OU LE SYSTEME DE BOURSES DOIT ETRE ORIENTE EN-FONCTION DE CRITERES SOCIAUX INCONTESTABLES, ON PEUT TRAITER, A CE MOMENT-LA, LE PROBLEME DES RESSOURCES DES PARENTS. UN LYCEEN.- VOUS PARLEZ DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA GRATUITE DES LIVRES EN SIXIEME, MAIS AU NIVEAU DES UNIVERSITES, LA GRATUITE EST-ELLE VRAIMENT REELLE ? M. LE PRESIDENT.- REGARDEZ LA CONTRADICTION DES CHOSES. A_PARTIR DU MOMENT OU L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EST, EN EFFET, PLUS LARGEMENT OUVERT AUX ENFANTS ISSUS DES CLASSES MOYENNES ET DE LA BOURGEOISIE, LE FAIT DE LEUR ACCORDER LA GRATUITE OU DE GRANDS AVANTAGES FINANCIERS EST EN SOI DISCRIMINATOIRE SUR-LE-PLAN SOCIAL, MAIS EN SENS CONTRAIRE, PUISQUE C'EST UN AVANTAGE DONNE AUX CATEGORIES DONT LES ENFANTS VONT DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ALORS QUE LES CATEGORIES PLUS PROCHES DU MONDE DU TRAVAIL, OUVRIERS, SALARIES, NE BENEFICIENT PAS DE TELS AVANTAGES. LE SYSTEME QUI ME PARAIT LE PLUS JUSTE, C'EST CELUI DE LA GRATUITE DE L'ENSEIGNEMENT, AVEC POUR LES FRAIS D'ETUDES DES BOURSES DONNEES EN-FONCTION DES BESOINS SOCIAUX DE LA FAMILLE
-
UNE LYCEENNE.- VOUS AVEZ PARLE TOUT A L'HEURE DE L'ENVIRONNEMENT CULTUREL, MAIS CE N'EST PAS SEULEMENT LE LYCEE, C'EST AUSSI LA FAMILLE ET VOUS NE POUVEZ TOUT DE MEME PAS REVOLUTIONNER CELLE-CI. M. LE PRESIDENT.- BIEN SUR QUE NON. UNE LYCEENNE.- ALORS, IL Y AURA TOUJOURS UN DECALAGE ENTRE LES FILS DE FAMILLES AISEES ET LES FILS DE FAMILLES OUVRIERES. M. LE PRESIDENT.- JE CROIS QUE TOUT CELA EST EN-TRAIN DE CHANGER SOUS L'EFFET DE FACTEURS TRES IMPORTANTS ET D'ABORD LES FACTEURS DE L'INFORMATION, PARCE QU'UN DES GRANDS HANDICAPS ETAIT L'ABSENCE D'INFORMATIONS ET D'EXPLICATIONS. ACTUELLEMENT, L'EXISTENCE DES MOYENS AUDIO-VISUELS FAIT QUE, SUR-LE-PLAN DE L'INFORMATION, LES DIFFERENTES FAMILLES FRANCAISES, LES FOYERS FRANCAIS SONT TRAITES DE LA MEME MANIERE. L'ACCES A L'INFORMATION EST PLUS LARGE QU'AUTREFOIS. LE DEUXIEME FACTEUR EST L'ENTREE DANS LE SYSTEME EDUCATIF. C'EST VRAI, TRES SOUVENT, LES HANDICAPS CULTURELS SONT RESSENTIS TRES TOT, AU-NIVEAU DE L'ECOLE MATERNELLE OU DE L'ECOLE ELEMENTAIRE. JE CROIS QU'ON PEUT LE DIRE SANS VANITE, NOUS AVONS LE MEILLEUR SYSTEME D'ECOLE MATERNELLE AU MONDE ET, DANS LA REFORME DE L'ENSEIGNEMENT 'REFORME HABY', ON PREVOIT UNE AMELIORATION DU DEROULEMENT DE LA FORMATION DANS LES ECOLES ELEMENTAIRES POUR LIMITER LES REDOUBLEMENTS. EN EFFET, CE QUI SE PASSAIT SOUVENT, QUAND LES FAMILLES ETAIENT D'UN NIVEAU CULTUREL QUI PREPARAIT MAL LES ENFANTS A L'ENSEIGNEMENT, ILS ETAIENT LAISSES DE COTE, ILS DEVAIENT REDOUBLER PLUSIEURS FOIS ET, FINALEMENT, SE DEGOUTAIENT ET NE SUIVAIENT PLUS L'ENSEMBLE DE L'ENSEIGNEMENT. ON A DONC PREVU DES MESURES - ET JE N'ENTRE PAS DANS LE DETAIL - POUR EVITER LES REDOUBLEMENTS ET POUR ASSURER UNE CERTAINE EGALITE CULTURELLE DES LA MATERNELLE OU L'ECOLE ELEMENTAIRE
-
JEAN-PIERRE ELKABBACH.- CE QUI M'A FRAPPE AU-COURS DES CONVERSATIONS QUE J'AI EUES AVEC CES JEUNES, C'EST LEUR REFUS DES INEGALITES ET DES INJUSTICES SOCIALES, D'UNE_PART, ET D'AUTRE_PART, PUISQUE C'EST UN PROBLEME QUI TOUCHE TANT DE JEUNES, LEUR SOUCI DES PROBLEMES DE L'EMPLOI. C'EST CHRISTOPHE, JE CROIS, QUI VOULAIT VOUS POSER UNE QUESTION. CHRISTOPHE GYOT.- CE QUI ME CHOQUE LE PLUS, CE SONT LES ECARTS DE SALAIRES, QUI SONT SCANDALEUX. LA PUBLICITE CREE LE MEME BESOIN POUR TOUS LES FRANCAIS ET LA VRAIE COUPURE N'EST-ELLE PAS ENTRE, D'UN COTE, CEUX QUI PEUVENT CONSOMMER ET GASPILLER ET, DE L'AUTRE, LA MAJORITE, CEUX QUI SE CONTENTENT DE REVER ? Y A-T-IL UNE ECHELLE DES SALAIRES QUI VOUS PARAISSE MOINS INJUSTE ? M. LE PRESIDENT.- CE PROBLEME DE L'INEGALITE DES REVENUS DE TOUTE ESPECE, JE CROIS QU'IL FAUT BIEN L'ANALYSER. QU'IL Y AIT DES DIFFERENCES, C'EST NORMAL, IL FAUT AVOIR LE COURAGE DE LE DIRE, PARCE QUE DES GENS FONT PLUS D'EFFORTS QUE D'AUTRES, PARCE QUE CERTAINS FONT UN EFFORT DE CREATION, D'INITIATIVE, ET IL EST NATUREL QU'ILS EN RETIRENT UNE SATISFACTION SUPPLEMENTAIRE. SI ON AVAIT L'IDEE D'UNE SOCIETE COMPLETEMENT EGALITAIRE, SEDUISANTE DANS L'ABSTRAIT, C'EST UNE SOCIETE MORTE, EN REALITE, UNE SOCIETE DE DECLIN, D'ATONIE. IL EST DONC NORMAL QU'IL Y AIT DES DIFFERENCES, IL FAUT AVOIR LE COURAGE DE LE DIRE
-
'REPONSE' EN REVANCHE, IL FAUT QUE CES DIFFERENCES 'DE SALAIRES' N'EXCEDENT PAS UNE CERTAINE LIMITE. JE L'AI DEFINIE DANS LE LIVRE 'DEMOCRATIE_FRANCAISE' QUE J'AI ECRIT A L'AUTOMNE DERNIER ET JE L'AI APPELEE L'AMPLEUR DE L'ECART SOCIAL MAXIMUM. IL EST UN MOMENT DANS UNE SOCIETE, OU L'ON ADMET UN CERTAIN ECART POUR RECOMPENSER L'INITIATIVE ET L'ACTIVITE, ET AU-DELA ON A LE SENTIMENT DE TOMBER DANS L'ARBITRAIRE ET DANS L'INJUSTICE. NOTRE EFFORT TEND A RAMENER DANS LA SOCIETE FRANCAISE L'INEGALITE DES REVENUS A CE QUE J'APPELLE L'ECART SOCIAL MAXIMUM, ET C'EST CE QUE NOUS FAISONS. NATURELLEMENT, VOUS POUVEZ OBJECTER : "C'EST TROP LENT, ETC." MAIS C'EST CE QUE NOUS FAISONS. SI VOUS PRENEZ L'EVOLUTION AU-COURS DES DERNIERES ANNEES, L'ECART SE REDUIT ET LES DERNIERES MESURES QUE NOUS AVONS PRISES, ET DONT CERTAINES ONT ETE CRITIQUEES, VONT TOUJOURS DANS LE SENS D'UN RESSERREMENT DE CET ECART SOCIAL MAXIMUM. JE NE VAIS PAS ENTRER DANS LE DETAIL MAIS, PAR EXEMPLE, LA DERNIERE MESURE QUI A ETE PRISE EN_FAVEUR DES FAMILLES, CE QU'ON APPELLE LE COMPLEMENT FAMILIAL, C'EST UNE ALLOCATION QUI SERA DONNEE AUX MERES DE FAMILLE AYANT TROIS ENFANTS, OU UN ENFANT DE MOINS DE TROIS ANS, ETC., MAIS UNIQUEMENT A CELLES QUI N'ONT PAS UN CERTAIN NIVEAU DE REVENUS. C'EST DONC UNE MESURE QUI EST EN SOI UN FACTEUR DE RESSERREMENT. NOUS ALLONS ANNONCER LA SEMAINE PROCHAINE UN EFFORT CONCERNANT LE MINIMUM DES PERSONNES AGEES. EH BIEN
- IL COMPORTERA EGALEMENT UN PLAFOND DE RESSOURCES, C'EST-A-DIRE QUE NOUS VERSERONS UNE ALLOCATION JUSQU'A UN CERTAIN NIVEAU DE REVENUS. DONC, NOUS ALLONS DANS CETTE DIRECTION. LA QUESTION EST DE SAVOIR A QUEL RYTHME IL FAUT Y ALLER SANS CREER A L'INTERIEUR DE LA SOCIETE FRANCAISE DES SECOUSSES OU DES REACTIONS TROP VIOLENTES. MAIS LA DIRECTION EST BIEN CELLE-LA
-
UNE LYCEENNE.- QUELLE EST L'INJUSTICE QUI VOUS SEMBLAIT LA PLUS CHOQUANTE ET QUE VOUS AIMERIEZ DONC FAIRE DISPARAITRE LE PLUS VITE ? M. LE PRESIDENT.- C'ETAIT LA SITUATION DES PERSONNES AGEES. QUAND J'AI ETE ELU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, LES PERSONNES AGEES LES PLUS DEMUNIES TOUCHAIENT, EN FRANCE, 5.200 FRANCS 'SOMME ' RETRAITE' PAR AN. IMAGINEZ CE QU'EST LA SITUATION DE QUELQU'UN QUI, AU-DELA DE SOIXANTE-CINQ ANS 'AGE', SOUVENT PRIVE DE SA FAMILLE, DE SON CONJOINT, ET AYANT MENE UNE VIE D'ACTIVITE, NE DISPOSE QUE DE 5.200 FRANCS PAR AN POUR VIVRE
- SI VOUS REGARDEZ LE SYSTEME SOCIAL FRANCAIS, C'ETAIT A MON AVIS LE SECTEUR OU L'INJUSTICE ETAIT LA PLUS GRAVE. JE SOUHAITE DONC QUE, LORSQUE JE TERMINERAI MES FONCTIONS, LES PERSONNES AGEES, EN FRANCE, AIENT UNE SITUATION QUI FASSE QUE LA VIEILLESSE NE SOIT PLUS CET _ETAT DE DENUEMENT, ET JE DIRAIS D'INDIGNITE, QU'IL ETAIT AUTREFOIS
-
UN LYCEEN.- A PROPOS DE LA JUSTICE, PRECISEMENT, AUSSI PARADOXAL QUE CELA PUISSE PARAITRE, IL NOUS SEMBLE, A NOUS, QUE LA JUSTICE EST INJUSTE. VOUS AVEZ, D'UNE_PART DES PAUVRES, D'AUTRE_PART DES RICHES, ET LES AVOCATS SONT PAYES PAR CEUX QUI PASSENT EN JUSTICE. DONC LES PAUVRES NE PEUVENT PAS SE PERMETTRE DE SE PAYER DES AVOCATS TRES CHERS ET, PAR LA-MEME, SONT DEFAVORISES PAR LE VERDICT QUI SERA RENDU PLUS TARD. M. LE PRESIDENT.- C'EST SUREMENT VRAI DANS UN CERTAIN NOMBRE DE CAS. POUR CEUX DONT LES RESSOURCES SONT VRAIMENT LES PLUS FAIBLES, VOUS SAVEZ QUE LA PROCEDURE DE L'ASSISTANCE JUDICIAIRE PERMET DE LEUR FOURNIR DES AVOCATS. MAIS C'EST VRAI POUR LES PROCES IMPORTANTS, ET SOUVENT POUR DE PETITS PLAIDEURS, LES FRAIS DE JUSTICE SONT ELEVES. C'EST UN PROBLEME QUE NOUS AVONS SIGNALE ET, D'AILLEURS, QUAND J'AI RECU LE BATONNIER DES AVOCATS IL Y A TROIS MOIS, JE LUI AI DIT QUE C'ETAIT LA UN POINT IMPORTANT. LA TARIFICATION DE LA JUSTICE EST IMPORTANTE POUR DONNER LE SENTIMENT QU'ELLE EST ACCESSIBLE A TOUS
-
UN LYCEEN.- MEME A LA BASE, DE TOUTE FACON, IL NOUS SEMBLE QUE LE VERDICT 'JUSTICE' SERA RENDU EN_FAVEUR DE LA CLASSE FAVORISEE. PRENEZ PAR EXEMPLE LE CAS DE PETITS VOLS, DE CHEQUES SANS PROVISION, IL N'EST PAS RARE QUE LEURS AUTEURS SOIENT CONDAMNES A DE LA PRISON FERME. AU CONTRAIRE, ON EST TRES ETONNE QUE DE GROS INDUSTRIELS QUI DETOURNENT DES SOMMES EXTREMEMENT IMPORTANTES S'EN TIRENT SOIT AVEC DE LA PRISON AVEC SURSIS, SOIT AVEC DES AMENDES BEAUCOUP PLUS LEGERES QUE LES SOMMES QU'ILS ONT DETOURNEES. M. LE PRESIDENT.- IL Y A DU VRAI DANS CE QUE VOUS DITES. ON A RECEMMENT FAIT UNE REFORME, QUI A ETE VOTEE PAR LE PARLEMENT, GRACE-A LAQUELLE LES JUGES PEUVENT MAINTENANT, DANS LA FIXATION DES AMENDES, TENIR_COMPTE DU NIVEAU DE RESSOURCES DES CONDAMNES. AUTREFOIS, LE TARIF DES AMENDES ETAIT UNIQUE. OR, LA MEME AMENDE APPLIQUEE A QUELQU'UN QUI EST AU SMIC 'SALAIRE_MINIMUM_INTERPROFESSIONNEL_DE_CROISSANCE' OU DISPOSE DE FAIBLES RESSOURCES N'A PAS LE MEME EFFET DE SANCTION QU'APPLIQUEE A QUELQU'UN QUI A DES REVENUS ELEVES. LES JUGES POURRONT DESORMAIS DECIDER DES AMENDES EN-FONCTION DES NIVEAUX DE RESSOURCES. VOUS AVEZ SUREMENT REMARQUE QUE, DEPUIS QUELQUES ANNEES - ALORS QUE CELA N'AVAIT JAMAIS ETE FAIT AUPARAVANT - NOUS AVONS POURSUIVI DEVANT LES TRIBUNAUX, AU-TITRE DE LA FRAUDE FISCALE, DES HOMMES AYANT DES SITUATIONS TRES IMPORTANTES
-
JEAN-FRANCOIS VERNOUX.- EN CE MOMENT NOUS PREPARONS NOTRE BAC 'BACCALAUREAT'. LA VOIE NORMALE EST LA POURSUITE DE NOS ETUDES DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, MAIS LE SENTIMENT QUE LES JEUNES PASSENT DIRECTEMENT DE L'ECOLE AU BUREAU DE CHOMAGE EST DE PLUS EN PLUS ANCRE DANS LES ESPRITS. CELA EST ENCORE PLUS ALARMANT POUR LES JEUNES TRAVAILLEURS, LES ELEVES DU TECHNIQUE QUI ENTRENT DIRECTEMENT DANS LA VIE ACTIVE. NE SOMMES-NOUS QUE DES CHOMEURS EN SURSIS ? M. LE PRESIDENT.- VOUS PARLEZ DU PROBLEME DU CHOMAGE DES JEUNES ET DE VOTRE INQUIETUDE. IL FAUT ETRE FRANC. IL Y A CERTAINEMENT A L'HEURE ACTUELLE UNE TRES GRANDE ANGOISSE DANS LA JEUNESSE CONCERNANT L'EMPLOI. L'ANNEE 1977 EST UNE ANNEE CALME DU POINT_DE_VUE UNIVERSITAIRE ; C'EST MEME L'ANNEE LA PLUS CALME DEPUIS DIX ANS ; IL FAUT LE SAVOIR ; MAIS CE CALME RECOUVRE PROBABLEMENT UNE CERTAINE ANGOISSE. CE N'EST PAS UN CALME QUI ASSUME LA SATISFACTION ; C'EST UN CALME QUI EST UN VOILE AU-DESSUS D'UNE CERTAINE ANGOISSE QUE VOUS EXPRIMEZ, C'EST-A-DIRE LA CRAINTE CONCERNANT LES PERSPECTIVES DE L'EMPLOI
-
'CHOMAGE DES JEUNES' JEAN-FRANCOIS VERNOUX.- TROUVEZ-VOUS CETTE CRAINTE JUSTIFIEE ? M. LE PRESIDENT.- IL FAUT REGARDER LES FAITS. POURQUOI CETTE CRAINTE ? A L'HEURE ACTUELLE, IL Y A UNE SITUATION DE CHOMAGE EN FRANCE. ELLE EXISTE PRATIQUEMENT DANS TOUS LES PAYS INDUSTRIALISES. LA FRANCE FAIT PLUTOT PARTIE DES PAYS DANS LESQUELS LE CHOMAGE EST RELATIVEMENT MOINS ELEVE. IL FAUT LE SAVOIR. DANS TOUS LES PAYS D'EUROPE LE CHOMAGE EST PLUS ELEVE QU'EN FRANCE. IL EST PLUS ELEVE EN GRANDE-BRETAGNE ET CHEZ NOS VOISINS BELGES 'BELGIQUE'. EN FRANCE, IL EST DE 4,6 % PAR-RAPPORT A LA POPULATION ACTIVE. IL EST UN PEU PLUS FAIBLE EN ALLEMAGNE FEDERALE 'RFA' OU IL ATTEINT 4 %. LE CHIFFRE EST BEAUCOUP PLUS ELEVE AUX ETATS-UNIS. LA SITUATION EST GENERALE CONCERNANT L'EMPLOI DANS TOUS LES PAYS INDUSTRIALISES. MAIS DANS LE DOMAINE DES DEMANDEURS D'EMPLOI DE MOINS DE 25 ANS 'AGE', LA FRANCE EST MAL PLACEE. AUTANT SUR-LE-PLAN GLOBAL ELLE EST PLUTOT MIEUX PLACEE QUE LES AUTRES PAYS, AUTANT SUR-LE-PLAN DES JEUNES DE MOINS DE 25 ANS ELLE EST PLUS MAL PLACEE. JE NE DIS PAS QU'ELLE EST LA PLUS MAL PLACEE. L'ANGLETERRE EST PLUS MAL PLACEE QUE NOUS, MAIS, PAR-RAPPORT A D'AUTRES PAYS, NOUS AVONS UN POURCENTAGE PLUS ELEVE. C'EST LA QU'APPARAIT L'ECART AVEC L'ALLEMAGNE FEDERALE 'RFA' QUI A PRESQUE LE MEME POURCENTAGE DE CHOMEURS QUE NOUS, MAIS UN POURCENTAGE DE CHOMEURS DE MOINS DE 25 ANS BEAUCOUP PLUS BAS. POURQUOI ? C'EST A MON AVIS, LE PROBLEME DE LA FORMATION. IL Y A A LA FOIS UN PROBLEME GLOBAL D'ACTIVITE ECONOMIQUE ET UN PROBLEME DE FORMATION, CE DERNIER APPARAISSANT DANS LE CHOMAGE DES JEUNES. NOUS SOMMES DANS UNE SITUATION TRES PARTICULIERE. NOUS AVONS UN MILLION DE DEMANDEURS D'EMPLOI ET EN MEME TEMPS PLUS DE DEUX MILLIONS DE TRAVAILLEURS EMIGRES. MAIS LES DEUX SITUATIONS NE SE RECOUVRENT PAS PARCE QUE LES TACHES QU'EXECUTENT UN CERTAIN NOMBRE DE TRAVAILLEURS EMIGRES SONT DES TACHES QUE LES DEMANDEURS D'EMPLOI FRANCAIS EN-GENERAL N'EXERCERAIENT PAS
-
'CHOMAGE DES JEUNES ' REPONSES' NOUS DEVONS, DANS L'AVENIR, AJUSTER NOTRE FORMATION ET NOTRE EDUCATION AUX PERSPECTIVES DE L'EMPLOI DANS L'ECONOMIE. CE N'EST PAS FACILE. JE CITERAI DES CAS TRES SIMPLES. PAR EXEMPLE, IL Y A, A L'HEURE ACTUELLE, 10.500 ARCHITECTES EN FRANCE, INSCRITS ET 14.000 ETUDIANTS DANS LES ECOLES D'ARCHITECTURE. IL Y A DONC DEJA DANS LES ECOLES D'ARCHITECTURE PLUS D'ETUDIANTS QUE LA TOTALITE DES ARCHITECTES EN FRANCE. PRENONS LA MEDECINE. NOUS AVONS AUX ALENTOURS DE 80.000 MEDECINS. IL Y A, A L'HEURE ACTUELLE, DANS LES FACULTES DE MEDECINE 102.000 ETUDIANTS. SI VOUS CALCULEZ QUEL DEVRAIT ETRE LE NOMBRE DES MEDECINS EN FRANCE POUR AVOIR UNE SITUATION SATISFAISANTE DU POINT_DE_VUE DE LA SANTE, VOUS ARRIVEREZ AUX ALENTOURS DE 105 A 110.000. NOUS AVONS EN FORMATION 102.000 ETUDIANTS, C'EST-A-DIRE SUFFISAMMENT POUR COUVRIR TOUS LES BESOINS MEDICAUX FRANCAIS. LA QUESTION DE L'ACCES A UNE FONCTION, A UN DEBOUCHE, EST UN PROBLEME QU'IL FAUT REGARDER EN FACE. QUELS SONT LES REMEDES ? ON POURRAIT ENVISAGER UNE SOLUTION AUTORITAIRE ET DIRE : IL Y A DES FILIERES QUI PEUVENT ABOUTIR A TEL EMPLOI ; NOUS DECIDONS DE REGLEMENTER L'ENTREE DE CES FILIERES. PSYCHOLOGIQUEMENT ET POLITIQUEMENT, CE N'EST PAS POSSIBLE. DANS UNE SOCIETE DE LIBERTES, UN SYSTEME AUSSI CONTRAIGNANT NE SERAIT PAS ACCEPTE, SAUF POUR DES PROFESSIONS POUR LESQUELLES LES DONNEES SONT TRES CLAIRES. C'EST POURQUOI, NOTAMMENT EN-MATIERE MEDICALE, A ETE PREVU UN CERTAIN RAPPORT ENTRE LE NOMBRE D'ETUDIANTS ET LE NOMBRE DE POSTES DE MEDECINS QUI POURRAIENT ETRE OCCUPES PAR LA SUITE
-
'CHOMAGE DES JEUNES ' REPONSE' MAIS IL FAUT REPRENDRE NOTRE SYSTEME EDUCATIF DE FACON A ABOUTIR A FORMER A PEU PRES UN NOMBRE TOTAL DE JEUNES EN-FONCTION DES BESOINS PREVISIBLES, CE QUI EST A LA FOIS UNE AFFAIRE D'INFORMATION ET D'ORIENTATION. IL FAUT EN MEME TEMPS FAIRE QUE DES JEUNES, QUI SONT ENTRES DANS L'UNIVERSITE AVEC UNE CERTAINE PREFERENCE POUR UNE CARRIERE ET QUI S'APERCOIVENT EN MILIEU DE LEUR FORMATION QUE LA CARRIERE QU'ILS VEULENT ENTREPRENDRE EST BOUCHEE PARCE QU'IL N'Y A PAS LES BESOINS SUFFISANTS, PUISSENT DISPOSER D'UN DIPLOME QUI LES VALORISE POUR D'AUTRES DEBOUCHES. C'EST DANS CE BUT QU'A ETE FAITE LA REFORME DU SECOND CYCLE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, C'EST-A-DIRE QU'IL Y AIT DES FORMATIONS SUPERIEURES PERMETTANT, SI L'ON S'ORIENTE DIFFEREMMENT, D'AVOIR UNE CERTAINE PREPARATION A UNE ACTIVITE PROFESSIONNELLE
-
'CHOMAGE DES JEUNES ' REPONSE' JE CROIS QUE CE QUI A CREE CE SENTIMENT D'ANGOISSE EST L'ADDITION DE DEUX PHENOMENES. LE PREMIER EST LA SITUATION DE CRISE ECONOMIQUE. NOUS EN SORTIRONS. NE DITES PAS QUE C'EST L'ETERNITE DE CRISE ECONOMIQUE. PAR CONTRE, LE PROBLEME DE L'ADAPTATION DE LA FORMATION A L'EMPLOI RESTERA POSE. UN LYCEEN.- LONGTEMPS ? M. LE PRESIDENT.- IL EST POSE. JE SOUHAITE QU'A CE PROPOS ON AILLE AU FOND DES CHOSES. J'AI INDIQUE QUE JE _COMPTAIS CHARGER QUELQU'UN SPECIALEMENT DE REGARDER CETTE ARTICULATION DE LA FORMATION ET DE L'EMPLOI. IL FAUT COMPRENDRE QUE, DANS LE MONDE DE DEMAIN, ON N'EXERCERA PAS NECESSAIREMENT LE MEME EMPLOI DURANT LES TRENTE OU TRENTE-CINQ ANNEES 'DUREE' DE SA VIE PROFESSIONNELLE. ON EXERCERA PEUT-ETRE UN OU DEUX EMPLOIS A TITRE UN PEU DIFFERENT. IL FAUT DONC AVOIR UNE FORMATION QUI PERMETTE DE MIEUX S'AJUSTER A DE NOUVELLES PERSPECTIVES D'ACTIVITE ET D'EMPLOI
-
'CHOMAGE DES JEUNES' UNE LYCEENNE.- QUAND POURREZ-VOUS METTRE UN TERME AU CHOMAGE ? M. LE PRESIDENT.- IL NE FAUT PAS PRENDRE DES ENGAGEMENTS QUE L'ON N'EST PAS ASSURE DE POUVOIR TENIR. JE PENSE QUE L'AMELIORATION DE LA SITUATION ECONOMIQUE RETENTISSANT SUR LE CHOMAGE DEVRAIT ETRE OBSERVEE A LA FIN DE CETTE ANNEE. PAR CONSEQUENT, ON DEVRAIT EN RESSENTIR L'EFFET DES LA RENTREE DE 1978. LE PROBLEME DE L'AMELIORATION DES FORMATIONS EST UNE AFFAIRE DE TOUS LES JOURS ; ON LE TRAITE CHAQUE FOIS QUE L'ON A UNE REFORME A ACCOMPLIR DANS UNE PARTIE DU SYSTEME EDUCATIF. POUR MOI, IL N'EST PAS POSSIBLE QU'UN JEUNE SORTANT DU SYSTEME EDUCATIF RESTE DURABLEMENT SANS EMPLOI. PAR CONSEQUENT, NOUS DEVRONS METTRE AU-POINT DES SYSTEMES TELS QUE CETTE SITUATION NE SE PRODUISE PAS. CELA SIGNIFIE - ON VA ESSAYER DE LE FAIRE A LA RENTREE 1977 - QUE TOUT JEUNE QUI NE TROUVERAIT PAS UN DEBOUCHE SUR-LE-PLAN PROFESSIONNEL DEVRAIT POUVOIR LIBREMENT ACQUERIR UN COMPLEMENT DE FORMATION LUI ASSURANT D'ABORD UNE CERTAINE REMUNERATION ET LE PREPARANT ENSUITE EVENTUELLEMENT A EXERCER UNE AUTRE ACTIVITE. EN PERFECTIONNANT NOTRE SYSTEME EDUCATIF ET EN OUVRANT CE DROIT COMPLEMENTAIRE A LA FORMATION, ON DOIT POUVOIR FAIRE DISPARAITRE CETTE ANGOISSE DES JEUNES
-
UNE LYCEENNE.- VOUS AVEZ CITE PLUSIEURS PAYS. DES PAYS D'EUROPE, L'ALLEMAGNE 'RFA', LES ETATS-UNIS. IL NOUS SEMBLE QUE CE SOIT LE SYSTEME CAPITALISTE LUI-MEME, LA SOCIETE CAPITALISTE QUI AIT BESOIN DU CHOMAGE POUR SURVIVRE. M. LE PRESIDENT.- NON. LE CHOMAGE, AU CONTRAIRE, LA MENACE. LA DIFFICULTE EST QUE, SI VOUS PENSEZ AUX PAYS SOCIALISTES, LE REGIME N'EST PAS LE MEME. L'AFFECTATION DES ETUDIANTS ET DES TRAVAILLEURS EST ASSEZ LARGEMENT AUTORITAIRE. DANS TOUTES LES FILIERES DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN UNION SOVIETIQUE 'URSS', LA SELECTION EST TOTALE. ON FIXE A L'AVANCE LE NOMBRE DES ETUDIANTS PAR FILIERE. SI ON ADOPTE UN SYSTEME DE CETTE _NATURE, CEUX QUI SONT DANS LA FILIERE SONT ASSURES DE TROUVER DES DEBOUCHES, MAIS CEUX QUI N'Y SONT PAS N'AURONT PAS ACCES A CETTE VOIE SUPERIEURE
-
UN LYCEEN.- NOUS NE VOULONS PLUS, COMME NOS PARENTS, ETRE ABRUTIS PAR LE TRAVAIL. NOUS VOUDRIONS POUVOIR EXERCER DES ACTIVITES CREATRICES, FAIRE AUTRE CHOSE. COMMENT FAIRE COMPRENDRE QUE, POUR NOUS, LE TRAVAIL N'EST PLUS SACRE ? M. LE PRESIDENT.- IL FAUT D'ABORD SAVOIR CE QUE L'ON VEUT. VOUS DITES QUE LE TRAVAIL N'EST PLUS SACRE. SI ON VEUT UNE CERTAINE JUSTICE SOCIALE, UN PROGRES SOCIAL, UNE AMELIORATION DES CONDITIONS, C'EST PAR L'EFFORT DU TRAVAIL ET PAR RIEN D'AUTRE QUE CELA SERA OBTENU. LE PROGRES SOCIAL DANS TOUS LES DOMAINES SUPPOSE UN EFFORT DE TRAVAIL. IL NE FAUT PAS QU'IL AIT D'AMBIGUITE. UN PAYS NE PEUT PROGRESSER QU'A-PARTIR DE CE QU'IL PRODUIT
-
CE QUE VOUS VOULEZ DIRE, JE LE COMPRENDS, C'EST QUE CETTE IDEE QUE LA VIE N'A QU'UNE DIMENSION ECONOMIQUE ET QUE FINALEMENT L'HOMME CONTEMPORAIN EST UN TRAVAILLEUR QUI TRAVAILLE TOUTE SA VIE POUR PRODUIRE DE PLUS EN PLUS, POUR AVOIR UNE PRODUCTIVITE DE PLUS EN PLUS GRANDE, CETTE IDEE N'EST PLUS LA VOTRE. ELLE N'EST PAS LA MIENNE NON PLUS. C'ETAIT UN TYPE DE SOCIETE DANS LEQUEL ON A VECU DES ANNEES 60 A 70 '1960 ' 1970'. C'EST CE QUE J'APPELLE LA CROISSANCE A LA JAPONAISE, C'EST-A-DIRE PRODUIRE A TOUT PRIX, DANS N'IMPORTE QUELLE CONDITION, CONSACRER SA VIE ENTIERE A LA PRODUCTION ECONOMIQUE. VOUS AVEZ CONNU CELA, MONSIEUR ELKABBACH. IL Y A EU UNE EPOQUE OU ON A PROPOSE AUX FRANCAIS LA CROISSANCE A LA JAPONAISE. JE VOUS RAPPELLE D'AILLEURS QU'A CETTE EPOQUE LES FRANCAIS EN ETAIENT TROUBLES ET MECONTENTS. JE SUIS PARTISAN DE CE QUE L'ON APPELLE LA NOUVELLE CROISSANCE. IL FAUT POURSUIVRE LA CROISSANCE PARCE QU'IL FAUT POURSUIVRE LE PROGRES ECONOMIQUE ET SOCIAL DE LA FRANCE. NOUS NE SOMMES PAS ARRIVES AU BOUT. J'ESPERE QUE DANS VINGT OU VINGT-CINQ ANS, ON AURA ATTEINT UN NIVEAU A-PARTIR DUQUEL LA CROISSANCE POURRA ETRE SENSIBLEMENT RALENTIE. MAIS NOUS N'EN SOMMES PAS LA
-
'REPONSE' VOUS PARLIEZ TOUT A L'HEURE DES CONDITIONS_DE_VIE D'UN CERTAIN NOMBRE DE CATEGORIES SOCIALES. CES CONDITIONS NE SONT PAS TELLES QUE NOUS PUISSIONS ARRETER NOTRE PROGRES ECONOMIQUE. NEANMOINS, NOUS POUVONS AVOIR UN TYPE DE PROGRES ECONOMIQUE BEAUCOUP PLUS HUMANISE QUE PAR LE PASSE DANS LEQUEL ON N'AFFIRME PAS CETTE SORTE DE PRIORITE BRUTALE DE L'OUTIL ECONOMIQUE SUR L'INDIVIDU. C'EST POURQUOI NOUS DEVONS DEVELOPPER UN CERTAIN NOMBRE D'AUTRES DIMENSIONS, LA DIMENSION ECOLOGIQUE, LA DIMENSION CULTURELLE, LA DIMENSION DES LOISIRS, POUR QUE LA VIE DE TRAVAIL NE RESTE PAS LA DIMENSION UNIQUE DE LA VIE DE L'INDIVIDU. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- A-PARTIR DE CETTE CONCEPTION, COMBIEN DE TEMPS FAUT-IL POUR LA VOIR ABOUTIR DANS LA VIE QUOTIDIENNE ? M. LE PRESIDENT.- PAS TRES LONGTEMPS. SI NOUS POUVIONS SORTIR DE LA CRISE FIN 1977, 1978. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- SI C'EST UNE SORTIE MOMENTANEE, VA-T-ON TROUVER D'AUTRES EPREUVES, D'AUTRES DIFFICULTES PLUS TARD ? M. LE PRESIDENT.- BEAUCOUP DE FRANCAIS SONT TRES PESSIMISTES A L'HEURE ACTUELLE PARCE QU'ILS SE DISENT QUE LA CRISE VA DURER INDEFINIMENT ET MEME PROBABLEMENT S'AGGRAVER. FRANCHEMENT, ILS SE TROMPENT. IL Y A UNE ERREUR A NE PAS COMMETTRE. NOUS NE REVIENDRONS PAS A LA SITUATION ANTERIEURE PARCE QU'ELLE REPOSAIT SUR DES PRIX DE L'ENERGIE ET DES MATIERES PREMIERES TRES BAS ET QUE L'EQUILIBRE FAIT QUE CELA NE SE REPRODUIRA PLUS. LES PAYS PRODUCTEURS DE PETROLE ET DE MATIERES PREMIERES S'ARRANGERONT POUR CONSERVER DES PRIX ET DES REVENUS QUI LEUR SOIENT FAVORABLES. IL FAUT LE SAVOIR. CEUX QUI CROIENT QUE L'ON PEUT REVENIR EN ARRIERE SE TROMPENT. EN SENS INVERSE, CEUX QUI CROIENT QUE LA CRISE VA S'APPROFONDIR SE TROMPENT. NOUS AVONS FAIT AU MOINS LES DEUX TIERS DU CHEMIN QUI NOUS CONDUIT A L'ADAPTATION DE NOTRE ECONOMIE A CES CONDITIONS NOUVELLES
-
MICHEL POURCELOT.- A CAUSE DU PRIX DU PETROLE ET DE L'AUGMENTATION GENERALE DES PRIX DE L'ENERGIE, VOUS NE POURREZ PAS RETOURNER EN ARRIERE. VOUS ALLEZ ALLER DE L'AVANT. MAIS CELA EST BIEN BEAU. LE PROBLEME POUR NOUS, LES JEUNES, C'EST QU'A-PARTIR DE CE PROBLEME DE L'ENERGIE, ON DEBOUCHE SUR LE NUCLEAIRE. CELA VA ETRE VOTRE OBJECTIF PREMIER. VOUS ALLEZ DEVELOPPER LE NUCLEAIRE DE PLUS EN PLUS. A LYON, J'HABITE A COTE DE LA CENTRALE DU BUGEY. LE GOUVERNEMENT MULTIPLIE D'UNE FACON TOTALEMENT AVEUGLE L'IMPLANTATION DE CENTRALES NUCLEAIRES ET NE CONSULTE PAS LES PRINCIPAUX INTERESSES. EST-CE QUE, AVEC PLUS D'INFORMATION, VOUS ARRIVERIEZ A ORGANISER UN REFERENDUM SUR LE NUCLEAIRE ? M. LE PRESIDENT.- MALHEUREUSEMENT, DANS CETTE EMISSION, NOUS NE POURRONS PAS ALLER AU FOND DU DEBAT. C'EST UN GRAND DEBAT AUQUEL LA JEUNESSE EST TRES SENSIBLE. COMMENT LE PROBLEME SE POSE-T-IL ? LA FRANCE N'A PAS LE CHOIX PARCE QU'ELLE N'A PAS D'ENERGIE NATURELLE. ELLE A UN PEU D'ENERGIE HYDRAULIQUE, QUELQUES RESSOURCES EN GAZ QUE NOUS NOUS EFFORCONS DE DEVELOPPER DANS LE SUD-OUEST, ENCORE UN PEU DE CHARBON. CES GISEMENTS SONT LIMITES
-
'REPONSE' LE CHOIX, C'EST QUE LA FRANCE PEUT, NATURELLEMENT, SE PRIVER D'ENERGIE. SI ELLE SE PRIVE D'ENERGIE, ELLE CONNAITRA UNE ESPECE DE DECLIN INDUSTRIEL ET ECONOMIQUE COMME L'ONT CONNU D'AUTRES PAYS PRIVES D'ENERGIE. IL FAUT DONC QU'ELLE SE PROCURE ELLE-MEME UNE ENERGIE NOUVELLE ET, A L'HEURE ACTUELLE, ON VOIT A L'HORIZON D'AUTRES FORMES NOUVELLES D'ENERGIE. J'AI CREE UNE DELEGATION AUX ENERGIES NOUVELLES ET LA FRANCE EST ASSEZ EN AVANCE EN CE QUI CONCERNE L'ENERGIE SOLAIRE. MAIS L'ENERGIE SOLAIRE EST A 25 - 30 ANS D'ECHEANCE ET ON N'A PAS FAIT, JUSQU'A PRESENT, DE DECOUVERTE CONCERNANT LA CAPTATION REELLE DE L'ENERGIE SOLAIRE. DONC, COMME SOURCES D'ENERGIE, NOUS N'AVONS A L'HEURE ACTUELLE QUE L'ENERGIE NUCLEAIRE. L'ENERGIE NUCLEAIRE ON LA CRAINT BEAUCOUP, A MON AVIS POUR DES RAISONS JUSTIFIEES ET POUR D'AUTRES QUI NE LE SONT PAS. PARMI LES RAISONS JUSTIFIEES, IL Y A L'EVOCATION DE L'ASPECT MILITAIRE. DANS L'ESPRIT DU PUBLIC, L'ENERGIE NUCLEAIRE EST LIEE A LA BOMBE ATOMIQUE ET ELLE EVOQUE UNE IDEE DE DANGER GLOBAL. IL FAUT SAVOIR QUE CE N'EST PAS LE CAS. LES CENTRALES NUCLEAIRES NE COMPORTENT AUCUN RISQUE D'EXPLOSION. C'EST TOUT A FAIT DIFFERENT ET, EN EXAMINANT LE PROGRAMME FRANCAIS D'INSTALLATIONS D'ENERGIE ELECTRIQUE, ON CONSTATE QUE NOUS NOUS PROPOSONS D'INSTALLER UN NOMBRE DE CENTRALES INFERIEUR, AU TOTAL, AU NOMBRE DE CELLES DEJA INSTALLEES AUX ETATS-UNIS D'AMERIQUE
-
UN LYCEEN.- D'ICI L'AN 2.000 ON PREVOIT L'IMPLANTATION DE 200 CENTRALES LE LONG DE LA VALLEE DU RHONE ET LE LONG DE LA VALLEE DE LA LOIRE. UN AUTRE LYCEEN.- LA VALLEE DU RHONE VA ETRE LA PLUS PEUPLEE AU MONDE EN CENTRALES NUCLEAIRES. M. LE PRESIDENT.- CE SERA PROBABLEMENT LE RHIN, ENFIN CELA RISQUE D'ETRE LE RHIN, PAS A CAUSE DE LA FRANCE, MAIS DE L'ALLEMAGNE FEDERALE 'RFA' ET DES PAYS RIVERAINS. IL FAUT SAVOIR QUE L'INSTALLATION DE CENTRALES NUCLEAIRES TEL QU'IL EST PREVU D'ICI 1985 'ANNEE' REPRESENTE POUR LA FRANCE L'EQUIVALENT DE 50 MILLIONS DE TONNES 'QUANTITE' DE PETROLE QUE NOUS ECONOMISERIONS, C'EST-A-DIRE UN PEU MOINS DE LA MOITIE DE NOTRE CONSOMMATION ACTUELLE DE PETROLE. C'EST DONC POUR L'ECONOMIE FRANCAISE UNE RESSOURCE D'ENERGIE CONSIDERABLE. IL FAUT SE GARDER DE L'ANALOGIE ENTRE LA BOMBE ATOMIQUE ET L'ELECTRICITE NUCLEAIRE. CE N'EST PAS DU TOUT LA MEME CHOSE. PAR CONTRE, IL FAUT ETUDIER AVEC SOIN TOUS LES PROBLEMES DE SECURITE ET D'ENVIRONNEMENT. JE CROIS POUVOIR VOUS DIRE HONNETEMENT QU'ON LE FAIT AVEC LA PLUS GRANDE ATTENTION. EN FAIT, IL SE DEGAGE DE CETTE QUESTION NUCLEAIRE UN SENTIMENT DE MYSTERE OU DE CRAINTE ET IL FAUT ALLER TRES LOIN POUR LE DISSIPER. LES REGIONS OU CES INSTALLATIONS FONCTIONNENT ACTUELLEMENT, COMME DANS LA VALLEE DE LA LOIRE EN TOURAINE, LA POPULATION EST TOUT A FAIT HABITUEE. C'EST AU STADE DE L'ENQUETE, DE L'INFORMATION, DE L'EXPLICATION, DE L'OUVERTURE COMPLETE DU DOSSIER QUE NOUS DEVONS FAIRE UN EFFORT
-
UN LYCEEN.- VOUS SOUHAITEZ VOUS-MEME CE DEBAT ? 'ENERGIE NUCLEAIRE' M. LE PRESIDENT.- UN DEBAT NATIONAL N'ECLAIRERA PAS LA POPULATION. TOUT LE MONDE SAIT BIEN QUE LA FRANCE A BESOIN D'ENERGIE. IL S'AGIT PLUTOT D'UN DEBAT LOCAL ; LA OU IL A ETE BIEN CONDUIT, LES CHOSES SE SONT PASSEES ET SE PASSENT SANS DIFFICULTE MAJEURE AVEC LA POPULATION. POUR CE QUI EST DES SURREGENERATEURS - UNE ETUDE EST PREVUE POUR VOTRE REGION. IL FAUT SAVOIR QUE C'EST UN SYSTEME QUI N'EST PAS DU TOUT DIABOLIQUE ; C'EST UN SYSTEME SCIENTIFIQUE QUI PERMET DE TIRER DE LA MEME QUANTITE D'URANIMUM NATUREL 50 FOIS PLUS D'ENERGIE. ACTUELLEMENT, SUR 100 % D'URANIUM NATUREL, ON UTILISE SEULEMENT 3 % DANS LES TECHNIQUES CLASSIQUES ALORS QU'AVEC LES SURREGENERATEURS ON EN UTILISE PRATIQUEMENT LA TOTALITE ; CELA REVIENT A DIRE, PAR-RAPPORT A L'ESSENCE, QU'ON EN CONSOMMERAIT UN LITRE AU_LIEU DE 50 LITRES. VOUS VOYEZ LE CHANGEMENT QUE CELA INTRODUIT DANS LA CONSOMMATION D'ENERGIE. ET LA FRANCE EST AVEC L'UNION SOVIETIQUE 'URSS' ET LES ETATS-UNIS EN TETE DES PAYS QUI CONNAISSENT A PEU PRES CETTE TECHNIQUE. CELA MERITE QUE NOUS L'ETUDIIONS A FOND POUR VOIR LE PARTI QUE L'ON PEUT EN TIRER. LA AUSSI LES PROBLEMES DE SECURITE SONT ESSENTIELS. JE M'EN SUIS RECEMMENT OCCUPE AVEC LE COMMISSAIRE A L'ENERGIE ATOMIQUE 'ANDRE GIRAUD ' CEA' ET JE PEUX VOUS DIRE QU'IL N'Y A PAS PLUS DE DANGER AVEC LES CENTRALES DU TYPE SURREGENERATEUR QU'AVEC LES CENTRALES CLASSIQUES
-
UN LYCEEN.- SI LE TYPE DE CENTRALES A SURREGENERATEUR DOIT DIMINUER LEUR NOMBRE PUISQU'ELLES PRODUISENT 50 FOIS PLUS, CELA N'EMPECHE PAS QU'ELLES REPRESENTENT UN DANGER ET VOUS DEVEZ COMPRENDRE QUE NOUS SOMMES INQUIETS COMME DE NOMBREUX FRANCAIS. M. LE PRESIDENT.- IL N'Y A PAS DE DANGER PHYSIQUE QUI SOIT SUPERIEUR A CELUI D'UNE INSTALLATION INDUSTRIELLE TRADITIONNELLE DE L'INDUSTRIE CHIMIQUE PAR EXEMPLE. BIEN QU'IL Y AIT AUX ETATS-UNIS AUTANT DE CENTRALES EN FONCTIONNEMENT QU'IL Y EN AURA EN FRANCE SI L'ON POURSUIT NOTRE PROGRAMME, IL N'Y A PAS, A L'HEURE ACTUELLE, D'ACCIDENT OU DE MENACE SUR LES POPULATIONS. UN LYCEEN.- VOUS NE PENSEZ PAS A L'HYPOTHESE D'UN ATTENTAT, D'UNE GUERRE ? M. LE PRESIDENT.- IL PEUT Y AVOIR DANGER SUR L'UTILISATION NON PAS DES CENTRALES NUCLEAIRES MAIS SUR L'UTILISATION DES FILIERES ATOMIQUES MENANT AUX BOMBES. C'EST LE POINT SUR LEQUEL J'AI PRIS, DEPUIS LE MOIS D'OCTOBRE DERNIER, UNE POSITION QUE LA FRANCE N'AVAIT PAS PRISE JUSQU'ICI AUSSI NETTEMENT ; C'EST UNE ATTITUDE DE TRES GRANDE PRECAUTION VIS-A-VIS DE CE QUE L'ON APPELLE LA PROLIFERATION NUCLEAIRE, C'EST-A-DIRE LE RISQUE DE L'UTILISATION DE L'ARME. DANS LES CONVERSATIONS QUE J'AI EUES A LONDRES AVEC M. CARTER ET QUE J'AURAI PROCHAINEMENT AVEC M. BREJNEV LA QUESTION DU DANGER DE PROLIFERATION NUCLEAIRE SERA CONSIDEREE PAR LA FRANCE COMME ESSENTIELLE
-
UN LYCEEN.- VOUS NOUS DITES QUE LES MESURES DE SECURITE SONT LARGEMENT SUFFISANTES. POURTANT VOUS SAVEZ CE QUI S'EST PASSE A SEVESO. M. LE PRESIDENT.- C'EST D'UNE TOUT AUTRE_NATURE. CE QUE JE VEUX DIRE, C'EST QUE - ET, JE LE REPETE, JE PARLE SOUS LE CONTROLE DE SAVANTS ET DE SPECIALISTES DE CES QUESTIONS - IL N'Y A PAS PLUS DE DANGER LORSQUE TOUTES LES PRECAUTIONS SONT PRISES DANS UNE CENTRALE NUCLEAIRE QU'IL N'Y EN A DANS UNE INSTALLATION INDUSTRIELLE CHIMIQUE, COMME CELLE QUI PRECISEMENT A PU CREER UN TEL DANGER EN ITALIE. C'EST LE DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL QUI, LUI-MEME ENTRAINE UN CERTAIN NOMBRE DE NUISANCES, DE DANGERS. CONTRAIREMENT A CE QUE L'ON CROIT ILS NE SONT PAS PLUS GRANDS DANS LE SECTEUR NUCLEAIRE QUE DANS CERTAINS AUTRES SECTEURS DE L'INDUSTRIE
-
'ENERGIE NUCLEAIRE' UN LYCEEN.- EN CAS DE CATASTROPHE, LES DANGERS NUCLEAIRES SONT BEAUCOUP PLUS GRANDS. IL Y A DEJA DES PRECEDENTS. UN AUTRE LYCEEN.- PRENONS L'EXEMPLE DE LA HAGUE. C'EST UNE CENTRALE OU ON RECYCLE LES DECHETS. IL Y A QUAND MEME DES INCIDENTS, PUISQUE LA PRESSE EN PARLE, QUI APPARAISSENT A PEU PRES TOUS LES DEUX OU TROIS ANS 'FREQUENCE'. CROYEZ-VOUS QUE CES INCIDENTS CYCLIQUES SOIENT NORMAUX ? M. LE PRESIDENT.- IL Y A DES INCIDENTS DANS TOUTES LES ACTIVITES INDUSTRIELLES. IL EST FRAPPANT DE PENSER QUE NOUS AVONS EN FRANCE UNE USINE D'ENRICHISSEMENT DANS LA VALLEE DU RHONE, UNE USINE DE RETRAITEMENT DANS LE COTENTIN, ET QU'IL N'Y A JAMAIS EU D'ACCIDENT DE PERSONNE ; ALORS QUE DANS L'ACTIVITE INDUSTRIELLE, VOUS LE SAVEZ, IL Y A UN CERTAIN NOMBRE D'ACCIDENTS. UN LYCEEN.- ON NE PEUT PAS ECARTER COMME CELA L'HYPOTHESE D'UN ACCIDENT QUI SERAIT BEAUCOUP PLUS GRAVE
-
'CENTRALES NUCLEAIRES ' REPONSE' M. LE PRESIDENT.- IL N'EST PAS POSSIBLE QUE SE PRODUISE SUR LES INSTALLATIONS ELECTRO-NUCLEAIRES DES INCIDENTS COMME CEUX QU'ON IMAGINERAIT, C'EST-A-DIRE DU TYPE EXPLOSION. POUR CREER LES CONDITIONS D'UNE EXPLOSION, IL FAUT UN DISPOSITIF QUI N'EXISTE PAS DANS UNE INSTALLATION ELECTRO-NUCLEAIRE. J'EN AI VISITE PLUSIEURS ; CE SONT DES ENDROITS OU IL Y A UNE REACTION TRES LENTE DEGAGEANT DE LA CHALEUR SANS EXPLOSION ET DANS LESQUELLES LES DONNEES PHYSIQUES SONT TELLES QUE LA TRANSFORMATION EN EXPLOSION EST TOTALEMENT IMPOSSIBLE. UN LYCEEN.- IL N'Y A PEUT-ETRE PAS DE RISQUE D'EXPLOSION MAIS LE RISQUE D'UN DEGAGEMENT DE PLUTONIUM. SACHANT QUE 100 GRAMMES 'POIDS' DE PLUTONIUM PEUVENT TUER UN MILLION DE PERSONNES 'NOMBRE', ON NE PEUT PAS ECARTER L'HYPOTHESE D'UNE FISSURE ET D'UN DEGAGEMENT DE PLUTONIUM. M. LE PRESIDENT.- SI, ON PEUT TOUT A FAIT L'ECARTER. UN LYCEEN.- PAS DANS LE CAS D'UN TREMBLEMENT DE TERRE, D'ATTENTATS OU DE GUERRE. M. LE PRESIDENT.- SI, CAR IL N'Y A PAS DE PLUTONIUM LIBRE DANS CETTE INSTALLATION, QUI CIRCULE EN TANT QUE TEL ET QUI PUISSE S'ECHAPPER PAR UNE FISSURE. C'EST SEULEMENT A-PARTIR D'UN CERTAIN TYPE DE REACTION NUCLEAIRE QUE LE DANGER POURRAIT APPARAITRE. JE REPETE QUE, SCIENTIFIQUEMENT, CE RISQUE PEUT ETRE TOUT A FAIT ELIMINE
-
UN LYCEEN.- L'ENERGIE NUCLEAIRE EST-ELLE UNE SOLUTION TEMPORAIRE OU DURABLE ? M. LE PRESIDENT.- C'EST UNE SOLUTION PARTIELLE, PARCE QUE CELA NE COUVRIRAIT QU'UNE PARTIE DES BESOINS FRANCAIS ; NOUS RESTERONS IMPORTATEURS DE PETROLE. NOUS AURONS BESOIN D'ENERGIE HYDRAULIQUE ET J'ESPERE QUE NOUS POURRONS UTILISER LES ENERGIES NOUVELLES NON_POLLUANTES DU TYPE ENERGIE SOLAIRE, AUSSITOT QUE LES DISPOSITIONS SERONT AU-POINT. UN LYCEEN.- PENSEZ-VOUS QU'IL Y AURA ASSEZ DE CREDIT POUR QUE CES NOUVELLES FORMES D'ENERGIE PUISSENT AVANCER, ETANT DONNE QUE L'ENERGIE NUCLEAIRE PREND ENVIRON 99 % 'STATISTIQUES' DES CREDITS ATTRIBUES AUX SOURCES D'ENERGIE ? M. LE PRESIDENT.- CE N'EST PAS UNE QUESTION DE CREDITS. NOUS EN SOMMES AU STADE DE LA RECHERCHE ET DE L'EXPERIENCE ET NOUS SOMMES A LA TETE DE CES RECHERCHES SUR LES ENERGIES NOUVELLES. JUSQU'A PRESENT, IL N'Y A PAS EU DE DECOUVERTE, DE PERCEE SCIENTIFIQUE. SI UNE TELLE DECOUVERTE SE FAISAIT, IL VA DE SOI QUE NOUS Y AFFECTERIONS DES MOYENS BEAUCOUP PLUS IMPORTANTS
-
'ENERGIE NUCLEAIRE' JEAN-PIERRE ELKABBACH.- IL EST EVIDENT QUE C'EST L'UN DES THEMES QUI LES PREOCCUPE DEPUIS TRES LONGTEMPS. M. LE PRESIDENT.- C'EST TRES IMPORTANT ET NOUS N'AVONS PAS PU EPUISER CE THEME. PERSONNELLEMENT, JE N'AI PAS DE PREFERENCE POUR UN TYPE D'ENERGIE PLUTOT QU'UN AUTRE. MAIS LA FRANCE EST UN PAYS QUI N'A PAS D'ENERGIE NATURELLE ; ELLE A UNE ACTIVITE INDUSTRIELLE QUI LA PLACE ACTUELLEMENT AU 4EME OU 5EME RANG DES PAYS EXPORTATEURS DU MONDE ET ELLE A BESOIN D'ENERGIE. LE FAIT QU'ELLE SOIT MENACEE D'EN ETRE PRIVEE OU DE LA PAYER UN PRIX EXORBITANT CREERAIT AU POINT_DE_VUE DU CHOMAGE - VOUS PARLIEZ TOUT A L'HEURE DU CHOMAGE DES JEUNES - UNE SITUATION TRES GRAVE DANS 10 ANS. NOUS DEVONS TRAITER CE PROBLEME. MAIS, NATURELLEMENT, LE PROBLEME NUCLEAIRE DOIT ETRE TRAITE AVEC INFINIMENT DE PRECAUTIONS ET UN GRAND EFFORT D'INFORMATION. UN LYCEN.- EN CE QUI CONCERNE LE GASPILLAGE DANS-LE-CADRE DES ECONOMIES D'ENERGIES ? M. LE PRESIDENT.- IL Y A MAINTENANT UNE PRISE DE CONSCIENCE EN CE QUI CONCERNE LE GASPILLAGE DES RESSOURCES NATURELLES DE TOUTES SORTES ET JE SOUHAITE - JE SAIS QUE C'EST UN SENTIMENT TRES FORT PARMI LES JEUNES - QUE NOUS ALLIONS A L'ECONOMIE BEAUCOUP MOINS POLLUANTE, BEAUCOUP MOINS "GASPILLANTE", PLUS RESPECTUEUSE DE L'ENVIRONNEMENT NATUREL
-
UN LYCEEN.- VOUS DITES QU'IL FAUT RESPECTER L'ENVIRONNEMENT NATUREL. NE PENSEZ-VOUS PAS QU'IL FAUDRAIT ETRE BEAUCOUP PLUS SEVERE AVEC LES GRANDS POLLUEURS COMME LES PETROLIERS. NE PENSEZ-VOUS PAS QU'IL FAUT RENFORCER LES MESURES DE CONTROLE ? M. LE PRESIDENT.- SI, NOUS LES RENFORCONS ET LA FRANCE EST EN TETE EN CE QUI CONCERNE LA POLLUTION DE LA MER. NOUS VENONS DE PROPOSER DES MESURES EXTREMEMENT SEVERES CONCERNANT, NOTAMMENT, L'INTERDICTION D'UN CERTAIN NOMBRE D'OPERATIONS EN MER 'DEGAZAGE'. CONTRAIREMENT A CE QUE L'ON CROIT, CE NE SONT PAS TELLEMENT LES ACCIDENTS, SOUVENT TRES SPECTACULAIRES, QUI CONSTITUENT L'ESSENTIEL DE LA POLLUTION MARITIME. CE SONT NOTAMMENT DES OPERATIONS COURANTES COMME LE NETTOYAGE DES SOUTES ET LA REMISE A LA MER D'UN CERTAIN NOMBRE DE CARBURANTS. LES RESPONSABLES LE FONT EN DEHORS DES EAUX TERRITORIALES, A QUELQUES CENTAINES DE KILOMETRES ET SE TROUVENT HORS DU CONTROLE DES AUTORITES NATIONALES. NOUS PRECONISONS L'ETABLISSEMENT D'UNE CONVENTION INTERNATIONALE INTERDISANT CES OPERATIONS. UN LYCEEN.- QUAND ALLEZ-VOUS AGIR EFFICACEMENT ? M. LE PRESIDENT.- NOUS AVONS PU AGIR ET DEJA ON CREE UNE OBLIGATION DE RESPONSABILITE INTERNATIONALE CONCERNANT LES OPERATIONS DE CETTE_NATURE
-
UNE LYCEENNE.- SI J'ETAIS UNE DROGUEE, ME PARLERIEZ-VOUS COMME A UNE AUTRE ? M. LE PRESIDENT.- CERTAINEMENT OUI. D'ABORD, JE NE LE SAURAIS PAS. VOUS EVOQUEZ CE PROBLEME DE LA DROGUE 'TOXICOMANIE' QUI EST CERTAINEMENT UN DE CEUX QU'IL FAUT ABORDER AVEC BEAUCOUP DE PREOCCUPATION ET MEME LE PLUS D'HUMANITE. IL NE S'AGIT PAS DE PORTER UNE CONDAMNATION QUI NE SERVIRAIT A RIEN, IL FAUT ESSAYER DE REGLER LE PROBLEME. JE M'EN SUIS ENTRETENU RECEMMENT AVEC UNE PERSONNE QUI A VECU UNE EXPERIENCE DIRECTE DANS SA FAMILLE. IL NE FAUT PAS S'EMPARER DE CE PROBLEME POUR EN FAIRE UN GRAND SUJET DE DEBAT PUBLIC CAR ON RISQUERAIT DE L'ENTOURER D'UNE PUBLICITE SUPPLEMENTAIRE ET D'EN COMPLIQUER LES DONNEES PSYCHOLOGIQUES. IL FAUT RECHERCHER DES SOLUTIONS DE FOND, A LA FOIS MATERIELLES ET PSYCHOLOGIQUES. J'AI PENSE QU'UNE FEMME POURRAIT MIEUX S'OCCUPER DE CE PROBLEME ET J'AI DESIGNE MME MONIQUE PELLETIER, ADJOINTE AU MAIRE DE NEUILLY, DELEGUEE D'UNE INSTITUTION LOCALE DE PARENTS ET DE FORMATEURS. ELLE A ELLE-MEME 7 ENFANTS ET SERA CHARGEE DE SUIVRE CETTE QUESTION AVEC D'AUTRES PERSONNALITES PARCE QU'IL FAUT UN MAGISTRAT QUI CONNAISSE LES PROBLEMES DE JUSTICE, UN MEDECIN ETC... JE VAIS LUI DEMANDER DE TRAITER CE PROBLEME UNIQUEMENT DANS LE SOUCI DE RECHERCHER DES SOLUTIONS EFFICACES AU-NIVEAU DES INTERESSES, ET NON PAS D'EN FAIRE UN DEBAT QUI POURRAIT ALLER CONTRE LES OBJECTIFS QU'ON POURSUIT. VOUS AVEZ RAISON D'EVOQUER CE PROBLEME. C'EST UN DE CEUX QUI SONT AU CENTRE DE L'ACTION QUE NOUS DEVONS CONDUIRE. S'IL Y A PAR CONTRE UN SUJET SUR LEQUEL IL FAUT ETRE D'UNE EXTREME FERMETE, C'EST L'ACTION VIS-A-VIS DE TOUS CEUX QUI TIRENT UN PROFIT DU COMMERCE ET DE LA DROGUE. DANS CE DOMAINE, JE VEILLERAI A CE QUE LA FERMETE SOIT EXEMPLAIRE
-
UN LYCEEN.- CE DEBAT A UN CARACTERE TRES EXTRAORDINAIRE. VOUS AVEZ DIT VOUS-MEME QUE VOUS NE POUVIEZ PAS ALLER AU FOND DE TOUS LES PROBLEMES. M. LE PRESIDENT.- EFFECTIVEMENT.- LE LYCEEN.- NOUS VOUDRIONS QU'IL PERDE SON CARACTERE EXTRAORDINAIRE, QUE L'ON PUISSE S'ENTRETENIR AVEC DES RESPONSABLES ET APPROFONDIR LES PROBLEMES, QUE CHAQUE FRANCAIS AIT L'OCCASION D'EXERCER UN ESPRIT CRITIQUE, QU'IL A SOUVENT L'IMPRESSION DE PERDRE. M. LE PRESIDENT.- AU SOMMET, DISONS LA OU JE SUIS, IL Y A DES LIMITES NATURELLES QUI SONT DES LIMITES DE TEMPS ET DE DISPONIBILITE. NOUS NOUS VOYONS CE SOIR. VOUS ETES 25 ; IL Y A 52 MILLIONS DE FRANCAIS. CE CONTACT, CETTE RENCONTRE GARDE PAR LA FORCE DES CHOSES UN CARACTERE EXCEPTIONNEL. JE CROIS QUE C'EST BEAUCOUP PLUS EN DECENTRALISANT LES RESPONSABILITES DANS LA SOCIETE FRANCAISE, AU NIVEAU LOCAL, MUNICIPAL, REGIONAL, AU NIVEAU DES UNIVERSITES ELLES-MEMES QUE DEVRAIENT S'EXERCER BIEN DAVANTAGE LES RESPONSABILITES DES FRANCAIS. NOUS AVONS GARDE DE NOTRE HISTOIRE UN SYSTEME DANS LEQUEL BEAUCOUP TROP DE PROBLEMES ET DE RESPONSABILITES REMONTENT DIRECTEMENT AU SOMMET. JE SUIS CERTAIN QUE LES TROIS 'LYCEENS' QUI ETAIENT LA ONT DU AVOIR L'IMPRESSION QU'EN FRANCE TOUT FINISSAIT PLUS OU MOINS PAR DEPENDRE DE L'ELYSEE OU DE LA PRESIDENCE. CE N'EST PAS NATUREL. JE DEVRAIS TRAITER NOTAMMENT UN CERTAIN NOMBRE DE GRANDS PROBLEMES NATIONAUX, DE GRANDES ORIENTATIONS MAIS IL Y A DES QUANTITES DE PROBLEMES D'ACTIVITE ECONOMIQUE, D'ECOLOGIE, D'ENVIRONNEMENT QUI DEVRAIENT ETRE TRAITES A D'AUTRES NIVEAUX. NOUS DEVONS DEVELOPPER LA RESPONSABILITE A BEAUCOUP D'AUTRES NIVEAUX DE NOTRE VIE NATIONALE
-
UN LYCEEN.- VOUS NE POUVEZ PAS APPROFONDIR TOUS LES THEMES, MAIS JE VOUDRAIS REVENIR SUR LA DROGUE 'TOXICOMANIE'. VOUS VENEZ DE DIRE QUE VOUS AVEZ NOMME QUELQU'UN POUR LES SOLUTIONS. VOUS M'EXCUSEREZ DE VOUS DIRE, MONSIEUR LE PRESIDENT, QUE, NOUS LES JEUNES, ON A DES DIFFICULTES A ETRE SENSIBLES AUX CONSEILS DES ADULTES QUAND ON LES VOIT S'ADONNER A L'ALCOOL, AU JEU, AU TIERCE, ET AU LOTO NOTAMMENT, ET AU TABAC EN PLUS. M. LE PRESIDENT.- IL NE S'AGIT PAS DE DONNER DES CONSEILS MAIS DE SAVOIR QUELLES MESURES ET DISPOSITIONS DOIVENT ETRE ADOPTEES. L'ACTION ADMINISTRATIVE DE PREVENTION EST L'ASPECT RELATIVEMENT PLUS FACILE. CE QUI EST BEAUCOUP PLUS DIFFICILE, C'EST LE COMPORTEMENT PSYCHOLOGIQUE ET FAMILIAL DES HABITUES A LA DROGUE. CE N'EST PAS UNIQUEMENT UN ASPECT MEDICAL. IL NE S'AGIT PAS D'INTERROMPRE PENDANT QUELQUES SEMAINES LA CONSOMMATION DE LA DROGUE MAIS DE SAVOIR COMMENT ILS PEUVENT SE REINSERER DANS UN MILIEU FAMILIAL ET DANS UNE ACTIVITE OU ILS RETROUVENT UN AUTRE EQUILIBRE. C'EST UN PROBLEME QU'IL FAUT ETUDIER. FAUT-IL QU'ILS RENTRENT DANS LEUR FAMILLE ? FAUT-IL AU CONTRAIRE QU'ILS AIENT CERTAINES MODIFICATIONS DANS LEURS CONDITIONS D'EXISTENCE POUR TROUVER UN AUTRE MILIEU, UNE AUTRE COMPENSATION PSYCHOLOGIQUE ? NOUS AVONS PEU PROGRESSE DANS CE DOMAINE JUSQU'A PRESENT. OR, IL Y A TOUT DE MEME DES RECHERCHES OU DES PROPOSITIONS A FAIRE A CET EGARD
-
UN LYCEEN.- PENSEZ-VOUS POUVOIR TROUVER DES REMEDES QUI VONT LEUR 'DROGUES ' TOXICOMANIE' REDONNER GOUT A LA VIE ? M. LE PRESIDENT.- JE LE CROIS. IL NE FAUT PAS AVOIR L'IDEE QUE CE SERA CENTRALISE ET ETATIQUE. CELA DEPEND D'UNE GRANDE VARIETE DE SITUATIONS PERSONNELLES. DANS CE DOMAINE, LE ROLE DES ASSOCIATIONS, DE LA VIE LOCALE PEUT ETRE BEAUCOUP PLUS IMPORTANT QUE L'ATTITUDE DU POUVOIR CENTRAL. MAIS ENCORE FAUT-IL QUE LES DONNEES SOIENT BIEN CONNUES CAR, A L'HEURE ACTUELLE, UNE FAMILLE OU MEME UN JEUNE QUI A CE PROBLEME 'DROGUE' NE SAIT PAS QUELLE FILIERE PRENDRE. IL SAIT, A LA RIGUEUR, CE QU'IL PEUT FAIRE POUR SE DESINTOXIQUER. C'EST DEJA TRES DIFFICILE. CELA POSE EN PLUS DES PROBLEMES PSYCHOLOGIQUES. MAIS, CE QU'IL DOIT FAIRE APRES OU CE QUE L'ON FERA AVEC LUI APRES, PERSONNE N'EN SAIT RIEN OU PEU DE GENS LE SAVENT. IL Y A TOUT DE MEME UN PROGRES A ENTREPRENDRE A CET EGARD
-
MONSIEUR ELKABBACH, JE VOUS SIGNALE QUE L'HEURE TOURNE. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- C'EST CE QUE J'ALLAIS VOUS DIRE. VOUS AVEZ COMPRIS QUE VOUS AVEZ TRES SOUVENT DEVELOPPE RAPIDEMENT LES THEMES. Y-A-T-IL UNE OU DEUX QUESTIONS DE CONCLUSION QUE VOUS VOULEZ POSER VOUS-MEMES ?
-
UNE LYCEENNE.- MONSIEUR LE PRESIDENT, VOUS AVEZ DIT QU'APRES 1978 'ANNEE' VOUS RECONCILIEREZ LES FRANCAIS ET QUE VOUS FEREZ L'UNITE, CE QUE VOUS N'AVEZ PAS REUSSI JUSQU'ALORS. COMMENT _COMPTEZ-VOUS REUSSIR ? M. LE PRESIDENT.- J'AI DIT EN EFFET QUE JE N'AVAIS PAS REUSSI ET C'EST MON PRINCIPAL REGRET. CE QUE J'AI REALISE, C'EST A PEU PRES CE QUE JE VOULAIS FAIRE. VOUS M'AVEZ DIT TOUT-A-L'HEURE QUE LES REFORMES N'ETAIENT PAS ASSEZ RAPIDES, N'ALLAIENT PAS ASSEZ LOIN. C'EST EXACT, MAIS ON A TOUT DE MEME ENGAGE UN CERTAIN NOMBRE DE CHOSES ET ON A PU FAIRE FACE A LA CRISE DANS DES CONDITIONS QUI, SANS ETRE SATISFAISANTES, L'ONT NEANMOINS AMORTIE EN FRANCE BEAUCOUP PLUS QUE DANS D'AUTRES PAYS. IL EST UN POINT SUR LEQUEL NOUS AVONS PEU PROGRESSE : L'UNITE DES FRANCAIS. ON PEUT PROGRESSER. IL EST PEUT-ETRE INJUSTE DE DIRE QUE NOUS N'AVONS PAS PROGRESSE DU TOUT CAR JE ME SOUVIENS - VOUS, MOINS - DE CE QU'ETAIT LA SITUATION AVANT ET PENDANT MAI 1968 PAR EXEMPLE ET DE LA SITUATION D'AFFRONTEMENT VIRTUEL DANS LAQUELLE SE TROUVAIT LA SOCIETE FRANCAISE. JE SUIS FRAPPE DE VOIR QUE LE DEBAT POLITIQUE RESTE TOURMENTE ET VIOLENT MAIS IL ME SEMBLE QU'IL A TOUT DE MEME BAISSE D'UN DEGRE DANS L'AFFRONTEMENT. C'EST TOUT CE QU'ON PEUT DIRE. IL FAUT ALLER PLUS LOIN PARCE QU'UN PAYS NE PEUT PAS MARCHER INDEFINIMENT SUR UNE SEULE JAMBE. QUELLE QUE SOIT LA JAMBE D'AILLEURS, IL NE VA PAS LOIN. DANS UN PAYS MODERNE, IL FAUT POUVOIR DISPOSER DE PLUS LARGES PROPORTIONS DE LA COLLECTIVITE NATIONALE
-
'REPONSE' JE PRENDRAI DES INITIATIVES. LESQUELLES ME DIREZ-VOUS ? JE NE PEUX PAS VOUS LE DIRE A L'AVANCE. C'EST UN PEU L'ALLUSION AU SECRET, QUELQUE CHOSE QUE L'ON PREPARE, QU'ON NE PEUT PAS ANNONCER A L'AVANCE. MAIS JE CONSIDERE QUE C'EST FONDAMENTAL. DANS LA TACHE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE LA FRANCE ACTUELLE, SI JE N'AVAIS PAS LA PREOCCUPATION DE L'UNITE, JE MANQUERAIS AU PREMIER DE MES DEVOIRS. VOYEZ CE QUI S'EST PASSE A REIMS 'GREVE AUX VERRERIES MECANIQUES CHAMPENOISES' CES DERNIERS JOURS. CELA MONTRE OU L'ON VA QUAND ON SUIT LA VOIE DE L'OUTRANCE, DE L'INTOLERANCE POLITIQUE, ETC... JE NE VEUX PAS QUE LA FRANCE AILLE DANS CETTE DIRECTION. IL VA DE SOI QUE JE M'OPPOSERAI A TOUT CE QUI POURRAIT L'Y CONDUIRE D'UNE MANIERE VIOLENTE. MAIS IL FAUT EGALEMENT PRENDRE DES INITIATIVES ET ON PEUT EN PRENDRE POUR ALLER DANS LE SENS DE L'UNITE NATIONALE
-
UN LYCEEN.- J'AI LU "DEMOCRATIE_FRANCAISE" 'LIVRE'. VOUS Y PRESENTEZ UN PROJET DE SOCIETE MAIS IL NE M'A PAS PARU ETRE VRAIMENT FORMULE. VOUS SEMBLEZ EVITER LE PROBLEME. VOUS NE DECRIVEZ AUCUNE SOCIETE, OU CE QUE VOUS DECRIVEZ NE ME PARAIT PAS EXALTANT. CONSIDEREZ-VOUS QU'UNE TELLE SOCIETE FERA LE BONHEUR DES JEUNES ? M. LE PRESIDENT.- NOUS VIVONS UNE PERIODE QUI EST DANS L'ATTENTE DE QUELQUE CHOSE. SI J'AI UN SENTIMENT COMMUN AVEC LES JEUNES FRANCAISES ET FRANCAIS, C'EST QUE NOUS ATTENDONS QUELQUE CHOSE ET QUE LE MODE_DE_VIE, D'ORGANISATION SOCIALE A BESOIN D'UNE TRANSFORMATION ASSEZ PROFONDE. J'INDIQUE DANS MON LIVRE LA DIRECTION DE CETTE TRANSFORMATION. JE N'AI PAS VOULU, A MOI TOUT SEUL, DIRE : VOILA EXACTEMENT COMMENT DOIT ETRE ORGANISEE LA SOCIETE FRANCAISE DANS TOUS SES DETAILS. J'AI INDIQUE UNE DIRECTION, QUE JE CROIS ETRE FONDAMENTALEMENT LA BONNE, A SAVOIR QUE LA SOCIETE FRANCAISE DOIT DEVENIR BEAUCOUP PLUS OUVERTE DANS TOUTES SES COMPOSANTES. CE NE DOIT PAS ETRE UNE SOCIETE CONDUITE PAR UNE STRUCTURE CENTRALE, CONTRAIGNANTE, AUTORITAIRE. CE NE DOIT PAS ETRE UNE SOCIETE BUREAUCRATIQUE MAIS UNE SOCIETE DANS LAQUELLE BEAUCOUP PLUS DE FORMES D'EXPRESSION ET DE RESPONSABILITE DOIVENT SE MANIFESTER. J'AI MARQUE LA DIRECTION. JE SUIS QUAND MEME ASSEZ FIER D'UN RESULTAT, CAR ON PEUT MESURER L'INFLUENCE D'UN LIVRE AU FAIT QUE LES MOTS ENTRENT DANS LE LANGAGE COURANT. LE THEME CENTRAL DE MON LIVRE EST LE "PLURALISME". ALORS QUE LE MOT "PLURALISME" N'ETAIT PAS UTILISE AUPARAVANT, IL EST ENTRE DANS LE LANGAGE POLITIQUE COURANT SI L'ON EN JUGE PAR LES DISCOURS DES HOMMES POLITIQUES NON SEULEMENT EN FRANCE MAIS DANS LE MONDE. JE CROIS QUE C'EST LA DIRECTION VERS LAQUELLE PEUT EVOLUER LA SOCIETE FRANCAISE
-
JE TERMINERAI PAR CETTE REMARQUE : LORSQU'ON PARLE DE L'HISTOIRE D'UN PAYS ON A TROP SOUVENT L'HABITUDE DE CONSIDERER LES EVENEMENTS DE PUISSANCE, LES EVENEMENTS MILITAIRES, LES AGGRESSIONS OU LES DOMINATIONS. CE N'EST QU'UNE PARTIE DE L'HISTOIRE. L'AUTRE, BEAUCOUP PLUS IMPORTANTE, A TRAIT A TOUS LES PHENOMENES DE CIVILISATION. SI JE PRENDS L'EXEMPLE DE LA GRECE ANTIQUE, QUI A ETE PROBABLEMENT AU TOTAL LE PLUS GRAND MODELE DE CIVILISATION, AU POINT_DE_VUE DE L'HISTOIRE EN TANT QUE PUISSANCE C'ETAIT UN ECHEC COMPLET. C'ETAIT UN CONTINENT DIVISE, OU LES GENS FAISAIENT DES GUERRES ABSURDES QU'ILS PERDAIENT D'AILLEURS EN-GENERAL. CELA RESTE NEANMOINS UN EXEMPLE DE CIVILISATION. L'ITALIE DE LA RENAISSANCE ETAIT UN PAYS QUI, POLITIQUEMENT, EN TERMES DE PUISSANCE, NE REPRESENTAIT RIEN MAIS QUI A CREE UNE FACON DE PENSER, DE S'EXPRIMER ET DE VIVRE QUI A DURE QUATRE OU CINQ SIECLES. NOUS NE DEVONS PAS PENSER UNIQUEMENT A L'HISTOIRE EN TERMES D'AFFRONTEMENTS, DE PUISSANCE MAIS AUSSI DE CIVILISATION. JE VOUDRAIS QUE CETTE NOUVELLE CIVILISATION, QU'ON PRESSENT AU TRAVERS DE L'ECOLOGIE, DE L'ENVIRONNEMENT ET D'UN PLUS GRAND RESPECT DES DROITS DE L'HOMME, JE VOUDRAIS QU'ON LA VOIE VENIR EN FRANCE. J'AI SIMPLEMENT INDIQUE LA DIRECTION DANS LAQUELLE, A MON AVIS, ON POUVAIT LA CHERCHER
-
JEAN-PIERRE ELKABBACH.- JE SUPPOSE QU'IL Y AVAIT ENORMEMENT D'AUTRES QUESTIONS MAIS JE VAIS UN PEU SORTIR DE LA CLASSE POUR VOUS POSER UNE DERNIERE QUESTION. CETTE FOIS, C'EST LE JOURNALISTE QUI VOUS PARLERA. LE RPR A PROVOQUE... M. LE PRESIDENT.- VOUS CHANGEZ DE SUJET
- JEAN-PIERRE ELKABBACH.- TOTALEMENT. LE RPR A PROVOQUE UNE CERTAINE SURPRISE EN DEMANDANT L'AJOURNEMENT DE L'ELECTION DU PARLEMENT_EUROPEEN AU SUFFRAGE UNIVERSEL. POUVEZ-VOUS RENONCER, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A CE QUI SEMBLAIT ETRE UNE AMBITION EUROPEENNE DE VOTRE PART ? M. LE PRESIDENT.- JE NE PEUX CERTAINEMENT PAS Y RENONCER. JE VOUS RAPPELLE L'HISTORIQUE DE CETTE AFFAIRE. LA DECISION DE PROCEDER A L'ELECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL DE L'ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE EUROPEENNE A ETE PRISE EN DECEMBRE 1974 'DATE', ICI MEME, AVEC LES CHEFS DE GOUVERNEMENT DES NEUF PAYS DE LA COMMUNAUTE 'CEE'. NOUS AVONS PRIS CETTE DECISION DU 14 AU 16 DECEMBRE 1974 'DATE' ET, CE, PUBLIQUEMENT. S'IL Y AVAIT DES OBJECTIONS DE PRINCIPE A CETTE INITIATIVE, IL FALLAIT LES FORMULER A CE MOMENT-LA CAR LA DECISION A ETE PRISE DANS TOUS SES DETAILS. NOUS AVONS INDIQUE QUE CE SERAIT UNE ELECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL ET QU'ELLE DEVRAIT ETRE PREVUE POUR LE PRINTEMPS 1978 'DATE'. TROIS ANS APRES, EST-CE QUE LA FRANCE PEUT PARAITRE DECOUVRIR UNE DECISION QUI A ETE PRISE EN DECEMBRE 1974 ? D'AUTANT, JE LE REPETE, QU'ELLE A ETE PRISE PUBLIQUEMENT BIEN ENTENDU ET AVEC TOUTES LES INSTANCES APPROPRIEES. ENSUITE, NOUS AVONS MIS AU-POINT LE TEXTE, CE QUI A ETE ASSEZ LONG. IL A ETE ADOPTE EN JUILLET DERNIER ET SOUMIS A L'APPROBATION DU GOUVERNEMENT DE L'EPOQUE
-
'REPONSE' A L'AUTOMNE DERNIER, ON S'EST POSE LA QUESTION DE SAVOIR QUAND IL FALLAIT PROCEDER A LA RATIFICATION 'ELECTION DU PARLEMENT_EUROPEEN AU SUFFRAGE UNIVERSEL'. JE NE SAIS SI VOUS VOUS EN SOUVENEZ MAIS CERTAINS INDIQUAIENT QU'IL NE FALLAIT PAS LE FAIRE A L'AUTOMNE ET QU'IL VALAIT MIEUX QUE CA LE SOIT A LA SESSION DE PRINTEMPS. CE N'EST PAS MOI QUI LE PROPOSAIS. EFFECTIVEMENT, LA SESSION D'AUTOMNE ETAIT CHARGEE - IL Y AVAIT ALORS LE REDRESSEMENT ECONOMIQUE, LES PROBLEMES BUDGETAIRES - ET TOUT LE MONDE A CONSIDERE QUE CELA VIENDRAIT A LA SESSION DE PRINTEMPS. IL Y AVAIT UN PROBLEME CONSTITUTIONNEL. J'AI PREFERE PRENDRE L'INITIATIVE DE LE POSER. J'AI DONC POSE AU CONSEIL_CONSTITUTIONNEL LA QUESTION DE SAVOIR SI C'ETAIT COMPATIBLE AVEC NOTRE CONSTITUTION. IL M'A REPONDU POSITIVEMENT, VOUS VOUS EN SOUVENEZ, A LA FIN DE L'ANNEE DERNIERE. LE PROBLEME CONSTITUTIONNEL ETANT REGLE, IL ETAIT ALORS ENTENDU QUE LE PARLEMENT EN DEBATTRAIT AU-COURS DE LA SESSION DE PRINTEMPS. AU DEBUT DE CETTE SESSION, PERSONNE N'A MIS EN DOUTE L'IDEE QUE LE PARLEMENT AURAIT A DEBATTRE DE CET IMPORTANT SUJET. MAIS IL Y AVAIT, DANS CERTAINS GROUPES DE LA MAJORITE, LA CRAINTE QUE L'ELECTION DE L'ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE AU SUFFRAGE UNIVERSEL NE S'ACCOMPAGNE D'UN TRANSFERT DE NOTRE SOUVERAINETE NATIONALE, TELLE QU'ELLE EST DECRITE DANS LES TRAITES INTERNATIONAUX ET NOTAMMENT LE TRAITE_DE_ROME. C'EST POURQUOI, APRES UNE CONCERTATION AVEC LES GROUPES DE LA MAJORITE - DONT JE GARDE LE SOUVENIR - UN ARTICLE A ETE INTRODUIT DANS LE PROJET DE LOI DE RATIFICATION QUI REPREND LES DISPOSITIONS DU CONSEIL_CONSTITUTIONNEL ET INDIQUE SANS AUCUNE EQUIVOQUE QUE CETTE ELECTION NE PEUT S'ACCOMPAGNER D'UNE EXTENSION DES COMPETENCES DE L'ASSEMBLEE AINSI ELUE. CET ARTICLE, QUI REPREND LE DISPOSITIF DU CONSEIL_CONSTITUTIONNEL, REPRESENTE UNE GARANTIE JURIDIQUE EQUIVALENTE A CELLE DE CE CONSEIL
-
'REPONSE' ON NOUS DIT MAINTENANT : IL FAUT REPORTER LA DISCUSSION 'ELECTION DU PARLEMENT_EUROPEEN AU SUFFRAGE UNIVERSEL'. LA REPORTER JUSQU'A QUAND ET POURQUOI FAIRE ? VOILA EN EFFET UN TEXTE DONT LE PRINCIPE A ETE ADOPTE EN 1974 'ANNEE', DONT TOUT LE MONDE SAVAIT QU'IL VIENDRAIT AU PRINTEMPS DE CETTE ANNEE, ET QUI EST ENTOURE DE TOUS LES AVIS ET INFORMATIONS QUI PERMETTENT AU PARLEMENT DE SE PRONONCER. D'AUTRE_PART, LA PROCEDURE DE RATIFICATION EST ENGAGEE CHEZ TOUS NOS PARTENAIRES. IL N'Y A DONC AUCUNE PERSPECTIVE QUI INCLINE A PENSER QU'UN DELAI DE LA PART DE LA FRANCE CONDUIRAIT A UNE MODIFICATION QUELCONQUE DE CE TEXTE. JE VAIS PLUS LOIN. QUEL EST L'INTERET DE LA FRANCE DANS CETTE AFFAIRE. JE NE PARLE PAS DE L'INTERET DES PARTIS POLITIQUES MAIS DE L'INTERET DE LA FRANCE. CET INTERET EST-IL D'ETRE A LA TRAINE DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE ? EST-CE QUE LE PAYS QUI A INVENTE LE POOL DU CHARBON ET DE L'ACIER 'CECA', QUI A SIGNE ET MIS EN_VIGUEUR LE TRAITE_DE_ROME - LE GENERAL DE GAULLE ETAIT ALORS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE - DOIT APPARAITRE COMME ETANT LE "TRAINARD" DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE ? EST-CE QUE CE SERAIT SERVIR LA DIGNITE DE LA FRANCE ? A-PARTIR DU MOMENT OU NOUS AVONS UNE CONCEPTION DE L'ORGANISATION DE L'EUROPE, CONCEPTION CONFEDERALE AINSI QUE JE L'AI TOUJOURS DIT ET MEME ECRIT DANS "DEMOCRATIE_FRANCAISE" 'LIVRE' QUE VOUS CITIEZ TOUT A L'HEURE, LA FRANCE DOIT S'EN TENIR A SA CONCEPTION. MAIS, SI ELLE S'EN TIENT A SA CONCEPTION, ELLE NE DOIT PAS ETRE LA DERNIERE A TEMOIGNER SA VOLONTE. C'EST POURQUOI LE DEBAT VIENDRA BIEN ENTENDU DEVANT L'ASSEMBLEE_NATIONALE CAR IL S'AGIT A LA FOIS DE LA RAISON ET DE LA REPUTATION DE LA FRANCE. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- VOUS PENSEZ AVOIR TOUS LES MOYENS JURIDIQUES, CONSTITUTIONNELS DE FAIRE VOTER LE TEXTE
-
JEAN-PIERRE ELKABBACH.- MONSIEUR LE PRESIDENT, JE VOUS REMERCIE. ON S'EST ECARTE UN MOMENT DU SUJET QUI AVAIT INTERESSE NOS JEUNES AMIS. J'ESPERE QU'A L'ELYSEE DE TEMPS EN TEMPS, AU MOMENT DE PRENDRE DES DECISIONS, VOUS ENTENDREZ L'ECHO DES VOIX QUI SE SONT EXPRIMEES ICI AVEC BEAUCOUP DE SINCERITE, D'AUTHENTICITE EN TOUT CAS, AU-COURS DE CETTE EMISSION D'ANTENNE_2. M. LE PRESIDENT.- JE M'EN SOUVIENDRAI. JEAN-PIERRE ELKABBACH.- MERCI A VOUS. POUR MA PART, PUISQUE VOUS ALLEZ RENTRER A LYON, JE VOUS SOUHAITE BEAUCOUP DE SUCCES A LA FOIS POUR LE BAC 'BACCALAUREAT' ET POUR VOTRE VIE
-

Rechercher